notes perdues 12022022 « On a dû te dire qu’il fallait réussir dans la vie ; moi je te dis qu’il faut vivre, c’est la plus grande réussite du monde. On t’a dit : « Avec ce que tu sais, tu gagneras de l’argent. » Moi je te dis : « Avec ce que tu sais, tu gagneras des joies. » C’est beaucoup mieux. Tout le monde se rue sur l’argent. Il n’y a plus de place au tas des batailleurs. De temps en temps un d’eux sort de la mêlée, blême, titubant, sentant déjà le cadavre, le regard pareil à la froide clarté de la lune, les mains pleines d’or mais n’ayant plus force et qualité pour vivre ; et la vie le rejette. Du côté des joies, nul ne se presse ; elles sont libres dans le monde, seules à mener leurs jeux féeriques sur l’asphodèle et le serpolet des clairières solitaires…

L’extraordinaire de notre condition d’homme n’est pas cette intelligence que nous nous sommes composée nous-mêmes, que nous dirigeons comme un rayon à notre gré, croyons-nous (car toujours l’inconnu la réfracte). L’extraordinaire est notre puissance de mélange, cette partie divine de nous-mêmes, toujours insoumise, et qui fait de nous l’expression du monde.»

▬ Jean Giono (30 mars 1895 – 8 octobre 1970)

Notes perdues 12022022

Un soir, ma mère a préparé le dîner, après une dure journée de travail. Elle posa une assiette d’omelette brûlés devant mon père… J’ai tout de suite remarqué que l’omelette était prèsque brûlée…. Et, J’attendais de voir s’il allait s’en plaindre, mais mon père a commencé a les manger en souriant et m’a demandé comment s’était passée ma journée à l’école…
Ma mère s’est excusée auprès de mon père pour l’omellete brûlée. Je n’oublierai jamais ce qu’il lui a répondu : « Chérie, j’adore les omelettes brûlés ! »
Plus tard, quand je suis allé au lit et que mon père est venu m’embrasser pour me souhaiter bonne nuit, je lui ai demandé s’il avait vraiment aimé les omelettes brûlées ? Il m’a pris dans ses bras et m’a dit :
« Ta mère a eu une journée difficile et elle est vraiment fatiguée. Elle s’est démenée pour nous préparer ce repas, pourquoi lui reprocher et la blesser. Des omelettes brûlées n’ont jamais fait de mal à personne ; mais les mots peuvent être très douloureux ! »
Il faut savoir apprécier ce que les autres font pour nous, même si ce n’est pas parfait, car c’est l’intention de bien faire qui compte, et que personne n’est parfait… Comme un petit feu peut embraser une grande forêt, un seul mot peut détruire ton mariage, ton foyer, ta famille, et une amitié.soyons sage…!!!

La vie est bien trop courte pour perdre son temps à se faire une place là où l’on en a pas, pour démontrer qu’on a ses chances quand on porte tout en soi, pour s’encombrer de doutes quand la confiance est là, pour prouver un amour à qui n’ouvre pas les bras, pour performer aux jeux de pouvoir quand on n’a pas le gout à ça, pour s’adapter à ce qui n’épanouit pas.
La vie est bien trop courte pour la perdre à paraître, s’effacer, se plier, dépasser, trop forcer.
Quand il nous suffit d’être, et de lâcher tout combat que l’on ne mène bien souvent qu’avec soi, pour enfin faire la paix, être en paix.
Et vivre. En faisant ce qu’on aime, auprès de qui nous aime, dans un endroit qu’on aime, en étant qui nous sommes, Vraiment.  » Alexandre Jollien

J’ai toujours été attiré par tout ce qui parlait de révolte contre l’autorité. Celui qui se réconcilie avec l’autorité se met à en faire partie. J’aime les idées qui parlent de détruire ou de renverser l’ordre établi. Je m’intéresse à tout ce qui traite de la révolte, du désordre, du chaos, et surtout aux activités qui semble n’avoir aucun sens. Cela me paraît être le chemin vers la liberté. La liberté extérieure est la voie qui mène à la liberté intérieure. (Jim Morrison – 1971)

J’ai toujours été attiré par tout ce qui parlait de révolte contre l’autorité. Celui qui se réconcilie avec l’autorité se met à en faire partie. J’aime les idées qui parlent de détruire ou de renverser l’ordre établi. Je m’intéresse à tout ce qui traite de la révolte, du désordre, du chaos, et surtout aux activités qui semble n’avoir aucun sens. Cela me paraît être le chemin vers la liberté. La liberté extérieure est la voie qui mène à la liberté intérieure. (Jim Morrison – 1971)

« la violence nait quand les personnes qui souffrent ignorent comment exprimer leur douleur clairement. » Marshell Rosenberg
Il n’y a pas de gens méchants, il n’y a que des gens souffrants qui ont des comportements de méchants ». Lise Bourbeau
Sauf peut être si on a des tendances sadiques ou de psychopathe, parfois on fait souffrir les autres sans en avoir l intention, parfois par maladresse ou parce qu’en déversant notre propre souffrance que l on ne sait pas accueillir, cela malheureusement soulage.
Si on retrouve la description de ce mécanisme chez les boudhistes, la communication non violente ou les psychologue comme Lise Bourbeau, c’est peut être leur constatation d’une réalité
factuelle qui doit peut être nous inciter à accueillir nos propres souffrances afin d’éviter de les déverser et faire supporter aux autres et les faire souffrir ?

La principale fonction de l’homme n’est pas de manger ; mais de penser. Sans doute qui ne mange pas meurt, mais qui ne pense pas rampe ; et c’est pire.
Fragments philosophiques de Victor Hugo.

Pour moi les gens parlent trop. Ils ont des soucis, des buts, des désirs, que je ne puis concevoir comme eux. Parfois, je suis là assis avec l’un d’eux dans le petit jardin du café et j’essaie de lui expliquer que l’essentiel, en somme, c’est de pouvoir être là assis tranquillement.
À l’Ouest, rien de nouveau de Erich Maria Remarque.

Penser l’enfermement avec 5 grands philosophes
09/04/2020 (MIS À JOUR À 08:36)
Par Pauline Petit
Du sentiment d’ennui de l’homme cloîtré décrit par Pascal à la joie de l’isolement retrouvé de Schopenhauer, en passant par la quarantaine vécue par Rousseau ou le « rêve politique de la peste » et le « grand renfermement » étudiés par Foucault, la philosophie est traversée d’expériences de confinement.
Le patient, peint par Ernst Ludwig Kirchner, 1920 ou 1922.• Crédits : DeAgostini – Getty
L’expérience de l’enfermement a pu être traitée de bien des manières par les philosophes. De l’insupportable sensation d’ennui de l’homme cloîtré dans sa chambre à l’heureux isolement retrouvé, en passant par l’instrumentation politique de l’enfermement et l’analyse des effets de la détention sur l’âme et le corps, la philosophie peut nous aider à penser le confinement. Tour d’horizon non exhaustif.
Du malheur de ne pas savoir rester chez soi, avec Blaise Pascal
« Tout le malheur des hommes, écrit Blaise Pascal, vient d’une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos dans une chambre ». Il est parfois en effet bien difficile de rester cloîtré sans rien faire, et de voir alors surgir des pensées qui ne nous auraient sûrement pas traversé l’esprit si nous avions pu nous affairer dehors, dans le monde… Pour éviter cela, nous tentons de nous divertir : toute distraction, futile ou sérieuse, est bienvenue.
Lorsque Pascal parle de divertissement, il ne s’agit pas de simples loisirs de temps libre, mais d’une forme d’esquive : se divertir, conformément à son étymologie latine divertere, signifie « se détourner ». Le divertissement désigne ces occupations qui nous permettent d’ignorer ce qui nous afflige, de détourner le regard des problèmes de l’existence. « Les hommes n’ayant pu guérir la mort, la misère, l’ignorance, écrit Pascal, ils se sont avisés pour se rendre heureux de n’y point penser » ! En s’agitant ainsi, on s’expose à des tourments qu’on pourrait éviter si l’on était capable de « demeurer au repos dans une chambre »… Mais le confinement entre quatre murs n’est d’aucun secours, « on ne peut demeurer chez soi avec plaisir », souligne Pascal. L’inaction, loin de nous apaiser, nous révèle notre insuffisance : « rien n’est si insupportable à l’homme que d’être dans un plein repos, sans passions, sans affaires, sans divertissement, sans application ». Car telle est la véritable condition de l’homme : à la fois « faible », « misérable » et « mortelle » écrit Pascal, si bien que « rien ne peut nous consoler lorsque nous y pensons de près ». En cela, le divertissement n’est qu’un moyen pour nous de fuir notre condition.
Cette attitude est-elle condamnable ? Pas forcément, car elle a la vertu de nous protéger du désespoir : « L’homme quelque plein de tristesse qu’il soit, si on peut gagner sur lui de le faire entrer en quelque divertissement le voilà heureux pendant ce temps-là ». En revanche, il faut se garder de penser que le bonheur viendra du seul divertissement, car en le poursuivant inlassablement, nous oublions de vivre le temps présent. Tout cela est bien ironique : le divertissement a pour origine l’incapacité de l’homme de remédier à la mort, mais le remède pour éviter d’y penser est aussi le meilleur moyen d’y arriver sans nous en rendre compte ! C’est tout le paradoxe du divertissement pascalien qui nous enferme doublement : « La seule chose qui nous console de nos misères est le divertissement, et cependant c’est la plus grande de nos misères. Car c’est cela qui nous empêche principalement de songer à nous, et qui nous fait perdre insensiblement » écrit encore le philosophe.
Divertissement. Quand je m’y suis mis quelquefois à considérer les diverses agitations des hommes et les périls et les peines où ils s’exposent, dans la cour, dans la guerre, d’où naissent tant de querelles, de passions, d’entreprises hardies et souvent mauvaises, j’ai dit souvent que tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos dans une chambre. Un homme qui a assez de bien pour vivre, s’il savait demeurer chez soi avec plaisir, n’en sortirait pas pour aller sur la mer ou au siège d’une place, (…) et on ne recherche les conversations et les divertissements des jeux que parce qu’on ne peut demeurer chez soi avec plaisir. Mais (…) après avoir trouvé la cause de tous nos malheurs, j’ai voulu en découvrir les raisons, j’ai trouvé qu’il y en a une bien effective, qui consiste dans le malheur naturel de notre condition faible et mortelle, et si misérable que rien ne peut nous consoler lorsque nous y pensons de près. Sans cela nous serions dans l’ennui, et cet ennui nous pousserait à chercher un moyen plus solide d’en sortir, mais le divertissement nous amuse et nous fait arriver insensiblement à la mort. » Blaise Pascal, Pensées, B 139, (1670).
De l’ennui à l’oisiveté, avec Sénèque
Avant Pascal, les stoïciens avaient développé cette notion de divertissement en un sens proche. Selon Sénèque, le divertissement renvoie aussi bien à l’agitation inutile qu’à la diversion thérapeutique qui permet de se défaire, pour un temps, des maux de l’existence. Dans le traité intitulé De la tranquillité de l’âme, le philosophe romain décrit les effets de cette privation du divertissement que constitue ce qu’on appellerait aujourd’hui « la vie active » :
C’est ainsi qu’une fois privé des divertissements que les gens affairés trouvent au cœur même de leurs occupations, on ne supporte plus d’être chez soi, seul, entre les murs de sa chambre, et que l’on a du mal à se voir abandonné à soi-même. De là cet ennui, ce dégoût de soi, ce tourbillon d’une âme qui ne se fixe jamais nulle part, cette sombre incapacité à supporter son propre loisir, surtout lorsqu’on rougit d’avouer le causes de cette insatisfaction (…) de là cet état d’esprit qui conduit les hommes à détester le loisir et à se plaindre de n’avoir rien à faire. Sénèque, La Tranquillité de l’âme, (entre 47 et 62).
Le confinement a pu aussi être associé dans la pensée stoïcienne à l’idée d’une expérience expiatoire et ascétique, à l’image de la vie monastique. Tenir son corps prisonnier pourrait aider l’âme à reconquérir sa liberté et pourquoi pas, en se laissant aller à l’oisiveté, à un exil intérieur propice à l’activité méditative : « Dans l’oisif, le vulgaire voit un homme retiré de tout, libre de crainte, qui se suffit et vit pour lui-même, tous privilèges qui ne sont réservés qu’au sage.(…) C’est une si belle chose d’être constant et ferme dans ses résolutions, que même la persévérance dans le rien faire nous impose. » Sénèque, Lettres à Lucilius, (63 – 64).
La quarantaine en « nouveau Robinson », avec Rousseau
Avant de rêver à des promenades solitaires, Jean-Jacques Rousseau a connu, lui aussi, une période de quarantaine. En août 1743, le philosophe embarque à bord d’une felouque qui doit le mener à Venise où il était appelé à devenir le secrétaire du comte de Montaigu, récemment nommé ambassadeur de la Cité des Doges. Mais arrivé à Gênes, son bateau doit rester au port : une période de quarantaine a été décrétée pour endiguer la peste de Messine. On lui propose de rester à bord ou de résider dans un lazaret, un établissement dans lequel on confine les personnes ou marchandises susceptibles d’avoir été contaminées par la maladie. Le lieu est vétuste (« On nous prévint que nous ne trouverions que les quatre murs parce qu’on n’avait pas encore eu le temps de le meubler », rapporte-t-il dans les Confessions) mais, contrairement à la majorité de l’équipage qui préférait rester à flots, Rousseau choisit de s’y installer quand même. Autant vivre cette quarantaine dans les règles de l’art !
Dans le lazaret sans fenêtres ni meubles, le philosophe fait l’expérience d’un confinement strict : « On ferma sur moi de grosses portes à grosses serrures, et je restai là, maître de me promener à mon aise de chambre en chambre et d’étage en étage, trouvant partout la même solitude et la même nudité ». Il consacre à cette épreuve quelques lignes dans ses Confessions (livre II, chapitre 7). Une aventure plutôt qu’une épreuve devrait-on dire, tant le philosophe semble avoir vécu ce moment avec amusement. Entre la chasse aux poux, la confection d’un matelas de fortune à l’aide de chemises et les promenades dans le cimetière, Rousseau s’est presque senti aussi à l’aise « dans ce lazaret absolument nu qu’à [son] jeu de paume de la rue Verdelet. » D’ailleurs, le philosophe affirme ne pas craindre la solitude : « Seul je n’ai jamais connu l’ennui, même dans le plus parfait désœuvrement : mon imagination, remplissant tous les vides, suffit seule pour m’occuper ». (Les Confessions, livre II, chapitre 12)
Si endosser le rôle de Robinson pour quelques jours a pu lui plaire, c’est sûrement parce que cela n’a duré que le temps d’un jeu (et que, contrairement au héros de Daniel Defoe, on lui servait son repas quotidien !) Au bout de quatorze jours, le citoyen de Genève fut sorti de cet établissement par M. de Joinville, ambassadeur de France à Gênes, qui l’invita à séjourner chez lui : « Je me trouvai mieux, je l’avoue, du gîte de sa maison que de celui du lazaret » reconnaissait-il dans ses Confessions…
C’était le temps de la peste de Messine. La flotte anglaise y avait mouillé, et visita la felouque sur laquelle j’étais. Cela nous assujettit en arrivant à Gênes, après une longue et pénible traversée, à une quarantaine de vingt-un jours. (…) Je fus conduit dans un grand bâtiment à deux étages absolument nu, où je ne trouvai ni fenêtre, ni table, ni lit, ni chaise, pas même un escabeau pour m’asseoir, ni une botte de paille pour me coucher. (…) Comme un nouveau Robinson, je me mis à m’arranger pour mes vingt-un jours comme j’aurais fait pour toute ma vie. J’eus d’abord l’amusement d’aller à la chasse aux poux que j’avais gagnés dans la felouque. (…) Je procédai à l’ameublement de la chambre que je m’étais choisie. Je me fis un bon matelas de mes vestes et de mes chemises (…) j’arrangeai en manière de bibliothèque une douzaine de livres que j’avais. Bref, je m’accommodai si bien, qu’à l’exception des rideaux et des fenêtres j’étais presque aussi commodément à ce lazaret absolument nu qu’à mon jeu de paume de la rue Verdelet. (…) Entre mes repas, quand je ne lisais ni n’écrivais, ou que je ne travaillais pas à mon ameublement, j’allais me promener dans le cimetière des protestants, qui me servait de cour, ou je montais dans une lanterne qui donnait sur le port, et d’où je pouvais voir entrer et sortir les navires. Jean-Jacques Rousseau, Les Confessions, livre II, chapitre 7, (1782).
Garder ses distances, avec Schopenhauer
Dans une fable animalière relatée dans Parerga et Paralipomena (1851), Arthur Schopenhauer raconte le dilemme des porcs-épics l’hiver. Lorsqu’ils sont isolés, éloignés les uns des autres, ces mammifères ont froid ; mais quand ils se rapprochent pour profiter de la chaleur de leurs congénères, ils se blessent mutuellement avec leurs piquants. L’existence des porcs-épics oscille ainsi entre la froide solitude et la chaleureuse – mais dangereuse – promiscuité.
Pour Schopenhauer, le sort des porcs-épics exemplifie notre paradoxal « besoin de société » : qui s’y frotte s’y pique ! Si nous voulons sortir de chez nous pour rejoindre les autres, c’est à cause « du vide et de la monotonie de [notre] vie intérieure ». Et si nous voulons finalement retrouver notre cocon et notre isolement, c’est à cause de « leurs nombreuses manières d’être antipathiques et leurs insupportables défauts ». Pour ne pas être contaminé par l’agacement certain que peut susciter la vie en société, le philosophe allemand recommande de garder ses distances, dont le meilleur outil reste « la politesse et les belles manières » : « Par ce moyen, écrit-il, le besoin de se réchauffer n’est, à la vérité, satisfait qu’à moitié, mais, en revanche, on ne ressent pas la blessure des piquants » !
Notre instinct social, lié à notre dépendance originelle (un enfant ne subvient pas seul à ses besoins), nous pousse à nous regrouper, mais les difficultés du vivre-ensemble qui mettent en péril notre tranquillité nous séparent. Aussi pour Schopenhauer l’homme n’est-il pas plus fait pour vivre en société que pour supporter la solitude. Reclus et isolés (avec néanmoins de quoi subvenir à nos besoins vitaux), nous nous ennuyons : l’existence « oscille, comme un pendule, (…) de la souffrance à l’ennui », constate le philosophe dans Le Monde comme volonté et comme représentation (1819). Pourquoi ? Parce que nous ne nous suffisons pas nous-mêmes, parfois même nous ne supportons pas notre propre compagnie ! « Tout le monde sait qu’on allège les maux en les supportant en commun : parmi ces maux, les hommes semblent compter l’ennui, et c’est pourquoi ils se groupent, afin de s’ennuyer en commun » commente Schopenhauer.
Dans cet apologue, on peut lire aussi une sorte de plaidoyer en faveur de l’isolement. Encore faut-il pour en profiter savoir éprouver du plaisir à vivre en compagnie… de soi-même. Pour cela, il faut apprendre à cultiver sa « richesse intérieure » par des divertissements tels que l’étude des grands esprits ou les contemplations esthétiques (au rang desquelles Schopenhauer place la musique en première place), qui sauront combler notre « vide intérieur » et nous faire supporter l’isolement. Cet éloge de la solitude chez Schopenhauer va de pair avec son amour de la liberté comprise ici comme une vie autonome : « Se suffire à soi-même, être tout en tout pour soi, (…) voilà certainement pour notre bonheur la condition la plus favorable », écrit-il dans ses Aphorismes sur la sagesse dans la vie (1880).
Par une froide journée d’hiver, un troupeau de porcs-épics s’était mis en groupe serré pour se garantir mutuellement contre la gelée par leur propre chaleur. Mais aussitôt, ils ressentirent les atteintes de leurs piquants ; ce qui les fit s’écarter les uns des autres. Quand le besoin de se réchauffer les eut rapprochés de nouveau, le même inconvénient se renouvela, de sorte qu’ils étaient ballottés de ça et de là, entre les deux maux, jusqu’à ce qu’ils eussent fini par trouver une distance moyenne qui leur rendît la situation supportable. Ainsi, le besoin de société, né du vide et de la monotonie de leur vie intérieure, pousse les hommes les uns vers les autres ; mais leurs nombreuses manières d’être antipathiques et leurs insupportables défauts les dispersent de nouveau. La distance moyenne qu’ils finissent par découvrir et à laquelle la vie en commun devient possible, c’est la politesse et les belles manières. Par ce moyen, le besoin de se réchauffer n’est, à la vérité, satisfait qu’à moitié, mais, en revanche, on ne ressent pas la blessure des piquants. Arthur Schopenhauer, Parerga et Paralipomena, (1851).
Le « grand renfermement » et le « rêve politique de la peste », avec Michel Foucault
La séparation et l’immobilisation des corps en des lieux déterminés, qu’elles soient vécues comme une souffrance ou au contraire avec une certaine docilité, se joue aussi à un niveau politique. C’est que Michel Foucault avait bien compris quand il expliquait qu' »il y aurait à écrire toute une histoire des espaces qui serait en même temps une histoire des pouvoirs » (« L’Œil du pouvoir », Dits et écrits II). A plusieurs reprises, l’auteur de Surveiller et punir a traité de l’enfermement au sens propre : l’action de placer des individus dans un lieu clos afin de les maintenir en état de « sûreté » ou de surveillance.
En 1975, au micro de Jacques Chancel dans l’émission Radioscopie (extrait rediffusé dans Les Chemins de la philosophie), Michel Foucault expliquait comment cet espace d’enfermement qu’est l’asile a guidé sa réflexion sur le lien entre espace et pouvoir : « C’est à partir de l’asile que m’est apparu une espèce de problème qui n’a pas cessé de me hanter qui est le problème du pouvoir ». Dans sa thèse Folie et déraison : histoire de la folie à l’âge classique, Foucault montre comment, au XVIIe siècle en Occident, on s’est mis à considérer la folie comme une maladie en la traitant par l’internement. Alors qu’au Moyen Âge et jusqu’à la Renaissance, le fou se balade encore dans les farces populaires ou dans la littérature humaniste d’un Érasme, la création de l’Hôpital général de Paris en 1656 marque le début de l’ère du « grand renfermement » : les fous, les vagabonds et les délinquants sont internés et mis au travail.
A la fin du XVIIIe siècle, le psychiatre Philippe Pinel libère les enchaînés de l’hôpital Bicêtre ; ils sont désormais enfermés à part. Foucault montre que derrière le mythe du médecin libérateur, c’est le début de l’asile comme lieu d’uniformisation morale et sociale où les fous, considérés comme asociaux, sont rééduqués par des moyens coercitifs : « l’asile de l’âge positiviste, tel qu’on fait gloire à Pinel de l’avoir fondé, n’est pas un lieu d’observation, de diagnostic et de thérapeutique ; c’est un espace judiciaire où on est accusé, jugé et condamné ». Ce confinement des « déviants » dans des lieux dédiés et éloignés des centre-villes témoigne d’un changement de paradigme : « En examinant les différents projets architecturaux qui ont suivi le second incendie de l’Hôtel-Dieu, écrit Michel Foucault, je me suis aperçu à quel point le problème de l’entière visibilité des corps, des individus, des choses sous un regard centralisé, avait été l’un des principes directeurs les plus constants. » (« L’Œil du pouvoir », entretien avec J.-P. Barou et M. Perrot, Dits et Écrits II, 1994).
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LES CHEMINS DE LA PHILOSOPHIE
L’Histoire de la folie par Michel Foucault
Dans Surveiller et punir (1975), il étudie l’adoption de certains types d’architecture dont l’objectif est d’enfermer tout en rendant visible, afin d’y rendre possible l’exercice d’une surveillance. Pour décrire cette « architecture carcérale », Foucault s’appuie sur le concept de panoptisme développé par le philosophe britannique Jeremy Bentham (1785) : enfermés dans des espaces clos, les prisonniers sont assujettis au regard omnipotent d’un gardien qu’ils ne peuvent pas voir.
Les sociétés enfermantes (…) [ont] commencé à pratiquer un système d’exclusion et d’inclusion – l’internement ou l’emprisonnement – contre tout individu qui ne correspondait pas à ces normes. Dès lors, des hommes ont été exclus du circuit de la population et en même temps inclus dans les prisons (…). L’internement avait pour but non seulement de punir, mais aussi d’imposer par la contrainte un certain modèle de comportement ainsi que des acceptations : les valeurs et les acceptations de la société. Michel Foucault, « Je perçois l’intolérable » (entretien avec G. Armleder), Dits et écrits (1994).
Le cas de la crise sanitaire intervient aussi dans cette description de la société de surveillance. Foucault expose en effet la corrélation entre la gestion politique d’une épidémie comme la peste et la mise en place d’un dispositif disciplinaire qui passe notamment par la reconfiguration de l’espace urbain. Pour cela, il s’appuie sur les mesures sanitaires et sécuritaires prises au XVIIe siècle en cas d’apparition de la peste dans les villes. En même temps que l’interdiction faite aux habitants de quitter leur maison se met en place un enfermement général qui fige l’espace et permet une surveillance généralisée : seuls circulent les rapports indiquant « le nom, l’âge, le sexe de chacun, sans exception de condition ». Selon Foucault, il a existé un « rêve politique de la peste » permettant « la pénétration du règlement jusque dans les plus fins détails de l’existence et par l’intermédiaire d’une hiérarchie complète qui assure le fonctionnement capillaire du pouvoir » :
La ville pestiférée, toute traversée de hiérarchie, de surveillance, de regard, d’écriture, la ville immobilisée dans le fonctionnement d’un pouvoir extensif qui porte de façon distincte sur tous les corps individuels – c’est l’utopie de la cité parfaitement gouvernée. La peste, c’est l’épreuve au cours de laquelle on peut définir idéalement l’exercice du pouvoir disciplinaire. Pour faire fonctionner selon la pure théorie les droits et les lois, les juristes se mettent imaginairement dans l’état de nature. Pour voir fonctionner les disciplines parfaites, les gouvernants rêvent de l’état de peste. Michel Foucault, Surveiller et punir, (1975).

Vivre hors du temps : l’expérience de Jürgen Aschoff, père de la chronobiologie
23/06/2020 (MIS À JOUR À 11:05)
Par Pauline Petit
Peut-on vivre sans montre ni réveil ? Dans les années 1960, le chronobiologiste allemand Jürgen Aschoff a mené dans un bunker enterré une expérience d’isolement temporel absolument inédite… Une expérimentation déterminante dans la compréhension de nos horloges biologiques.
Un horloger remet les pendules à l’heure…• Crédits : Keystone-France – Getty
Pourquoi y a-t-il d’éternels « lève-tôt » et d’incurables « oiseaux de nuit » ? Notre horloge interne est-elle nécessairement réglée sur 24 heures ? Voici quelques questions auxquelles répond la chronobiologie, une discipline scientifique consacrée à l’étude de l’organisation temporelle des êtres vivants et de leurs rythmes biologiques. Jusqu’au début du XXe siècle, de nombreux scientifiques pensaient que les êtres vivants accordaient leur rythme d’activité et de sommeil uniquement par rapport aux signaux de leur environnement – ils étaient peu à croire en l’existence d’une « horloge interne ». Jürgen Aschoff, un médecin biologiste allemand considéré comme l’un des fondateurs de la chronobiologie, a voulu y voir plus clair. En 1964, alors qu’il vient d’être nommé chef du premier département consacré aux rythmes biologiques de l’Institut de physiologie comportementale Max Planck, il met au point avec son collègue Rütger Wever une expérience scientifique un peu particulière… Pendant 25 ans, il va étudier comment se comportent des individus en l’absence de toutes données temporelles.
Dans le bunker jusqu’à pas d’heure
Une bénévole dans l’une des chambres, en 1973. Des expériences ont été menées dans le bunker d’Andechs pendant 25 ans. Plus de 400 bénévoles y ont participé. • Crédits : MPG/Blachian
Au pied d’une montagne bavaroise, juste en-dessous de l’abbaye d’Andechs dans la banlieue de Munich, Jürgen Aschoff fait construire un bunker souterrain insonorisé capable d’accueillir des volontaires pendant plusieurs semaines. Une seule contrainte : impossible de savoir l’heure. Privés de montres et de réveils, les participants n’ont pas le loisir d’écouter la radio, de lire le journal ni même de regarder par la fenêtre. Tous les signaux temporels extérieurs susceptibles d’influencer leur comportement (appelés « Zeitgebers », littéralement des « donneurs de temps »), tels que la lumière du jour et l’obscurité nocturne, ont soigneusement été éliminés. Sans aucune information en provenance du monde extérieur, les habitants du bunker se couchent et se réveillent quand bon leur semble, se laissant ainsi guider par leur horloge interne. Pour mesurer le pouvoir d’influence de l’horloge biologique de l’un des participants sur celle de son colocataire de bunker, les expérimentateurs observent les sujets à la fois individuellement et en petits groupes.
Ainsi a été créée une existence presque hors du temps dans un bunker qui, en dépit de son absence de fenêtres, a été aménagé de façon à ce que ses habitants puissent y vivre confortablement. Dans des appartements indépendants équipés d’une cuisine et d’une salle de bain, ils pouvaient mener leur vie quotidienne à leur rythme, si bien que certains d’entre eux restèrent plus longtemps que le temps de l’expérience qui n’excédait pas quatre semaines. La porte vers le monde extérieur n’était cependant pas verrouillée, n’importe quel participant pouvait arrêter l’expérience en appuyant sur la poignée. Le journal allemand Der Spiegel livre quelques images de ce bunker devenu un temple de la chronobiologie.
Comme certains d’entre nous pendant la période de confinement liée à la pandémie du coronavirus, quelques volontaires passaient leur temps à méditer ou se reposer, d’autres en profitaient pour étudier (la plupart étaient des étudiants) et écrire. La séparation avec le monde extérieur n’était rompue que par une correspondance régulière entre les habitants du bunker et les scientifiques, via laquelle ils pouvaient communiquer la liste de leurs besoins, alimentaires notamment. Les vivres leur étaient ensuite distribuées à des heures aléatoires, au moyen d’un passe-plat. Pour répondre au désir de convivialité des participants de l’expérience, qu’ils ne pouvaient plus assouvir au-dehors, dans une taverne bavaroise par exemple, on leur livrait chaque jour une bouteille de « Kloster Andechs », brassée dans l’abbaye qui jouxtait le bunker. La consommation de bière – même bénie – était-elle prise en compte parmi les biais de l’expérience ?
« Je me sentais parfaitement à l’aise de vivre hors du temps »
Tout au long de leur aventure souterraine, l’activité physique des participants est scrupuleusement observée via un actimètre accroché au poignet qui enregistre leur activité quotidienne, mais aussi des manomètres placés sous le lit. Les volontaires se prêtent également à d’autres prises de données comme la température ou l’analyse d’urine, et effectuent des tests psychologiques.
Entre 1964 et 1989, près de 400 bénévoles se sont volontairement rendus au bunker de recherche d’Andechs. Jürgen Aschoff a lui-même expérimenté cette vie souterraine. Dans un article scientifique intitulé « Les rythmes circadiens chez l’homme » publié en 1965 dans la revue Science, il témoigne :
Après avoir éprouvé une grande curiosité pour le « vrai » temps durant les deux premiers jours de la vie du bunker, j’ai perdu tout intérêt pour cette affaire et je me sentais parfaitement à l’aise de vivre « hors du temps ».
Le biologiste, qui avait pourtant déjà mené de nombreuses études scientifiques à ce sujet, s’est laissé surprendre par cette expérience. « Quand je suis sortie le 10e jour, j’ai été très étonné d’apprendre que la dernière fois que je m’étais réveillé, il était 15 heures, écrit Jürgen Aschoff dans son étude :
Les « matins », j’avais du mal à savoir si j’avais dormi assez. Le 8e jour, je me suis levé après trois heures de sommeil seulement. Peu après avoir pris mon petit-déjeuner, j’ai écrit sur mon journal : « Quelque chose cloche. Je me sens comme si j’étais en horaire de nuit. » Je suis retourné me coucher et repris ma journée à nouveau après trois heures de sommeil en plus. À en juger par la courbe de ma température corporelle, mon premier réveil coïncidait en fait avec la pire phase de mon cycle circadien, soit le moment où ma température était la plus basse. J’avais été trompé par un effort de ma volonté et remis en ordre par mon horloge biologique.
Comme les autres participants de l’expérience, le biologiste avait la sensation d’avoir perdu la notion du temps… tout en ayant trouvé un rythme qui lui était bien propre.
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LA MÉTHODE SCIENTIFIQUE
Pourquoi le temps passe-t-il ?
Résultat de l’expérience : à chacun son rythme
Même sans connaître l’heure, les habitants du bunker continuent d’avoir une existence rythmée par une alternance de temps de veille et de sommeil réguliers. Mais ce rythme quotidien ne correspond pas aux journées de 24 heures. De plus, le « commencement » de ces cycles circadiens se déplace au fil des jours. L’un des habitants a par exemple commencé à s’endormir et à se réveiller 42 minutes plus tard, chaque jour.
A l’issue de ces expériences, l’équipe de l’institut Max Planck a ainsi découvert qu’en l’absence d’indicateurs temporels extérieurs, la plupart des participants n’avaient pas une horloge biologique calquée sur un cycle exact de 24 heures, mais sur une période de 25 heures ou plus. L’un des volontaires avait même un cadran interne d’environ 50 heures dont 29 heures de réveil et 21 heures de sommeil. De fait, certains d’entre eux avaient l’impression d’avoir « perdu » plusieurs jours… Comme l’observait Marcel Proust, grand écrivain du temps, « les jours sont peut-être égaux pour une horloge mais pas pour un homme » !
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LA MÉTHODE SCIENTIFIQUE
A la recherche du sommeil perdu
Jürgen Aschoff et ses collaborateurs en ont conclu que les humains avaient des rythmes biologiques endogènes, qui persistent de façon autonome, selon leur propre fréquence. Notre temporalité est en quelque sorte guidée par trois types de cycles : l’horloge biologique, l’horloge solaire et l’horloge sociale. La première est liée à la constitution génétique d’un individu. Mais celle-ci peut être affectée par des facteurs exogènes avec lesquels elle se synchronise, en particulier le cycle du jour et de la nuit qui, avant la révolution industrielle et le développement de l’électricité, jouait un rôle encore plus important dans nos rythmes de sommeil et de veille. En l’absence de ces indicateurs externes, les facteurs sociaux peuvent aussi influencer notre horloge interne.
Alors, si l’envie de jeter son réveil contre le mur se fait ressentir certains matins, peut-on véritablement vivre sans lui ? De nombreuses études de chronobiologie nous incitent à nous coucher quand nous nous sentons fatigués, à apprendre à nous réveiller de notre propre chef, détachés de l’alarme du réveil… Les diverses expériences de chronobiologie (impliquant des personnes plongées dans l’obscurité pendant plusieurs jours ou privées de repères temporels) ont permis de montrer que le cycle imposé par l’horloge interne dure spontanément entre 23h30 et 24h30, selon les individus, comme le résume l’Inserm. Si seule l’horloge interne contrôlait le rythme biologique d’un individu, sans être « remise à l’heure », il se décalerait tous les jours. Sans réveil ou tout autre agent extérieur avec lequel se synchroniser, nous dormirions très certainement à un horaire différent de la journée ou de la nuit, ce qui rendrait bien difficile la vie en société.
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« La vie est bien trop courte pour perdre son temps à se faire une place là où l’on en a pas, pour démontrer qu’on a ses chances quand on porte tout en soi, pour s’encombrer de doutes quand la confiance est là, pour prouver un amour à qui n’ouvre pas les bras, pour performer aux jeux de pouvoir quand on n’a pas le gout à ça, pour s’adapter à ce qui n’épanouit pas.
La vie est bien trop courte pour la perdre à paraître, s’effacer, se plier, dépasser, trop forcer.
Quand il nous suffit d’être, et de lâcher tout combat que l’on ne mène bien souvent qu’avec soi, pour enfin faire la paix, être en paix.
Et vivre. En faisant ce qu’on aime, auprès de qui nous aime, dans un endroit qu’on aime, en étant qui nous sommes, Vraiment … »
___ Alexandre Jollien

Dire le fond de sa pensée sans prendre en considération la difficulté d’être un homme, notre manque de talent, nos luttes, nos illusions, nos insuffisances et nos fragilités, lâcher une vérité cruelle quand rien d’essentiel n’est en jeu relève simplement du fanatisme et de l’intolérance. Après tout, si l’humanité devait savoir toute la vérité sur elle, peut-être se désintégrerait-elle pour mourir d’horreur et de désespoir.
L’Affaire homme de Romain Gary.

« J’ai beaucoup de mal à définir ce qu’est un homme, une femme, en dehors du sexe même. Je ne vois pas de caractéristiques communes aux uns ou aux autres. Le féminin ne tient qu’à l’aspect extérieur : une tenue, une coiffure, des talons. Ce n’est qu’une question d’enveloppe. Je n’ai jamais été une adepte du féminisme et n’ai jamais ressenti le besoin de me défendre en tant que femme. Pour moi, un combat qui réduit les gens à un dénominateur commun a quelque chose de caricatural. Je me méfie des catégories. Qu’est-ce qui nous définit ? Notre sexe ? Notre métier ? Notre couleur ? Notre nationalité ? Non. C’est bien plus complexe que ça. La richesse des êtres humains tient à leur dualité, à leurs contradictions. J’aime franchir les lignes, brouiller les rangs, faire se télescoper les extrêmes.»
▬ Fanny Ardant, née le 22 mars 1949.

« La simplicité c’est se mettre à nu devant les autres
Et nous avons tant de difficulté à être vrais avec les autres.
Nous avons peur d’être mal compris, de paraître fragiles,
de nous retrouver à la merci de ce qui nous fait face.
Nous ne nous exposons jamais.
Parce qu’il nous manque la force d’être des Hommes,
celle qui nous fait accepter nos limites,
celle qui nous les fait comprendre, en leur donnant du sens et en les transformant en énergie,
en force précisément.
J’aime la simplicité qui s’accompagne d’humilité.
J’aime les clochards.
J’aime les gens qui savent écouter le vent sur leur propre peau,
sentir l’odeur des choses,
en capturer l’âme.
Ceux dont la chair est en contact avec la chair du monde.
Parce que là est la vérité, là est la douceur, là est la sensibilité, là est encore l’amour.»
▬ Alda Merini (21 mars 1931 – 1er novembre 2009)

« Il faut arrêter de croire que la technologie va nous sauver, la technologie ne peut pas exister de manière intrinsèque »

Bonjour,
Depuis l’invasion de l’Ukraine, j’ai parfois l’impression, en écoutant Vladimir Poutine, qu’il est retombé en enfance. Cet homme né en 1952 à Leningrad parle de plus en plus comme on le faisait en URSS. Cela m’a frappé dès le 3 mars, lorsqu’il a publiquement reconnu des pertes lors de son “opération spéciale”. Il a débité un récit de guerre canonique. Il a raconté l’histoire sacrificielle d’un jeune officier du Daghestan, Nourmahomed Engelsovitch (sic) Gadjimahomedov, qui, “blessé, s’est battu jusqu’au dernier souffle et a fait exploser à la grenade les soldats qui l’encerclaient, et lui-même. Il est allé jusqu’à cette extrémité parce qu’il comprenait à qui il avait à faire : des néonazis qui humilient leurs prisonniers et les tuent avec sauvagerie”. Le président russe ressuscite les récits de guerre qui ont bercé son enfance – jusqu’à recouvrir la réalité.
Mercredi dernier, le 16 mars, Vladimir Poutine a appuyé sur une autre touche, classique elle aussi, du clavier soviétique : la dénonciation des traîtres vendus à la bourgeoisie impérialiste. Devant le gouvernement et les représentants des régions, il est revenu sur les sanctions occidentales. Pour y faire face, chacun doit participer à l’économie du poutinisme dans un seul pays. Le président déplore l’existence d’une “cinquième colonne” composée de “nationaux-traîtres”, qui “gagnent leur argent ici mais vivent là-bas, même pas dans un sens géographique, mais dans leurs pensées, dans leur conscience d’esclaves”. Il vise à la fois les oligarques, qui pourraient être tentés de ne pas soutenir l’effort de guerre, mais aussi l’opposition démocratique, “qui se trouve là-bas dans sa tête”. Il tance “ceux qui possèdent une villa à Miami ou sur la côte d’Azur, qui ne peuvent se passer de foie gras, d’huîtres et de prétendues libertés de genre”. C’est presque du Maïakovski, le poète futuriste des années 1920 : “Mange des ananas, mâche des perdrix/ Ton dernier jour arrive, bourgeois !” Vladimir Poutine menace les nouveaux Russes et ceux qui osent manifester contre sa guerre : “Le peuple russe saura toujours distinguer les vrais patriotes des ordures et des traîtres, il les recrachera tout simplement comme des moucherons avalés par mégarde.” Fleuri. Poutinien, mais tendance hardcore. Complètement léniniste aussi. C’est Alexandre Soljenitsyne qui rappelait dans L’Archipel du Goulag (1973) que le leader bolchevique avait la métaphore entomologique facile, lui aussi. Dans un article de 1918, Lénine affirme que le but de la révolution est de “nettoyer la terre russe de tous les insectes nuisibles”. De qui parle-t-il ? Soljenitsyne admet qu’il est impossible “de procéder à une étude exhaustive des cas rentrant sous cette large dénomination d’insectes”. La liste est trop longue, des professeurs de lycée aux prêtres. Et selon Poutine ? Pour l’instant, il cible les grandes fortunes et l’opposition démocratique. Mais demain ? Je viens de lire sur Telegram que les enseignants qui ont quitté la Russie mais continuent de donner cours en vidéo vont être démis. Quant aux prêtres qui osent s’opposer aux délires métaphysico-homophobes du patriarche Cyrille, ils sont considérés comme des traîtres. Les premières inculpations pour “fausses informations” sur le conflit sont lancées. Qui seront les suivants sur la liste des “moucherons” à “recracher” ? Poutine va-t-il déclencher des répressions à grande échelle, nationaliser les entreprises, mettre en place une économie de subsistance, tenter de reconstituer une logique de blocs, fermer son pays, comme au temps de l’URSS ? Rien n’est impossible depuis son aventure guerrière en Ukraine, tant il semble s’enivrer de la geste soviétique – tout en lui ajoutant une pincée de religiosité et une exaltation de l’empire des tsars.
Qui pouvait s’y attendre, trente ans après l’effondrement de l’URSS sur elle-même ? Peut-être l’écrivaine et prix Nobel de littérature Svetlana Alexievitch, dont le livre La Fin de l’homme rouge, en 2013, m’avait réveillé de mon sommeil historique. En donnant à lire la voix de citoyens soviétiques ordinaires, elle avait exprimé le désarroi de millions de gens normaux ébahis de se réveiller, au début des années 1990, dans un monde qui n’était plus le leur. En russe, son ouvrage s’intitulait d’ailleurs “Une époque de seconde main”. Avant tout le monde, l’écrivaine bélarusse, que j’étais alors allé voir à Minsk, avait saisi l’irrépressible nostalgie du pays natal. “Le Soviétique, c’était un homme bien, il était capable d’aller en Sibérie, au milieu de nulle part, au nom d’une idée, et pas pour des dollars”,clamait l’un de ses témoins. Aujourd’hui, Vladimir Poutine fait revivre ce mythe, mais dans une répétition tragique et sanglante, contre le “peuple frère” ukrainien. Lui qui a interdit tout travail de mémoire sur le siècle soviétique réactive ce dernier dans un geste à la fois démiurgique et suicidaire. Il me fait penser à ce que disait le grand dissident polonais Adam Michnik, qui a passé des années dans les prisons du régime. Quand on lui demandait ce qu’il y avait de pire dans le communisme, il répondait : “Ce qui arrive après.” Nous y sommes.

Nous y sommes, et il faut tenter de comprendre ce qui arrive. Aujourd’hui, Étienne Balibar insiste sur un soutien réel, “par des actions et non de simples sentiments”, aux Ukrainiens qui résistent à l’invasion russe. Et nous rendons hommage à notre ami et collègue de Philosophie magazine, Philippe Nassif, qui nous a brusquement quittés.

A vivre seul, au moins quelques années, on apprend à passer du besoin qui ligote au désir et au rêve qui ouvrent grand l’espace en soi et autour de soi. A vivre seul, on apprend à choisir ses relations au lieu de les supporter, de s’en accommoder. Sauvage et sociable tout à la fois, l’individu solitaire ne se croit pas obligé d’aller à des repas de famille, de participer à des fêtes dont les convives l’ennuient. Et de cela il ne se sent nullement culpabilisé parce qu’il est en accord avec ce qu’il fait. Se tenir en solitude,c’est chérir une situation propice à inattendu, à l’incroyable dont les tableaux de Van Eyck et de Brueghel esquissent l’apparition. C’est se vouloir disponible, absolument; et non disponible pour quelque chose, en attente de quelqu’un. Se tenir dans la fraîcheur du commencement. C’est donc un état émerveillé.
L’esprit de solitude de Jacqueline Kelen.

Une idée-force de Hannah ARENDT qui m’a beaucoup marqué est celle, selon laquelle « aucune considération éthique ne saurait entraver l’expansion de l’impérialisme»

Ce texte datant de 1980 écrit par Marguerite Yourcenar n’a pas pris une ride. Hélas.
« Je condamne l’ignorance qui règne en ce moment dans les démocraties aussi bien que dans les régimes totalitaires. Cette ignorance est si forte, souvent si totale, qu’on la dirait voulue par le système, sinon par le régime. J’ai souvent réfléchi à ce que pourrait être l’éducation de l’enfant.
Je pense qu’il faudrait des études de base, très simples, où l’enfant apprendrait qu’il existe au sein de l’univers, sur une planète dont il devra plus tard ménager les ressources, qu’il dépend de l’air, de l’eau, de tous les êtres vivants, et que la moindre erreur ou la moindre violence risque de tout détruire.
Il apprendrait que les hommes se sont entretués dans des guerres qui n’ont jamais fait que produire d’autres guerres, et que chaque pays arrange son histoire, mensongèrement, de façon à flatter son orgueil.
On lui apprendrait assez du passé pour qu’il se sente relié aux hommes qui l’ont précédé, pour qu’il les admire là où ils méritent de l’être, sans s’en faire des idoles, non plus que du présent ou d’un hypothétique avenir.
On essaierait de le familiariser à la fois avec les livres et les choses ; il saurait le nom des plantes, il connaîtrait les animaux sans se livrer aux hideuses vivisections imposées aux enfants et aux très jeunes adolescents sous prétexte de biologie. ; il apprendrait à donner les premiers soins aux blessés ; son éducation sexuelle comprendrait la présence à un accouchement, son éducation mentale la vue des grands malades et des morts.
On lui donnerait aussi les simples notions de morale sans laquelle la vie en société est impossible, instruction que les écoles élémentaires et moyennes n’osent plus donner dans ce pays.
En matière de religion, on ne lui imposerait aucune pratique ou aucun dogme, mais on lui dirait quelque chose de toutes les grandes religions du monde, et surtout de celle du pays où il se trouve, pour éveiller en lui le respect et détruire d’avance certains odieux préjugés.
On lui apprendrait à aimer le travail quand le travail est utile, et à ne pas se laisser prendre à l’imposture publicitaire, en commençant par celle qui lui vante des friandises plus ou moins frelatées, en lui préparant des caries et des diabètes futurs.
Il y a certainement un moyen de parler aux enfants de choses véritablement importantes plus tôt qu’on ne le fait. »
Marguerite Yourcenar, « Les yeux ouverts. »

Le journaliste italien Michele Serra, ce soir, lors de l’émission télévisée « Che tempo che fa ».
Une réflexion tragiquement actuelle.
« Je suis ici pour vous parler de singe à singe. Une cinquantaine de bombes thermonucléaires suffisent à détruire l’humanité. Familièrement appelées bombes atomiques. Mais il n’y a pas cinquante bombes atomiques dans le monde. Il y en a quinze mille.
La question est donc la suivante : si cinquante bombes atomiques suffisent à anéantir l’ennemi et même l’ami, pourquoi en avons-nous construit quinze mille ?
Il n’y a pas de réponse rationnelle. Même la logique de guerre la plus cynique ne peut justifier un tel gaspillage inutile.
Si nous étions au bar entre amis, je vous dirais : c’est la preuve que nous, en tant qu’espèce, ne sommes pas seulement mauvais. Nous sommes aussi des couillons.
Mais s’il y avait un psychanalyste dans le bar, on pourrait aller un peu plus loin : il expliquerait que cette accumulation démesurée est une forme de collection. En psychanalyse, le collectionnisme est étudié comme une perversion.
En 1955, Albert Einstein et Bertrand Russel ont rédigé un appel au désarmement signé par une douzaine de lauréats du prix Nobel. Il disait : « Nous vous demandons, si vous le pouvez, de mettre de côté vos opinions et de raisonner simplement comme les membres d’une espèce biologique en danger d’extinction ».
Le mot le plus audacieux, le plus utopique de la phrase que je viens de vous lire est l’emploi du verbe « raisonner ». Je ne pense pas que ce soit à notre portée ».
Tragique dans son irraisonnable rationalité

« On ferme les yeux des morts avec douceur, c’est aussi avec douceur qu’il faut ouvrir les yeux des vivants. »
Jean Cocteau

LE 12 MARS 1922, NAISSANCE DE JACK KÉROUAC écrivain et poète franco-américain. Jean-Louis Kérouac dit Jack Kerouac, naît le 12 mars 1922 à Lowell dans le Massachusetts de parents québécois. Considéré comme l’un des auteurs américains les plus importants du XXe siècle, il est même pour la communauté beatnik le « King of the Beats ». Il a éprouvé de profondes difficultés à trouver sa place dans le monde, ce qui l’a amené à rejeter les valeurs traditionnelles des années 1945-1950, donnant ainsi naissance au mouvement beat. Ses écrits reflètent cette volonté de se libérer des conventions sociales étouffantes de son époque et de donner un sens à son existence. Un sens qu’il a cherché dans des drogues, dans l’alcool, dans la religion et la spiritualité et dans une frénésie de voyages. « Jazz poet », comme il se définit lui-même, Kerouac vante les bienfaits de l’amour, proclame l’inutilité du conflit armé, quel qu’il soit, et considère que « seuls les gens amers dénigrent la vie ». Jack Kerouac et ses écrits sont vus comme précurseurs du mode de vie de la jeunesse des années 1960, celle de la Beat Generation, qui a ébranlé la société américaine dans ses certitudes. Elle a directement inspiré aussi bien les mouvements de mai 1968 que l’opposition à la guerre du Viêt Nam, ou les hippies de Berkeley et Woodstock. Sur la route, le roman le plus connu de Kerouac, est une ode aux grands espaces, à l’épopée vers l’ouest, à la découverte de mondes nouveaux.

La propagation de la pandémie et la guerre en Ukraine ont été très rudes pour un grand nombre de pays. Cela a eu des répercussions sur leur développement économique de nombreux États et a conduit à la crise tant redoutée. Mais alors, quels sont les pays les plus riches dans le monde en 2022 ? Zoom sur leur PIB.

Tant que la crise sanitaire et la guerre perdurent, il convient de se demander comment les grandes puissances mondiales s’en sortent. Le FMI (Fonds Monétaire International) a publié son traditionnel World Economic Outlook où il détaille ses prévisions de croissance pour 2022.
Après avoir connu une année 2020 critique, les pays prévoient un fort rebond en 2022. À titre d’exemple, la Chine va connaître, d’après les prévisions du FMI, une croissance de 5,1%. >L’institution prévoyait que le PIB russe allait atteindre 1 703 milliards de dollars courants en 2022, soit une prévision de croissance de 2,9% par rapport à l’année précédente. Toutefois, suite aux événements qui ont frappé ces derniers jours et l’invasion menée par Moscou en Ukraine, cette supposition est à nuancer. Il est également important de prendre en compte l’impact des sanctions économiques et les décisions russes à venir en représailles, ainsi que ses conséquences pour l’économie russe, française et mondiale.
Lire aussi : Zoom sur la fortune des candidats à l’élection présidentielle.

Définition et calcul du PIB
Le PIB est un agrégat clé de la comptabilité nationale. Il prend en compte le résultat final de l’activité de production des unités productrices résidentes. Il a pour objectif de mesurer la richesse créée par tous les agents, privés et publics, sur un territoire national pendant une période donnée.
Le PIB (produit intérieur brut) est calculé en faisant la somme des valeurs ajoutées de toutes les entreprises (nationales ou internationales) au sein d’un pays. Il faut tout de même bien garder en tête qu’il y a une différence avec le PNB (produit national brut), qui prend en compte toutes les activités (biens et services) produits sur un territoire.
Autrement dit, le PIB mesure la valeur de tous les biens et services produits dans une nation sur un exercice calculé selon le prix du marché. Si un pays enregistre une augmentation du PIB, cela signifie qu’il connaît une croissance économique. A contrario, une diminution du PIB rime avec décroissance.
Le PIB au prix du marché peut être calculé de trois manières différentes selon l’INSEE :
• Optique de la production : Cela consiste à faire la somme des valeurs ajoutées de toutes les acti¬vités de production de biens et de services, tout en y ajoutant les impôts moins les subventions sur les produits : VA des activités + impôts – les subventions.
• Optique des dépenses : Pour calculer le PIB, il faudrait faire la somme de toutes les dépenses finales (consacrées à la consommation ou à l’accroissement de la richesse) en y ajoutant les exportations, moins les importations de biens et services.
• Optique du revenu : Pour le calculer, il faut faire la somme de tous les revenus obtenus dans le processus de production de biens et de services (revenus salariaux, excédent brut d’exploitation et revenu mixte) en y ajou-tant les impôts sur la production et les importa¬tions moins les subventions.

Le top 10 des pays les plus riches au monde en 2022
À la première position du classement des pays les plus riches au monde, nous retrouvons sans surprise les États-Unis dont le PIB s’élève à 24 796 mds$. Il est en hausse de 5,20%, par rapport à 2021. En deuxième position, se place la Chine avec un PIB de 18 460 mds$. Le pays a su rebondir, même après les confinements qui se sont succédés, avec une croissance de 5,10%. L’Asie est présente en force sur le podium, étant donné que le Japon se place à la 3e position avec un PIB de 5 383 mds$.
Pour la suite du classement et pour conclure le top 5, nous partons en Europe de l’Ouest avec respectivement l’Allemagne (+4,6%) et le Royaume-Uni (+5%). La France se place derrière l’Inde (+8,50%), à la 7e position. L’Hexagone perd en effet un place avec un PIB s’élevant à 3 140 mds$ en 2022.
Dans le reste du top 10, nous retrouvons l’Italie à la 8e place avec un PIB de 2 272 mds$, suivie par le Canada (2 189 mds$). En 10e position des pays les plus riches au monde, nous retrouvons la Corée du Sud.
Qu’en est-il du continent africain ? Le Nigeria s’impose à la 26e place du palmarès des pays les plus riches au monde. Cette position fait de cet État, encore une fois, la nation africaine la plus riche d’après les chiffres du Fonds monétaire international, avec un PIB estimé à 555 milliards de dollars en 2022. Ce chiffre enregistre une hausse de 2,7% sur un an.
Lire aussi : Le classement des 20 hommes les plus riches du monde en 2022

PIB : Classement des pays les plus riches au monde en 2022
Rang Pays PIB 2022 (milliards $) Evolution 2022-2021
1 Etats-Unis 24 796 mds$ 5,20%
2 Chine 18 460 mds$ 5,10%
3 Japon 5 383 mds$ 3,20%
4 Allemagne 4 557 mds$ 4,60%
5 Royaume-Uni 3 442 mds$ 5%
6 Inde 3 250 mds$ 8,50%
7 France 3 140 mds$ 3,90%
8 Italie 2 272 mds$ 4,20%
9 Canada 2 189 mds$ 4,90%
10 Corée 1 907 mds$ 3,30%
11 Brésil 1 810 mds$ 1,50%
12 Russie 1 703 mds$ 2,90%
13 Australie 1 677 mds$ 4,10%
14 Espagne 1 570 mds$ 6,40%
15 Mexique 1 371 mds$ 4%
16 Indonésie 1 247 mds$ 5,90%
17 Iran 1 136 mds$ 2%
18 Pays-Bas 1 070 mds$ 3,80%
19 Arabie saoudite 876 mds$ 4,80%
20 Suisse 862 mds$ 3%
21 Taiwan 850 mds$ 3,30%
22 Turquie 844 mds$ 3,30%
23 Pologne 720 mds$ 5,10%
24 Suède 660 mds$ 3,40%
25 Belgique 619 mds$ 5,60%
26 Nigeria 555 mds$ 2,70%
27 Irlande 550 mds$ 3,50%
28 Thaïlande 537 mds$ 5%
29 Autriche 520 mds$ 39%
30 Argentine 483 mds$ 2,50%
Classement 2022 des pays en fonction du PIB par habitant
Le PIB par habitant est calculé en divisant le PIB d’un pays par le nombre d’habitant. Cet indicateur donne une vision complémentaire du niveau de développement d’un pays et est fortement apprécié par les économistes.
Sans surprise, le Luxembourg se place à la 1ère position des pays avec le plus fort PIB par habitant pour l’année 2021. Il s’élève ainsi à 126 000 dollars. L’Irlande se place à la 2e position du podium, devant le Singapour (3e). L’Hexagone chute au classement et arrive à la 28e place.
Rang Pays PIB 2021 par habitant ($)
1 Luxembourg 126 568
2 Irlande 111 359
3 Singapour 107 677
4 Qatar 100 036
5 Suisse 78 111
6 Emirats Arabes Unis 74 244
7 Norvège 69 858
8 Etats-Unis 69 375
9 Macao 67 474
10 Hong Kong 65 403
11 Danemark 63 404
12 Pays-Bas 61 816
13 Autriche 59 405
14 Islande 59 268
15 Allemagne 58 150
16 Suède 57 425
17 Belgique 55 919
18 Australie 55 492
19 Canada 53 089
20 Finlande 53 083
21 Royaume-Uni 48 693
22 Corée du Sud 48 308
23 Malte 47 152
24 Nouvelle-Zélande 45 879
25 Italie 45 267
26 Israël 44 965
27 Japon 44 934
28 France 44 770
29 Bahamas 31 532

« Pour moi ne comptent que ceux qui sont fous de quelque chose, fous de vivre, fous de parler, fous d’être sauvés, ceux qui veulent tout en même temps, ceux qui ne bâillent jamais, qui ne disent pas des banalités, mais brûlent, brûlent comme un feu d’artifice. »
Jack Kerouac – 12 mars 1922 / 21 octobre 1969 –

… dans un monde livré à tous les déchirements de la violence, incapable d’aucun contrôle, indifférent à la justice et au simple bonheur des hommes, la science se consacre au meurtre organisé, personne sans doute, à moins d’idéalisme impénitent, ne songera à s’en étonner…
Devant les perspectives terrifiantes qui s’ouvrent à l’humanité, nous apercevons encore mieux que la paix est le seul combat qui vaille d’être mené. Ce n’est plus une prière, mais un ordre qui doit monter des peuples vers les gouvernements, l’ordre de choisir définitivement entre l’enfer et la raison. »
▬ Albert Camus, extrait de l’éditorial du journal Combat, 8 août 1945.
Dans cet éditorial, Albert Camus fait part de son indignation face au ravage que provoque la bombe atomique.

« ll y a assez de traîtrise, de haine, de violence,
d’absurdité dans l’être humain moyen
Pour approvisionner à tout moment n’importe quelle armée
Et les plus doués pour le meurtre sont ceux qui prêchent contre
Et les plus doués pour la haine sont ceux qui prêchent l’amour
Et les plus doués pour la guerre – finalement – sont ceux qui prêchent la paix.
Méfiez-vous
De l’homme moyen
De la femme moyenne
Méfiez-vous de leur amour.
Leur amour est moyen, recherche la médiocrité
Mais il y a du génie dans leur haine
Il y a assez de génie dans leur haine pour vous tuer, pour tuer n’importe qui.
Ne voulant pas de la solitude
Ne comprenant pas la solitude
Ils essaient de détruire
Tout
Ce qui diffère d’eux.
Etant incapables
De créer de l’art
Ils ne comprennent pas l’art.
Ils ne voient dans leur échec
En tant que créateurs
Qu’un échec du monde.
Etant incapables d’aimer pleinement
Ils croient votre amour
Incomplet
Du coup, ils vous détestent.
Et leur haine est parfaite
Comme un diamant qui brille
Comme un couteau
Comme une montagne
Comme un tigre
Comme la ciguë
Leur plus grand art. »
(Le Génie de la foule 1966)
▬ Charles Bukowski (16 août 1920 – 9 mars 1994)

Quand une guerre éclate, les gens disent : Cela ne durera pas, c’est trop bête. Et sans doute une guerre est certainement trop bête, mais cela ne l’empêche pas de durer. La bêtise insiste toujours…
Albert Camus, La peste (1947)

Ta vie est ta vie.
Ne te laisses pas abattre par une soumission moite.
Sois à l’affût. Il y a des issues. Il y a de la lumière quelque part
Pas bien forte peut-être. Mais elle chasse les ténèbres.
Sois à l’affût ! Les dieux t’offriront des opportunités. Reconnais-les Saisis-les.
Tu ne peux pas battre la mort. Mais tu peux battre la mort dans la vie parfois.
Et plus tu apprendras à le faire ,t plus il y aura de lumière. Ta vie est ta vie.
Sache-le tant qu’il est temps
Charles Bukowski – 16 août 1920 / 9 mars 1994 –

« Je continuerai à croire, même si tout le monde perd espoir.
Je continuerai à aimer, même si les autres distillent la haine.
Je continuerai à construire, même si les autres détruisent.
Je continuerai à parler de paix, même au milieu d’une guerre.
Je continuerai à illuminer, même au milieu de l’obscurité.
Je continuerai à semer, même si les autres piétinent la récolte.
Et je continuerai à crier, même si les autres se taisent.
Et je dessinerai des sourires sur des visages en larmes.
Et j’apporterai le soulagement, quand on verra la douleur.
Et j’offrirai des motifs de joie là où il n’y a que tristesse.
J’inviterai à marcher celui qui a décidé de s’arrêter…
Et je tendrai les bras à ceux qui se sentent épuisés. »
Abbé Pierre

Le courage est ce qu’il faut pour se lever et parler ; le courage est aussi ce qu’il faudrait pour s’asseoir et écouter.
(Winston Churchill)

« Maintenant on pourrait presque enseigner aux enfants dans les écoles comment la planète va mourir, non pas comme une probabilité mais comme l’histoire du futur. On leur dirait qu’on a découvert des feux, des brasiers, des fusions, que l’homme avait allumés et qu’il était incapable d’arrêter. Que c’était comme ça, qu’il y avait des sortes d’incendies qu’on ne pouvait plus arrêter du tout. Le capitalisme a fait son choix : plutôt ça que de perdre son règne.» [Le Matin- 1986]
▬ Marguerite DURAS (4 Avril 1914 – 3 Mars 1996)

Les 40 musées les plus spectaculaires dans le monde
Conçus par Frank Lloyd Wright, Oscar Niemeyer, Frank Gehry, Zaha Hadid, Jean Nouvel, David Chipperfield… ces musées fascinent par leur architecture hors norme.
Par Marina Hemonet
10 septembre 2021


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• © The Solomon R. Guggenheim Foundation, New York
• 1/40
• Le musée Guggenheim, à New York
• Architecte : Frank Lloyd Wright
• Date d’inauguration : 1959Musée Guggenheim, 1071 5th Avenue, New York, États-Unis, http://www.guggenheim.org

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• © Centre Pompidou / Photo Georges Meguerditchian
• 2/40
• Le Centre Georges Pompidou, à Paris
• Architecte : Renzo Piano
• Date d’inauguration : 1977
• Centre Georges Pompidou, place Georges-Pompidou, 75004 Paris, http://www.centrepompidou.fr

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• © Vitra Design Museum
• 3/40
• Le Vitra Design Museum, en Allemagne
• Architecte : Frank Gehry
• Date d’inauguration : 1989
• Vitra Design Museum, Charles-Eames-Straße 2, Weil am Rhein, Allemagne, http://www.design-museum.de

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• Courtesy of Benesse Art Site Naoshima
• 4/40
• Le Benesse Art Site Naoshima, au Japon
• Architecte : Tadao Ando
• Date d’inauguration : 1992
• Benesse Art Site, île de Naoshima, préfecture de Kagawa, Japon, http://www.benesse-artsite.jp

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• © Leo Zulluh
• 5/40
• Le Musée d’art contemporain de Niterói, au Brésil
• Architecte : Oscar Niemeyer
• Date d’inauguration : 1996
• Musée d’art contemporain de Niterói, Boa Viagem, Niterói, Brésil, http://www.macniteroi.com.br

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• Courtesy of Fondation Beyeler
• 6/40
• La Fondation Beyeler, à Bâle
• Architecte : Renzo Piano
• Date d’inauguration : 1997
• Fondation Beyeler, Baselstrasse 101, Bâle, Suisse http://www.fondationbeyeler.ch

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• © Guggenheim Bilbao
• 7/40
• Le musée Guggenheim, à Bilbao
• Architecte : Frank Gehry
• Date d’inauguration : 1997
• Musée Guggenheim, Abandoibarra Etorb., 2, Bilbao, Bizkaia, Espagne, http://www.guggenheim-bilbao.eus

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• Photo David Woo / Courtesy of MAMFW
• 8/40
• Le musée d’art moderne de Fort Worth, au Texas
• Architecte : Tadao Ando
• Date d’inauguration : 2002
• Musée d’art moderne de Fort Worth, 3200 Darnell St, Fort Worth, Texas, États-Unis, http://www.themodern.org

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• Courtesy of Rudy Ricciotti
• 9/40
• Le Mucem, à Marseille
• Architecte : Rudy Ricciotti
• Date d’inauguration : 2013
• Mucem – Musée des Civilisations d’Europe et de Méditerranée, 7, promenade Robert Laffont, Marseille, http://www.mucem.org

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• © Courtesy of Ordrupgaard Museum / Photo © Adam Mørk
• 10/40
• L’extension du musée Ordrupgaard, à Copenhague
• Architecte : Zaha Hadid
• Date d’inauguration : 2005
• Musée Ordrupgaard, Vilvordevej 110, 2920 Charlottenlund, Danemark, http://www.ordrupgaard.dk

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• © Photo Elliot Lewis
• 11/40
• Le musée royal de l’Ontario, à Toronto
• Architecture : Daniel Libeskind
• Date d’inauguration : 2007
• Musée royal de l’Ontario,100 Queens Park, Toronto, Canada, http://www.rom.on.ca

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• © Photo by View Pictures/Universal Images Group via Getty Images
• 12/40
• Le New Museum à New York
• Architectes : Kazuyo Sejima et Ryue Nishizawa (SANAA)
• Date d’inauguration : 2007
• New Museum, 235 Bowery, New York, NY 10002, États-Unis, http://www.newmuseum.org

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• © Luis Ferrera Alves
• 13/40
• Le musée Paula Rego, au Portugal
• Architecte : Eduardo Souto de Moura
• Date d’inauguration : 2008
• Musée Paula Rego, Av. da República 300, Cascais, Portugal, http://www.casadashistoriaspaularego.com

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• Courtesy Zaha Hadid Architects / Photo © Iwan Baan
• 14/40
• Le MAXXI, à Rome
• Architecte : Zaha Hadid
• Date d’inauguration : 2009
• MAXXI – Musée national des arts du XXIe siècle, Via Guido Reni, 4/a, Rome, Italie, http://www.maxxi.art

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• © Yael Pincus
• 15/40
• Le musée du Design, en Israël
• Architecte : Ron Arad
• Date d’inauguration : 2010
• Musée du Design de Holon, 8, rue Pinkhas Eilon, Holon, Israël, http://www.dmh.org.il

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• Courtesy of Benesse Art Site Naoshima
• 16/40
• Le musée d’art de Teshima, au Japon
• Architecte & artiste : Ryue Nishizawa & Rei Naito
• Date d’inauguration : 2010
• Musée d’artde Teshima, île de Teshima, préfecture de Kagawa, Japon, http://www.benesse-artsite.jp

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• © Shu He
• 17/40
• L’Ordos Art & City Museum, en Chine
• Architecte : MAD Architects
• Date d’inauguration : 2011
• Ordos Art & City Museum, Ordos, Mongolie-Intérieure, Chine.

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• Courtesy of Fernando Romero
• 18/40
• Le musée Soumaya, à Mexico
• Architecte : Fernando Romero
• Date d’inauguration : 2011
• Musée Soumaya, Blvd. Miguel de Cervantes Saavedra 303, Granada, Mexico, Mexique, http://www.soumaya.com.mx

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• Courtesy of David Chipperfield
• 19/40
• Le musée Jumex, à Mexico
• Architecte : David Chipperfield
• Date d’inauguration : 2013
• Musée Jumex, Blvd. Miguel de Cervantes Saavedra 303, Granada, Mexico, Mexique, http://www.fundacionjumex.org

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• © Iwan Baan
• 20/40
• La Fondation Louis Vuitton, à Paris
• Architecte : Frank Gehry
• Date d’inauguration : 2014
• Fondation Louis Vuitton, 8, avenue du Mahatma Gandhi, 75116 Paris, http://www.fondationlouisvuitton.fr

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• Courtesy of Biomuseo
• 21/40
• Le Biomuseo, au Panama
• Architecte : Frank Gehry
• Date d’inauguration : 2014
• Biomuseo, Building 136, Amador Causeway, Apartado 0843-02931, Panama, République du Panama, http://www.biomuseopanama.org

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• Courtesy Zaha Hadid Architects / Photo © Inexhibit
• 22/40
• Le Messner Mountain Museum, en Italie
• Architecte : Zaha Hadid
• Date d’inauguration : 2015
• Messner Mountain Museum, plateau of Kronplatz, Bolzano, Italie, http://www.messner-mountain-museum.it

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• Courtesy of The Broad and Diller Scofidio + Renfro
• 23/40
• Le Broad, à Los Angeles
• Architectes : Diller Scofidio + Renfro
• Date d’inauguration : 2015
• The Broad, 221 S Grand Avenue, Los Angeles, États-Unis, http://www.thebroad.org

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• Courtesy of London Design Musem
• 24/40
• Le musée du design, à Londres
• Architectes : John Pawson / OMA
• Date d’inauguration : 2016
• Musée du design, 224-238 Kensington High St, Kensington, Londres, Royaume-Uni, http://www.designmuseum.org

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• © Iwan Baan
• 25/40
• La Tate Modern, à Londres
• Architectes : Herzog & de Meuron
• Date d’inauguration : 2016
• Tate Modern, Bankside, Londres, http://www.tate.org.uk

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• Courtesy of Toyo Ito & Associates
• 26/40
• Le musée international du baroque, au Mexique
• Architecte : Toyō Itō
• Date d’inauguration : 2016
• Musée international du baroque, Vía Atlixcáyotl 2501, Reserva Territorial Atlixcáyotl, Puebla, Mexique, http://www.mib.puebla.gob.mx

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• © Hufton + Crow
• 27/40
• Le MAAT, musée d’art, d’architecture et de technologie, à Lisbonne
• Architecte : Amanda Levete
• Date d’inauguration : 2016
• MAAT, Av. Brasília, Central Tejo, Lisbonne, Portugal, http://www.maat.pt

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• Courtesy of Bjarke Ingels / Photo © Iwan Baan
• 28/40
• La Lego House, au Danemark
• Architecte : Bjarke Ingels
• Date d’inauguration : 2017
• Lego House, Ole Kirks Plads 1, Billund, Danemark, http://www.legohouse.com

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• © Fondation Jardin Majorelle / Photo Nicolas Mathéus
• 29/40
• Le musée Yves Saint Laurent, à Marrakech
• Architecte : Studio KO
• Date d’inauguration : 2017
• Musée Yves Saint Laurent, rue Yves St Laurent, Marrakech, Maroc, http://www.museeyslmarrakech.com

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• © Enrico Cano / Courtesy of RPBW
• 30/40
• Le Centre Botin, à Santander
• Architecte : Renzo Piano
• Date d’inauguration : 2017
• Centre Botin, Muelle de Albareda, Paseo de Pereda, s / n, 39004 Santander, Cantabrie, Espagne, http://www.centrobotin.org

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• Courtesy of Louvre Abu Dhabi
• 31/40
• Le Louvre Abu Dhabi, aux Émirats arabes unis
• Architecte : Jean Nouvel
• Date d’inauguration : 2017
• Louvre Abu Dhabi, île de Saadiyat, Abu Dhabi, Émirats arabes unis, http://www.louvreabudhabi.ae

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• © Iwan Baan
• 32/40
• Le Zeitz Mocaa, au Cap
• Architecte : Thomas Heatherwick
• Date d’inauguration : 2017
• Musée Zeitz d’art contemporain d’Afrique, V&A Waterfront, 40 Dock road, Cape Town, Afrique du Sud, http://www.zeitzmocaa.museum

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• © V&A Dundee Museum
• 33/40
• Le V&A Dundee, en Écosse
• Architecte : Kengo Kuma
• Date d’inauguration : 2018
• V&A Dundee, 1 Riverside Esplanade, Dundee, Écosse, Royaume-Uni, http://www.vandadundee.org, http://www.kkaa.co.jp

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• © Diller Scofidio + Renfro
• 34/40
• The Shed, à New York
• Architectes : Diller Scofidio + Renfro
• Date d’inauguration : 2019
• The Shed, 545 W 30th St, New York, http://www.theshed.org

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• © BIG-Bjarke Ingels Group
• 35/40
• The Twist, en Norvège
• Architecte : Bjarke Ingels
• Date d’inauguration : 2019
• The Twist Gallery, Kistefos Museum, Samsmoveien 41, Jevnaker, Norvège, http://www.kistefosmuseum.com

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• © Iwan Baan
• 36/40
• Le Musée national du Qatar, à Doha
• Architecte : Jean Nouvel
• Date d’inauguration : 2019
• Musée national du Qatar, Museum Park St, Doha, Qatar.

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• © David Chipperfield
• 37/40
• La James Simon Gallerie, à Berlin
• Architecte : David Chipperfield
• Date d’inauguration : 2019
• James Simon Gallerie, Eiserne Brücke, Berlin.

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• © HEM
• 38/40
• L’He Art Museum, en Chine
• Architecte : Tadao Ando
• Date d’inauguration : 2020
• He Art Museum, Yixing Rd, Shunde District, Foshan, province de Guangdong, Chine.

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• Renzo Piano Building Workshop/A.M.P.A.S./Image from L’Autre Image
• 39/40
• L’Academy Museum of Motion Pictures, à Los Angeles
• Architecte : Renzo Piano
• Date d’inauguration : 2021
• Academy Museum of Motion Pictures, 6067 Wilshire Boulevard at Fairfax Avenue, Wilshire district, Los Angeles, Californie, États-Unis, http://www.academymuseum.org

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• © Foster + Partner
• 40/40
• Le Datong Art Museum
• Architecte : Norman Foster
• Date d’inauguration : 2021
• Datong Art Museum, Datong, Chine,www.fosterandpartners.com

 » C’est peu de chose que de savoir courir au feu quand on s’y prépare depuis toujours et quand la course vous est plus naturelle que la pensée. C’est beaucoup au contraire que d’avancer vers la torture et vers la mort, quand on sait de science certaine que la haine et la violence sont choses vaines par elles-mêmes. C’est beaucoup que de se battre en méprisant la guerre, d’accepter de tout perdre en gardant le goût du bonheur …“ Albert Camus
https://citations.ouest-france.fr/citations-albert-camus…

La guerre, ça sert à quoi ?
Sinon à satisfaire
Les ėgo de ces rois,
Ceux qui de toute manière
Ne se mouilleront pas,
Laissant mourir les gens
Qui subissent tout ça
Laissant couler leur sang..
Ça sert à quoi la guerre ?
Ça sert à rien je crois
Ça sert à quoi la guerre ?
À violer, à tuer,
Est-ce bien nécessaire
De se prostituer
Pour un morceau de terre ?
Où est la liberté
Des peuples en colère
Que l’on vient bafouer ?
Ça sert à quoi la guerre ?
Ça sert à rien je crois.
Flore

Il faut travailler et faire ce que l’on peut, et pour le reste, tout prendre avec légèreté et bonne humeur. On ne se rend pas la vie meilleure en étant amer. » Rosa Luxembourg

Ma vie
J’ai eu vingt ans et bientôt trente,
les quarante ont suivi et aussi les cinquante,
avec quelques unités pour perturber les comptes.
J’ai lu des magazines qui parlaient de mes rides,
de bouchers qui taillaient dans les ventres et remontaient des seins à la file
comme dans les usines pour les automobiles.
Rester jeune, peu importe le prix !
Info, intox, il paraît même que le botox…
Alors, là, moi, j’dis stop.
Remonter le temps?
Avoir encore vingt ans ?
Ça va pas, non ? Tu sais quoi ? J’ai pas le temps !
Demain, dans un mois, dans un an,
j’irai me balader pas très loin sur la plage
et je ramasserai des galets arrondis
que je colorierai aux couleurs du bonheur.
Je lirai des légendes, écouterai des contes
et puis les offrirai à qui voudra entendre.
Je me ferai des amis, au hasard
sur la toile, dans la rue ou au bar;
on discutera jusqu’au bout de la nuit
de la vie, de l’amour et de la mort aussi.
Demain, dans un mois, dans un an,
j’aurai les bras câlins de mes petits enfants
à mon cou enroulés pour mieux me protéger.
Mes enfants seront là et nous nous sourirons,heureux d’avoir su traverser sans sombrer les tempêtes, les naufrages et puis quelques orages.
Il m’arrivera encore de chanter, de danser et de me régaler de gâteaux,
de bonbons,de p’tits plats mijotés
sans penser aux kilos ou bien à ma santé.
Demain, dans un mois, dans un an,
Je sortirai la nuit avec tous les hiboux
et verrai le soleil sur la mer se lever.
Je marcherai longtemps en goûtant le silence
J’aimerai les odeurs de la mousse en automne et du foin en été et le chant
des cigales et le soleil brûlant.
J’écouterai toujours le malheur qui se plaint.
J’éprouverai encore les bouffées de colère face à la bêtise et la haine étalées.
Jamais ni l’injustice ni l’infamie je n’accepterai et lèverai en l’air, mon poing avec rage.
Demain, dans un mois, dans un an…
Et si la mort survient,
car elle survient toujours, la g.rce,
elle me trouvera debout, occupée et ridée.
Texte de Mireille Bergès…

« Notre monde est en train de beaucoup changer : il se construit peu à peu émotionnellement avec des réactions qui relèvent de la transmission immédiate de la perception de l’émotion, d’où le buzz, le tweet… On réagit immédiatement à un événement sans en analyser la portée, la densité, l’effrayant ou la magie. On perçoit, me semble-t-il, de moins en moins la capacité qu’ont à nous construire les événements que nous traversons. J’ai l’impression que c’est à celui qui va être égratigné le plus vite, qui va crier le plus vite parce qu’il a été égratigné, et que personne ne va réfléchir au fond sur ce qui se passe ou sur ce qui vient de se passer. C’est comme s’il fallait sans cesse lever le doigt à tout prix et à toute vitesse.
À force, on émousse la sensibilité mais surtout la réflexion. D’où cette incroyable et fameuse primarité devant les réactions. Et si on ironise sur le fait, on prive les autres de leur réaction, donc on est considéré comme un ennemi. Il me semble qu’il y a perte de l’humour et du sarcasme. Tout devient interdit. C’est une maladie ultra-contemporaine. »
(olivier de Kersauson)

Il y a à peine 9500 habitants à Londres !
Avec environ 3 millions d’habitants dans ce qu’on appelle le Inner London, la capitale anglaise serait probablement la ville la plus peuplée d’Europe. Il y a pourtant un peu moins de 9500 habitants ( chiffre de 2016 ) dans la Cité de Londres, couramment désignée sous l’appellation de city !
Cœur historique du Londres actuel, la City est la véritable ville de Londres malgré son mile carré (en réalité 2,90 km²). Au Royaume-Uni, le statut de « cité » est attribué par le souverain aux villes disposant d’une cathédrale anglicane et placées à la tête d’un diocèse. Pour la Cité de Londres, il s’agit de la cathédrale Saint-Paul.
À la tête de l’administration municipale de la City se trouve le lord mayor of London (Lord-Maire), différent du Mayor of London (l’élu à la tête du Grand Londres).
La Cité dispose d’un remémoreur qui est un fonctionnaire désigné en son sein pour défendre ses intérêts au parlement britannique.
La Cité est la seule circonscription administrative de Londres qui ne soit pas patrouillée par la Metropolitan Police ; elle possède son propre corps de police, la Police de la Cité de Londres. Elle a également la particularité d’octroyer au monarque britannique (roi ou reine) la permission ou non de pénétrer sur sa juridiction ; il s’agit donc d’un véritable État dans l’État britannique
Lorsqu’on parle de la ville de Londres, on fait en général référence au Inner London ou Central London : il s’agit de la City ainsi que des 12 à 13 districts (selon les définitions) correspondant plus ou moins à l’ancien comté de Londres, et situés au centre du Grand Londres, une agglomération de plus de 7,5 millions d’habitants.

La sémiologue Cécile Alduy, professeure à Stanford et chercheuse associée au Cevipof, a analysé dans le détail les procédés rhétoriques et les obsessions idéologiques du candidat d’extrême droite. Entretien.
Les mensonges de Zemmour démontés par Manon Bril et un collectif d’historiens sur YouTubeÉcrans & TV1 minute à lire
L’analyse du langage politique est l’une de ses spécialités : Cécile Alduy, sémiologue, professeure de littérature française à l’université Stanford, en Californie, chercheuse associée au Cevipof (le centre de recherches politiques de Sciences Po), publie La Langue de Zemmour (1). Un petit livre qui décrypte en une cinquantaine de pages la façon dont le candidat à l’Élysée utilise les mots. Ils sont pour lui plus qu’un vecteur : une façon de diriger le débat comme il l’entend, et d’étouffer dans l’œuf toute contestation de sa pensée.
Pourquoi écrivez-vous qu’Éric Zemmour fait preuve d’une « fascination morbide pour la mort, la conquête et la domination » ?
L’univers décrit dans tous ses essais depuis quinze ans est saturé de violence : il n’y est question que de guerres, passées ou présentes, de décapitations, d’agressions, de colonisations, de viols, de luttes à mort entre les sexes, les individus, les peuples. Ce n’est pas une impression de lecture : c’est confirmé par les outils statistiques objectifs. « Guerre » est le troisième substantif le plus utilisé, même pour son dernier ouvrage qui chronique pourtant des années de paix, entre 2006 et 2020. C’est exceptionnel en comparaison de tous les autres responsables politiques. Éric Zemmour voit toutes les relations – entre les individus, entre les sexes, les nations, les peuples – au prisme du conflit et d’une lutte pour la domination. Écraser ou être écrasé, tuer ou mourir : pas d’autre alternative dans son univers mental. La violence est le seul acteur de l’Histoire dans ses récits. C’est très inquiétant pour quelqu’un qui prétend à la fonction de président, dont le rôle est d’assurer l’unité de la nation entière et de garantir la paix. La démocratie repose sur l’idée de compromis, de dépassement des conflits primaires pour établir un contrat social qui favorise collaboration et coexistence pacifique.

La liberté c’est la possibilité d’être
Et non l’obligation d’être. » René Magritte

Le bonheur ne se trouve ni dans l’effort ni dans la lutte acharnée ; mais réside là, tout proche : dans la détente, dans l’abandon, dans la sérénité et dans la plénitude physique et morale.
Sur ma mère de Tahar Ben Jelloun.

« Je suis ce que je suis. Je vaux ce que je vaux. Mais qu’importe, je vais dire ce que j’ai à dire, je vais faire ce que j’ai à faire. Ce ne sera peut-être pas parfait mais ce sera.»
▬ Kurt Cobain aurait eu 55 ans ce 20 février.

Pourquoi le “genre” dérange-t-il autant ?Lois homophobes, campagnes de diabolisation sur les réseaux sociaux… Les attaques contre une prétendue “idéologie du genre” menaçant la civilisation se sont multipliées. Dans le Guardian, la philosophe Judith Butler dénonce le but de ces courants réactionnaires : invalider les lois progressistes pour les droits des femmes et des communautés LGBTQI.

En juin [2021], le Parlement hongrois [dominé par la droite nationaliste de Viktor Orbán] a adopté à une majorité écrasante une loi pour éliminer des écoles publiques tous les contenus liés à “l’homosexualité et [au] changement de genre”, associant les droits des LGBTQI et la sensibilisation à ces droits à la pédophilie et à une politique culturelle totalitaire.
À la fin mai, les parlementaires danois ont voté une résolution contre “le militantisme excessif” de certains milieux de recherche universitaire, pointant notamment du doigt les études de genre [un champ de recherche des sciences humaines et sociales qui interroge les normes du féminin et du masculin], la théorie critique de la race [un courant de recherche qui interroge la notion de race comme construction sociale, juridique et politique] et les études postcoloniales et migratoires.
En décembre 2020, la Cour suprême de Roumanie a invalidé une loi qui prétendait interdire l’enseignement de la “théorie d’identité de genre”, mais le débat n’en reste pas moins vif dans le pays. En Pologne, des transphobes soucieux de débarrasser le pays des influences culturelles destructrices des États-Unis et du Royaume-Uni ont décrété des “zones sans idéologie LGBT”.
Allergie au terme “genre”
En mars, le retrait de la Turquie de la convention d’Istanbul [un traité international du Conseil de l’Europe pour lutter contre les violences faites aux femmes] a fait l’effet d’un coup de tonnerre dans toute l’Union européenne, l’une des principales objections du gouvernement turc portant sur les mesures visant à protéger les femmes et les enfants de la violence, précisant que le “problème” tenait à la mention du terme étranger “genre”.
Les attaques contre ce que l’on appelle “l’idéologie de genre” se sont multipliées ces dernières années dans le monde entier, accaparant le débat public, exacerbées par les réseaux sociaux et soutenues par des organisations catholiques et évangéliques de droite largement implantées.
Au-delà de certaines divergences de point de vue, ces groupes s’accordent à penser que la famille traditionnelle est en danger, que les instituteurs endoctrinent les jeunes écoliers pour en faire des homosexuels, et que le “genre” est une idéologie dangereuse, voire diabolique, menaçant de détruire les familles, les cultures locales, la civilisation, et jusqu’à l’“homme” lui-même.
Allégations incendiaires
Il n’est pas facile de reconstituer entièrement les arguments avancés par le mouvement antigenre, parce qu’ils ne répondent à aucun critère de cohérence ou de logique. Ces militants antigenre rassemblent et profèrent toutes sortes d’allégations incendiaires afin de venir à bout par tous les moyens rhétoriques possibles d’une prétendue “idéologie de genre” ou des “études de genre”.
Ils contestent ainsi la notion même de “genre”, lui reprochant de nier le sexe biologique ou de saper le caractère naturel ou divin de la famille hétéronormative. Ils craignent que, si nous raisonnons en termes de genre, les hommes perdent leur position dominante ou s’en trouvent fatalement diminués.
Ils sont convaincus que les enfants sont incités à changer de genre et qu’ils sont activement embrigadés par des homosexuels et des transgenres, ou subissent des pressions pour se revendiquer homosexuels dans un cadre pédagogique qui caricature un discours ouvert sur le genre en une forme d’endoctrinement. Et ils redoutent que l’acceptation sociale de ce que l’on appelle le “genre” ne provoque un déchaînement de perversités sexuelles, à commencer par la pédophilie et la zoophilie.
Visée réactionnaire
L’objectif premier de ce mouvement, nationaliste, transphobe, misogyne et homophobe, est de faire invalider les lois progressistes remportées ces dernières décennies par les mouvements LGTBQI et féministes.
De fait, en s’attaquant au “genre” ils s’opposent à la liberté de reproduction des femmes et aux droits des parents célibataires ; ils s’opposent aux mesures de protection des femmes contre le viol et les violences domestiques ; ils nient les droits juridiques et sociaux des trans, et cherchent à renverser tout un éventail de garde-fous juridiques et institutionnels contre la discrimination de genre, l’internement psychiatrique forcé, le harcèlement physique brutal et le meurtre.
Cette ferveur réactionnaire n’a fait que s’amplifier durant la pandémie [de Covid-19], qui a vu redoubler les violences domestiques et a privé les enfants gays et trans de leurs espaces de rencontre dans des communautés de soutien.
Bon nombre d’allégations portées contre les études de genre ou l’identité de genre sont relativement faciles à réfuter, voire à tourner en ridicule, puisqu’elles se fondent sur des caricatures grotesques et frisent dans bien des cas le fantasme.
Assignation sociale
Rappelons qu’il n’existe pas un seul et unique concept de genre, et que les études de genre constituent un domaine complexe et diversifié, auquel contribuent des universitaires de divers horizons. Il ne nie pas le sexe, mais tend à interroger la façon dont le sexe est défini, selon quel cadre médical et légal, et la façon dont cela a évolué avec le temps, ce que le fait de dissocier le sexe assigné à la naissance du mode de vie que choisit ensuite l’individu change dans l’organisation sociale de notre monde et dans les rapports professionnels et amoureux.
Nous pensons généralement que le sexe d’un individu est assigné une bonne fois pour toutes. Et s’il s’agissait en réalité d’un processus complexe et révisable, réversible dans le temps pour les personnes auxquelles on a assigné le mauvais sexe ? Envisager cette possibilité ne revient pas à prendre position contre la science, mais simplement à se demander comment la science et le droit interviennent dans la régulation sociale de l’identité.
“Mais il n’existe que deux sexes !” En général, oui, mais même les idéaux de dimorphisme qui régissent nos conceptions quotidiennes du sexe sont à bien des égards remis en cause par la science et par le mouvement intersexe, qui a montré à quel point l’assignation de sexe peut être traumatisante et lourde de conséquences.
Positions dogmatiques
Interroger le genre, c’est-à-dire interroger la façon dont la société est organisée en fonction du genre, avec tout ce que cela implique au regard de la compréhension des corps, des expériences vécues, des relations amoureuses et du plaisir, revient à lancer une sorte d’enquête publique et de recherche, en refusant les positions sociales dogmatiques qui cherchent à arrêter et inverser les changements émancipatoires. Ce qui n’empêche pas ceux qui se situent du côté de la “critique” d’assimiler les “études de genre” à un “dogme”.
On pourrait s’étendre indéfiniment pour expliquer les différentes méthodologies et les débats qui animent les études de genre, la complexité de la recherche universitaire, et sa reconnaissance dans le monde entier comme champ d’études dynamique, mais encore faudrait-il que le lecteur ou l’auditeur soit disposé à s’informer. Or, sachant que la plupart de ces détracteurs se refusent à lire le moindre document susceptible de contredire leurs certitudes ou sélectionnent soigneusement des textes complexes pour n’en extraire que ce qui peut étayer une caricature, comment faire ?
Angoisses sociales
Pour ce mouvement réactionnaire, le terme de “genre” attire, concentre et attise toute une série d’angoisses sociales et économiques nées de la précarité économique croissante dans les régimes néolibéraux, qui intensifient les inégalités sociales, et des confinements dus à la pandémie [de Covid-19].
Exaspérés par les craintes d’effondrement des infrastructures, par la colère antimigrants et, en Europe, par la peur que la famille hétéronormative, l’identité nationale et la suprématie blanche perdent leur caractère sacré, beaucoup incriminent les forces destructrices du genre, des études postcoloniales et de la théorie critique de la race.
En présentant ainsi le genre comme une invasion étrangère, ces groupes révèlent clairement que leur préoccupation première est la construction nationale. La nation pour laquelle ils se battent est bâtie sur la suprématie blanche, la famille hétéronormative et une résistance à toute remise en question critique des normes qui ont de toute évidence restreint les libertés et mis en danger la vie de tant de gens.
Normes patriarcales
Comme l’ont très justement souligné beaucoup de féministes, le délabrement des services sociaux à l’ère du néolibéralisme a reporté sur la famille traditionnelle la charge des soins à la personne. Face à cette déliquescence des services sociaux, associée à un endettement écrasant et à une perte de revenus, certains estimaient impératif de renforcer les normes patriarcales au sein de la famille et de l’État.
C’est sur cette toile de fond d’angoisse et de peur que le “genre” est présenté comme une force destructrice, une influence étrangère infiltrant le corps politique et déstabilisant la famille traditionnelle. Si bien que le genre en vient à incarner ou à être associé à toutes sortes d’“infiltrations” imaginaires du corps national – les migrants, les importations, les effets pervers de la mondialisation sur l’économie.
Nationalisme, anti-intellectualisme et censure
Le “genre” (et non le changement climatique, qui représente une menace bien plus flagrante) est ainsi brandi comme un spectre, parfois désigné comme le “diable” en personne, une force de destruction pure et simple mettant en péril la création divine. Ce fantasme de puissance destructrice ne peut être canalisé que par des appels désespérés au nationalisme, à l’anti-intellectualisme, à la censure, aux expulsions, et à une consolidation des frontières.
Si nous avons plus que jamais besoin des études de genre, c’est précisément, en partie, pour comprendre ce mouvement réactionnaire. Le mouvement idéologique antigenre dépasse les frontières, reliant des organisations en Amérique latine, en Europe, en Afrique et en Asie de l’Est.
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L’opposition au “genre” est exprimée par des gouvernements aussi différents que celui de Macron en France et Duda en Pologne, traverse les partis de droite en Italie, figure dans la plupart des programmes électoraux au Costa Rica et en Colombie, est vigoureusement revendiquée par Bolsonaro au Brésil et a débouché sur la suppression des études de genre dans plusieurs institutions, et notamment à l’Université d’Europe centrale de Budapest en 2017, avant que celle-ci ne soit transférée à Vienne.
En Allemagne et dans toute l’Europe de l’Est, le “gendrisme” est associé au “communisme” ou au “totalitarisme”. En Pologne, plus d’une centaine de régions se sont autoproclamées “zones interdites aux LGBT”, empêchant les personnes perçues comme telles de vivre leur vie au grand jour et poussant des jeunes gens à quitter le pays ou à passer dans la clandestinité.
Réseaux conservateurs chrétiens
Ces flammes réactionnaires ont été attisées par le Vatican, qui a qualifié l’“idéologie de genre” de “diabolique”, l’assimilant à une forme d’“impérialisme colonialiste” venu du Nord et alimentant les craintes sur l’“apprentissage forcé” de l’“idéologie de genre” dans les écoles.
Parmi les réseaux qui amplifient et propagent les positions antigenre, Agnieszka Graff, coautrice avec Elzbieta Korolczuk de l’ouvrage Anti-Gender Politics in the Populist Moment [“La Politique antigenre à l’heure du populisme”, non traduit en français], a notamment identifié l’Organisation internationale de la famille (OIF), dont les congrès mondiaux réunissent des milliers de participants, et la plateforme conservatrice CitizenGo, fondée en Espagne, qui organise des manifestations contre les conférences, les expositions et les candidats politiques défendant les droits des LGBTQI.
Ce groupe de pression revendique plus de 99 millions de membres prêts à se mobiliser instantanément (en 2018, ils ont lancé une campagne contre moi au Brésil, où une foule furieuse a brûlé mon effigie devant la salle où je devais m’exprimer).
Le troisième réseau est [celui de catholiques radicaux] Agenda Europe, qui regroupe plus d’une centaine d’associations et présente le mariage gay, les droits des trans, la liberté de reproduction et les initiatives contre la discrimination des LGBTQI comme autant d’outrages aux valeurs chrétiennes.
Tendances fascistes
Les mouvements antigenre sont des tendances non seulement réactionnaires mais fascistes, qui soutiennent de plus en plus ouvertement des gouvernements autoritaires. L’incohérence de leurs arguments et leur récupération indiscriminée des stratégies rhétoriques de gauche et de droite débouchent sur un discours que certains trouvent déroutant et d’autres convaincant. Mais ils sont caractéristiques des mouvements fascistes qui pervertissent la logique pour l’adapter à des objectifs hypernationalistes.
Ils affirment que le “genre” est une construction impérialiste, une “idéologie” qui se trouve aujourd’hui imposée aux cultures locales du sud de la planète, empruntant captieusement au langage de la théologie de la libération et à la rhétorique de la décolonisation.
D’autres, comme le groupe italien de droite Pro Vita, soutiennent que le “genre” exacerbe les effets sociaux du capitalisme tandis que la famille traditionnelle hétéronormative constitue l’ultime rempart contre la désintégration sociale et l’individualisme anomique.
Tout cela semble découler de l’existence même des LGBTQI, de leurs familles, de leurs couples, de leurs relations amoureuses et de leurs façons de vivre en dehors de la famille traditionnelle et de leur droit à vivre au grand jour. Et aussi des actions en justice des féministes revendiquant la liberté de reproduction, des mesures pour mettre fin aux violences sexuelles et aux discriminations économiques et sociales contre les femmes.
Conception biblique des sexes
Parallèlement, les détracteurs du “genre” vont chercher des arguments dans la Bible pour défendre leur conception de la hiérarchie naturelle entre hommes et femmes et les valeurs spécifiques du masculin et du féminin (bien que des théologiens progressistes aient souligné que ces valeurs se fondent sur des lectures contestables des textes bibliques). Assimilant la Bible à une doctrine de la loi naturelle, ils prétendent que le sexe assigné aux individus relève d’un décret divin.
Il leur importe peu de savoir que les différences chromosomiques et hormonales compliquent la binarité du sexe et que l’assignation de sexe est réversible. Les militants antigenre estiment que les “idéologues du genre” nient les différences matérielles entre hommes et femmes mais, se prévalant de leur propre attachement aux caractères matériels, ils en viennent à affirmer que les deux sexes sont des “faits” intemporels.
Le mouvement antigenre n’est pas une opinion conservatrice fondée sur un ensemble de principes bien définis. Non, en tant que tendance fasciste, il récupère une série de stratégies rhétoriques issues de toutes les sensibilités politiques pour donner plus d’impact aux peurs de voir diverses forces économiques et sociales infiltrer et détruire les valeurs traditionnelles. Il ne prétend à aucune cohérence car son incohérence fait partie intégrante de son pouvoir.
“Ruche de contradictions”
“Le jeu fasciste peut être joué sous plusieurs formes”, souligne Umberto Eco dans sa célèbre liste des quatorze caractéristiques communes du fascisme [dans son essai Reconnaître le fascisme, 2017], car le fascisme est “un collage… une ruche de contradictions”.
Voilà qui décrit parfaitement l’idéologie antigenre actuelle. C’est un appel réactionnaire, un pêle-mêle incendiaire d’affirmations et d’accusations contradictoires et incohérentes. Les antigenre se repaissent de l’instabilité même qu’ils promettent de contenir, et leur propre discours ne fait que semer davantage de chaos. Ils fabriquent, dans un torrent d’assertions incohérentes et hyperboliques, un monde en proie à d’innombrables menaces imminentes afin de légitimer l’autoritarisme et la censure.
Cette forme de fascisme fomente l’instabilité tout en professant empêcher la “déstabilisation” de l’ordre social déclenchée par la politique progressiste. L’opposition au “genre” coïncide dans bien des cas avec la peur des migrants et les déchaînements qu’elle provoque, et c’est pour cela que, dans les pays chrétiens, elle rejoint souvent l’islamophobie.
Les migrants, eux aussi, sont présentés comme “s’infiltrant”, se livrant à des actes “criminels” alors même qu’ils ne font qu’exercer leurs droits de déplacement dans le respect du droit international. Dans l’imaginaire des défenseurs de l’idéologie antigenre, le “genre” est semblable à un migrant indésirable, tout à la fois une présence impure et un colon ou un totalitaire qu’il convient de rejeter. Cette rhétorique puise autant dans les discours de gauche que dans ceux de droite.
Autoritarisme étatique
En tant que tendance fasciste, le mouvement antigenre soutient des formes toujours plus marquées d’autoritarisme. Ses tactiques encouragent les pouvoirs étatiques à intervenir dans les cursus universitaires, à censurer l’art et les programmes télévisés, à interdire aux personnes trans leurs droits légaux, à chasser les LGBTI des espaces publics, à compromettre la liberté de reproduction et la lutte contre les violences faites aux femmes, aux enfants et aux LGBTQI.
Il menace de violence ceux qui, comme les migrants, sont désormais présentés comme des forces démoniaques, dont l’élimination ou l’expulsion permettrait de rétablir un ordre national mis à mal.
C’est pourquoi il est absurde que les féministes “critiques du genre” ajoutent leur voix à celles des pouvoirs réactionnaires pour s’en prendre aux personnes trans, non-binaires et genderqueer [au-delà de la binarité de genre]. Soyons tous réellement critiques, maintenant, car ce n’est absolument pas le moment de semer la zizanie parmi les cibles de ce mouvement. L’heure est à la solidarité antifasciste.
Judith Butler
Judith Butler, pionnière des études de genre
Cette philosophe et féministe américaine, qui enseigne à l’université de Berkeley, est une pionnière des études de genre. Son ouvrage majeur, Trouble dans le genre, publié en 1990 (mais seulement en 2005 en français), a marqué la théorie féministe. À partir de la critique des travaux de nombreux auteurs, dont Simone de Beauvoir, Jacques Lacan et Michel Foucault, Judith Butler y explique que notre identité sexuelle est façonnée par la langue, les vêtements et les conventions culturelles. Son dernier ouvrage en français est paru chez Fayard en octobre 2021 : La Force de la non-violence.
SOURCE
THE GUARDIAN
Londres
http://www.theguardian.com
L’indépendance et la qualité caractérisent ce titre né en 1821, qui compte dans ses rangs certains des chroniqueurs les plus respectés du pays. The Guardian est le journal de référence de l’intelligentsia, des enseignants et des
[…]
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J’aime les heures déconnectées de tout; ces instants où l’on n’a pas de comptes à rendre à sa propre vie.
David Foenkinos- (La famille Martin)

PARALYSIE
L’esprit humain peut-être miraculeux
Mais aussi, et de loin, le plus paresseux
A comprendre les changements opérés
Par des situations, des événements donnés
Telle la grenouille qui s’ébouillante instantanément
Ce syndrome se retrouve chez beaucoup de gens
Qui restent statiques physiquement et mentalement
Et dont la réactivité est proche du néant
Telle une paralysie faciale et spirituelle
Dans un déni persistant et cruel
Le basculement se produit en toute indifférence
La société de consommation en est une des conséquences
La conscience n’est pas forcément vivace
Face à la lenteur des temps qui passent
Pourtant, de grands bouleversements se sont transformés
En à peine quelques mois, quelques années
Aliéné par les soucis du quotidien
Beaucoup se disent qu’on n’y peut rien
Et que même si on bougeait le petit doigt
Un de remplacé, ils sont tous les bouffons du roi
Pourtant, l’opposition commence déjà par dire non
A ce qui est anormal, à ce que l’on trouve abscon
Car chacun a le pouvoir de marquer sa différence
Les actes sont un risque, les mots ont un sens !
© Nicolas BOUVIER

Aimer quelqu’un, c’est comme emménager dans une maison, disait Sonja. Au début, on tombe amoureux de la nouveauté. On s’étonne chaque matin que tout cela ne vous appartienne, comme si on craignait qu’on n’annonce qu’il y a eu méprise, que nous ne sommes en réalité pas autorisés à habiter une si belle demeure. Puis les années passent et la façade se ternit, le bois se fissure par endroit, et on commence à aimer la maison moins pour sa perfection que pour ses imperfections. On apprend par cœur chacun de ses coins et recoins ; comment éviter de coincer la clé dans la serrure quand il fait froid ; quelles lattes du parquet ploient quand on marche dessus ; comment ouvrir la penderie sans faire grincer la porte. ce sont tous ces petits secrets qui font que c’est notre maison.
Fredrik Backman- (La vie selon Ove)

Épisode 4 :
Tsiganes, Gitans, Manouches, entre mythes et défiance
Réécouter Tsiganes, Gitans, Manouches, entre mythes et defiance
À retrouver dans l’émission
LE COURS DE L’HISTOIRE par Xavier Mauduit
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D’où vient le sentiment d’étrangeté et de défiance à l’encontre des Tsiganes ? Depuis le XVe siècle, les préjugés sur les Roms, Manouches ou Gitans vont bon train. L’idée d’un peuple nomade, à l’identité unique, nourrit un mythe qu’historiens et anthropologues entreprennent de déconstruire.
Tsiganes, Gitans, Manouches, entre mythes, défiance et fascination. Nous leur devons une des plus belles lettres de notre littérature. Le 12 juin 1867, Gustave Flaubert écrit à George Sand : « Je me suis pâmé, il y a huit jours, devant un campement de Bohémiens qui s’étaient établis à Rouen. Voilà la troisième fois que j’en vois. Et toujours avec un nouveau plaisir. L’admirable, c’est qu’ils excitaient la haine des bourgeois, bien qu’inoffensifs comme des moutons. » Flaubert ajoute : « Cette haine-là tient à quelque chose de très profond et de complexe. On la retrouve chez tous les gens d’ordre. C’est la haine qu’on porte au Bédouin, à l’Hérétique, au Philosophe, au Solitaire, au Poète. Et il y a de la peur dans cette haine. Moi qui suis toujours pour les minorités, elle m’exaspère. Du jour où je ne serai plus indigné, je tomberai à plat, comme une poupée à qui on retire son bâton. » Le voleur de poule qui voyage en roulotte avec sa guitare, autant de clichés dont il faut écrire l’histoire.
Des préjugés qui persistent
Depuis le XVe siècle, les préjugés sur les Tsiganes vont bon train : voleurs de poule, habitants de caravane, joueurs de guitare, espions voyageurs ; roms, manouches, gitans, tous les mêmes ! Véhiculés dans tous les cercles, par la littérature, le cinéma et la presse, ces stéréotypes ont créé un sentiment de défiance face à ces populations françaises, pour certaines installées sur le même territoire depuis plusieurs siècles mais qui cultivent un autre rapport au monde et à l’espace.
« L’origine de ces clichés n’a pas à être cherchée, et même ne peut pas être trouvée, dans des réalités sociales, historiques ou culturelles empiriquement observables dans les groupes ou les communautés désignées comme Tsiganes », explique l’anthropologue Martin Olivera. Les stéréotypes et préjugés jouent d’une « altérité fantasmagorique qui est nécessaire à l’affirmation de ce ‘nous’ des modernes nationaux non tsiganes ».
Aujourd’hui, les historiennes et historiens cherchent à déconstruire ces mythes et à replacer les Tsiganes, souvent considérés comme un peuple sans histoire, au cœur d’une histoire non pas parallèle mais commune à celle des États modernes et contemporains.
« Même si l’oralité occupe une grande place chez la majorité des différents peuples tsiganes, un certain nombre d’écrits existent », précise l’historienne et géographe Adèle Sutre. « On découvre qu’il suffit de chercher ! Les archives sont pleines de témoignages écrits qui permettent de remettre en perspective l’histoire de ces peuples. »
Adèle Sutre est historienne et géographe, postdoctorante au sein du programme de recherche Lubartworld hébergé par l’EHESS et le CNRS. En 2018, elle était commissaire-adjointe de l’exposition Mondes tsiganes. La fabrique des images qui s’est tenue au Musée national de l’histoire de l’immigration à Paris. Elle a publié :
• Géopolitique des tsiganes. Des façons d’être au monde, entre circulations et ancrages (Le Cavalier Bleu, 2021)
• Mondes tsiganes. Une histoire photographique, 1860-1980 (co-dirigé avec Ilsen About et Mathieu Pernot, Actes Sud, 2018)
Martin Olivera est anthropologue, maître de conférences à l’Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis. Il a publié :
• La Tradition de l’intégration : une ethnologie des Roms Gabori dans les années 2000 (Petra, 2012)
• Roms en (bidon)villes : quelle place pour les migrants précaires aujourd’hui ? (Éditions Rue d’Ulm, 2011)

« Je vais oser lui dire que je ne pense pas tant à la vieillesse. Je n’ai jamais cru que l’âge était un critère. Je ne me sentais pas particulièrement jeune il y a cinquante ans (quand j’avais vingt ans, j’aimais beaucoup la compagnie des personnes âgées), et je ne me sens pas vieille aujourd’hui. Mon âge change et a toujours changé d’heure en heure. Dans les moments de fatigue, j’ai dix siècles; dans les moments de travail, quarante ans; dans le jardin, avec le chien, j’ai l’impression d’avoir quatre ans. »
Marguerite Yourcenar / D’une lettre à Jeanne Carayon.

« Avant toute chose, il faut bien comprendre que nous sommes menacés, de plus en plus, par deux choses barbares. « La première barbarie que nous connaissons, vient du tout début de l’histoire, qui est la cruauté, la domination, la soumission, la torture, tout ça. La deuxième barbarie, au contraire, est une barbarie froide et froide, celle du calcul économique. Parce que quand il y a une pensée uniquement basée sur des comptes, on ne voit plus l’être humain. – Edgar Morin.

L’essentiel est de faire de ce qui nous arrive quelque chose de beau, c’est notre seule chance de nous en sortir. Si je ne choisis pas ce qui m’arrive, c’est encore moi qui choisis la façon dont je le vis. A force d’épreuves, j’ai compris qu’il fallait prendre le bonheur là où il se trouve. C’est cela ma vraie victoire : d’avoir appris à être heureuse.
Samuel Le Bihan- (Un bonheur que je ne souhaite à personne)

« Nous n’empêcherons jamais les hommes, quoi qu’il arrive, de prendre leurs vœux pour la réalité, de bondir en imagination par-dessus l’abime ontologique qui sépare le notionnel de l’existence, le possible de l’événement ; la baguette des fées , les étoiles filantes, ou, à leur défaut, les songes romanesque set toutes les chimères de la nuit servent ainsi de rallonge au possible : ils complètent la médiocre, la prosaïque réalité, ils jettent au-dessus du temps de la passerelle des mensonges merveilleux. (…)
Hélas ! Ce ne sont là que les formes de notre impuissance »

« …Au fur et à mesure que nous vieillissons, et devenons plus sages, nous réalisons lentement que porter une montre à 300 $ ou 30 $, les deux donnent la même heure…
Que nous buvions une bouteille de vin à 1000$ ou à 10 $, la gueule de bois est la même.
Que la maison dans laquelle nous vivons mesure 100 ou 1000 mètres carrés, la solitude est la même.
Vous réaliserez que votre véritable bonheur intérieur ne provient pas des choses matérielles de ce monde. »
Steve Jobs

L’ORDRE MAASTRICHTIEN RÈGNE
À quelques jours d’une élection présidentielle dans laquelle il passe pour favori, Emmanuel Macron, chef de l’État français, président de l’Union européenne, jeune quadragénaire qui fut banquier, envoie les blindés contre le peuple – je n’écris pas son peuple car il n’entretient de relation que brutale et méprisante avec ce peuple qu’il n’a cessé, pendant cinq ans, d’avilir, de salir, de déprécier, d’insulter.
À ces blindés Macron ajoute sa police zélée qui, sous les ordres du fameux préfet Lallemand, tabasse l’un, vandalise la voiture d’un autre en brisant sa vitre, jette à terre un drapeau de la République, voire met en joue un automobiliste dont le véhicule se trouve serré place de l’Étoile, et noie tout ce monde-là dans un nuage de gaz lacrymogène !
Pendant ce temps, la manifestation en faveur des Traoré, bien connus par les services de police comme on dit, bénéficie de toute la bienveillance du pouvoir. On n’a jamais rencontré cynisme plus décomplexé sous la Cinquième république : le pouvoir offre ses « bravos ! » à ceux qui conchient le drapeau tricolore, et ses « salauds ! » à qui croit encore à sa valeur.
Mon prochain livre est consacré à ce président de la République ; il a pour titre Foutriquet : c’est le nom que les Communards donnaient à Thiers pendant la Commune.
Lors de la commémoration de ses cent cinquante ans, en 2021, ce même Macron a fait savoir que « Versailles » était plus que le nom de cette ville où s’était repliée la bourgeoisie de gauche – j’insiste : de gauche, car Thiers était un républicain de gauche et Galliffet, le massacreur des communards, participait à un gouvernement républicain de gauche sous Waldeck-Rousseau…-, parce qu’elle craignait pour ses privilèges. Pour lui, c’est le nom de ce que les maastrichtiens nomment aujourd’hui « le cercle de la raison », à savoir l’idéologie de ceux qui ont remplacé la question sociale par la question sociétale et qui aspirent à effacer la France de la carte pour noyer le pays dans l’État maastrichtien destiné à promouvoir le gouvernement planétaire duquel le peuple sera exclu au seul profit de prétendus techniciens de la gouvernance mondiale dont ils sont l’avant-garde éclairée bien sûr.
Macron qui ne perd pas une occasion de dire qu’il ne faut pas instrumentaliser l’histoire… ne perd pas une occasion de l’instrumentaliser – ici avec Benjamin Stora sur la Guerre d’Algérie, là avec Patrick Boucheron sur la haine de la France. De sorte que, quand il parle de la commémoration de la Commune, c’est encore pour instrumentaliser l’histoire bien sûr. Et comme toujours : à son seul profit confondu à sa réélection.
La Commune, sous son quinquennat, ce sont, selon lui, les Gilets jaunes qui auraient mis la démocratie en péril – du moins pour ce qui en reste sous son règne illibéral. On sait qu’au plus fort de la crise des Gilets jaunes, un hélicoptère l’attendait pour l’exfiltrer de l’Élysée au cas où la jacquerie aurait atteint son palais. On ignore si c’était pour se rendre à Versailles. De toute façon, ça ne pouvait pas être Baden-Baden, la ville est réservée à qui a rencontré l’Histoire en face.
Il a réglé la crise des Gilets jaunes comme on sait : pourrissement de la situation, instrumentalisation des Blacks-Blocs constitués de prétendus antifascistes et de petits soldats encapuchonnés venus des banlieues, sinon de jeunes bobos fascinés par le Grand Soir 2.0, répression d’une grande brutalité avec énucléations, arrachages de mains, sang versé des blessures. Le tout accompagné d’une stratégie hypnotique : prétendus États généraux et consultations organisées par les préfectures qui veillaient à trier le bon grain des élus comme il faut de l’ivraie des Gilets jaunes, verbigérations provinciales amplement retransmises sur les chaines d’infos continues, convocation d’un panel de citoyens prétendument représentatif dans lequel, comme par hasard, se trouvait Daniel Cohn-Bendit, c’est dire le profil sollicité par les algorithmes du gouvernement servi par les instituts de sondage grassement payés avec l’argent du contribuable pour assurer la propagande de l’État maastrichtien.
Abracadabra, la crise des Gilets jaunes, ainsi évaporée par Macron, aidé en cela par les récupérations politicardes de la France Insoumise, du Rassemblement national et autres micropartis en mal d’existence, ne fut plus qu’un lointain souvenir. Le petit peuple s’est fait voler sa révolte. Plus de ronds-points occupés, une avenue des Champs-Élysées repavée, un arc de triomphe nettoyé des slogans des Blacks-Blocs avec juste l’épargne d’un « Gilet jaune vaincront » pour laisser croire que la vandalisation du monument était due aux seuls GJ alors que ce sont eux qui ont protégé la tombe du Soldat inconnu que voulaient profaner les Blacks Blocs, ces amis de Castaner & Macron.
Et puis voilà que la colère étouffée des Gilets jaunes réapparait sous forme d’un Convoi de la Liberté. On sait que l’idée a traversé l’Atlantique, qu’elle vient du Canada et que des routiers, avec leurs mastodontes, ont ouvert la voie à l’idée de La Boétie : « soyez résolus de ne plus servir et vous voilà libres ».
Juste un mot sur l’expression : « convois de la liberté ». Les journalistes du système prennent bien soin de dire « convoi dit des libertés ». Mais pourquoi n’entend-on pas ces mêmes thuriféraires maastrichtiens préciser : « la France dite insoumise », « le parti dit les Républicains », « le parti dit communiste français », « le parti dit socialiste » ? Sinon « le dit président de la dite république » ? Ou « la chaîne dite info » pour LCI ? Ou « Radio dite France » ?
De même pourquoi les mêmes disent-ils « le polémiste Eric Zemmour » – ou bien « le polémiste Michel Onfray », car j’y ai droit moi aussi… – mais jamais « le polémiste BHL », ou « le polémiste Alain Minc », sinon « le polémiste Jacques Attali » ? Je ne parle pas de la menue monnaie intellectuelle ou de la valetaille germanopratine toujours épargnée par ce genre d’épithète. Car il y a matière à présenter BHL comme un polémiste haut de gamme depuis au moins 1977, date de sa Barbarie à visage humain. Mais la presse au pied de ses maîtres ne bouge pas…
Revenons aux Convois de la liberté : pour ses participants, il s’agit, en France, venus de partout – le maillage est national -, de converger vers Paris avant d’aller à Bruxelles, pour bloquer les deux villes : voilà le véritable message.
Bien sûr, les journalistes, les médias et les intellectuels du système, cherchent la petite bête et, à coup, sûr la trouvent : un tel, prélevé dans la foule, tient une pancarte sur laquelle il dit être en relation avec la lumière, ce qui suffit pour déclencher des heures de parlottes sur les chaines d’infos pour savoir si l’entièreté des manifestants sont des fous, des débiles, des incultes, des crétins ou des abrutis… Un sociologue spécialisé de l’extrême gauche, comme il est dit sur son étiquette identitaire, se demande en bafouillant s’il s’agit de populisme, ou pas, ou pas trop, ou un peu, ou moyennement.
Du bout des lèvres, les maastrichtiens disent comprendre la colère avant d’inviter à voter pour leur candidat car le problème, selon eux, c’est qu’il n’y a pas encore assez de leur idéologie. Pécresse & Macron qui défendent cette vision du monde dont Marine Le Pen dit à mot couvert qu’elle n’est pas si mal que ça (son parti ne touche plus à l’euro, à Schengen, aux cours européennes de justice, aux traités, plus question de Frexit bien sûr…), ces trois-là, donc, présentés comme le trio de tête au soir du premier tour, jouent leur présence au deuxième tour dont l’issue fera qu’un candidat du système sera élu ce qui, bien sûr, ne résoudra pas le problème des Gilets jaunes dans leur version Convoi pour la liberté.
Car si les Provinces, la « ruralité » ou les « territoires » comme disent les maastrichtiens, qui n’osent pas « la jungle » ou « les ploucs », ont choisi de converger vers la capitale, Paris, puis vers Bruxelles, la capitale de notre ancienne capitale, c’est que ces néo-Gilets jaunes ont bel et bien compris le sens de l’histoire et identifié les lieux d’où partent leur misère.
Certes, les uns sont contre le passe vaccinal, d’autres contre les vaccins, ou bien encore contre tout ce qui est pour et pour tout ce qui est contre, c’est le sens des coagulations rebelles, des cristallisations colériques : quand on n’en peut plus, on fait flèche de tout bois. Or, ici, ce qui importe n’est pas le bois, mais la flèche.
Mais désigner Paris puis Bruxelles, c’est clairement affirmer un combat anti-maastrichtien : ce petit peuple sait d’où vient son malheur. Désigner la seringue ou le QR code, ainsi que procèdent ses ennemis, c’est regarder le doigt quand les humbles en colère montrent la lune.
Affaire à suivre, bien sûr…

Michel Onfray

notes perdues 28112021

Notes perdues 28112021

la joie mauvaise à l’idée du malheur d’autrui

« Schadenfreude », la joie mauvaise à l’idée du malheur d’autrui

À retrouver dans l’émission

LE MALHEUR DES UNS par Guillaume Erner

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Ça n’est pas très avouable, mais puisque l’on est entre nous on peut se le dire : être heureux ne suffit pas, ce qui importe c’est que les autres soient malheureux. Ce principe c’est la notion que Freud a nommé la Schadenfreude – la joie mauvaise à l’idée du malheur d’autrui.

Un exemple classique de Schadenfreude• Crédits : picture-alliance – Maxppp

Ce principe est en réalité beaucoup plus puissant que les multiples méthodes proposées aujourd’hui pour nous apprendre à être heureux. Beaucoup de sages et de moins sages, de psy quelque chose, bref des bonheurologues nous proposent d’éprouver le plaisir de la joie d’être heureux. 

Et à chaque coup, ça ne rate pas, ça rate. 

Si ces méthodes destinées à être heureux seul, ou en couple, pire en famille, et pourquoi pas en troupeau, si ces méthodes avaient la moindre efficacité, vous vous doutez bien que la consommation de psychotropes, drogue et alcool aurait chuté – si les méthodes de « Self Help » comme on dit aux Etats unis pour qualifier ce rayon gigantesque dans les libraires, si ces méthodes ne fonctionnent pas, c’est peut être parce que l’on est trop angélique. 

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LE TOUR DU MONDE DES IDÉES

Les misérables délices de la Schadenfreude

En réalité, ce qu’il faut pour nous sentir bien, ça n’est pas seulement être heureux, c’est aussi et surtout savoir que les autres sont malheureux. Cette certitude est bien antérieure à Freud – Aristote en avait déjà fait la remarque dans l’Ethique à Nicomaque. 

Rire bêtement quand quelqu’un tombe

Chez Aristote on trouve un mot nouveau Epichairekakia, un mot qui peut se traduire littéralement par joie née du mal, terme qui désigne la vilaine émotion que ressent celui qui, loin de s’affliger du malheur des autres, s’en réjouit. Beaucoup de temps a passé depuis Aristote, mais ce sentiment demeure – c’est lui qui explique que l’on puisse rire bêtement quand quelqu’un tombe, sentiment tellement présent qu’il a donné naissance a des heures de programme télévisés, les calamiteux sottisiers. 

Plus encore, si l’on en croit Spinoza, une bonne part de la compassion serait de la Schadenfreude. Nous plaignons quelqu’un pour sa souffrance, on prend de ses nouvelles, mais en réalité, une joie mauvaise bouillonne en nous, la compassion serait ainsi bien souvent un sentiment ambivalent. 

En apparence, on se présente comme des être sensibles, prenant soin de l’autre – en réalité, nous on se pourlèche les babines des catastrophes et des drames de ceux qui nous entourent – comme l’écrivait Nietzsche, Si “l’homme” a des raisons momentanées pour être heureux lui-même, il n’en accumule pas moins les malheurs du prochain et en retire une joie maligne.

Maintenant bonne journée espérant que celle ci vous apporte votre dose de Schadenfreude.

Noël sert à rappeler à ceux qui sont seuls qu’ils sont seuls, à ceux qui n’ont pas d’argent qu’ils n’ont pas d’argent et à ceux qui ont une famille de merde qu’ils ont une famille de merde. Charles Bukowski

La nature fait partie de notre vie. Nous sommes issus de la graine et de la terre et nous faisons partie de tout cela mais nous oublions vite que nous sommes des animaux comme les autres.

Pouvez-vous être sensible à cet arbre, le regarder, en voir la beauté, écouter le son qu’il produit, être sensible à la moindre petite plante, à la moindre mauvaise herbe, à cette vigne vierge qui monte le long du mur, aux jeux de lumière et d’ombre sur les feuilles ?

Il faut être conscient de tout cela et éprouver un sentiment de communion avec la nature qui nous entoure. Vous vivez peut-être dans une ville mais vous pouvez trouver des arbres ici et là.

Une fleur, dans le jardin voisin, est peut-être négligée, étouffée par les mauvaises herbes mais regardez-la. Sentez que vous faites partie de tout cela et de tout ce qui vit. Si vous maltraitez la nature, c’est vous-même que vous maltraitez.

Krishnamurti

« C’est quand j’ai découvert Krishnamurti que les choses ont évolué. Je n’étais pas tombé sur un donneur de leçons, sur un maître à penser, sur un maître de quoi que ce soit.

Il a cette approche maïeutique, socratique, qui amène à se dire : « Tu cherches toujours à te comprendre à travers l’environnement de pensées, à travers les autres, alors qu’en fait il faut que tu arrives à te comprendre à partir de toi et de ton intériorité ».

Cette approche a été incroyablement salutaire, parce que je n’avais plus aucun recours, ni religieux, ni philosophique, ni d’aucune sorte.

À travers Krishnamurti, j’ai été plongé dans une solitude intéressante qui déclenche – au-delà de la simple pensée – un mode d’analyse de soi, qui amène à se connaître, à trouver par soi-même. On n’attend plus que quelqu’un nous tende la main. Je retrouvais l’approche socratique. C’est à partir de là que je me suis dit « tu ne dois plus compter que sur toi ». »

Pierre Rabhi

(Entretien avec l’Institut Heartfulness)

On dirait que tout est prêt pour écrire, pour remplir son devoir sur terre, mais il manque l’impulsion de la foi en soi, en l’importance de la tâche, il manque L’ÉNERGIE DE L’ERREUR; cette énergie terrestre et organique qu’il est impossible d’inventer

Lev Tolstoï

– Ma vie est monotone. Je chasse les poules, les hommes me chassent. Toutes les poules se ressemblent, et tous les hommes se ressemblent. Je m’ennuie donc un peu. Mais, si tu m’apprivoises, ma vie sera comme ensoleillée. Je connaîtrai un bruit de pas qui sera différent de tous les autres. Les autres pas me font rentrer sous terre. Le tien m’appellera hors du terrier, comme une musique. Et puis regarde ! Tu vois, là-bas, les champs de blé ? Je ne mange pas de pain. Le blé pour moi est inutile. Les champs de blé ne me rappellent rien. Et ça, c’est triste ! Mais tu as des cheveux couleur d’or. Alors ce sera merveilleux quand tu m’auras apprivoisé ! Le blé, qui est doré, me fera souvenir de toi. Et j’aimerai le bruit du vent dans le blé…

Le renard se tut et regarda longtemps le petit prince:

– S’il te plaît… apprivoise-moi ! dit-il.

Antoine de Saint-Exupery- (Le Petit Prince : chapitre 21)

Le 4 décembre 1975 mourait Hannah Arendt. Elle fut une des plus grandes philosophes du XXème siècle. Son approche du totalitarisme a profondément influencé la perception des tragédies du XXème siècle. Elle reste aujourd’hui une référence incontournable dans la philosophie de l’histoire.

« Puisque l’autorité requiert toujours l’obéissance, on la prend souvent pour une forme de pouvoir ou de violence. Pourtant l’autorité exclut l’usage de moyens extérieurs de coercition ; la où la force est employée, l’autorité proprement dite a échoué. L’autorité, d’autre part, est incompatible avec la persuasion qui présuppose l’égalité et opère par un processus d’argumentation… Historiquement nous pouvons dire que la disparition de l’autorité est simplement la phase finale d’une évolution qui a sapé principalement la religion et la tradition. »

La crise de la culture (1961). traduit de l’anglais par Patrick Lévy pour Gallimard

Je plonge toutes mes racines littéraires dans mon « métissage », je suis un bâtard et je tire ma substance nourricière de mon « bâtardisme » dans l’espoir de parvenir ainsi à quelque chose de nouveau, d’original. Ce n’est d’ailleurs pas un effort : cela m’est naturel, c’est ma nature de bâtard, qui est pour moi une véritable bénédiction sur le plan culturel et littéraire.» [La nuit sera calme]

▬ Romain Gary nous a quittés le 2 décembre 1980.

SURCONSOMMATION. « La publicité, les étalages, les vitrines nous saoulent. Toutes ces choses ne sont là que pour entretenir une espèce de frénésie. » Le coup de gueule de l’écrivain Georges Perec en 1965, contre la société de consommation et « la quête du confort ».

Quelle est la différence entre un parfum et une eau de toilette ?

Deux spécialistes nous aident à y voir plus clair entre tous les types de fragrances.

iStock

Noël se profile à l’horizon. Pour beaucoup, un parfum s’impose comme l’idée cadeau parfaite. À moins qu’on opte pour une eau de toilette ? Ou une eau de Cologne ? Deux expertes nous aident à y voir plus clair.

dans un magasin de cosmétiques, on ne sait que choisir : extrait, eau de toilette, eau de parfum, eau de cologne ? On se fie à notre instinct -et peut-être au prix- mais concrètement, sait-on réellement faire la différence entre ces types de fragrances ?

«Tout est une question de concentration, et donc de dilution de parfum dans l’alcool, nous explique Patricia de Nicolaï, parfumeur-créateur et fondatrice de la maison Nicolaï. Le concentré pur est un corps gras, comme de l’huile. Il ne s’évapore que mélangé à l’alcool.» En ajustant la quantité de ces deux composants à leur guise -il n’existe pas de réglementation à ce sujet-, les marques obtiennent donc un produit à diffusion et force variables.

Le parfum, le plus concentré

En haut de l’échelle de concentration, on trouve le parfum -aussi appelé extrait ou essence. Peggy Ploix, évaluatrice de parfums dans l’équipe de Thierry Wasser, directeur de création des parfums de Guerlain, nous le décrit : «Contrairement aux idées reçues, l’extrait n’est pas fort. C’est un geste très sensuel. On le met en touches, il tient toute la journée, mais il n’a pas de diffusion énorme.» Plus rares en commerce, les extraits sont aussi plus onéreux que les autres types de fragrances.

Juste en dessous se situe l’eau de parfum. Grâce à une plus grande quantité d’alcool, elle s’évapore plus facilement. Peggy Ploix souligne sa tenue et sa diffusion : «C’est une déclinaison riche, avec des notes de cœur importantes.» Patricia de Nicolaï estime que sa concentration se chiffre entre 13 et 22 %.

L’eau de toilette, plus légère

La confusion la plus courante ? Celle entre l’eau de parfum et l’eau de toilette. Patricia de Nicolaï compare les deux : «L’eau de toilette est plus légère, plus fugace, et moins envahissante que l’eau de parfum». D’où le choix pour certains de l’adopter en été. Selon cette dernière, sa concentration est entre 5 et 12 %. Dernier type de fragrance : l’eau de Cologne. Celle-ci ne contient qu’environ 3 % de concentré de parfum. «Elle n’a pas de note de fond et ne tient pas sur la peau. C’est plutôt un geste frais qui donne du peps le matin», nous apprend Peggy Ploix.

Quid de ces autres appelations que l’on voit apparaître, comme eau fraîche ou encore soie de parfum ? Pour elle, «ce sont souvent des termes de marketing pour dire eau de toilette ou eau de parfum autrement». Faire la distinction entre ces quatre types de fragrances est largement suffisant.

Au moment de choisir le cadeau, il faut donc se fier à l’effet désiré par son destinataire. Ne reste plus qu’à choisir la senteur ensuite. Plutôt musqué, fleuri, sucré ? Eh oui, on a l’embarras du choix !

Tu seras un homme, mon fils de Rudyard Kipling

Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie

Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,

Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties

Sans un geste et sans un soupir ;

Si tu peux être amant sans être fou d’amour,

Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre,

Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,

Pourtant lutter et te défendre ;

Si tu peux supporter d’entendre tes paroles

Travesties par des gueux pour exciter des sots,

Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles

Sans mentir toi-même d’un mot ;

Si tu peux rester digne en étant populaire,

Si tu peux rester peuple en conseillant les rois,

Et si tu peux aimer tous tes amis en frère,

Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ;

Si tu sais méditer, observer et connaître,

Sans jamais devenir sceptique ou destructeur,

Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,

Penser sans n’être qu’un penseur ;

Si tu peux être dur sans jamais être en rage,

Si tu peux être brave et jamais imprudent,

Si tu sais être bon, si tu sais être sage,

Sans être moral ni pédant ;

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite

Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,

Si tu peux conserver ton courage et ta tête

Quand tous les autres les perdront,

Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire

Seront à tous jamais tes esclaves soumis,

Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire

Tu seras un homme, mon fils.

En arriver à ne plus apprécier que le silence, c’est réaliser l’expression essentielle du fait de vivre en marge de la vie. Chez les grands solitaires et les fondateurs de religions, l’éloge du silence a des racines bien plus profondes qu’on ne l’imagine. Il faut pour cela que la présence des hommes vous ait exaspéré, que la complexité des problèmes vous ait dégoûté au point que vous ne vous intéressiez plus qu’au silence et à ses cris. La lassitude porte à un amour illimité du silence, car elle prive les mots de leur signification pour en faire des sonorités vides ; les concepts se diluent, la puissance des expressions s’atténue, toute parole dite ou entendue repousse, stérile. Tout ce qui part vers l’extérieur, ou qui en vient, reste un murmure monocorde et lointain, incapable d’éveiller l’intérêt ou la curiosité. Il vous semble alors inutile de donner votre avis, de prendre position ou d’impressionner quiconque ; les bruits auxquels vous avez renoncé s’ajoutent au tourment de votre âme. Au moment de la solution suprême, après avoir déployé une énergie folle à résoudre tous les problèmes, et affronté le vertige des cimes, vous trouvez dans le silence la seule réalité, l’unique forme d’expression. Emil M. Cioran, Sur les cimes du désespoir.

 » Les hommes découvrent et ils inventent. Quand ils découvrent, les unes après les autres, les lois cachées de la nature et ce qu’ils appellent la vérité, ils font de la science. Quand ils se livrent à leur imagination et qu’ils inventent ce qu’ils appellent de la beauté, ils font de l’art. La vérité est contraignante comme la nature. La beauté est libre comme l’imagination. Copernic découvre. Galilée découvre. Newton découvre. Einstein découvre. Et chacun d’eux détruit le système qui le précède. Homère invente. Virgile invente. Dante invente. Michel-Ange, Titien, Rembrandt, Shakespeare, Racine, Bach et Mozart, Baudelaire, Proust inventent. Et aucun d’entre eux ne détruit les oeuvres qui le précèdent.  » Jean d’Ormesson

Le chef indien Hopi Aigle Blanche : « Le moment que vit l’humanité peut être vu comme une porte ou comme un trou »

Hopi-Indianerhäuptling White Eagle: "Dieser Moment, den die Menschheit durchlebt, kann als eine Tür oder ein Loch gesehen werden"

Le chef indien Hopi Aigle Blanche a commenté la situation actuelle :

Le moment que vit l’humanité peut être vu comme une porte ou comme un trou. La décision de tomber dans le trou ou de passer par la porte vous appartient. Si vous consommez les nouvelles 24 heures sur 24, avec une énergie négative, constamment nerveux, avec du pessimisme, vous tomberez dans ce trou, mais si vous en profitez pour observer, pour repenser la vie et la mort, pour prendre soin de vous et des autres, alors vous passerez la porte.

Prenez soin de votre maison, prenez soin de votre corps. Connectez-vous à votre foyer spirituel. Lorsque vous prenez soin de vous, vous prenez en même temps soin de tout le monde.

Ne sous-estimez pas la dimension spirituelle de cette crise. Adoptez la perspective d’une aigle qui voit tout d’en haut avec une vue plus large. Il y a une question sociale dans cette crise, mais aussi une question spirituelle. Les deux vont de pair.

Sans la dimension sociale, nous tombons dans le fanatisme. Sans la dimension spirituelle, nous tombons dans le pessimisme et la futilité.

Êtes-vous prêt à affronter cette crise ? Saisissez votre boîte à outils et utilisez tous les outils à votre disposition.

Apprenez la résilience à partir de l’exemple des peuples indiens et africains : nous avons été et sommes exterminés, mais nous n’avons jamais cessé de chanter, de danser, d’allumer un feu et de nous réjouir.

Ne vous sentez pas coupable si vous vous sentez béni en ces temps difficiles. Être triste ou en colère n’aide pas du tout. La résistance est une résistance par la joie !

Vous avez le droit d’être fort et positif. Et il n’y a pas d’autre moyen d’y parvenir que de maintenir une attitude belle, heureuse et lumineuse. Cela n’a rien à voir avec l’aliénation (ignorance du monde). Il s’agit d’une stratégie de résistance.

Lorsque nous franchissons le seuil, nous avons une nouvelle vision du monde car nous avons affronté nos peurs et nos difficultés. C’est tout ce qui peut être fait maintenant :

– La sérénité dans la tempête

– Restez calme, prier/méditer tous les jours

– Rencontrer le sacré tous les jours

– Résister par l’art, la joie, la confiance et l’amour

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Notre palmarès des 10 meilleurs champagnes bruts millésimés

A l’approche des fêtes, l’équipe de dégustation du Figaro Vin a dégusté, noté et commenté plus d’une centaine de références de champagnes, et vous dévoile ici sa sélection des meilleures cuvées de champagnes bruts millésimés du moment.

Par Ella Lister, Alicia Dorey et Valérie Faust

Publié le 30/11/2021

Moët & Chandon Grand Vintage 2013

Moët & Chandon Grand Vintage 2013 Pierre-Olivier Deschamps

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Dom Pérignon Vintage 2012
Brut
Note Le Figaro : 97/100
Prix : 185€

Un champagne majestueux, qui se prêtera aussi bien à un dîner huppé qu’à une réunion intimiste autour d’un feu de camp, avec de belles saveurs, à la fois simples et gourmandes. On y retrouve la griffe de Dom Pérignon qui, avec l’aération, ne sera jamais le même, développant sa complexité jusqu’à la dernière goutte. Au nez, il dévoile ici des arômes de gâteau au gingembre, de granola, de tarte Tatin et de fève tonka, puis en bouche des notes de noisette et d’agrumes enrobés de sucre muscovado. Un vin qui joue inlassablement avec les contrastes, entre sucrosité, nobles amers, tension, volume, et surtout beaucoup de générosité. 

Disponible en ligne sur vinatis

Bollinger La Grande Année 2012
Brut
Note Le Figaro : 96/100
Prix : 120€

D’une formidable complexité, voilà un vin ample, crémeux, divin, libérant au nez des notes de jasmin, d’épices douces et de miel. Sa délicatesse se mêle à une certaine puissance, pour un champagne à la fois vif, profond, complexe et généreux, sans oublier une longueur éblouissante.

Disponible en ligne sur lagrandeepicerie

» À LIRE AUSSI : Notre sélection de 10 champagnes d’émotion à s’offrir pour les fêtes

Krug Millésimé 2008
Brut
Note Le Figaro : 96/100
Prix : 279€

Un très grand vin qu’il faut déguster lentement, pour profiter de l’infinie palette qu’il a à nous offrir. L’expérience Krug démarre ici avec un nez d’une très grande élégance : subtil, félin et délicat, aux petites fleurs, algues et herbes aromatiques (origan et thym sauvage), puis d’épices. À lui seul, le nez est déjà un voyage. La bouche est quant à elle d’une grande finesse, sapide, ciselée, évoluant avec une intensité éclatante vers une finale longue comme une nuit blanche.

Disponible en ligne sur brut-de-champ

Laurent-Perrier Brut Millésimé 2008
Brut
Note Le Figaro : 95/100
Prix : 55€

Au nez, un champagne qui évoque la menthe tout juste cueillie et la pulpe de noix de coco râpée, relevées par un trait de jus de citron, puis une sensation intensément fraîche, vivifiante, comme un immense bol d’air de montagne. Une cuvée précise et épanouie, franche et longue, sur la pureté du fruit, et des notes lactées d’une grande délicatesse.

Disponible en ligne sur plus-de-bulles

Henriot Millésimé 2012
Brut
Note Le Figaro : 94/100
Prix : 77€ l’unité

Au nez, des fragrances de fleurs blanches, et en bouche des notes de fruits mûrs comme la pêche, la pomme, et même de fraise à la chantilly, qui évoluent ensuite vers quelque chose de plus beurré, entre le cannelé et le croissant chaud, et une touche vanillée. Un champagne complexe et hédoniste.

Disponible en ligne sur boutique.champagne-henriot

Roederer Vintage 2014
Brut
Note Le Figaro : 94/100
Prix : 62€

Douce, délicate et soyeuse, la mousse participe à la grande finesse de ce champagne fort distingué. Le nez est racé, aristocratique, et s’élance avec noblesse vers une bouche vineuse, à la fois riche et alerte, longue, vive et très fraîche autour des notes citronnées et de coing.

Disponible en ligne sur plus-de-bulles

Taittinger Brut Millésimé 2015
Brut
Note Le Figaro : 94/100
Prix : environ 50 €
 
Grisant et envoûtant, le nez transporte vers des notes de fruits mûrs dorés par les rayons chauds d’un soleil d’été, de fleur d’abricot et de mélisse. En bouche, une légèreté aérienne, de délicates notes citronnées, et une finale pleine de douceur.

Disponible chez les cavistes

Bourgeois-Diaz BD’3CC 2014
Brut Nature
Note Le Figaro : 93/100
Prix : 44€

Au nez, les arômes d’herbes aromatiques épousent le fruit mûr, le coing, et un côté légèrement beurré qui garde toutefois beaucoup de légèreté. En bouche, un champagne droit et vif, mais aussi étonnant, avec quelques notes de whisky, légèrement boisées, et une finale qui va droit au but.

Disponible en ligne sur vins-etonnants

Joseph Perrier Cuvée Royale Vintage 2012
Brut
Note Le Figaro : 93/100
Prix : 55€

Beaucoup de droiture dans ce nez très expressif, élégant, aux arômes de thé, de mandarine et de tartine beurrée. Sous l’emprise de la fraîcheur, la bouche est exaltante, vineuse, portée par des notes minérales, salines, et une finale très caressante.

Disponible en ligne sur Millésima

Charles Heidsieck Brut Millésimé 2012
Brut
Note Le Figaro : 92/100
Prix : 87€

Un nez puissant aux arômes crémeux, beurrés, de pain grillé chaud et de café torréfié : le parfait petit déjeuner des hédonistes, avec les mêmes notes qui se retrouvent en bouche, et toutefois une belle tension, portée par la générosité d’un fruit délicatement charnu.

Disponible en ligne sur Millésima

Comment Hitler a fait de la langue nazie une arme politique

Pour persuader le peuple de la supériorité de son régime, Hitler a recouru à une novlangue répondant à des règles précises. Voici lesquelles.

Hitler et les siens s'employèrent à modifier l'allemand pour façonner les esprits et renforcer leur pouvoir

Hitler et les siens s’employèrent à modifier l’allemand pour façonner les esprits et renforcer leur pouvoir

(Arte)

Les mots, parfois, deviennent des armes politiques. Les premiers à l’avoir compris sont sans doute les Révolutionnaires français, qui modifièrent les noms de lieux (Tremblay-le-Vicomte devint Tremblay-sans-Culottes) ; les civilités (« citoyen » et « citoyenne » à la place de « monsieur » et « madame ») et même la manière de diviser le temps (nivôse, pluviôse, ventôse remplacèrent les anciens mois de janvier, février, mars). Bien des régimes totalitaires retinrent la leçon, au premier rang desquels l’Allemagne nazie. 

La manière dont Hitler et ses affidés créèrent une novlange a été étudiée de manière magistrale par Victor Klemperer. Converti au protestantisme, mais juif de naissance, ce spécialiste des langues romanes ne dut longtemps son salut qu’à son épouse, Eva, considérée comme « racialement pure ». Du moins jusqu’en février 1945, date à laquelle tous deux furent envoyés en camp de concentration dont ils réchappèrent par miracle « grâce » au bombardement de Dresde par les Alliés. Après-guerre, ce grand philologue se replongea dans son journal intime, où il avait consigné les transformations de la langue allemande imposées par les nazis. Il en tira un livre, qu’il intitula LTI, pour Lingua Tertii Imperii, soit la langue du IIIe Reich. Celui-ci fait aujourd’hui figure de référence sur ce sujet. En voici quelques illustrations. 

· Le « peuple » pour étendard. Les nazis veulent à tout prix convaincre les Allemands que le nouveau régime est à leur service. Aussi multiplient-ils les néologismes comprenant le mot Volk, « le peuple ». C’est alors, par exemple, qu’est créée la marque Volkswagen (la « voiture du peuple ») et que sont promus les volksgenosse (« camarades du peuple ») et les volksfest (« fêtes du peuple »). 

· Des mots martelés jusqu’à l’abrutissement. « Peuple » n’est pas le seul terme ainsi martelé à l’envi. D’autres servent à légitimer la discrimination (« étranger à l’espèce », « de sang allemand », « racialement inférieur », « nordique », …) ou à favoriser l’absence de réflexion (« spontané », « instinct », « aveuglément », …). Certains illustrent le caractère totalitaire du régime (« éternel », « historique », « mondial »). Selon Klemperer, ce lexique est à la fois le moyen de propagande privilégié du régime et le révélateur de sa nature profonde. 

· Un vocabulaire religieux. Ennemi fanatique des juifs, mais aussi, dans une moindre mesure, des chrétiens, le régime nazi n’en emprunte pas moins son vocabulaire à l’univers religieux, et notamment au catholicisme. Qu’il s’agisse du culte des « martyrs » du parti, de la « résurrection » de l’empire grand-allemand ou de la présentation d’Hitler comme un nouveau « Sauveur » guidé par la « Providence ». Comme s’il fallait répandre la « foi » dans une nouvelle église. 

· Le recours aux sigles. Ce n’est pas un hasard si Klemperer choisit pour titre LTI, une suite de trois lettres a priori incompréhensible. Il fait ainsi référence au goût prononcé des nazis pour les sigles. Parmi les plus célèbres : SS, pour Schutzstaffel (échelon de protection) et SA pour Sturmabteilung (section d’assaut). Selon Klemperer, le recours à ces abréviations permet à la fois de mécaniser le langage et de déshumaniser les êtres. 

· Un goût prononcé pour les superlatifs. « Héroïque », « fanatique », « ploutocratie » … Le IIIe Reich use et abuse d’un registre hyperbolique qui vise à habituer les esprits à l’exagération, à anesthésier la réflexion, à empêcher le recul et l’analyse. Ce recours à l’emphase, écrit Klemperer, vise à provoquer « un état d’hébétement, d’aboulie et d’insensibilité » qui permet de trouver « la masse nécessaire des bourreaux et des tortionnaires ». 

· Des changements de sens. Le IIIe Reich invente des mots nouveaux, tels Untermenschentum (sous-humanité), entjuden (déjudaïser), arisieren (aryaniser) ou aufnorden (rendre plus nordique). Le plus souvent, toutefois, il s’emploie à modifier le sens du vocabulaire existant. Traiter un individu de fanatique était auparavant péjoratif ? Désormais, il s’agit de louer son courage, sa volonté et son dévouement au führer. A l’inverse, le régime recourt parfois à l’euphémisation. Une aktion masque en réalité un massacre et les figuren (marionnettes) des cadavres.  

· Même la typographie est mise au service du nazisme. Le signe SS est dessiné avec des runes, un alphabet ancien utilisé dans l’écriture des langues germaniques. Il s’agit d’inscrire le régime dans la continuité de l’Allemagne éternelle et de mieux asseoir sa légitimité en recourant à une erreur de raisonnement classique : si la langue utilisée est plus ancienne que les autres, alors elle est plus prestigieuse, et le peuple qui l’emploie est fondé à exercer une forme de prééminence. 

Klemperer comprit donc très tôt les raisons pour lesquelles Hitler et les siens s’employèrent à modifier l’allemand pour façonner les esprits et renforcer leur pouvoir. Et l’on aimerait être certain que ces méthodes appartiennent définitivement au passé… 

(1) Voir notamment le documentaire consacré à ce livre : La langue ne ment pas 

 » Je pense 99 fois et ne trouve rien. Je cesse de penser, je nage dans le silence et la vérité me parvient.  » Albert Einstein

Dans « Le nom de la rose » d’Umberto Eco…

Quand l’abbé aveugle demande au chercheur William de Baskerville : « Qu’est-ce qu’ils désirent vraiment ? « 

Baskerville répond : « Je veux le livre grec, celui qui, selon vous, n’a jamais été écrit. Un livre qui ne parle que de comédie, qu’ils détestent autant que le rire. Probablement le seul exemplaire conservé d’un livre de poésie d’Aristote. Beaucoup de livres traitent de comédie. Pourquoi ce livre est précisément si dangereux ?

L’abbé répond : « Parce qu’il vient d’Aristote et qu’il va faire rire ».

Baskerville réplique : « Qu’y a-t-il de troublant dans le fait que les hommes puissent rire ? « 

L’abbé :  »Le rire tue la peur, et sans peur il ne peut y avoir de foi. Celui qui ne craint pas le démon n’a plus besoin de Dieu

« Plus le langage est pauvre, moins la pensée existe… Il n’y a pas de pensée critique sans pensée. Et il n’y a pas de pensée sans mots ».

« La disparition progressive des temps (subjonctif, passé simple, imparfait, formes composées du futur, participe passé…) donne lieu à une pensée au présent, limitée à l’instant, incapable de projections dans le temps.

La généralisation du tutoiement, la disparition des majuscules et de la ponctuation sont autant de coups mortels portés à la subtilité de l’expression.

Supprimer le mot «mademoiselle» est non seulement renoncer à l’esthétique d’un mot, mais également promouvoir l’idée qu’entre une petite fille et une femme il n’y a rien.

Moins de mots et moins de verbes conjugués c’est moins de capacités à exprimer les émotions et moins de possibilité d’élaborer une pensée.

Des études ont montré qu’une partie de la violence dans la sphère publique et privée provient directement de l’incapacité à mettre des mots sur les émotions.

Sans mot pour construire un raisonnement, la pensée complexe chère à Edgar Morin est entravée, rendue impossible.

Plus le langage est pauvre, moins la pensée existe.

L’histoire est riche d’exemples et les écrits sont nombreux de Georges Orwell dans 1984 à Ray Bradbury dans Fahrenheit 451 qui ont relaté comment les dictatures de toutes obédiences entravaient la pensée en réduisant et tordant le nombre et le sens des mots.

Il n’y a pas de pensée critique sans pensée. Et il n’y a pas de pensée sans mots.

Comment construire une pensée hypothético-déductive sans maîtrise du conditionnel? Comment envisager l’avenir sans conjugaison au futur? Comment appréhender une temporalité, une succession d’éléments dans le temps, qu’ils soient passés ou à venir, ainsi que leur durée relative, sans une langue qui fait la différence entre ce qui aurait pu être, ce qui a été, ce qui est, ce qui pourrait advenir, et ce qui sera après que ce qui pourrait advenir soit advenu? Si un cri de ralliement devait se faire entendre aujourd’hui, ce serait celui, adressé aux parents et aux enseignants: faites parler, lire et écrire vos enfants, vos élèves, vos étudiants.

Enseignez et pratiquez la langue dans ses formes les plus variées, même si elle semble compliquée, surtout si elle est compliquée. Parce que dans cet effort se trouve la liberté. Ceux qui expliquent à longueur de temps qu’il faut simplifier l’orthographe, purger la langue de ses «défauts», abolir les genres, les temps, les nuances, tout ce qui crée de la complexité sont les fossoyeurs de l’esprit humain. Il n’est pas de liberté sans exigences. Il n’est pas de beauté sans la pensée de la beauté »

psychiatrie 24042021

Psychiatrie 24042021

« … l’homme contemporain soutient sa croyance au prix d’un remarquable défaut d’introspection. Il ne voit pas que, malgré son raisonnement et son efficacité, il est toujours possédé par des « puissances » qui échappent à son contrôle. Ses dieux et ses démons n’ont pas du tout disparu. Ils ont simplement changé de nom. Ils le tiennent en haleine par de l’inquiétude, des appréhensions vagues, des complications psychologiques, un besoin insatiable de pilules, d’alcool, de tabac, de nourriture, et surtout par un déploiement impressionnant de névroses. » « L’homme moderne ne comprend pas à quel point son « rationalisme » (qui a détruit sa faculté de réagir à des symboles et à des idées numineux l’a mis à la merci de ce monde psychique souterrain. Il s’est libéré de la « superstition » (du moins il le croit) mais ce faisant, il a perdu ses valeurs spirituelles à un degré alarmant. Ses traditions morales et spirituelles se sont désintégrées, et il paie cet effondrement d’un désarroi et d’une dissociation qui sévissent dans le monde entier. » C.G. Jung

« Il vaut sans doute la peine de savoir pour quelle raison on a accepté [le christianisme]. Ce fut pour échapper à la sauvagerie et à l’inconscience de l’antiquité. Si nous l’abandonnons, alors renaîtra la sauvagerie première […]. La marche vers ce but n’est pas progrès, mais regrès. […] Nous avons vu ce qui se produit quand un peuple trouve trop sot le masque de la morale. Alors la bête est lâchée et toute une civilisation disparaît dans la folie de la corruption des mœurs. […] Nous nous imaginons que notre primitivité a depuis longtemps disparu et qu’il n’en subsiste plus rien. Sous ce rapport notre déception a été cruelle. Le mal a submergé notre culture comme il ne le fit jamais. Cet horrible spectacle nous permet de comprendre en face de quoi le christianisme s’est trouvé et ce qu’il s’est efforcé de transformer. « 

Jung , Métamorphoses de l’âme et ses symboles .

« Dans les livres, vous pouvez apprendre beaucoup de choses sur la psychologie mais vous découvrirez vite que cette psychologie ne sert pas à grand-chose dans la vie pratique. Toute personne chargée de s’occuper des problèmes de l’âme devrait posséder une certaine sagesse de la vie, reposant non seulement sur les mots mais surtout sur l’expérience. La psychologie telle que je la comprends n’est pas seulement un quantum de savoir, c’est aussi une connaissance de la vie. Si tant est que l’on puisse inculquer une telle connaissance, ce n’est possible qu’à partir d’une expérience personnelle de l’âme humaine et cette expérience ne peut être acquise que par un enseignement personnel, c’est-à-dire individuel, et non collectif. En Inde, la coutume veut depuis fort longtemps que toute personne quelque peu cultivée ait un gourou, un guide spirituel qui lui apprenne, et à elle seule, ce qu’elle doit savoir. Tout le monde ne doit pas savoir la même chose, et le savoir en question ne peut jamais être transmis à tous de la même façon.

C’est là ce qui fait totalement défaut dans nos universités: la relation entre l’élève et le maître. Et c’est aussi ce dont devraient disposer tous ceux qui, comme vous, souhaitent recevoir une formation en psychologie. Toute personne se sentant une vocation pour guider les âmes devrait d’abord se laisser guider par sa propre âme afin d’apprendre ce que signifie la rencontre avec l’âme humaine. Connaître la face obscure de sa propre âme est la meilleure préparation qui soit pour savoir comment se comporter face aux parties obscures des autres âmes. La simple étude des livres ne vous servirait pas à grand-chose, bien que ce soit aussi indispensable. Ce qui vous aidera le plus, c’est de pénétrer personnellement dans le secret des âmes humaines. Sans cela tout ne sera toujours qu’artifice intellectuel ingénieux, paroles creuses et discours creux. Peut-être essayez-vous de comprendre ce que je veux dire dans mes livres; si vous avez un bon ami, essayez donc de regarder ce qui se trouve derrière sa façade afin de vous découvrir vous-même. Ce serait un bon début. »

C.G. Jung  » Correspondance « 

Il est très difficile d’abandonner une vielle façon de penser et beaucoup de personnes ne veulent pas écouter l’idée nouvelle qui vient de l’inconscient ou même, après l’avoir acceptée quelques temps, l’abandonnent ensuite pour revenir à leur ancienne mentalité. C’est une des raisons pour lesquelles une divinité ou une idée a besoin de tant de générations pour parvenir à s’incarner dans la réalité.* »

MLv Franz

« LA GUÉRISON NE COMMENCE QUE LORSQU’UN ACTE EST POSÉ »

C’est Carl Gustav Jung qui souligne cette vérité. Se basant sur son expérience de médecin ET de psychanalyste, le thérapeute de Zurich sait très bien que les prises de conscience sont certes importantes dans le processus de guérison, mais loin d’être suffisantes. C’est lui qui rappelle très justement que la guérison repose sur trois pilliers : la prise de conscience, l’action et la persévérance. Pour illustrer de manière simple ce propos, je prendrais un exemple basique.

Imaginons que Frédéric souffre d’un ralentissement du transit intestinal. Il connaît ce problème depuis des années sans en connaître la cause, au point d’en devenir constipé. Tant qu’il demeure dans l’inconscience de la cause, sa seule porte de salut est le recours aux traitements laxatifs et aux séances d’hydrothérapie du côlon. Un jour, en lisant un article de journal, il découvre que la consommation excessive de viande peut être à l’origine de ce type de problème. Or, Frédéric est non seulement un très grand mangeur de viande, mais en plus il ne mange pratiquement jamais de légumes et de fruits, ni de fibres… À ce stade, il vient de franchir la première étape de son processus de guérison : il a pris conscience du lien existant entre ses habitudes alimentaires et la pathologie dont il souffre. Est-ce que cette prise de conscience est suffisante pour régler ses problèmes intestinaux ? Non, bien sûr, même si cette prise de conscience s’est accompagnée d’une émotion très vive ! Par contre, elle est souvent nécessaire, car c’est elle qui nous donne la direction à prendre pour fouler un chemin de guérison.

Que doit faire Frédéric en plus pour espérer guérir ? Je crois qu’ici, ça tombe sous le sens. Il doit changer son alimentation. Réduire la quantité de viande ingérée, introduire dans sa diète des fibres, des fruits frais et des légumes, cuits ou crus. S’il ne le fait qu’une seule journée, il n’observera probablement aucun changement. S’il le fait quelques journées de suite, ce qu’il risque de vivre, ce sont peut-être des symptômes désagréables, comme des lourdeurs, des aigreurs ou des ballonnements. N’ayant aucun signe de guérison, il reviendra peut-être à son ancien régime, considérant que ce qu’il a lu n’était que foutaise. Dans ce cas, malgré la prise de conscience et malgré les actes posés, les conditions ne sont pas encore suffisantes pour qu’une véritable guérison ait lieu.

C’est là qu’intervient le troisième pilier de tout processus de guérison, le plus exigeant, le plus confrontant, le plus négligé et le moins populaire : la persévérance. Si Frédéric veut réellement obtenir une amélioration de ses symptômes digestifs et intestinaux, il va devoir développer une habitude, une discipline répétée quotidiennement. Et ce n’est qu’après suffisamment de temps que les signes d’amélioration se manifesteront peut-être. Car rien, en matière de guérison, n’est jamais garanti à 100 %.

Jean-Jacques Crèvecœur

« La découverte que l’inconscient n’est pas seulement le simple dépositaire de notre passé, mais aussi rempli de germes de situations psychiques et d’idées à venir, a déterminé la nouveauté de ma propre attitude à l’égard de la psychologie. Il est de fait que, outre les souvenirs d’un passé lointain qui fut conscient, des idées neuves et créatrices peuvent aussi surgir de l’inconscient, idées qui n’ont jamais été conscientes précédemment. Elles naissent des profondeurs obscures de notre esprit comme un lotus et constituent une partie importante de la psyché subliminale. Elles expriment de nouvelles pensées qui n’ont jamais encore franchi le seuil de la conscience ».

Jung , « Essai d’exploration de l’inconscient »

« …C’est vrai, une force de la nature s’exprime en moi , je ne suis qu’un conduit… J’imagine que, dans bien des cas, je pourrais vous paraître sinistre. Si, par exemple, la vie vous a mené à adopter une attitude artificielle, vous n’allez pas pouvoir me supporter car je suis un être naturel. Ma présence même cristallise; je suis un ferment. Je suis perçu comme un danger par l’inconscient des gens qui vivent d’une manière artificielle. Tout en moi les irrite, ma façon de parler, ma façon de rire… Ils sentent la nature… »

Jung ,  » Guérisseur blessé de l’âme  » p/ Claire Dunne

 » Ce ne sont pas les faits en eux-mêmes , si terribles ou horribles soient-ils , qui nous font souffrir.La souffrance vient de ce que l’on n’a pas pu montrer ses sentiments, ni en parler, ni le hurler, ni en pleurer, ni le partager, et qu’on a tout enduré en silence. Cette souffrance prend sa source dans le secret, tel un « cadavre dans le placard », voire un fantôme qui crie vengeance ou demande à être reconnu et pleuré. »

Anne Ancelin Schützenberger

« Celui dont le désir se détourne des choses extérieures parvient au siège de l’âme. S’il ne trouve pas l’âme, l’horreur du vide s’emparera de lui et la peur le poussera à coups de fouet encore et encore dans une quête désespérée des choses creuses de ce monde auxquelles il aspirera aveuglément. Il deviendra le bouffon de son désir sans fin, s’éloignera de son âme et la perdra pour ne jamais la retrouver.

Il courra après toutes les choses, il les tirera toutes vers lui, mais ne trouvera pas son âme, car il ne la trouverait qu’en lui. Son âme se trouvait bien dans les choses et dans les hommes, mais l’aveugle s’empare des choses et des hommes, et non de son âme dans les choses et les hommes. Il ne sait rien de son âme. Comment pourrait-il la distinguer des hommes et des choses ? Il trouverait bien son âme dans le désir lui-même mais pas dans l’objet de son désir. S’il possédait son désir au lieu que son désir le possède, il aurait posé une main sur son âme, car son désir est l’image et l’expression de son âme »

Jung « livre rouge »

« L’humanité sait désormais que l’inconscient existe, et pourtant elle agit comme si elle l’ignorait, comme si tout affleurait à la conscience. Elle ne se méfie pas d’elle-même. Elle préfère rejeter les problèmes sur l’extérieur, sur autrui. Jung nous appelle à accepter que la capacité à faire le mal, immensément, sans limites, est en nous. Elle est toujours là. Elle n’est pas localisée chez l’autre ou enfermée dans le passé. Le refus de cette réalité en nous est la meilleure façon de déclencher la violence aveugle »

Jung , « Présent et avenir » : plaidoyer pour l’individu authentique .

Selon Carl Gustav Jung, il existe 4 archétypes, quatre étapes que nous traversons pendant notre vie et ces étapes sont :

1. L’étape de l’athlète (le sauvage)

À cette étape, nous nous préoccupons surtout de notre apparence, de ce à quoi ressemble notre corps. Durant cette étape, nous pourrions rester des heures à regarder et admirer notre reflet dans le miroir. Notre corps, notre apparence sont les choses les plus importantes à nos yeux, rien d’autre ne compte.

2. L’étape du guerrier (l’aventurier)

Pendant cette période, notre principale souci est de partir à la conquête du monde, de faire de notre mieux, d’être le meilleur et de parvenir à l’excellence, de faire ce que font les guerriers et d’agir comme agissent les guerriers. C’est une étape pendant laquelle nous pensons continuellement aux moyens d’avoir plus que tout le monde, une étape de comparaison, de vaincre ceux autour de nous afin de nous sentir meilleurs parce que nous avons réalisé davantage, parce que nous sommes des guerriers, des braves.

3. L’étape de la communication (l’enseignant)

À cette époque, à ce stade de votre vie, vous réalisez que ce qui a été fait jusqu’ici ne suffit pas à vous contenter, à vous rendre heureux… vous cherchez maintenant les moyens de faire une différence dans le monde, les moyens de servir ceux qui vous entourent. Votre préoccupation est de commencer à donner. Vous réalisez maintenant que dorénavant votre poursuite de l’argent, du pouvoir, des possessions, etc. continueront d’apparaitre dans votre vie, mais vous ne leur attribuez plus la même valeur qu’auparavant, vous n’êtes plus attaché à ces choses, parce que vous êtes maintenant dans une étape différente de votre vie, où vous savez qu’il existe autre chose. Vous les recevez, vous les acceptez et vous en êtes reconnaissant, mais vous êtes prêt à vous en détacher n’importe quand. Vous cherchez des moyens pour arrêter de penser à vous, à la manière de recevoir et à commencer à vous concentrer sur une vie de service. Tout ce qui vous importe à ce stade est le don. Vous savez maintenant que donner c’est recevoir et que c’est le moment de stopper l’égoïsme et de penser aux façons d’aider ceux dans le besoin, de quitter ce monde en étant meilleur que lorsque vous y êtes entré.

4. L’étape spirituelle (le sage)

Selon Jung, ce sera la dernière étape de votre vie, une étape où nous réalisons qu’aucune de ces trois étapes ne représente réellement qui nous sommes et ce que nous sommes. Nous comprenons que nous sommes plus que notre corps, plus que nos possessions, plus que nos amis, notre pays et ainsi de suite. Nous en venons à réaliser que nous sommes des êtres divins, des êtres spirituels ayant une expérience humaine et non pas des humains ayant une expérience spirituelle.

Nous savons maintenant que ce n’est pas notre foyer et que nous ne sommes pas ce que nous pensons être. Nous sommes dans ce monde mais pas de ce monde. Nous pouvons désormais nous observer à partir d’une autre perspective. Nous pouvons renoncer à notre propre esprit, à notre corps et saisir qui nous sommes vraiment, voir les choses telles qu’elles sont. Nous devenons l’observateur de notre vie. Nous réalisons que nous ne sommes pas celui que nous remarquons mais l’observateur de ce que nous remarquons.

Il y a 2500 ans, Lao Tseu tentait de nous enseigner la manière de comprendre cette dernière étape de vie, cette étape spirituelle : « Pouvez-vous faire machine arrière en pensée et ainsi saisir toutes choses ? Donner la vie et la nourrir, avoir sans posséder, agir sans attentes, diriger sans essayer de contrôler : voici la vertu suprême ».


« … l’homme contemporain soutient sa croyance au prix d’un remarquable défaut d’introspection. Il ne voit pas que, malgré son raisonnement et son efficacité, il est toujours possédé par des « puissances » qui échappent à son contrôle.

Ses dieux et ses démons n’ont pas du tout disparu. Ils ont simplement changé de nom. Ils le tiennent en haleine par de l’inquiétude, des appréhensions vagues, des complications psychologiques, un besoin insatiable de pilules, d’alcool, de tabac, de nourriture, et surtout par un déploiement impressionnant de névroses. »

« L’homme moderne ne comprend pas à quel point son « rationalisme » (qui a détruit sa faculté de réagir à des symboles et à des idées numineux l’a mis à la merci de ce monde psychique souterrain. Il s’est libéré de la « superstition » (du moins il le croit) mais ce faisant, il a perdu ses valeurs spirituelles à un degré alarmant. Ses traditions morales et spirituelles se sont désintégrées, et il paie cet effondrement d’un désarroi et d’une dissociation qui sévissent dans le monde entier. »

C.G. Jung  » L’homme et ses symboles « , Robert Laffont, 1964 p 82 et 94

La première partie de l’ouvrage pose les fondements des forces en présence : Jung définit ce qu’est le Moi, l’inconscient individuel et l’inconscient collectif (qui est l’une de ses découvertes majeures), et expose l’originalité de sa théorie en la positionnant par rapport aux théories psychanalytiques de l’époque (notamment celles de Freud et d’Adler). Il décrit un Moi inscrit dans une dynamique impossible à tenir, tiraillé entre les exigences du monde extérieur et pour lequel il se cache derrière la Persona (c’est la personnalité sociale, archétype issu de l’inconscient collectif et personnel et soumise au type de société dans lequel on vit, à ce qu’elle valorise, à la liberté et la responsabilisation qu’elle propose aux individus), et les exigences du « monde intérieur », de l’inconscient, présenté dans l’ouvrage comme étant l’Anima (ou l’Animus pour les femmes). Il explique très clairement pourquoi plus les éléments de l’inconscient les plus niés et ignorés par l’individu sont ceux qui ont le plus de puissance sur le Moi, et donc dans la vie de tous les jours. Jung pose comme fondements de la libération du Moi sa confrontation avec ces archétypes, en expliquant les enjeux de ce qu’il appelle la libération de l’individualité ou processus d’individuation, sujet principal de la seconde partie de l’ouvrage.

L’individuation consiste à déplacer le centre du Moi de façon à y incorporer des éléments de l’inconscient, c’est-à-dire à tendre vers l’archétype du Soi. de façon pragmatique, il s’agit de transformer les complexes autonomes (les archétypes de l’Anima et celui de la personnalité mana) en fonctions support (c’est-à-dire en force dans laquelle le Moi peut puiser), en reconnaissant leur existence, puis en se confrontant à eux, et enfin, en les assimilant. C’est la description de cette dialectique qui a donné son nom à l’ouvrage.

Le chemin de l’individuation est long et semé d’embuches. Jung explique pas à pas les différents risques liés à l’exploration et la mise au grand jour des ressources de l’inconscient.

L’individuation est réservée à quelques uns, poussés par une nécessité intérieure à explorer toujours plus en avant ce qu’ils sont. Il est d’ailleurs difficile d’ignorer les appels de l’inconscient : ce dernier se rappelle à notre bon souvenir au travers de tocs, d’obsessions, d’angoisses, bref, de symptômes généralement associés aux névroses, qui sont finalement, et avant tout, des invitations directes de notre inconscient à entamer le dialogue.

Ceux pour qui l’individuation n’est pas une nécessité sont également invités à prendre conscience de leurs courants intérieurs contraires, en vue de ne plus se faire balloter au gré des pulsions inconscientes et ce, quelle que soit l’étape à laquelle ils se trouvent ou choisissent de s’arrêter. Finalement, Jung nous invite à devenir responsable de notre vie en prenant conscience de nos actes, et à interagir de façon vraie avec les autres, notamment en arrêtant de projeter sur tout un chacun les fantasmes issus de nos archétypes.

Ce que j’aime particulièrement chez Jung, c’est ce message qui nous exhorte à être acteur et responsable de sa vie, à être autonome et vrai dans sa relation avec l’autre.

Nul besoin de 20 ans de psychanalyse (même si une « petite tranche » peut aider), la prise de conscience de ce qui est caché et la prise en considération de ce dont il s’agit permet d’avoir une meilleure connaissance et une meilleure maitrise de ses actes. C’est un message plein d’espoir, qui invite chacun à se repositionner non seulement par rapport à ce qu’il est ou par rapport à l’autre, mais également par rapport à sa place dans la société, au regard qu’il porte sur le monde.

Cet ouvrage est riche et complexe : on y apprend ou comprend toujours de nouvelles choses, même lors d’une seconde ou d’une troisième lecture. le développement proposé par Jung est ardu : il n’a pas une approche directe des messages qu’il passe, des développements qu’il fait, des concepts qu’il aborde. Il a plus tendance à aborder différents sujets, et à laisser le lecteur faire ses propres rapprochements.

Il ne s’agit pas d’une introduction à la théorie Jungienne : comme l’ont dit Saule et Eric Eliès, cet ouvrage est à déconseiller à ceux qui ne connaissent pas les principaux fondements et éléments de la « psychologie des profondeurs ». En effet, Jung fait appel aussi bien aux différents archétypes qu’à la notion de complexes autonomes, aux symboles de l’âme, à la typologie des individus, etc… qui ont fait l’objet d’ouvrages dédiés.

Si j’avais un reproche à faire à ce livre, ce serait peut-être sa légèreté vis-à-vis des processus liés à l’Animus (thématique souvent reléguée à un « identique que pour l’Anima »), et l’absence quasi-totale de référence à un archétype qui me semble pourtant bien nécessaire à l’approche de l’individuation : l’Ombre.

Ce que l’on appelle la vie est un court épisode entre deux grands mystères qui n’en font en réalité qu’un seul. Je ne peux jamais m’attrister d’une disparition. Les morts ont la durée, et nous, nous ne faisons que passer. »

 » On voit bien à de telles discus­sions ce qui m’attend lorsque je ne serai plus là qu’à titre posthume. Alors tout ce qui aura été vent et feu sera trans­formé et distillé en esprit chimique et on en fera des prépa­rations pharmaceutiques mortes. C’est ainsi que les dieux sont inhumés dans le marbre et l’or tandis que les simples mortels comme moi le sont dans le papier. « 

« Le spectacle de la nature éternelle, me rap­pelle douloureusement à quel point je suis faible et éphé­mère, et l’idée d’une aequinimitas in conspectu mortis* n’a rien pour me réjouir. Comme je l’ai rêvé un jour, ma volonté de vivre est un daïmon incandescent qui, de temps en temps, me rend diaboliquement difficile l’acceptation consciente de ma condition de mortel. Tout au plus peut-on, comme l’éco­nome infidèle, sauver la face, et même cela n’est pas toujours possible, de sorte que mon maître ne trouverait même pas grande matière à louange. Mais de cela, le daïmon ne se préoccupe pas, car la vie est, au fond, comme l’acier sur la pierre. « 

Jung

« Il serait assurément plus efficace que chacun consente à fournir en particulier l’effort d’une prise de conscience de tout ce qu’il projette sur autrui. »

« C’est pourquoi Jung définit la projection comme une transposition inconsciente, non intentionnelle, non perçue, d’un état psychique subjectif vers le dehors, sur un objet extérieur. On voit quelque chose qui en réalité n’y est pas ou n’y est que très peu. Il arrive très rarement, sinon jamais, que, dans l’objet choisi il n’y ait aucune trace de ce qui est projeté. Jung parle par conséquent du crochet offert par l’objet, servant à celui qui projette d’y accrocher sa projection comme on suspendrait un manteau à une patère. »

« Les projections empoisonnent les relations entre personnes et groupes de personnes. »

Marie Louise von Franz , Reflets de l’Âme

Dans les livres, vous pouvez apprendre beaucoup de choses sur la psychologie mais vous découvrirez vite que cette psychologie ne sert pas à grand-chose dans la vie pratique.

Toute personne chargée de s’occuper des problèmes de l’âme devrait posséder une certaine sagesse de la vie, reposant non seulement sur les mots mais surtout sur l’expérience.

La psychologie telle que je la comprends n’est pas seulement un quantum de savoir, c’est aussi une connaissance de la vie.

Si tant est que l’on puisse inculquer une telle connaissance, ce n’est possible qu’à partir d’une expérience personnelle de l’âme humaine et cette expérience ne peut être acquise que par un enseignement personnel, c’est-à-dire individuel, et non collectif.

En Inde, la coutume veut depuis fort longtemps que toute personne quelque peu cultivée ait un gourou, un guide spirituel qui lui apprenne, et à elle seule, ce qu’elle doit savoir.

Tout le monde ne doit pas savoir la même chose, et le savoir en question ne peut jamais être transmis à tous de la même façon. C’est là ce qui fait totalement défaut dans nos universités: la relation entre l’élève et le maître. Et c’est aussi ce dont devraient disposer tous ceux qui, comme vous, souhaitent recevoir une formation en psychologie.

Toute personne se sentant une vocation pour guider les âmes devrait d’abord se laisser guider par sa propre âme afin d’apprendre ce que signifie la rencontre avec l’âme humaine.

Connaître la face obscure de sa propre âme est la meilleure préparation qui soit pour savoir comment se comporter face aux parties obscures des autres âmes.

La simple étude des livres ne vous servirait pas à grand-chose, bien que ce soit aussi indispensable.

Ce qui vous aidera le plus, c’est de pénétrer personnellement dans le secret des âmes humaines. Sans cela tout ne sera toujours qu’artifice intellectuel ingénieux, paroles creuses et discours creux.

Peut-être essayez-vous de comprendre ce que je veux dire dans mes livres; si vous avez un bon ami, essayez donc de regarder ce qui se trouve derrière sa façade afin de vous découvrir vous-même. Ce serait un bon début.

CG Jung, Correspondance

Quelqu’un qui est libre de tout projet peut profondément vibrer de la présence de l’essentiel, mais aussi de l’absence de l’essentiel. Présence et absence sont deux phases de l’essentiel. L’une n’est pas plus que l’autre. Que ce soit dans l’absence ou dans la présence, le poète a la capacité d’exprimer cet essentiel avec une telle beauté, avec un tel rythme, avec une telle liberté (ne se contredit-il pas d’un poème ou d’un verset l’autre ?), qu’il laisse le lecteur dans une grande liberté. C’est pour cela que la poésie, la musique et l’architecture sont toujours plus près du pressentiment de l’essentiel que ne l’est la pensée.

Éric Baret

présence au cœur de nous-mêmes  · 
 

« Le sentiment de moi est défini par les frontières du corps.

Le corps est l’habitacle du moi.

Tout ce qui se passe dans mon corps est « moi », tout ce qui se passe à l’extérieur de mon corps est « autre que moi ».

Ce qui signifie qu’il y a d’un côté « moi », défini par les limites spatiales de ce corps, et de l’autre, les milliards de choses et d’êtres vivants de l’univers qui ne sont pas moi, qui sont autres, différentes, étrangères. Un petit condensé de matière est moi. Le reste, l’immensité infinie, tout ce qui compose la vie en dehors de ce corps, n’est pas moi.

Quelle solitude !!

Pas surprenant que ce moi cherche tellement à être reconnu par ce qui est « autre que moi » !

Rien d’étonnant à ce que 90 % des échanges humains se fassent sur le mode :

– Moi, je….

– Et bien, moi, je…

– Ah, ben moi, je…

Le besoin de reconnaissance n’est pas un acte péjorativement nombriliste, mais un acte de survie pour supporter l’insondable sentiment de solitude et d’isolement qui caractérise la sensation de « moi ».

La bonne nouvelle, c’est que ce sentiment de moi est une illusion, une création de la pensée.

La science a démontré que dans l’infiniment petit, il n’y a pas de frontière entre le corps et l’espace qui l’entoure. Cette limite, cette frontière qui fissure la perception en deux : « moi » et « non-moi », n’a pas de réalité physique.

Elle est un produit de l’esprit.

Elle est imaginaire.

Elle nous a été inculquée dans la petite enfance. Pas de problème en soi avec cela, mis à part que l’on y croit.

On ne nous a pas précisé qu’il s’agissait d’une création psychique. On nous a fait croire que c’était réel, comme le père noël.

Et cela, ce mensonge involontaire, nous fait souffrir en nous isolant du reste du monde et en nous coupant de notre vraie nature.

Alors, si cette frontière entre « moi » et « non-moi » n’existe pas réellement, il en résulte que soit « tout est moi », soit « rien n’est moi ».

Totalité ou Vacuité.

Ce qui revient au même. Ou bien il n’y a plus de notion de « soi », ou bien il y a la notion d’un seul et unique Soi. Dans les deux cas, il n’y a plus de sentiment de solitude.

C’est réconfortant.

Quand on sait cela, quand nous sommes au courant qu’il n’y a aucune séparation entre notre corps physique et le monde, même si l’illusion du moi est toujours présente, le sentiment de solitude est moins fort.

On ne peut plus vraiment y croire, et la vérité peut être rétablie peu à peu dans notre perception.

Le moi est comme le père Noël.

Il existe, mais il n’est pas réel.

Le père Noël existe dans notre imaginaire, notre culture, notre mythologie. C’est une légende qui fait rêver les enfants, c’est un produit de consommation, c’est un symbole. Il fait partie de nos vies, pourtant il n’y a nulle part un homme nommé Père Noël qui pense, ressent, agit, fabrique et distribue des cadeaux…

Le moi c’est exactement pareil. Le moi, c’est le cerveau qui imagine qu’il est quelqu’un, qu’il pense, ressent, agit, fait des choix, travaille, cherche le bonheur, l’amour, le succès… C’est une histoire inventée par le cerveau.

Qu’est-ce que s’éveiller ?

Qui s’éveille ?

Ce n’est pas le moi. Ce n’est pas le personnage du rêve qui réalise qu’il est un personnage. Ce serait aussi absurde que de supposer que le père Noël puisse prendre conscience de son irréalité !

L’éveil, c’est le cerveau qui cesse de produire le rêve de l’individualité.

Personne ne s’éveille.

A un moment, le cerveau cesse d’entretenir la légende de l’individu, et tout simplement ce rêve s’arrête.

Le moi, le sentiment d’être quelqu’un, est dissout. Pour un temps, ou définitivement.

Que se passe-t-il alors ?

L’individu continue d’exister. Tout comme le père Noël, bien que nous ayons découvert vers l’âge de 6 ans qu’il n’est pas réel, continue d’exister dans notre imaginaire.

Il y a toujours des pensées, des émotions, des sensations.

La différence, c’est qu’il n’y a plus le sentiment que ces manifestations nous appartiennent, viennent de nous, sont nous.

Tout cela arrive, simplement.

La grande différence, c’est qu’il n’y a plus le sentiment d’être « autre » que tout ce qui est. Il n’y a plus de séparation.

Rien n’arrive à personne.

Les choses sont vécues, sans appropriation personnelle, et sans non plus en rendre responsable autrui, ou la vie. Il n’y a qu’accueil de ce qui est là, dans sa totalité, sans jugement, que cela soit agréable ou non pour la perception.

L’individu ne vit pas dans l’illusion. Le moi n’est pas le personnage d’un rêve. Le moi n’est pas quelqu’un. Le moi est un sentiment, ou plus justement, une façon de percevoir, un mode de perception.

Il n’y a ni rêve ni éveil, juste un positionnement de conscience qui change. »

Suyin Lamour

« Nous avons besoin de plus de psychologie, nous avons besoin de mieux comprendre la nature humaine, car le seul vrai danger qui existe c’est l’homme lui-même. C’est lui le grand danger et nous ne le savons pas. Nous ne savons rien de l’homme, ou si peu. Sa psyché devrait être étudiée car nous sommes à l’origine de tout le mal à venir. »

Dopamine : le poison addictif

« L’hormone du plaisir » révèle de plus en plus d’aspects sombres. De récents travaux montrent qu’elle dialogue avec d’autres neurotransmetteurs pour nous plonger dans des dépendances extrêmes.

Que l’on soit gros fumeur, héroïnomane ou, comme ici, accro au « basejump », les circuits cérébraux et mécanismes neurologiques responsables de l’addiction sont les mêmes. (Shutterstock)

Par Paul Molga

Publié le 12 nov. 2021 à 14:00Mis à jour le 15 nov. 2021 à 10:30

La dopamine est depuis longtemps dans le collimateur des scientifiques qui travaillent sur des cibles thérapeutiques contre les addictions. Mais, en dépit des milliards d’euros investis, ils n’ont rien découvert de probant pour contrer les effets de ce neurotransmetteur, le plus efficace pour nous rendre accros à la nicotine, aux drogues, à l’alcool, mais également au sport, à la nourriture, à la prise de risques ou aux plaisirs amoureux. Une équipe internationale impliquant plusieurs laboratoires français s’apprête peut-être à changer la donne.

Dans une étude publiée le 20 octobre par la revue « Science Advances » , elle annonce avoir trouvé le moyen de rompre le dialogue délétère qu’entretient la dopamine avec un autre acide aminé, le glutamate, neurotransmetteur le plus répandu et le plus actif de notre système nerveux central. « Nos travaux montrent que le blocage des interactions entre les récepteurs de ces deux protéines protège des comportements pathologiques provoqués par la cocaïne chez le rat », explique Peter Vanhoutte, chercheur CNRS à l’Institut de Biologie Paris-Seine (IBPS) et coauteur de la publication.

Organisation des données

Un circuit neuronal spécifique gère le mécanisme chimique qui attribue aux informations reçues par notre organisme des valeurs de plaisir ou de rejet. La dopamine y organise la circulation des données fournies par trois structures du cerveau : le cortex orbito-frontal, siège de la prise de décision, l’aire tegmentale ventrale, une « usine » à produire de la dopamine, et le noyau accumbens, impliqué dans la motivation. L’expérience qui a permis de mettre en évidence ce complexe « circuit de la récompense » a été menée à partir du milieu des années 1950 par deux chercheurs américains, James Olds et Peter Milner.

Elle consistait à implanter des électrodes dans le noyau accumbens du cerveau d’un rat. En appuyant sur un levier, l’animal pouvait stimuler cette région. Ce qu’il a fait frénétiquement, au point d’en oublier ses besoins fondamentaux et de mettre sa santé en péril… Démonstration venait d’être faite que le noyau accumbens est le centre du plaisir et des addictions : un individu dépendant fait exactement la même chose que les rats de Olds et Milner en stimulant ce circuit de la récompense avec sa propre panoplie d’électrodes que sont les neurotransmetteurs.

Orage dopaminergique

Plusieurs hypothèses ont été avancées pour expliquer la relation entre la dopamine et le plaisir. Les plus récentes expériences révèlent une mécanique plus compliquée que ce qu’on croyait n’être que la procuration d’une sensation de bien-être liée à l’accomplissement d’une tâche. Les scientifiques se demandent si la quantité de dopamine libérée par notre cerveau ne dépend pas du potentiel de plaisir à tirer du comportement à venir. Selon leurs dernières observations, l’« orage dopaminergique » ne fait pas suite à un comportement gratifiant mais le précède. La libération de la dopamine serait donc liée à la nouveauté, pour augmenter la motivation à accomplir de nouvelles tâches. La mission première de nos émotions addictives pourrait donc être… de faciliter nos apprentissages !

Nos travaux montrent que le blocage des interactions entre les récepteurs de ces deux protéines protège des comportements pathologiques provoqués par la cocaïne chez le rat.

Peter Vanhoutte Chercheur CNRS à l’Institut de Biologie Paris-Seine (IBPS) et coauteur de la publication

Mais suffit-il de contrôler la libération de la dopamine pour nous sevrer d’une dépendance ? L’échec du baclofène a montré que c’est insuffisant. Détourné de son usage antiépileptique pour traiter l’alcoolisme, cette molécule un temps miracle, qui freine la transmission de stimulus biochimique liés au plaisir, a entaché sa carrière en 2019 après que des études ont montré qu’elle ne présente pas de supériorité par rapport au placebo en termes de sevrage, et provoque chez près d’un quart des patients des effets indésirables lourds, tels que dépression, risque de suicide ou épilepsie. Pour mieux faire, il faudrait tout bonnement bloquer les récepteurs de la dopamine, ce qui priverait l’organisme de fonctions physiologiques vitales comme le contrôle du mouvement, le fonctionnement des reins et du coeur.

Neurotransmetteurs bilingues

Avec le glutamate, les scientifiques explorent donc une nouvelle voie. En 2015, Peter Vanhoutte et ses collègues du laboratoire Neurosciences Paris-Seine avaient montré que cet autre neurotransmetteur contribuait précisément à réguler la libération de dopamine dans le noyau accumbens, et qu’il s’équilibrait subtilement avec un troisième messager chimique, l’acétylcholine, impliqué dans la mémorisation.

Ce dernier offre une singularité aux neurones qui l’utilisent : alors que la plupart d’entre eux ne fonctionnent qu’avec un seul neurotransmetteur, ceux-là sont capables à la fois d’activer (via l’acétylcholine) et d’inhiber (via le glutamate) la sécrétion de dopamine. Les chercheurs ont également montré que lorsqu’ils bloquent chez les souris un gène (appelé « VGLUT3 ») essentiel à cette communication par le glutamate, les animaux sont plus vulnérables à la cocaïne, plus facilement addictifs et plus susceptibles de rechute après une période d’abstinence.

Glutamate, le régulateur

Les chercheurs ont alors voulu savoir si ce mécanisme était aussi à l’oeuvre chez l’homme et ils ont recherché, chez des patients polytoxicomanes, des mutations du gène qui avaient rendu les souris « accros ». Bingo ! A l’Institut Mondor de Recherche Biomédicale (IMRB), l’équipe de Stéphane Jamain a observé que ces mutations étaient en effet dix fois plus fréquentes dans un groupe de patients toxicomanes sévères comparés à un groupe d’individus sains. Le glutamate provenant de ces neurones à acétylcholinejouerait donc un rôle régulateur majeur pour limiter l’addiction à la cocaïne, en concluent-ils.

Comment les drogues piratent le cerveau

Poursuivant ces travaux, les chercheurs du laboratoire Neurosciences Paris-Seine ont ciblé ces liaisons entre glutamate et dopamine en injectant dans le cerveau d’un rat un fragment d’ADN empêchant aux deux neurotransmetteurs de communiquer ensemble. « L’opération a bloqué les propriétés stimulantes des drogues sans altérer le circuit de récompense naturel, comme celui propre à la nourriture. On a donc là un effet sélectif qui permettra de développer des stratégies thérapeutiques plus fines et mieux ciblées contre les addictions », explique Andry Andrianarivelo, le principal auteur de l’étude, récompensé la semaine dernière du prix national de l’Académie de Pharmacie pour sa thèse à l’origine de cette découverte. La prochaine étape a démarré : rechercher, parmi les molécules existantes approuvées par les autorités réglementaires, une qui soit aussi efficace et moins invasive que celle de l’étude, et qui pourrait être injectée par voie intraveineuse.

Signature prédictive

Seuls 15 à 20 % des consommateurs de drogues passent d’un usage récréatif à une dépendance par perte de contrôle. Une équipe de neurobiologistes à l’Institut de Neurosciences de la Timone (CNRS/Aix-Marseille Université) a trouvé le moyen d’identifier cette vulnérabilité avant qu’elle n’entraîne les individus dans le cercle vicieux de l’addiction. Pour identifier cette signature de fragilité, les scientifiques ont proposé de la cocaïne à des rats. Puis ils ont puni les rongeurs de petits chocs électriques pendant leur quête de nouvelles doses. « La majorité des rats ont alors stoppé leur recherche. Mais environ un quart d’entre eux ont continué malgré la certitude de conséquences négatives », explique Christelle Baunez, coauteur de ces travaux publiés dans « PNAS ». Un enregistrement cérébral a permis d’identifier chez les rats accros une activité électrique basse fréquence au niveau du noyau subthalamique impliqué dans la motricité. Pour confirmer cet aspect prédictif, les chercheurs ont reproduit cette signature électrique et l’ont activée dans le cerveau des individus non dépendants… qui le sont devenus malgré le protocole de punitions.

En chiffres

18millions : le nombre de personnes ayant fait l’expérience du cannabis en France. 1,5 million en consomment régulièrement, 900.000 en consomment tous les jours. La dépendance concerne 3 % des majeurs et 7 % des mineurs. 

2,1millions : le nombre de consommateurs de cocaïne. 5,6 % des adultes et 2,8 % des jeunes ont expérimenté cette drogue. 500.000 personnes sont accros. 1,9 million expérimentent aussi des drogues plus dures. 

3,4millions : le nombre de personnes ayant une consommation alcoolique à risque. 47 millions de personnes boivent, dont 9 millions sont des usagers réguliers. Les Français consomment 11,5 litres d’alcool pur par habitant. 41.000 décès par an sont attribuables à l’alcool. 

14millions : le nombre de fumeurs quotidiens en France. Ils consomment par an près de 50.000 tonnes de tabac. 

8,8milliards d’euros : le coût social des drogues illicites.

Paul Mo

« Nourrir ceux qui ont faim, pardonner à ceux qui m’insultent et aimer mon ennemi, voilà de nobles vertus. Mais que se passerait-il si je découvrais que le plus démuni des mendiants et que le plus impudent des offenseurs vivent en moi, et que j’ai grand besoin de faire preuve de bonté à mon égard, que je suis moi-même l’ennemi qui a besoin d’être aimé? Que se passerait-il alors? »

Carl Gustav Jung

« Les personnalités narcissiques ont des comportements « grandioses ». Elles se placent au-dessus des autres, ont besoin d’être admirées comme des êtres exceptionnels. Elles sont rapidement auto- satisfaites, manquent de modestie et le font sentir aux autres. Elles ont peu de scrupules à abuser des autres, surestiment leurs qualités et sous-estiment leurs erreurs ce qui peut entraîner des situations d’échec et des difficultés relationnelles. Elles ne comprennent pas les affects des autres qui ne sont là que pour les servir. Elles ne présentent aucune culpabilité et cherchent à dévaloriser l’autre, à le discréditer, pour tenter de prendre sa place. »

J.C. Bouchoux.

Je suis frappée de constater en consultation – qu’il s’agisse d’addiction, de dépression, phobie, ou bien encore de difficultés rencontrées dans le couple, les enfants, des collègues …., que la plupart des troubles et souffrances présentés par les patients, résultent d’une vision tronquée d’eux-mêmes.

L’éducation, les influences sociétales, amicales, familiales et professionnelles, nous poussent à nous éloigner de ce que nous ressentons et sommes vraiment, par peur de sortir du rang, être

rejeté, et plus que toute autre chose, par peur phobique de ne pas être aimé. Et, nous en souffrons, terriblement.

Il est impossible de se sentir accepter, aimer, valoriser ou reconnu par un autre, tant que nous ne nous aimons pas. Tout commence par soi-même. Pas de manière égotique ou narcissique, mais en commençant par accepter de s’aimer, tel que nous sommes instant après instant, pour ne pas demeurer dissociés et écartelés intérieurement, et ne plus en souffrir.

En consultation, je propose de trouver ses ressources, afin d’apprendre à accepter la personne que nous sommes, telle qu’elle se présente, instant après instant, CAR, c’est notre

seule chance, de découvrir la paix intérieure, en toutes circonstances. Cela ne signifie pas que nous ne rencontrerons plus de problèmes, mais que notre regard sur ce que nous traverserons changera. Découvrir la douceur de l’acceptation,

de la bienveillance envers soi-même, c’est être pleinement vivant, et c’est accompagner sans peur du futur les transformations, en se laissant porter en confiance, par l’incroyable foisonnement de la vie.

Soyez heureux et faites-en profiter les autres.

Nous avons tendance à établir une distinction entre les formes de vie animées et inanimées. Mais l’observation montre qu’il y a une force de vie, même dans les objets que nous appelons inanimés. La force de vie et la conscience sont présentes dans un rhizome de gingembre ou dans un gland. Le gingembre sait comment devenir une plante, le gland sait comment devenir un chêne. Même une particule subatomique ou un grain de poussière a de la vitalité. Il n’existe pas de ligne de division absolue entre l’animé et l’inanimé, entre la matière vivante et la matière inerte.

Nous devons être capables de voir que nous sommes une partie de la Terre, et que toute la Terre est en nous. Vous êtes la planète, et la planète est vous. Le bien-être de votre corps n’est pas possible sans le bien-être de la planète. Et c’est pourquoi, pour protéger le bien-être de notre corps, nous devons protéger le bien-être de la planète.

– Thich Nhat Hanh

« Seule la sortie du fusionnel permet, par différenciation, l’élaboration d’une alchimie intérieure, où chacun des partenaires devient humain en s’ouvrant à l’infini de l’autre.

Le chemin de chacun et vers lui-même passe par sa relation à un autre.

C’est par la femme que l’homme peut découvrir son intériorité, comme c’est par l’homme que la femme découvre ce qu’il y a de plus caché en elle. Médiatrice de l’homme, la femme peut lui dévoiler son être dans son entièreté, comme l’homme est médiateur pour la femme. La relation est fondamentale, elle est fondatrice des êtres en présence. La conscience ne peut être conscience de soi que dans la mesure de sa reconnaissance par un autre.

En cette dialectique se joue un moment décisif du devenir humain. La rencontre n’est pas l’expérience de la complémentarité, mais ouverture en chacun d’une dimension « autre » de l’humain ; l’homme découvre alors son anima, et la femme son animus qui jusqu’alors étaient indifférenciés. L’autre est celui qui m’ouvre à une dimension nouvelle.

Il n’est de rencontre authentique que celle passant par la reconnaissance et l’acceptation d’une double différence : celle de l’autre, et celle de mon intériorité, dans un même mouvement vers l’infini du Tout Autre.»

Paul Montangerand

« La conscience est un phénomène éphémère qui effectue toutes les adaptations et orientations momentanées(…); car la fonction de la conscience est, non seulement de recevoir et de connaître le monde extérieur par la porte des sens, mais aussi, au moyen de ses créations, de traduire à l’extérieur le monde intérieur. »

C.G Jung , La réalité de l’âme

« Les religions sont des systèmes psychothérapeutiques au sens le plus strict du mot, de proportions monumentales. Elles expriment l’immensité du problème psychique en puissantes images. »

Jung , L’âme et la vie

« Nous prétendons être capables de « nous contrôler », mais le contrôle de soi est une qualité remarquable par sa rareté. »

Jung , Essai d’exploration de l’inconscient

« Quand on dit de moi que je suis sage, que j’ai accès au « Savoir », je ne puis l’accepter […]. La différence entre la plupart des hommes et moi réside dans le fait que, en moi, les « cloisons » sont transparentes. C’est ma particularité. […] Ma solitude commença avec l’expérience vécue de mes rêves précoces et atteignit son apogée à l’époque où je me confrontais avec l’inconscient.

J’ai heurté beaucoup de gens ; car dès que je sentais qu’ils ne me comprenaient pas, ils avaient perdu tout intérêt pour moi. Je devais continuer. Mes malades mis à part, je n’avais pas de patience avec les hommes. Il me fallait toujours suivre la loi intérieure qui m’était imposée et qui ne me laissait pas la liberté du choix. Certes, je ne m’y pliais pas toujours. Comment pourrait-on « s’en tirer » sans inconséquence ?

Pour certains êtres, j’étais immédiatement présent, dans la mesure où ils avaient un contact avec le monde intérieur ; mais brusquement il pouvait se faire que je ne fusse plus là, parce qu’il n’y avait plus rien qui me rattachât à eux. J’ai dû apprendre péniblement que les êtres étaient encore là, même quand ils n’avaient plus rien à me dire. Comme personnalité créatrice, on est livré, on n’est pas libre, on est enchaîné et poussé par le démon intérieur. »

Jung , Ma vie .

« D’immenses bonheurs se paient toujours très cher psychologiquement. »

Jung , Psychogénèse des maladies mentales .

On tait ce dont on a honte !

 » Ce ne sont pas les faits en eux-mêmes , si terribles ou horribles soient-ils , qui nous font souffrir.La souffrance vient de ce que l’on n’a pas pu montrer ses sentiments, ni en parler, ni le hurler, ni en pleurer, ni le partager, et qu’on a tout enduré en silence. Cette souffrance prend sa source dans le secret, tel un « cadavre dans le placard », voire un fantôme qui crie vengeance ou demande à être reconnu et pleuré. »

Anne Ancelin Schützenberger

Selon CG Jung, l’ombre représente ce que nous avons refoulé dans l’inconscient par crainte d’être rejetés par les personnes importantes de notre vie : parents, éducateurs, et d’une façon générale, la communauté dans laquelle nous avons grandi.

Jung pensait qu’au bout de la pénible exploration de notre inconscient se trouvait la découverte du soi, notre lumière intérieure, la part de sagesse divine enfouie au plus profond de nous-mêmes. Mais le psychiatre suisse affirmait qu’avant d’arriver à cette lumière, l’explorateur devait d’abord rencontrer un personnage qu’il a appelé l’ombre.

L’ombre peut être définie comme notre double inversé, celui ou celle que nous aurions pu être, mais que nous ne sommes pas. C’est notre face obscure, elle contient l’ensemble des traits de caractère qui n’ont pas pu se développer dans notre personnalité. Elle symbolise en quelque sorte notre frère jumeau opposé qui est caché dans les profondeurs de notre inconscient.

L’ombre est cette part de nous-mêmes que nous nous refusons, a priori de voir, en nous-mêmes. Elle peut être pour celui qui s’y intéresse une source importante de développement personnel. Elle est issue du résultat d’un ensemble de possibles qui étaient offerts au sujet:

« Ce sont toutes les possibilités du sujet, ce qu’il aurait pu choisir ou être mais qu’il n’a pas vécu jusqu’à présent. Ces potentialités font partie des aspects personnels (qualités et attributs propres à la personne) et collectifs (les possibilités humaines de développement) de la phyché ».

C-G Jung , L’homme à la découverte de son âme .

Le mot pardon dérive du latin « per-donare », donner jusqu’au bout, donner totalement. Le pardon se pense au pluriel, il se demande, il se reçoit, mais il reste un acte incertain… Quelles définitions peut-on donner du pardon ? Et quel rapport entretient-il avec l’oubli ?

Pardonner, est-ce oublier ?

Le pardon est une réinterprétation du passé que je fais avec l’autre, contre l’oubli. Je dirais presque qu’il s’agit d’un travail d’hospitalité à la mémoire de l’autre : en demandant pardon je demande hospitalité dans la mémoire de l’autre et j’accorde hospitalité à la mémoire de l’autre.Olivier AbelLe pardon porte en son sens de multiples significations…
Parfois, dans la rue, dans les transports en commun,  « Pardon ! »  est une manière de dire « poussez-vous ! », il y a aussi le pardon religieux, exceptionnel, ou le pardon quotidien…
Mais au fond, que demande-t-on quand on demande pardon ?

L’invité du jour :

Olivier Abel, philosophe, professeur de philosophie éthique à l’Institut Protestant de Théologie, Faculté de Montpellier, créateur du Fonds Ricoeur

Pour lire des articles d’Olivier Abel sur l’oubli et la mémoire, rendez-vous sur son site internet.

Le pardon est une parole

Le pardon quotidien est une manière de ne pas s’accrocher, de laisser passer… Mais le pardon est tout d’abord une parole et il ne s’agit pas de laisser faire l’effacement, laisser faire l’usure du temps, d’ailleurs Jankélévitch protestait beaucoup dans son ouvrage sur le pardon usure, le pardon effacement, en effet comme le pardon est une parole, il rompt avec le silence. Il demande une levée de la mémoire, une levée de la parole qui va dire, qui va protester, se plaindre, revenir sur ce qui s’est passé pour formuler le regret. Il ne faut pas oublier que le pardon est un mot équivoque parce qu’il s’agit du pardon qu’on demande et le pardon que l’on donne… Olivier Abel

Le travail du pardon, l’hospitalité

Le pardon est une réinterprétation du passé que je fais avec l’autre, contre l’oubli. Je dirais presque qu’il s’agit d’un travail d’hospitalité à la mémoire de l’autre : en demandant pardon je demande hospitalité dans la mémoire de l’autre et j’accorde hospitalité à la mémoire de l’autre. Olivier Abel

Eloge de l’oubli

Il y a un oubli d’usure, tout s’efface, Kundera disait que rien ne sera pardonné mais tout sera oublié… Une phrase terrible. Il y a aussi un oubli du refoulement, et là je m’appuie sur les distinctions que propose Ricoeur dans « La mémoire, l’histoire, l’oubli », on refoule quelque chose de douloureux, c’est un oubli psychanalytique… Et un oubli vital, plus Nietzschéen, profond, ancien. J’ai un regard bienveillant sur l’oubli et quand je lisais Heidegger ou Husserl, je ne comprenais pas leur reproche face à l’oubli, je pense qu’au contraire, l’être est dans l’oubli, il faut qu’il soit oublié, derrière nous. Il y a un oubli fondamental, heureux, sur lequel on s’appuie, il fait partie de notre corps, rempli de choses oubliées mais qui sont là comme le langage qui est acquis, sur lequel je m’appuie, un oubli réserve. Olivier Abel

« C’est une erreur qu’aiment à commettre les névrosés de penser que la véritable adaptation au monde consiste à vivre à fond sa sexualité. »

Jung , L’âme et la vie

Le vide, cette sensation de manque que l’on cherche à combler de toute les façons imaginables, par l’argent, l’alcool et les drogues, le travail démesuré, le besoin d’être aimé… Cette impression désagréable de ne pas être entier, d’être désaligné.

L’homme qui recherche la plénitude à l’extérieur de lui même, est voué au tourment éternel. C’est ce qu’on appelle la prison intérieur.

Une intériorisation nous mène à la plénitude, c’est à ce moment que l’on prend conscience de l’abondance qui nous entoure. L’extériorisation se fait par la suite en toute relation et non plus en fusion.

Grands symboles:

« Les associations les plus fréquentes concernant le sens de l’arbre sont probablement la croissance, la vie, le déploiement de la forme au point de vue physique et spirituel, le développement, la croissance de bas en haut et vice versa, l’aspect maternel: protection, ombrage, toit, fruits comestibles, source de vie, fermeté, durée, enracinement (et aussi impossibilité de bouger de place), âge, personnalité, et enfin mort et renaissance ».

C.G. Jung: Les racines de la conscience , p:352

Croyez-moi : Ce n’est pas une doctrine, pas un enseignement que je vous donne. D’ou tirerais-je le droit de vous donner des leçons ? Je vous révèle le chemin de cet être humain, son chemin mais pas votre chemin. Mon chemin n’est pas votre chemin ; je ne peux donc pas vous instruire. le chemin est en nous, mais pas dans les dieux, ni dans les doctrines ni dans les lois. C’est en nous qu’est le chemin, la vérité et la vie.

Malheur à ceux qui vivent selon des modèles ! La vie n’est pas avec eux. Si vous vivez selon un modèle, vous vivez la vie d’un modèle, mais qui vivra votre vie sinon vous-mêmes ? Donc vivez-vous vous-même.

Les panneaux indicateurs sont tombés, des sentiers incertains se déroulent devant nous. Ne soyez pas avides d’avaler les fruits qui se trouvent dans le champ des autres. Ne savez-vous pas que vous êtes vous-mêmes le champ fertile qui porte tout ce qui vous est utile ?

Mais qui le sait aujourd’hui ? Qui connaît le chemin qui mène aux champs éternellement fertiles de l’âme ? Vous cherchez le chemin par le biais d’éléments extérieurs ; vous lisez des livres et écoutez des avis : à quoi bon ?

Il n’y a qu’un seul chemin et c’est votre chemin.

Vous cherchez le chemin ? Je vous mets en garde contre mon chemin. Il peu être pour vous le mauvais chemin.

Que chacun suive son propre chemin. »

Jung , Le Livre Rouge (p. 147)

« Une minorité d’humains, encore trop faible, se demande si en définitive, la meilleure façon de servir la société et les hommes ne serait pas de commencer chacun par soi-même, d’essayer d’abord et uniquement sur sa propre personne, dans sa propre économie interne, les réformes prêchées à tout les carrefours.

Un certain bouleversement de l’ordre établi, un branle-bas intime, la dissolution de ce qui existe et le renouvellement intérieur sont une nécessité pour chaque individu; mais il ne s’agit pas de les imposer aux autres sous le couvert hypocrite de l’amour chrétien du prochain, du sentiment de la responsabilité , ou de je ne sais quel autre prétexte, masquant des besoins inconscients de domination.

Comment guérir de cet aveuglement collectif qui sévit à l’heure actuelle ? On ne peut envisager sa guérison que si chacun fait un retour sur lui-même (Selbstbesinnung), retour qui le ramènera au fond humain primordial, à l’essentiel de sa propre nature, et qui lui permettra de dégager de ses gangues sa vraie vocation individuelle et sociale ».

« Psychologie de l’inconscient » C.G. Jung

« Je fus surpris aussi de voir que beaucoup de personnes intelligentes, à l’esprit éveillé, vivaient, pour autant que l’on pût s’en rendre compte, comme si elles n’avaient jamais appris à se servir de leurs sens. Elles ne voyaient pas les choses qui se trouvaient devant leurs yeux, n’entendaient pas les mots qui résonnaient à leurs oreilles, ne remarquaient pas les choses qu’elles touchaient ou goûtaient. Quelques-uns n’avaient même pas conscience de leur propre corps. »

Jung , Essai d’exploration de l’inconscient.

HSP, trois lettres pour « highly sensitive persons », qui désignent autrement dit celles et ceux que l’on qualifie désormais d’hypersensibles. L’hypersensibilité fait l’objet de nombreux articles et livres depuis quelques temps. Que recouvre précisément cette notion ?

« Êtes-vous hypersensible ? », « Faire de son hypersensibilité un atout », « L’émotion augmentée, la force insoupçonnée des hypersensibles », « Vivre avec l’hypersensibilité »… Articles et livres consacrés à l’hypersensibilité font florès. Depuis 2019, l’hypersensibilité a même sa journée nationale, le 13 janvier de chaque année.

Mais quelle réalité recouvre cette notion ? L’hypersensibilité est-elle caractérisée, scientifiquement documentée ? 

Guillaume Erner reçoit Antoine Pelissolo, psychiatre, chef de service au CHU Henri-Mondor de Créteil, notamment co-auteur avec Célie Massini du livre Les émotions du dérèglement climatique, ed. Flammarion.

Vous pouvez écouter l’interview en intégralité en cliquant sur le player en haut à gauche de cette page.

Ce qu’hypersensibilité veut dire

L’hypersensibilité, qu’est-ce que cela veut dire ?

Cela voudrait dire que certaines personnes auraient un fonctionnement émotionnel différent des autres, basé sur un fort ressenti des choses. C’est un concept global, qui serait déterminé par un trait de personnalité mesurable sur une échelle. Il y a une distribution, dans la population, de cette tendance. Le problème, c’est d’en faire une catégorie à part.

Bien souvent, la représentation du monstre aujourd’hui, c’est au contraire quelqu’un qui n’a pas d’émotions. Est-ce que cela existe ?

Il ne faut pas en faire des catégories différentes, c’est plutôt un trait : on est plutôt un peu, beaucoup, énormément sensible. La froideur est associée à ce qu’on appelle la psychopathie en psychiatrie : c’est une difficulté dans l’empathie. Cela ne veut pas dire qu’on ne ressent rien, mais qu’on se coupe des émotions des autres. Mais il s’agit avant tout de différences de degré.

Intelligence et émotions

L’hypersensibilité serait-elle la transposition du QI, dans le domaine non pas de l’intelligence, mais de l’émotion ?

Peut-être, en effet, puisque c’est un trait qui peut être mesuré entre des niveaux faibles et élevés. Mais que serait la sensibilité en question ? Dans ce modèle, c’est aussi une sensibilité esthétique, ou une sensibilité aux autres, ce qui semble un peu trop large, car la sensibilité est un phénomène complexe qui résulte de multiples opérations : les organes des sens, les émotions qui sont régulées par de nombreux processus complexes (cognition, mémoire…). Alors certes, en faire un mécanisme unique, qui serait en plus inné, permet d’expliquer beaucoup de choses sur les difficultés qu’on rencontre. Car la base de l’approche consiste à dire qu’au départ c’est un atout, mais dans la psychologie dite du développement personnel, c’est plutôt une manière d’expliquer une vulnérabilité qui ne dit pas son nom.

On parlait il y a quelque temps du QE (Quotient émotionnel), qui était plus ou moins une bonne chose car cela permettait au moins de dire que l’intelligence n’était pas la seule manière d’envisager le monde.

Oui, c’est un concept utile et on parle aussi d’intelligence émotionnelle. Mais c’est toujours difficile de résumer ces questions à un seul quotient, le monde est bien sûr plus compliqué. Dans le modèle de l’intelligence émotionnelle, c’est plutôt : essayer de se pencher sur la compréhension de ses propres émotions pour les décrypter. 

La fécondité d’une notion

Quand il s’agit de parler des « zèbres », des « hauts potentiels », on se rend compte qu’on essaie de réintégrer une réflexion sur les émotions à l’intérieur d’un cadre qui était avant beaucoup plus froid…

La recherche sur les émotions est très complexe, et c’est donc une façon de vulgariser les concepts qui a pour utilité de faire en sorte que chacun se penche sur son propre fonctionnement, réfléchisse… 

Est-ce que la diffusion de ce concept d’hypersensibilité permet à beaucoup de gens de se sentir mieux, ou est-ce une catégorie galvaudée à mettre de côté ?

Dès lors qu’on introduit une réflexion psychologique comme cela, c’est utile. Il faudrait essayer de dépasser cela, c’est-à-dire ne pas s’arrêter à cette notion un peu simpliste et se demander pourquoi on ressent les choses plus fortement. C’est vrai que ce modèle est au fond plus acceptable que d’autres : il vaut mieux se dire que l’on a un excès de qualités plutôt que des faiblesses. Ce ne sont pas des faiblesses, mais certaines vulnérabilités. Ce n’est donc pas une catégorie à éliminer, mais à ne pas trop simplifier.

L’étranger qui sommeille en nous

La plus grande aventure de notre vie est peut-être bien celle de partir à la découverte de notre âme. Il peut même s’agir d’une question de vie ou de mort (mort de l’âme s’entend) : soit qu’à un stade de notre vie on arrive dans une impasse, soit que notre ancien « Moi » (le Moi est le centre de notre conscience) s’effondre, il est des cas ou il nous faudra écouter cet inconnu qui sommeille en nous sous peine de le voir se révolter avec toute les névroses que cela implique.

Pour découvrir cette âme il nous faudra sonder ce gigantesque océan intérieur qu’on appelle Inconscient, et personne mieux que Jung n’a compris et décrit mieux ce monde fascinant. Évidemment tout est aussi une question de moment et de plus chacun appréciera Jung en fonction de son propre vécu. On dit que Jung parle plus aux personnes ayant atteint un certain âge (typiquement le midi de la vie), âge auquel les aspects purement matériels de l’existence passent au second plan pour laisser place à des questionnements plus métaphysiques.

Après ce préambule, je donnerai juste un aperçu de ce livre qui présente de manière claire et lisible une solide introduction à la pensée de Jung.

L’inconscient est par définition ce qui nous est inconnu, il contient tout ce qui n’est pas arrivé à notre conscience, mais ça ne l’empêche pas d’être là et d’exister ! Jung insiste beaucoup sur la réalité des phénomènes psychiques. Il attache une grande importance à l’inconscient, ainsi pour nous guider dans la vie celui-ci se voit conférer un rôle aussi important que le conscient.

En effet notre conscient n’est jamais qu’un petit îlot qui émerge, et encore seulement par intermittence, de l’océan de l’inconscient. Notre conscience est fragile et elle est toujours en péril d’être submergée par les abîmes de l’inconscient qui l’enserre (personne n’est à l’abri d’une névrose). Ce vaste océan est constitué pour une petite part seulement de notre inconscient personnel, la plus grande partie étant constitué de l’inconscient collectif qui est le réservoir des archétypes.

Il traite également des complexes psychologiques, irruptions de l’inconscient dans la conscience, qui dans les cas extrêmes peuvent se dissocier et devenir autonomes. Tout le monde a déjà expérimenté des situations dans laquelle on « rejoue » un épisode important de notre vie consciente, par exemple un entretien avec quelqu’un, en s’imaginant les réparties qu’on aurait pu donner. Dans les cas extrêmes de dissociations on parle de personnalité schizoïde.

Il y a aussi le phénomène fascinant des projections. Ces projections peuvent causer dans les meilleurs des cas les coups de foudre (ainsi l’homme projette l’image de la femme idéale qu’il porte en lui sur quelqu’un). Mais dans le pire des cas ils sont responsables de notre haine et rejet des étrangers (car les étrangers sont ceux sur lesquels on projette notre « ombre »). Ces projections « mettent notre âme en pillage » puisque par ce mécanisme on se désapproprie des contenus qui nous sont propres. Dans cette partie Jung traite également des types psychologiques, les introvertis qui sont tournés vers l’intérieur et les extravertis qui regardent vers l’extérieur et de la compensation (sorte de régulation psychique).

La seconde partie traite du non moins fascinant domaine des rêves. En chacun de nous il y a un étranger, notre inconscient, et celui-ci nous parle à travers les rêves. A des patients qui venaient le consulter pour un problème, Jung avait coutume de dire : « Voyons un peu ce que nous disent vos rêves sur votre problème ». Il y a différent types de rêves : des rêves compensateurs, des rêves réducteurs et, les plus intéressants, les rêves prospectifs. On est loin chez Jung de la conception du rêve de Freud, qui voit principalement dans le rêve l’expression de nos désirs refoulés. Pour Jung le rêve ne se cache pas : il dit exactement ce que l’inconscient veut nous révéler, tandis que Freud y voit plus une façade.

Voila un bref aperçu, forcément réducteur, de ce livre formidable. Sans épuiser le sujet, il permet d’avoir une solide introduction à la pensée de Jung, et le lecteur pourra poursuivre sa recherche, en fonction de ses envies, dans d’autres livres de Jung plus pointus. Personnellement c’est le meilleur des ouvrages introductifs à Jung que j’ai lus.

Celui qui a sondé son propre domaine inconscient aura un autre regard sur lui-même, un regard empreint de bienveillance, et forcément son regard sur les autres en sera aussi transformé.

Carl Gustav Jung  » L’Homme à la découverte de son âme « 

“Après trente ans passés à étudier la psychologie féminine, je n’ai toujours pas trouvé de réponse à la grande question : Que veulent-elles au juste ?”

Sigmund Freud

LA COLÈRE- Savez-vous pourquoi…

LA COLÈRE- Savez-vous pourquoi les gens crient les uns sur les autres lorsqu’ils sont en colère ?

Un sage hindou qui était en visite au Gange pour prendre un bain a remarqué un groupe de personnes criant de colère les uns après les autres.

Il se tourna vers ses disciples, a souri et a demandé :

– Savez-vous pourquoi les gens crient les uns sur les autres lorsqu’ils sont en colère ?

Les disciples y pensèrent pendant un moment et l’un d’eux dit :

– C’est parce que nous perdons notre calme que nous crions.

– Mais pourquoi criez-vous quand l’autre personne est juste à côté de vous ?, demanda le guide.

– Pourriez-vous tout aussi bien lui dire ce que vous avez à dire d’une manière plus douce ?

Lorsqu’aucune des réponses des disciples n’était suffisamment satisfaisante pour le sage, il a finalement expliqué :

– Quand deux personnes sont en colère l’une contre l’autre, leurs cœurs sont séparés par une grande distance. Pour couvrir cette distance, ils doivent crier, car sinon ils sont incapables de s’entendre l’un et l’autre. Plus ils sont en colère et plus ils auront besoin de crier fort pour s’entendre l’un et l’autre pour arriver à couvrir cette grande distance.

– Qu’est-ce qui se passe lorsque deux personnes tombent en amour ? Ils ne crient pas à l’autre, mais ils se parlent doucement parce que leurs cœurs sont très proches. La distance entre eux est soit inexistante, soit très faible.

Le sage continua…

– Quand ils s’aiment encore plus, que se produit-il ? Ils ne se parlent pas, ils chuchotent et obtiennent encore plus de proximité et plus d’amour. Enfin vient un moment où ils n’ont même plus besoin de chuchoter, ils se regardent seulement l’un et l’autre et se comprennent.

Puis il regarda ses disciples et leur dit :

– Ainsi quand vous discutez les uns avec les autres ne laissez pas vos cœurs s’éloigner. Ne dites pas les mots qui vous éloignent davantage, ou bien viendra un jour où la distance sera si grande que vous ne trouverez pas le chemin du retour…

ALEXANDRE LECOUILLARD .

 » Soyez simple et vivez simplement. Ne faites pas de vagues, n’essayez pas d’être intéressant , gardez vos distances , soyez honnête, combattez l’envie d’être bien vu des autres. »

J’ai déjà subi mille morts dans mille camps de concentration. Tout m’est connu, aucune information nouvelle ne m’angoisse plus. D’une façon ou d’une autre, je sais déjà tout. Et pourtant je trouve cette vie belle et riche de sens. A chaque instant

Dans ce monde saccagé, les chemins les plus courts d’un être à un autre sont des chemins intérieurs. »(…). On ne connaît pas la vie de quelqu’un si l’on n’en sait que les événements extérieurs. Pour connaître la vie de quelqu’un, il faut connaître ses rêves, ses rapports avec ses parents, ses états d’âmes, ses désillusions, sa maladie, sa mort

Il suffirait d’un seul homme digne de ce nom, pour que l’on pût croire en l’homme, en l’humanité.

A chaque instant de sa vie il faut être prêt à une révision déchirante et à un nouveau départ dans un cadre entièrement différent.

Etty Hillesum

« Cette souffrance non dite, non mise en mots, souvent parce qu’on n’a pas trouvé comment la dire, ou que, socialement, il a bien fallu la taire, cette souffrance du parent ou du grand-parent, comme le clivage ainsi constitué, sont deux composantes essentielles de la dynamique du secret nocif, taraudeur et dont le fait caché finit souvent par devenir répétitif, tel en ressac ou, comme disent les Anglo-Saxons, telle une pomme de terre brûlante (hot potatoe) qui échappe des mains et passe, en les brûlant au passage, de main en main… »

Anne Ancelin Schützenberger ,

Accumulation d’objets, négligence de l’hygiène, repli sur soi… Des psychothérapies existent pour prendre en charge ces patients, souvent également atteints d’une autre pathologie neurologique ou psychiatrique.

Une chambre et un salon ensevelis par des tonnes d’objets entassés du sol au plafond, une cuisine croulant sous de la vaisselle sale et des sacs-poubelles pleins à craquer. Dans la salle de bains, une baignoire inutilisable car débordant de bibelots ou de vêtements. Le tout parfois accompagné d’une odeur tenace de poussière et de crasse. Bienvenue dans l’univers infernal du syndrome de Diogène. Loin d’être rarissime – les études évoquent 1 à 5 cas pour 10.000 habitants -, ce phénomène mystérieux fait fréquemment parler de lui dans les médias. Comment l’expliquer ? Réponse avec deux psychiatres.

Les personnes intelligentes ont moins d’ami-e-s

On ne considère pas comme très intelligent le fait d’avoir peu d’ami-e-s, bien au contraire. Être entouré-e d’un petit nombre d’ami-e-s vous relègue au groupe des  “personnes étranges”, ces gens qui n’aiment pas fréquenter les autres. Mais quelle est la vérité dans tout ça ? Est-il vrai qu’avoir moins d’ami-e-s est bizarre ? Certain-e-s disent que c’est le fait des personnes intelligentes.

Voilà une affirmation révolutionnaire qui a permis à plein de gens de se sentir concernés, alors que d’autres ont écarquillé les yeux. Une étude a révélé que les personnes intelligentes ont beaucoup moins d’ami-e-s, peut-être parce qu’elles agissent différemment de ce que l’on a l’habitude de voir.

Les psychologues Satoshi Kanazawa et Norman Lee en vinrent à la conclusion que les personnes qui vivaient dans des endroits densément peuplés se sentaient moins heureuses.

Cette déclaration a été accueillie par beaucoup avec pas mal de dédain, un peu comme un mythe qu’on entend, mais pour lequel il n’y a pas de preuve ou d’étude avérée. Jusqu’au jour où furent publiées les statistiques qui confirmèrent que cette légende était bien réelle.

Les personnes intelligentes et les ami-e-s

Peut-être que par personnes intelligentes, vous pensez à celles qui ont des bonnes notes après avoir étudié ou qu’on voit toujours avec un livre dans les mains. Ces personnes préfèrent passer leur temps à la bibliothèque à s’avancer sur les exercices que leur professeur leur a demandé de faire. Se socialiser n’est pas une chose dont elles éprouvent le besoin. C’est la raison pour laquelle, elles ont l’air heureuses dans leur solitude.

L’étude qui a été réalisée par la London School of Economics et l’Université de Management de Singapour a révélé que les personnes avec un plus fort quotient intellectuel n’avaient pas besoin d’interagir autant que les autres pour se sentir bien.

En revanche, les personnes avec un quotient intellectuel plus faible montraient cette tendance à se socialiser, à passer plus de temps à rencontrer des gens. Cela a démontré que les personnes intelligentes vont à contre-courant du reste de la population. Elles ne font pas ce que l’on considère comme “normal”. Elles sont heureuses sans une vie sociale très active.

15 000 personnes entre 18 et 28 ans ont participé à cette enquête. Une tranche d’âge plutôt jeune où le besoin d’interaction et de rencontrer d’autres personnes est plus grand. Malgré cela, les personnes intelligentes ne se sentaient pas si heureuses quand elles socialisaient avec les autres. Elles ne percevaient pas de la même manière cette agréable sensation d’être avec d’autres personnes et d’en rencontrer de nouvelles, ce qui s’est avéré très significatif.

La solitude et l’indépendance

De nombreuses personnes ont de sérieux problèmes avec la solitude et avec la dépendance émotionnelleNous n’avons pas été élevé-e-s pour vivre en marge de tout et de tous, bien au contraire. Nous sommes des êtres sociables qui avons la capacité d’apprécier la compagnie et nous avons même parfois l’impression d’avoir besoin de cette compagnie. Mais que se passe-t-il quand on est heureux-se en étant tout-e seul-e ?

L’étude a démontré que les personnes intelligentes étaient beaucoup plus satisfaites quand elles passaient du temps toutes seules. Cela ne veut pas dire qu’elles s’éloignaient du monde, car elles interagissaient bien évidemment avec le reste des gens, mais plutôt avec des personnes proches et familières.

Les personnes intelligentes comptent leurs ami-e-s sur les doigts de la main et, si celleux-ci les trahissent, elles n’ont aucun problème à aller de l’avant. Elles sont préparées pour affronter la vie dans besoin d’aucun soutien. Au contraire de beaucoup de gens, elles ne laissent pas leur bonheur entre les mains des autres.

Ainsi, elles sont beaucoup plus indépendantes et elles apprécient leur solitude, une chose impensable pour beaucoup. Par rapport à cela, on a pris en compte dans l’enquête la savanna theory, une théorie qui est basée sur l’évolution de notre cerveau depuis l’origine jusqu’à de nos jours.

Quand l’Homo Sapiens faisait ses premiers pas dans ce monde, il n’était pas séparé des autres, mais il vivait avec ses semblables dans de grands espaces ouverts. Ils étaient très peu nombreux, et pour se protéger et survivre, ils formaient ce qu’on désigne aujourd’hui comme “un groupe”.

Les personnes intelligentes se sentent comme dans ces endroits si grands et solitaires, avec peu de gens autour d’eux. Voilà pourquoi elles sont préparées pour faire face aux défis par elles-mêmes, sans l’aide de personne, sans soutien de la part d’inconnu-e-s. Elles sont sûres d’elles et peut-être que composer avec d’autres personnes qu’elles ne connaissent pas pourrait les ralentir dans la réalisation de leur objectifs.

Les personnes les plus intelligentes qui ont apporté de grandes inventions à ce monde ne se sont pas distinguées par leur sociabilité. Il est possible que leurs projets et leurs buts les rendent beaucoup plus heureuses que le fait d’interagir avec les autres. Le psychologue Satoshi Kanazawa, de la London School of Economics, a lancé une autre affirmation choc : les femmes les plus intelligentes n’ont pas d’enfant ou en ont à un âge plus avancé.

Cela a une certaine logique si on jette un coup d’œil au monde autour de nous. Les personnes qui font les études les plus longues, ou bien tout type de formation, n’ont pas d’enfant avant 30 ans. En revanche, beaucoup de femmes qui ont abandonné tôt leurs études à la fac ou après le bac ont déjà fondé une famille composée d’un ou plusieurs enfants.

Il semble que le fait d’être plus ou moins intelligent-e est intimement lié à notre dépendance et au sens que notre vie prendra. D’après l’étude présentée, une intelligence plus ou moins grande nous conduira sur un chemin ou sur un autre.

Qu’est-ce que le TDAH ? Quels sont les caractéristiques et les critères diagnostiques de ce trouble ? Quelles sont les régions cérébrales impliquées ? Existe-t-il des traitements médicamenteux ? Ce trouble est-il associé à nos nouveaux modes de vie ? En clair, demain serons-nous tous hyperactifs ?

Le TDAH, ou trouble déficitaire de l’attention, est un syndrome souvent difficile à diagnostiquer et traiter• Crédits : Don Kenyon – Getty

Le trouble du déficit de l’attention, avec ou sans hyperactivité, surnommé TDAH, est un trouble neurodéveloppemental qui fait l’objet d’un certain nombre de préjugés, mais qui reste encore mal connu.

Si le TDAH concerne en premier lieu les enfants, les adultes aussi sont touchés par ce trouble auquel s’attèlent les chercheurs en quête d’explications sur les causes du syndrome, mais aussi de nouveaux modes de traitement.

Pour bien comprendre ce syndrome il semble aujourd’hui nécessaire de déconstruire plusieurs idées reçues qui selon un document de la Fédération mondiale du TDAH : « stigmatisent les personnes touchées (…) et retardent le traitement. »

« TDAH : demain, tous hyperactifs ?« , c’est la question épineuse qui est la nôtre pour l’heure qui vient. Bienvenue dans « La Méthode scientifique” ! 

Et pour parler de ces TDAH nous avons le plaisir de recevoir, Charlotte Van Den Driessche, psychiatre et doctorante au Laboratoire de sciences cognitives et psycholinguistiques au département d’études cognitives de l’Ecole Normale Supérieure, et Diane Purper-Ouakil, professeure des Universités, chercheuse INSERM, cheffe du Service de médecine psychologique de l’enfant et de l’adolescent à l’Hôpital Saint-Eloi au CHU de Montpellier.

Le reportage du jour

Certains biais peuvent exister dans le diagnostic précoce de TDAH, comme l’âge de rentrée à l’école. Selon le mois de naissance, quelle est la probabilité de persistance d’un TDAH chez un individu ? Reportage au sein de l’unité PsyCo de l’université Paris Nanterre, avec Charlotte Pinabiaux, maîtresse de Conférences en Neuropsychologie et co-auteur d’une étude prospective pour tenter de répondre à cette question.  Par Céline Loozen :

Voici 7 Signes qui prouvent que vous avez grandi dans une famille toxique

Quand je vous dis “famille”, à quoi pensez-vous ?

Est-ce que cela éveille un sentiment de réconfort et de joie chez vous ? Ou est-ce que cela vous rend triste, voire anxieux/anxieuse ?

Selon la façon dont votre enfance s’est passée et selon la façon dont vous vivez votre vie de famille actuelle, votre réponse va changer. Et cela va réveiller chez vous des émotions que vous pensiez enfouies depuis longtemps.

L’enfance est une période complexe. Et elle est rarement associée seulement avec des sentiments positifs. En effet, même les meilleurs parents font des erreurs.

Si lorsque vous pensez à votre vie de famille quand vous étiez petit(e), vous avez seulement des souvenirs joyeux, vous pouvez vous considérer chanceux/chanceuse. En fait, vous pouvez vous considérer comme un miracle.

En effet, la plupart des gens ont des sentiments mitigés quand il s’agit de se remémorer leur enfance. Ils se rappellent des moments joyeux, mais aussi des moments douloureux. Et c’est tout à fait normal.

Après tout, personne n’est parfait et aucune vie n’est idéale. Malheureusement, il y a aussi beaucoup de gens qui ont des émotions extrêmement négatives qui se réveillent chez eux, lorsqu’ils pensent à leur enfance.

Ce simple souvenir les met mal à l’aise et provoque de l’angoisse. Pourquoi ? Parce qu’ils ont grandi dans un environnement familial toxique.

Pourtant, même quand tout va mal, il est très difficile de se rendre compte de son dysfonctionnement familial quand vous êtes jeune. En fait, ce n’est qu’une fois adulte que vous comprenez que votre environnement familial était toxique.

Plus encore, c’est lorsque vous commencez à former votre propre famille que les souvenirs négatifs et les émotions malsaines vous envahissent.

Les dynamiques familiales toxiques ou dysfonctionnelles peuvent être difficiles à reconnaître, surtout lorsque vous êtes encore pris(e) dans leur piège. Alors, comment savoir si votre famille est toxique ?

Repensez à votre enfance et essayez de vous souvenir des signes suivants :

1. Vos parents ne satisfaisaient pas vos besoins

Je le rappelle : personne n’est parfait. Mais admettons-le, le rôle premier des parents est de répondre aux besoins de leurs enfants. Bien entendu, ils peuvent faire des erreurs ou oublier certaines choses.

Par exemple, ils peuvent être en retard un jour pour venir vous chercher à l’école. Ou ils peuvent oublier que vous devez aller à un anniversaire et acheter le cadeau à la dernière minute.

Ces erreurs ne sont pas graves si elles ne représentent pas le fonctionnement habituel de votre famille. Ainsi, si elles sont ponctuelles, gardez à l’esprit que vos parents étaient très occupés et qu’ils croulaient sous les obligations.

Mais les parents doivent TOUJOURS répondre à vos besoins primaires et fondamentaux. Donc la discipline doit être accompagnée de l’affection. Votre santé et votre bien-être mental devaient être des priorités.

L’éducation doit être accompagnée de limites et les moments de jeu devaient contrebalancer les corvées et les obligations.

2. Vos parents vous fixaient des objectifs irréalistes

Plus vous grandissiez, plus vous aviez votre part de responsabilité au sein de votre famille. Et c’est tout à fait normal. C’est comme ça que vous avez appris à être indépendant(e) et à développer des compétences.

Par exemple, au départ, on vous demandait de mettre la table. Puis, on attendait de vous que vous fassiez la vaisselle ou la lessive. Mais petit à petit, ces obligations ont commencé à occuper tout votre temps.

De la garde de vos frères et sœurs au repassage, vous n’aviez plus de temps pour vous. Ainsi, vous ne jouiez plus, vous dormiez de moins en moins et vos devoirs n’étaient pas faits.

Est-ce que ça vous semble familier ?

Si vous aviez grandi dans une famille toxique, les tâches qu’on vous donnait dépassaient tout bon entendement. Et votre vie d’enfant était accablée de corvées.

Par exemple, on vous demandait de faire les devoirs avec vos frères et sœurs, de les laver et de leur faire à manger. On vous demandait aussi de les punir s’ils faisaient des bêtises ou de les consoler s’ils pleuraient.

Or, ces obligations ne devraient pas reposer sur les épaules frêles d’un(e) enfant. 

3. La compassion et le respect vous sont inconnus

On dit qu’on ne choisit pas sa famille. Et c’est vrai… Voilà pourquoi des malentendus ou des disputes peuvent ressurgir. Et ce n’est pas quelque chose qui devrait vous inquiéter.

Après tout, vous êtes une personne à part entière et vous avez le droit d’avoir des opinions ou des envies différentes de celles de vos parents. Malheureusement, la façon dont vos parents critiquent vos choix donne naissance au mépris.

Quand vous pensez à eux, vous ressentez du dédain et même de la colère. Pourquoi ? Parce qu’ils ne vous ont jamais montré ce qu’étaient l’amour et la compassion.

Par exemple, vos parents se faisaient un plaisir de se moquer de vos peurs ou de vos faiblesses. Ils critiquaient outrageusement vos décisions et détruisaient délibérément votre estime de soi.

Une famille saine n’est pas forcément toujours d’accord avec vous, mais elle vous offre quand même son amour et son soutien.

4. Vos parents vous critiquaient beaucoup

Pour un parent, il est normal de ne pas être d’accord avec tout ce que fait son enfant. Après tout, quand vous êtes petit(e), vous êtes en plein apprentissage. Vous tâtonnez…

Et vos parents ont le droit de vous critiquer ou de vous réprimander si vous faites des erreurs. Mais dans la limite du raisonnable. Il ne faut pas détruire l’estime de soi de l’enfant.

Si les remarques de vos parents visaient à se moquer de vous au lieu d’être constructives, vous avez grandi dans un foyer toxique. D’ailleurs, les critiques de vos parents ne doivent pas se porter sur vous.

Elles doivent être le reflet de votre comportement.

Par exemple, “ce que tu as fait est mal, car tu as blessé ta sœur”. Et non, “tu es bête ou quoi ?”. Si, durant votre enfance, vous vous sentiez inférieur(e) ou dénigré(e), votre enfance a clairement été toxique.

5. Vos parents contrôlaient vos moindres faits et gestes

Quand vous étiez petit(e), vous n’aviez pas vraiment de liberté. Vos parents scrutaient tout ce que vous faisiez. Vous n’aviez, par exemple, pas le droit d’aller chez un certain ami parce que vos parents n’aimaient pas les siens.

Ou vous ne pouviez pas aller où vous vouliez, car ils ne vous faisaient pas confiance. Vous étiez limité(e) dans vos droits, même si vous n’aviez jamais rien fait pour mettre la confiance en doute.

Et ce comportement est encore visible durant votre vie adulte. Oui, le besoin de contrôle de vos parents ne s’est pas arrêté quand vous avez déménagé de leur foyer.

Maintenant, ils essaient de vous pousser à faire les choix qu’ils veulent. En ce qui concerne votre vie professionnelle, amoureuse ou amicale, ils ont toujours leur mot à dire.

Et si vous ne choisissez pas ce qu’ils recommandent vivement, ils se fâchent. Comme si cela était une condition pour qu’ils vous aiment. La toxicité est clairement visible dans ce genre de cas.

6. Vous étiez victime de violence verbale, physique ou psychologique

Quand on parle d’abus, on pense tout de suite aux abus physiques. Si c’est la forme la plus évidente de violence, ce n’est pas la seule. Et j’ai même envie de dire que ce n’est pas la pire.

Attention ! Tout abus est intolérable au sein de sa famille ou de sa relation amoureuse. Et si vous pensez que vos parents continuent à se déverser sur vous, vous devez y mettre un terme tout de suite.

Les comportements abusifs peuvent inclure : tout geste à caractère s*xuel, les insultes, la violence physique ou émotionnelle, le harcèlement moral ou le rabaissement. 

Si vous disputez avec votre frère et lui donnez un coup de pied, pour vous réconcilier plus tard, c’est normal. Recevoir un coup de pied de la part de son père ne l’est pas.

Ou entendre votre mère dire que vous êtes un(e) bon(ne) à rien et que vous allez finir par vendre votre corps pour pouvoir survivre ne l’est pas non plus.

7. Vos parents (ou l’un de vos parents) abusait des substances

La dépendance à l’alcool ou aux drogues est une maladie. Et une personne dépendante n’est pas forcément une personne mauvaise. Malheureusement, les dépendances dures engendrent des comportements toxiques.

Et les enfants sont les premiers à en souffrir. En effet, les changements d’humeur brusques, les abus émotionnels ou physiques et le fait d’inciter les autres à la consommation sont des comportements inacceptables.

“Alors, tu ne vois pas rejoindre papa et prendre un petit verre” ou “Attends je vais en faire un homme…” ne sont pas des phrases qu’un parent devrait prononcer à son enfant.

Ou même à d’autres adultes. D’ailleurs, les enfants qui grandissent avec des parents dépendants des substances ont tendance à reproduire le schéma familial, alors prenez garde !

« S’il était possible d’accéder à la vérité en apprenant des paroles de sagesse, alors le monde aurait été délivré de l’erreur dès le temps lointain de Lao tseu. Comme l’a dit justement Tchouang-tseu, les maîtres anciens n’ont pas réussi à éclairer le monde parce qu’il ne s’y trouvait pas assez d’humains capables d’être éclairés; c’est bien cela qui est regrettable. En aucun cas, la sagesse ne peut être reçu que dans le contact personnel ou à travers une expérience faite sans médiation.

La grande difficulté, presque insurmontable, est de savoir comment amener l’être humain à faire les expériences psychiques qui, seules, peuvent ouvrir ses yeux à la vérité au-delà de l’apparence. C’est partout une seule et même vérité, mais je dois dire que le taoisme en est l’une des formulations les plus parfaites qu’il m’ait jamais été donné de voir. « 

Jung , Le Divin dans l’homme : Lettres sur les religions .

Se sentir victime affaiblit la résistance. Ce n’est pas une critique : lorsque les gens se sentent victimes, il faut les aider. En leur montrant leurs possibilités de beauté à l’instant, on les conduit à abandonner leurs chimères. Cela peut demander du travail, mais c’est la seule issue.

Se sentir victime vient de l’idée que la vie aurait pu être autrement. C ‘ est une maladie.

Il faut vivre avec la réalité. En fonction de mes attitudes, j’aborde l’instant présent. Si je suis dans l’interprétation – ′′ je n’aurais pas dû me trouver là-bas, prendre le bus, écouter ma femme, etc – je ne suis pas disponible aux combats nécessaires pour le corps.

Tout ce que l’on entend est inévitable. Pour guérir, il faut le comprendre.

L’ importante è approfittare lucidamente di tutti gli eventi della vita. Non c’è spiritualità, è necessario lasciare queste cose alle riviste new age. Ogni situazione è una possibilità di presentire l’ essenziale, quello di cui mai potrà dirsi il nome. Familiarizzarsi sempre più con la disponibilità a quello che si presenta nell’ istante, e non con quello che si immagina essere l’ essenziale.

Éric Baret

Alerte sur une tragédie silencieuse: beaucoup d’enfants sont en détresse psychologique – Une question d’éducation familiale

Pierre Potvin / 2 janvier 2020

Alerte: On me signale que ce texte n’est pas écrit par le Dr Luis Roja Marcos, mais plutôt par: Victoria Prooday

Voici les avertissement de  Luis Roja Marcos
« Cher collègue: Je ne suis pas l’auteur de l’article que vous mentionnez. L’auteur est Victoria Prooday, une ergothérapeute du Canada. Tout ce que vous pouvez faire pour clarifier cette mauvaise attribution sera apprécié.
Je vous remercie! Meilleur Luis Roja Marcos »

« Dear colleague: I am not the author of the article you mention. The author is Victoria Prooday, an occupational therapist from Canada. Anything you can do to clarify this misattribution will be appreciated. Thank you! Best Luis Roja Marcos

22 octobre 2019

Article écrit le 22 octobre 2019 -et tiré deFacebook le 2 janvier 2020

Ce texte existe aussi sur: https://desirdetre.com/enfance-une-tragedie-silencieuse/
http://www.planetemomes.ma/une-tragedie-silencieuse/

Autre origine du texte https://yourot.com/parenting-club/2016/5/16/why-our-children-are-so-bored-at-school-cant-wait-and-get-so-easily-frustrated


Note: c’est un texte traduit de l’espagnole je crois (pas terrible).
On me signale que le texte n’est pas de Luis Rojas Marcos, je ne sais pas non plus le rôle que joue le Dr. Ovide. Le Dr. Ovide, neurologue pédiatre, alerte sur une tragédie silencieuse qui se développe aujourd’hui dans nos maisons.

Note à mes lecteurs et lectrices: Je trouve le texte suivant très intéressant, mais je ne peux pas garantir la validité scientifique de ce texte. Il est repris sur plusieurs sites Internet et cela m’inquiète, car je n’ai pas vraiment trouvé le lien entre le texte et son auteur le Dr. Luis Rojas Marcos. 

Il y a une tragédie silencieuse qui se développe aujourd’hui dans nos maisons, et concerne nos plus beaux bijoux : nos enfants. Nos enfants sont dans un état émotionnel dévastateur ! Au cours des 15 dernières années, les chercheurs nous ont offert des statistiques de plus en plus alarmantes sur une augmentation aiguë et constante de la maladie mentale infantile qui atteint maintenant des proportions épidémiques :

Les statistiques ne mentent pas :

• 1 enfants sur 5 ont des problèmes de santé mentale

• Une augmentation de 43 % du TDAH a été observée

• Une augmentation de 37 % de la dépression adolescente a été observée

• Une augmentation de 200 % du taux de suicide chez les enfants de 10 à 14 ans

Qu’est-ce qui se passe et qu’est-ce qu’on fait de mal ?

Les enfants d’aujourd’hui sont sur-Stimulés et sur-donnés d’objets matériels, mais ils sont privés des fondements d’une enfance saine, tels que :

• Parents émotionnellement disponibles

• limites clairement définies

• responsabilités

• Nutrition équilibrée et un bon sommeil

• Mouvement en général mais surtout en plein air

• Jeu créatif, interaction sociale, opportunités de jeu non structurés et espaces pour l’ennui

Au lieu de cela, ces dernières années ont été remplies aux enfants de :

• Parents distraits numériquement

• Parents indulgents et permissifs qui laissent les enfants « gouverner le monde » et soient ceux qui mettent les règles

• Un sens de droit, de mériter tout sans le gagner ou être responsable de l’obtenir

• Sommeil inapproprié et nutrition déséquilibrée

• Un style de vie sédentaire

• Stimulation sans fin, baby-sitters technologiques, gratification instantanée et absence de moments ennuyeux

Que faire ?

Si nous voulons que nos enfants soient des individus heureux et sains, nous devons nous réveiller et revenir à la base. C’est encore possible ! De nombreuses familles voient des améliorations immédiates après des semaines de mettre en œuvre les recommandations suivantes :

• Fixez des limites et rappelez-vous que vous êtes le capitaine du bateau. Vos enfants se sentiront plus en sécurité en sachant que vous avez le contrôle du gouvernail.

• Offrez aux enfants un style de vie équilibré plein de ce dont les enfants ont besoin, pas seulement de ce qu’ils veulent. N’ayez pas peur de dire « non » à vos enfants si ce qu’ils veulent n’est pas ce qu’ils ont besoin.

• Fournissez des aliments nutritifs et limitez la malbouffe.

• Passez au moins une heure par jour en plein air en faisant des activités telles que : Cyclisme, randonnée, pêche, observation des oiseaux / insectes.

• Profitez d’un dîner familial quotidien sans téléphones intelligents ou technologie qui les distrait.

• Jouez à des jeux de table en tant que famille ou si les enfants sont trop petits pour les jeux de table, … (jouez à d’autres jeux de leur âge PPotvin).

• Impliquez vos enfants dans des tâches ou des travaux de la maison selon leur âge (plier les vêtements, ranger les jouets, accrocher les vêtements, déballer les vivres, mettre la table, donner à manger au chien etc. ).

• Mettez en œuvre une routine de sommeil cohérente pour s’assurer que votre enfant dorme assez longtemps. Les horaires seront encore plus importants pour les enfants d’âge scolaire.

• Enseigner la responsabilité et l’indépendance. Ne les protégez pas en excès contre toute frustration ou toute erreur. Se tromper les aidera à développer la résilience et apprendront à surmonter les défis de la vie.

•(… PPotvin) Ne faites pas les tâches à leur place, apprenez leur à les faire et à les assumer.

• Apprenez-leur à attendre et à retarder la gratification.

• Acceptez qu’ils vivent parfois (PPotvin) l’ »ennui », car l’ennui est le moment où la créativité se réveille. Ne vous sentez pas responsable de garder toujours les enfants en état de divertissement.

• N’utilisez pas la technologie comme un remède pour l’ennui, ni l’offrir à la première seconde d’inactivité.

• Évitez l’utilisation de la technologie pendant les repas, dans les voitures, les restaurants, les centres commerciaux. Utilisez ces moments comme des opportunités pour socialiser en entraînant ainsi les cerveaux à savoir fonctionner quand ils sont en mode : « ennui »

• Aidez-les à créer un « Flacon de l’ ennui » avec des idées d’activités pour quand ils s’ennuient.

• Soyez émotionnellement disponible pour vous connecter avec les enfants et leur enseigner l’auto-régulation et les compétences sociales.

• Éteignez les téléphones la nuit quand les enfants doivent aller au lit pour éviter la distraction numérique.

• 
Devenez un régulateur ou entraîneur émotionnel de vos enfants. Apprenez-leur à reconnaître et à gérer leurs propres frustrations et colère.

• Apprenez-leur à saluer, à prendre des tours, à partager sans rester sans rien, à dire merci et s’il vous plaît, à reconnaître l’erreur et à s’excuser (ne les oblige pas), soyez un modèle de toutes ces valeurs.

• Connectez-vous émotionnellement – souriez, embrassez, embrassez, chatouillez, lisez, dansez, sautez, jouez  avec eux.

Article écrit par le Dr. Luis Rojas Marcos, psychiatre.

(Tiré de Google – 11 janvier 2020) Le Dr Luis Marcos est psychiatre à New York, NY. Le Dr Marcos est un médecin spécialisé dans les soins aux patients en santé mentale. En tant que psychiatre, le Dr Marcos diagnostique et traite les maladies mentales. Le Dr Marcos peut traiter les patients par diverses méthodes, y compris des médicaments, une psychothérapie ou une thérapie par la parole, des interventions psychosociales et plus encore, selon chaque cas. Différents médicaments qu’un psychiatre pourrait prescrire comprennent des antidépresseurs, des médiations antipsychotiques, des stabilisateurs de l’humeur, des stimulants, des sédatifs et des hypnotiques. Le Dr Marcos traite des affections comme la dépression, l’anxiété, le TOC, les troubles de l’alimentation, les troubles bipolaires, les troubles de la personnalité, l’insomnie, le TDA et d’autres maladies mentales.

Celui qui pense et agit uniquement dans la dualité obéissance-désobéissance a reçu une piètre éducation. Hélas la plus commune. Celle qui dispose à passer d’un tyran à un autre. Prétendre transmettre hors contexte, une pensée aussi riche et complexe que celle de Erich Fromm par un aphorisme aussi raccourci est un encouragement à cette dangereuse paresse de l’esprit que j’ai évoquée plus haut. Et par « contre-exemple », s’affranchir des lois de la république pour imposer celles de sa religion prendrait argument de cette phrase sans problème.

Pour Jung, l’homme qui part à la découverte de son âme, c’est un peu comme Jonas qui se fait bouffer par la baleine. Au début, il se dit DAMNED, j’aurais mieux fait de rester tranquille, et il morfle. Il paraît que c’est nécessaire. Depuis que le christianisme s’est instauré avec son homme sur la croix, on imagine toujours qu’il faut qu’il y ait quelque chose qui paie pour le bonheur (enfin, c’est approximatif) du reste.

« On ne se sent pas tout à fait à son aise tant qu’on ne s’est pas rencontré avec soi-même, tant qu’on ne s’est pas heurté à soi-même ; si l’on n’a pas été en butte à des difficultés intérieures, on demeure à sa propre surface ; lorsqu’un être entre en collision avec lui-même, il en éprouve, après-coup, une impression salutaire qui lui procure du bien-être. »

Si vous lisez bien vous comprendrez qu’en fait, la baleine n’est pas une baleine, ce qui s’explique très naturellement par le petit guide des projections appliquées, que vous trouverez également à l’intérieur de l’ouvrage. On parle en langage symbolique bordel, décollez de terre cinq minutes voulez-vous.

« Ou nous connaissons notre ombre ou nous ne la connaissons pas ; dans ce dernier cas, nous avons fréquemment un ennemi personnel sur lequel nous projetons notre ombre, dont nous le chargeons gratuitement, qui la détient à nos yeux comme si c’était la sienne, et auquel en incombe l’entière responsabilité […] »

On peut tuer le monstre avant de s’être laissé bouffer par lui, et on est content. Enfin, bof. le mieux, comme l’avait dit Jonas, c’est quand même de se laisser bouffer par le monstre et de le trucider de l’intérieur, après être remonté le long de sa caverne pleine de remugles.

« Lorsque le personnage englouti est un héros authentique, il parvient jusque dans l’estomac du monstre […]. Là, il s’efforce, avec les débris de son esquif, de rompre les parois stomacales. […] Puis, il allume un feu dans l’intérieur du monstre et cherche à atteindre un organe vital, le coeur ou le foie, qu’il tranche de son épée. […] Il ne quitte pas seul la baleine, à l’intérieur de laquelle il a retrouvé ses parents décédés, ses esprits ancestraux, et aussi les troupeaux qui étaient le bien de sa famille. le héros les ramène tous à la lumière ; c’est pour tous un rétablissement, un renouvellement parfait de la nature »

C’est que le Jonas n’avait pas oublié la part de crevette qui dormait en lui dans la partie sympathique de son système nerveux, en cohabitation pacifique avec le saurien de la moelle épinière. Mais parce que la plupart d’entre nous ne vit que dans la couche supérieure de sa psyché, nous sommes « tels des êtres pétris seulement de conscience, ressemblant à ces angelots dont la corporalité est réduite à une tête et à deux ailes, comme si le restant de notre corps et de notre organisme psychique était inexistant, alors qu’en réalité il est seulement tabou ».

Ce que Jung veut dire, c’est que c’est pas la peine d’aller vraiment se faire buter par une baleine ou par un dragon. On peut communiquer avec la part inconsciente de son âme en observant les rêves, en analysant les phénomènes d’association, ou plein d’autres trucs encore qui seront précisés ici. le mal comme le bien seront intégrés afin de redevenir enfant, pas comme le trentenaire mal dégrossi qui se pose devant ses séries tous les soirs avec des fraises tagadas. Celui-là ne fait qu’attendre son heure, c’est tout.

« L’être, en grandissant, oublie le secret de la totalité enfantine, de l’enfant qui sait laisser vivre en lui tout un monde sans le paralyser de réflexions, de jugements, de condamnations »

Jung « L’Homme à la découverte de son âme

Notes perdues 19102021

notes perdues 19102021

L’INSTANT DE L’AMOUR

J’ai ouvert mon cœur

Et je n’ai plus eu peur

Mes pieds s’enfonçaient jusqu’au centre de la terre

Et mes yeux étaient remplis de lumière

Je voulais te voir

Te faire sortir du noir

Toi que j’imaginais à la fois si maternelle

Et si délicatement sensuelle

Je ne te voulais pas

Enfin pas que pour moi

Mais je voulais à nouveau ressentir

Éprouver intensément le plaisir

Le plaisir de t’aimer tellement fort

Bien au-delà de ton visage et de ton corps

Je voulais te déshabiller de ton apparence

Effleurer délicatement des yeux ton innocence

Te reprendre lentement len-te-ment dans mes bras

Et sentir ton cœur qui bat

Te regarder au plus profond de ta lumière

Sans jamais déflorer ton mystère

Baiser fébrile tes yeux et tes mains

Trouver de ton cœur le chemin

Effleurer à peine de ma bouche tes lèvres

Sans en aspirer la sève

Sans jamais en demander plus

Sans jamais espérer un surplus

Mais follement mêler soudain nos existences

Sans espérer ou craindre des conséquences

Juste pour un petit instant

Décider de ne pas être amants

Mais ouvrir doucement la fenêtre

Du plus secret de notre être

L’amour est alors comme une fleur

Que l’on ne connaît que par son odeur

Un étrange interminable orgasme

Tout le contraire d’un spasme

Tagore

« Si vous ne pouvez expliquer un concept à un enfant de six ans, c’est que vous ne le comprenez pas complètement. « 

(Albert Einstein)

SIMONE WEIL AU SUJET DE L’ATTENTION 

« L’attention, à son plus haut degré, est la même chose que la prière (…)

L’attention est un effort, le plus grand des efforts peut-être, mais c’est un effort négatif (…)

L’attention consiste à suspendre sa pensée, à la laisser disponible, vide et pénétrable à l’objet (…) La pensée doit être vide, en attente, ne rien chercher, mais être prête à recevoir dans sa vérité nue l’objet qui va y pénétrer. (…)

La plénitude de l’amour du prochain, c’est (…) savoir poser sur lui un certain regard. Ce regard est d’abord un regard attentif, où l’âme se vide de tout contenu propre pour recevoir en elle-même l’être qu’elle regarde tel qu’il est, dans toute sa vérité. Seul en est capable celui qui est capable d’attention (…)

L’attention est la forme la plus rare et la plus pure de la générosité. « 

Les derniers mots de Steve Jobs, milliardaire, mort à 56 ans :

« J’ai atteint le summum du succès dans le monde des affaires. Dans les yeux des autres, ma vie est une réussite.

Cependant, mis à part le travail, j’ai eu peu de joie. En fin de compte, la richesse n’est qu’un fait auquel je me suis habitué.

En ce moment, allongé sur mon lit d’hôpital, et me rappelant toute ma vie, je me rends compte que toute la reconnaissance et la richesse dans laquelle j’ai pris tant de fierté, a pâli et est devenue insignifiante face à la mort imminente.

Vous pouvez employer quelqu’un pour conduire votre voiture ou gagner de l’argent pour vous mais c’est impossible d’engager quelqu’un pour supporter la maladie et mourir pour vous.

Les choses matérielles perdues peuvent être retrouvées. Mais il y a une chose qui ne peut jamais être trouvée quand elle est perdue – « la vie ».

Quelle que soit l’étape de la vie à laquelle nous sommes actuellement, avec le temps, nous serons confrontés au jour où le rideau se ferme.

Aimez votre famille, votre conjoint et vos amis … Traitez-les bien. Chérissez les.

Au fur et à mesure que nous vieillissons, et devenons plus sages, nous réalisons lentement que porter une montre à 300 $ ou 30 $ – les deux donnent la même heure…

Que nous avons un portefeuille ou un sac à main de 300 $ ou de 30 $ – le montant à l’intérieur est le même;

Que nous conduisons une voiture de 150 000 $ ou une voiture de 30 000 $, la route et la distance sont les mêmes, et nous arrivons à la même destination.

Que nous buvons une bouteille de vin à 1000.$ ou à 10 $, la gueule de bois est la même;

Que la maison dans laquelle nous vivons mesure 300 ou 3000 pieds carrés – la solitude est la même.

Vous réaliserez que votre véritable bonheur intérieur ne provient pas des choses matérielles de ce monde.

Que vous voyagez en première classe ou en classe économique, si l’avion tombe en panne, vous tombez avec lui …

Par conséquent .. J’espère que vous vous rendez compte, quand vous avez des amis, des copains et des vieux amis, frères et sœurs, avec qui vous discutez, riez, parlez, chantez, parlez du nord-sud-est ou du ciel et la terre, …. c’est le vrai bonheur !!

Un fait incontestable de la vie:

N’éduquez pas vos enfants à être riches. Éduquez-les pour être heureux. Donc, quand ils grandiront, ils connaîtront la valeur des choses et non le prix.

« Tant que l’homme exploitera l’homme, tant que l’humanité sera divisée en maîtres et en esclaves, il n’y aura ni normalité ni paix. Voilà la raison de tout le mal de notre temps.»

▬ Pier Paolo Pasolini, assassiné le 2 novembre 1975

′′Je suis un homme ancien, qui a lu les classiques, qui a récolté les raisins dans la vigne, qui a contemplé le lever ou la chute du soleil sur les champs. (…) Je ne sais donc pas quoi en faire d’un monde créé, par la violence, par la nécessité de la production et de la consommation. Je déteste tout de lui : la précipitation, le bruit, la vulgarité, l’arrivée. (…) Je suis un homme qui préfère perdre plutôt que de gagner par des manières déloyales et impitoyables. Et la beauté c’est que j’ai l’effronterie de défendre cette culpabilité, de la considérer comme une vertu. »

Pier Paolo Pasolini

Boualem Sansal : « La France vient de découvrir que l’islamisme ronge la maison »

Auteur d’une lettre adressée « aux peuples et aux nations de la terre », l’écrivain détaille, pour L’Express, sa vision des religions, et revient sur ses échanges avec Eric Zemmour.

Pour l’écrivain francophone algérien Boualem Sansal, « l’islamisme va encore plus loin qu’une dictature, en s’en prenant à tout ce qui fait notre humanité, comme si celle-ci dérangeait Dieu ».

afp.com/Joel Saget

C’est un manifeste athée, baroque et rageur, qui célèbre le « miracle de la vie ». Dans sa Lettre d’amitié, de respect et de mise en garde aux peuples et aux nations de la terre, à paraître le 7 octobre, Boualem Sansal s’adresse à ses « frères humains » afin de les avertir sur les grandes causes de nos malheurs. Le romancier algérien distingue quatre « Destructeurs », source selon lui des principales calamités qui nous touchent : « l’Argent, la Religion, le Fast-food et les Jeux d’arène ». L’islamisme représente à ses yeux une double peine, puisqu’il cumule la religion et la politique.  

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Face à ces maux, Boualem Sansal imagine une « Constitution universelle », base d’une fédération mondiale des peuples enfin libres. Mais lui-même reconnaît ne guère croire en son utopie. Dans un entretien accordé à L’Express, l’écrivain livre sa vision très critique des religions, et se montre particulièrement pessimiste sur l’islamisme, une idéologie totalitaire s’en « prenant à tout ce qui fait notre humanité ». Il revient aussi sur sa rencontre avec Eric Zemmour, qui se réclame de lui dans son livre et en interviews. Un homme selon lui « trop intelligent » pour croire au discours « enfermé dans 300 mots » qu’il porte… 

L’Express : Pourquoi avoir voulu adresser une lettre « aux peuples et aux nations de la terre » ? 

Boualem Sansal : J’avais déjà, il y a quelques années, écrit une lettre à mes compatriotes algériens (1) pour leur dire que notre pays était dans une situation terrible, mais que nous en étions nous-mêmes responsables. Un ami m’a alors dit que ce serait bien si j’étendais ce procédé au monde entier. C’est un peu pédant de s’adresser aux peuples et nations de la terre, mais l’idée m’a plu (rires). 

Vous distinguez dans ce texte quatre « Destructeurs », qui sont selon vous à l’origine de nos plus grands malheurs : « l’Argent, la Religion, le Fast-food et les Jeux d’arène »… 

Quand les choses ne vont pas, on cherche toujours des responsables. C’est une réaction humaine, très naturelle. On a tendance à d’abord chercher autour de soi. Si on a des problèmes à la maison, on regarde du côté de ses voisins ou de la mairie. Si on ne trouve pas, on regarde du côté des représentants de l’État. Mais on se rend très vite compte que les individus ne sont pas si responsables que cela. Il y a des conditions qui les amènent à faire ce qu’ils font. Nous sommes prédéterminés, de façon inconsciente, à agir de telle ou telle façon. Si on remonte l’échelle, on arrive à des entités très mystérieuses, que nous ne savons pas toujours définir. J’ai distingué quatre « Destructeurs » responsables d’une part importante de nos malheurs. L’argent, c’est cette convention par laquelle les hommes font des échanges. La religion, c’est la logique du « je crois donc je sais, la vérité est mienne ». La malbouffe est un dérèglement général, non pas qu’alimentaire et sanitaire, mais aussi culturel et politique. Et les jeux d’arène, ce sont les guerres ou la délinquance.  

« Qui a jamais vu une religion s’isoler dans un coin pour méditer sans ennuyer son monde ? À peine nait-elle et apprend-elle le nom de son créateur et de son prophète qu’elle monte sur la butte pour voir l’espace qu’elle doit conquérir » écrivez-vous… 

Je crois au mystère. Tous les êtres humains se posent la question du pourquoi de l’univers et de la vie. On cherche des réponses, et il y a toujours des personnes qui veulent nous proposer des explications. C’est le sorcier de la tribu, ou des illuminés qui pensent avoir entendu des choses. A partir de là se construit un récit du commencement. C’est la phase romantique des religions. Je trouve cela très intéressant. Pendant des siècles, la légende d’Abraham a ainsi circulé au Moyen-Orient. Dans les camps nomades, on racontait des histoires. Mais petit à petit, la religion se structure, et on entre dans la prise de pouvoir. Des gens vont profiter de la situation pour exploiter la naïveté des autres. Officiellement, la religion fait l’éloge du bien, de la fraternité, du bonheur dans la bonne et douce soumission à Dieu. Mais il y a aussi les mauvais élèves, comme les terroristes… 

A vous lire, l’islamisme serait d’autant plus néfaste qu’il associe une religion, l’islam, à la politique… 

L’islamisme est une peine très lourde. C’est une dictature extrême, qui joue sur le corps. Elle contrôle physiquement les personnes. Mais elle rentre aussi dans la tête des gens. Cette idéologie installe un virus qui modifie la façon de voir le monde. Cependant, l’islamisme va encore plus loin qu’une dictature, en s’en prenant à tout ce qui fait notre humanité, comme si celle-ci dérangeait Dieu. C’est la vision d’une humanité pécheresse poussée à l’extrême. Aux yeux des islamistes, pour que leur Dieu puisse dormir sur ses deux oreilles, il faudrait tuer l’humanité. Alors que n’importe quel dictateur a besoin de son peuple, et finit même souvent pas l’exalter (« le génie aryen », « le génie arabe »…), l’islamisme entend tout éradiquer. 

Qu’est-ce qu’écrire?

Ecrire, c’est tout d’abord s’exposer aux autres, à leur présence que l’on devine, à leur voix dont on se souvient. C’est offrir à autrui des mots qui susciteront un sens, une pensée, et un nouveau partage de la parole. C’est aussi parler d’autrui à autrui, rassembler et confronter, autant qu’un « toi et moi », un « eux et nous ». C’est donc participer à une communauté de parole, poursuivre un dialogue en commun, obéir à une loi commune.

​Mais écrire, paradoxalement, se produit toujours dans la solitude et le silence. Telle est la vérité simple et cruelle que nous lègue Marguerite Duras dans ses dernières œuvres: « Ecrire c’est aussi ne pas parler. C’est se taire. C’est hurler sans bruit ».

C’est ce paradoxe fondamental de l’écriture – l’oscillation ou le déchirement de l’écrivain entre parole et silence, communauté et solitude – qui forme la violence secrète de tout texte et engendre le fantasme du livre. 

L’écrivain se met à écrire en vue d’un livre comme si le livre devait recoudre la déchirure essentielle de l’écriture. La certitude d’un « livre à venir » sauve l’écrivain du silence et de la solitude et le laisse rejoindre une plénitude mythique de parole et de communauté.

(Extrait)

https://books.google.com/…/Le_livre_imaginaire.html…

L’histoire de l’homme le plus intelligent du monde

6 minutes

On le considère comme la personne la plus intelligente du monde, quelqu’un qui a un esprit prodigieux et dont le quotient intellectuel se trouvait entre 250 et 300. William James Sidis était une calculatrice humaine et un génie de la linguistique, quelqu’un dont on attendait des réussites incroyables. Cependant, il y a une matière qu’il n’a jamais résolu et qui l’emporta précocement : la tristesse.

Imaginons un moment un enfant qui, à 18 mois, pouvait lire le New York TimesImaginons-le à présent à 8 ans, parlant couramment le français, l’allemand, le russe, le turc et l’arménien, dominant le latin et bien sûr l’anglais, sa langue maternelle. Allons un peu plus loin et visualisons ce même enfant à 9 ans créant une langue appelé “vendergood” que les linguistes ont étudiée et ont qualifiée de complète, correcte et fascinante.

“Je veux vivre une vie parfaite. La seule manière d’y arriver est à travers l’isolement et la solitude. J’ai toujours détesté les multitudes.”

-William James Sidis-

Cet enfant était William James Sidis, un enfant d’immigrés russes juifs et né à New York le 1er avril 1898. On a beaucoup parlé et écrit sur lui, et comme toujours dans ces cas, des fictions ont été réalisées, on a exagéré des choses et on a romancé la biographie d’un homme avec la plume du romantique et la teinture du fantastique, alors qu’il s’agit d’une histoire assez crue. Mais malgré tout extrêmement intéressante d’un point de vue psychologique.

Les témoignages physiques et autres documentaires reflètent un grand nombre de faits réels. L’un d’entre eux est aussi simple qu’incroyable : William James Sidis n’eut jamais d’enfance. Il n’a jamais pu profiter du droit à être un enfant, alors qu’il était très intelligent. À 9 ans, il a été accepté à l’Université de Harvard et lors d’une nuit froide de janvier 1910, à 12 ans, il a donné sa première conférence sur la quatrième dimension face à la communauté scientifique et la presse d’alors.

Ses parents, un reconnu psychologue russe et une des premières docteures en médecine de l’époque, avaient un objectif clair : ils voulaient un génie. Ils ont éduqué son esprit en oubliant complètement le plus important : son cœur et ses émotions.

William James Sidis

La génétique, les prédispositions et un entourage hautement facilitateur

Pour connaître chaque détail de la vie de celui que l’on considère comme “l’homme le plus intelligent du monde”, il existe un livre : The Prodigy: A Biography of William James Sidis, America’s Greatest Child Prodigy, de Amy Wallace. Dedans, on se rend rapidement compte de l’enfance que ce personnage a eue.

Son père comme sa mère avaient un esprit brillant, d’où l’importance du facteur génétique dans son intelligence supérieure. Cependant, l’objectif de ce couple quand ils ont eu un enfant était aussi clair que polémique : ils voulaient entraîner le cerveau de leur enfant pour qu’il devienne un génie.

Une vie de laboratoire et d’exposition publique

À la génétique s’ajoute bien sûr un environnement facilitateur, hautement stimulant et orienté vers une fin très concrète. On sait que son père, Boris Sidis, utilisait des techniques sophistiquées -dont l’hypnose- pour stimuler précocement les capacités et le potentiel de son enfant.

Sa mère, de son côté, a arrêté la médecine pour, selon elle, “modeler” son enfant et innover dans de nouvelles stratégies d’enseignement. On dit que William lui-même, sans aucun doute, montrait aussi de claires prédispositions à l’apprentissage. Cependant, quelque chose l’a toujours marqué et traumatisé : l’exposition au public et aux médias.

Ses parents publiaient des rapports académiques régulièrement pour montrer les progrès et les réussites du petit. La presse était en haleine, tout comme la communauté scientifique, face au développement de l’enfant. On sait que pendant qu’il étudiait à Harvard, il a notamment souffert du harcèlement quotidien de la presse. Après l’obtention de son diplôme cum laude et après avoir étonné tou-te-s les professeur-e-s grâce à ses théories sur la quatrième dimension, il a été “transporté” à l’Université de Houston pour donner des cours de mathématiques, tout en débutant en même temps son cursus de droit.

Il avait 16 ans, lorsque son esprit a dit “stop”. Il a alors commencé sa pérégrination vers l’abîme.

Lisez aussi : Se plonger dans la nature produit de fascinants changements cérébraux

L’homme le plus intelligent du monde et sa triste fin

William n’a pas terminé son cursus de droit et aucun autre d’ailleurs, malgré son intelligence. Il n’avait pas encore 17 ans et décida de réagir face à cet environnement académique et expérimental dans lequel il se sentait tel un rat de laboratoire, observé à la loupe et analysé sous toutes les coutures et pensées. En 1919, il a été arrêté et jeté en prison car il commençait une manifestation et il recrutait des jeunes pour un mouvement communiste.

Au vu de l’influence de ses parents et de l’importance de son image, il est rapidement sorti de prison. Mais, dans son désir de se défendre de ses parents et de la société, il a récidivé, provoquant des soulèvements de jeunes contre le capitalisme et se montrant particulièrement arrogant face aux juges. Finalement, il a été emprisonné pendant deux ans, parvenant enfin à ce qu’il désirait le plus : la solitude et l’isolement.

“N’essayez pas de devenir un homme qui a du succès. Essayez de devenir un homme qui a de la valeur.”

Albert Einstein-

Une fois qu’il a retrouvé la liberté, William James Sidis a changé de nom. Il souhaitait une vie anodine, mais il était toujours retrouvé par ses parents ou la presse. Il a commencé une pérégrination au fil des États-Unis, où il cherchait des emplois éphémères et il faisait ce qu’il préférait : écrire. Il a publié beaucoup de choses différentes sous des pseudonymes variés. Il a écrit des livres sur l’histoire et d’autres sur la théorie des trous noirs. Selon ses biographes, il pourrait exister des dizaines de livres oubliés, derrière lesquels se cache en réalité la figure de William James Sidis.

William James Sidis

Une fin précoce et dans la solitude

William James Sidis n’a jamais aimé qu’une seule femme : Martha Foley, une jeune activiste irlandaise avec laquelle il a eu une relation complexe et instable. La photo de cette femme est le seul effet que l’on a trouvé dans ses vêtements quand, en 1944, on retrouva son corps sans vie dans un petit appartement de Boston. Il avait 46 ans et il est mort d’une hémorragie cérébrale.

Il passa ses dernières années de tribunal en tribunal. La presse n’a fait que le calomnier : “L’enfant prodige, qui n’est arrivé à rien, travaille comme serveur”, “L’homme le plus intelligent du monde a une vie misérable”, “Le génie des mathématiques et de la linguistique a grillé”. “William James Sidis s’est fatigué de réfléchir”.

Nous ne savons pas s’il s’est vraiment fatigué de réfléchir et même de vivre. Mais, d’après ses biographies, on peut déduire qu’il s’est fatigué de la société et de cet environnement familial et académique qui avait mis sur ses épaules de fortes attentes avant même qu’il ne naisse.

Il s’est fatigué de ne pouvoir être lui-même et quand il a enfin eu l’opportunité de l’être, il n’y est pas parvenu. C’était un expert en trous noirs et en quatrième dimension, mais la matière la plus importante de la vie, celle qui consiste à apprendre et à lutter pour son propre bonheur lui a toujours échappé des mains, de la vue et du cœur…

William James Sidis reste encore aujourd’hui la personne qui avait le quotient intellectuel le plus élevé qui ait été enregistré. Derrière lui, se trouve Terence Tao, qui a un QI de 225-230, un jeune mathématicien australien qui donne actuellement des cours à l’Université de Los Angeles.

Cependant, il est très possible que dans un endroit du monde, il y ait un ou plusieurs enfants prodiges, pas encore identifiés, qui dépassent ces niveaux d’intelligence. Mais, en réalité, peu importe car les chiffres ne sont que des chiffres. L’essentiel dans ces cas est qu’on leur permette d’avoir une enfance, d’être des enfants, de profiter de liens émotionnels sûrs grâce auxquels ils peuvent se réaliser personnellement dans ce qu’ils souhaitent, en toute liberté et sans pression.

Car comme nous l’avons vu dans cette histoire, une intelligence supérieure n’est pas forcément synonyme de bonheur.

La laïcité ne te force pas à renoncer à ta croyance religieuse en t’en convertissant à une autre ou en devenant non religieux .

La laïcité ne t’oblige pas à avoir des relations sexuelles en dehors du mariage 

La laïcité ne te force pas à t’adonner à la consommation des vins et des spiritueux .

La laïcité ne t’oblige pas à devenir libertin 

La laïcité ne te force pas à aller au bar ou à fréquenter les boîtes de nuit . 

La laïcité ne t’oblige pas à avorter 

Alors pourquoi tu la refuses ? Soit tu es fanatique et haineux soit tu es manipulé par des charlatans religieux.

Changement d’heure : cinq conseils pour mieux s’y adapter

 

Attention, dans la nuit de samedi à dimanche, il va falloir reculer les montres d’une heure… Akos 

Nous allons, cette fin de semaine, reculer montres et horloges d’une heure pour marquer notre retour à l’heure d’hiver – l’heure « normale » – après six mois à l’heure d’été. Cette dernière (pour laquelle les montres sont avancées d’une heure) a été mise en œuvre pour la première fois pendant la Première Guerre mondiale pour profiter de l’allongement de la durée du jour et économiser de l’énergie.

Si cela faisait sens lorsque nous dépendions fortement du charbon pour nous éclairer, aujourd’hui, les avantages sont contestés.

En fait, de nouvelles recherches suggèrent que le fait de décaler les horloges deux fois par an a des effets négatifs, notamment sur notre santé.

Au cours des premiers jours suivant le changement d’heure, beaucoup souffrent de symptômes aussi divers que l’irritabilité, un sommeil réduit, une fatigue diurne et une diminution de la fonction immunitaire. Plus inquiétant encore, les crises cardiaques, les accidents vasculaires cérébraux et les accidents du travail sont plus nombreux au cours des premières semaines suivant les changements d’heure. On constate également une augmentation de 6 % des accidents de voiture mortels la semaine du passage à l’heure d’été.

Pourquoi tant de difficultés ?

Si les changements d’heure nous affectent autant, c’est à cause de notre « horloge biologique » interne. Cette horloge contrôle nos fonctions physiologiques de base, comme le moment où nous avons faim et celui où nous sommes fatigués. Ce rythme est connu sous le nom de rythme circadien et dure environ 24 heures.

Notre corps ne peut pas tout faire en même temps, c’est pourquoi chacune de ses fonctions a un moment précis où elle fonctionne le mieux.

Par exemple, avant que nous nous réveillions le matin, notre horloge interne nous prépare au réveil. Elle arrête la production de l’hormone du sommeil mélatonine par la glande pinéale et commence à libérer du cortisol, une hormone qui régule le métabolisme. Notre respiration s’accélère également, notre tension artérielle augmente, notre cœur bat plus vite et notre température corporelle augmente légèrement.

Tout cela est régi par notre horloge biologique interne dont les nombreux cadrans sont sous la houlette d’une « horloge maîtresse » située dans une partie du cerveau appelée hypothalamus. En effet, alors que chacun de nos tissus et organes a sa propre horloge (dite périphérique), l’horloge maîtresse du cerveau est là pour les synchroniser toutes et veiller à ce que tous fonctionnent en harmonie au bon moment de la journée.

Mais deux fois par an, ce rythme est perturbé par le changement d’heure, ce qui désynchronise l’horloge maîtresse et toutes les horloges périphériques…

Graphes des heures de lever de soleil à Paris. En été, il y a une heure de décalage entre l’heure officielle et l’heure « naturelle

La lumière est un des repères principaux utilisé par notre corps pour réguler ses horloges internes. (Heures de lever de Soleil, ici à Pris en 2018 ; le décrochage central correspond aux heures d’été.). The RedBurn — Daylight Chart, CC BY-SA

Comme notre rythme n’est pas précisément de 24 heures, il se réinitialise quotidiennement en utilisant les signaux rythmiques de l’environnement. L’indice le plus fiable et constant est la lumière. La lumière contrôle naturellement les rythmes circadiens et, chaque matin, notre horloge maîtresse est réglée sur le monde extérieur grâce à elle.

L’horloge maîtresse indique ensuite l’heure aux horloges périphériques des organes et des tissus par la sécrétion d’hormones et l’activité des cellules nerveuses. Lorsque nous modifions artificiellement et brutalement nos rythmes quotidiens, l’horloge maîtresse se déplace plus rapidement que les horloges périphériques et c’est pourquoi nous nous trouvons perturbés. Nos horloges périphériques sont encore sur le précédent fuseau horaire et nous subissons un décalage horaire.

Il faut parfois plusieurs jours ou semaines pour que notre corps s’adapte au changement d’heure et que nos tissus et organes fonctionnent à nouveau en harmonie. Et, selon que vous êtes naturellement matinal ou noctambule, le changement d’heure au printemps et en automne peut vous affecter différemment.

Les oiseaux de nuit auront tendance à avoir plus de mal à s’adapter au changement d’heure du printemps, tandis que les alouettes du matin sont plus affectées par le changement d’heure de l’automne. Certaines personnes sont même totalement incapables de s’adapter au changement d’heure.

Comment s’y préparer au mieux

Si toute perturbation de notre rythme circadien peut nuire à notre bien-être, il existe néanmoins des moyens d’aider notre organisme à mieux s’adapter à la nouvelle heure :

  1. Gardez un rythme de sommeil régulier avant et après le changement d’heure. Il est particulièrement important que l’heure à laquelle vous vous réveillez le matin soit régulière. En effet, le corps libère du cortisol le matin pour vous rendre plus alerte. Au cours de la journée, vous serez de plus en plus fatigué à mesure que le taux de cortisol diminuera, ce qui limitera l’impact sur votre sommeil du changement d’heure.
  2. Habituez progressivement votre corps à la nouvelle heure en modifiant lentement votre horaire de sommeil sur une semaine environ. En changeant l’heure de votre coucher de 10-15 minutes plus tôt ou plus tard chaque jour, vous aidez votre corps à s’adapter en douceur au nouvel horaire et vous atténuez le décalage horaire.
  3. Profitez de la lumière du soleil le matin. La lumière du matin aide votre corps à s’adapter plus rapidement et synchronise votre horloge biologique – alors que la lumière du soir retarde votre horloge. La lumière du matin augmente également votre humeur et votre vigilance pendant la journée et vous aide à mieux dormir la nuit.
  4. Évitez la lumière vive le soir. Cela inclut la lumière bleue des téléphones portables, des tablettes et autres appareils électroniques. La lumière bleue peut retarder la libération de l’hormone du sommeil, la mélatonine, et décaler notre horloge interne à un horaire encore plus tardif. Un environnement sombre est préférable au moment du coucher.
  5. Maintenez un rythme alimentaire régulier. D’autres indices environnementaux, comme la nourriture, peuvent également aider à synchroniser votre horloge biologique. Des recherches ont montré que l’exposition à la lumière et le fait de manger au bon moment peuvent aider horloges principale et périphériques à se déplacer à la même vitesse. Respectez les horaires des repas et évitez les repas tardifs.

La fin du changement d’heure ?

À la suite d’une consultation à l’échelle européenne, le Parlement européen a voté en mars 2019 en faveur de la suppression de l’heure d’été – ce pourrait donc être l’une des dernières fois où nous aurons à nous soucier de re-régler nos horloges internes après un changement d’heure…

Alors que les États membres décideront chacun d’adopter définitivement l’heure « normale » (de l’automne au printemps) ou l’heure d’été (du printemps à l’automne), les scientifiques sont favorables au maintien de l’heure d’hiver, plus en phase avec les cycles naturels et celle où la lumière du soleil est la plus cohérente avec notre vie sociale : lorsque nous nous rendons au travail, à l’école et dans les lieux de rencontre.

LA LECON DE BRUCE LEE ET LE RACISME ANTI-CHINOIS

Le philosophe autodidacte et acteur de cinéma chinois Bruce Lee disait en 1969, qu’aucun Chinois vivant en Occident ne pouvait faire fortune, parce que, disait-il : « les Blancs sont à tel point saoulés de leur complexe de supériorité vis-à-vis des autres races qu’ils sont prêts à vous casser si vous connaissez la gloire chez eux, juste pour éviter que votre succès ne mette en doute leur supériorité. » 

Il dit toujours en 1969 avant de quitter définitivement les USA : « à Hollywood, dans les films, il y a un standard de beauté et de succès, c’est le Blanc et rien d’autre. Jamais un Chinois n’aura le premier rôle dans leur cinéma, jamais un Chinois n’aura le rôle de séducteur. » Plus de 50 ans après, les choses sont restées figées comme il les dénonçait et aujourd’hui en 2021, il n’y a jamais eu de Chinois jouant le premier rôle dans un film de Hollywood, encore moins, jouer le rôle de séducteur. Jacky Chen joue le premier rôle parce que c’est lui même qui produit ses films. Un Chinois dans un film américain doit forcément être un épicier ou un magouilleur. 

Bruce Lee, ce visionnaire autodidacte et sans diplôme, qui avait sa maison pleine de livres 

des philosophes de tous les temps, arrive à cette constatation, parce qu’il a passé de nombreuses années à lire beaucoup, à beaucoup réfléchir pour comprendre le système et chercher l’originalité qui lui aurait permis d’avoir sa place au soleil. Mais ce ne sera pas suffisant. Il passe des nombreuses heures à visionner les vidéos des combats de boxes et il invente un nouveau genre de combat qui est un mixe entre le karaté chinois et la boxe américaine. Ce nouveau style rencontre très vite le succès à l’écran à Hollywood. 

Il crée alors une école où il forme les meilleurs acteurs du cinéma américains, tous blancs, qui 

sont très vite recrutés dans des premiers rôles de combat au cinéma, mais jamais lui qui était pourtant 

leur maître. Et c’est après cette phrase d’amertume qu’il rentre dans son pays. Hong-Kong est alors une colonie britannique. Il ne comprend pas pourquoi les Britanniques peuvent se vanter d’être champion de la démocratie et les droits de l’homme et ne pas les appliquer à Hong-Kong. Jamais du temps des 

Britanniques, personne ne saura ce que c’est que d’aller voter à Hong-Kong. 

Bruce Lee ne comprend pas comment son pays la Grande Chine a pu à ce point être faible et céder en location une partie de son territoire (Hong-Kong) aux Britanniques et Macao aux Portugais, c’est-à-dire avec un minuscule pays européen d’à peine 91.900 km2. Et sa population plus petite que celle de Shanghai. Il va traduire toute cette frustration dans ses films à travers un constant patriotisme chinois. Et c’est le succès dans son pays. 

Il enchaine les tournages, non sans se venger des Blancs, en utilisant leurs propres méthodes, parce qu’il a compris que le cinéma américain est tout d’abord l’expression de la propagande du patriotisme américain. C’est ainsi que dans le film : «La Fureur du dragon», c’est-à-dire la fureur de sa chère Chine, contre l’Occident, il montre un Chinois à Rome, en Italie (lui-même) qui défie la mafia et tous ses stratèges. 

Ces derniers ne sachant quoi faire, font appel à un américain, un blond, très imposant (symbole de ce 

standard de beauté décrié par Bruce Lee avant) pour battre Bruce Lee dans le Colisée. Même le choix du 

Colisée de Rome n’est pas un hasard. C’est en effet, le symbole de la technicité et de la gloire passée 

occidentale : l’Empire Romain. Et c’est là où le petit Chinois, tout maigre, juste en utilisant la ruse et 

l’intelligence, va battre Chuck Norris, le Blanc, et sa supériorité raciale. Bruce Lee touche là une corde très sensible. Mais il n’en a cure. Avant l’heure, à travers ce film, il a dit que la gloire de l’Occident était dans le passé et que cet Occident serait très vite balayé par cette Chine qu’ils maitrisent tant, lui qui ne cessait de répéter qu’il faut aller au-delà du karaté pour comprendre le message politique de ses films. 

En 2021, on peut dire sans risque de se tromper qu’il était un visionnaire. Dans le subconscient des populations des pays dits opprimés du monde de l’époque, Bruce Lee devient un symbole. Même si la traduction anglaise de ses films change l’esprit du patriotisme chinois qu’il ne cesse d’afficher dans tous ses films, pour le relativiser. Si vous parlez chinois, je vous conseille de regarder plutôt la version chinoise du film : vous serez éblouis par la force des mots aux vues des sujets d’actualité de ce 21ème siècle. Il va mourir mystérieusement et aux jours d’aujourd’hui, l’administration coloniale britannique n’a jamais fournie les preuves convaincantes des raisons de sa mort. Son fils sera lui aussi tué quelque temps après dans des 

circonstances aussi bizarres que son père. 

Faire taire Bruce Lee ou son fils, au lieu de l’écouter pour anticiper les évènements, c’était comme nier 

l’évidence des choses qu’il dénonçait et surtout, oublier comme il disait que la « Chine n’est qu’un géant endormi, mais elle reste un géant ». Multiplier la haine anti-chinoise en Afrique ou en Occident ne changera pas la donne d’une communauté qui sait se retrousser les manches pour retourner les humiliations de l’histoire.

L’Afrique est divisée aujourd’hui en deux parties : d’un côté les dirigeants qui ont compris le système et 

savent qu’il vaut mieux aller voir directement le patron du moment pour négocier l’exploitation de ses mines, plutôt que d’attendre les sirènes des intermédiaires occidentaux, qui de toutes les façons iront toujours en Chine pour négocier l’exploitation des mêmes mines. En 2011, l’Afrique, avec seulement 3% des investissements chinois à l’étranger, contre 6% pour l’Europe et 71% pour l’Asie, reste 

malheureusement le continent qui attire le moins les capitaux chinois. Les Africains croient par erreur que 

c’est eux qu’on courtise. Ce qui est faux bien entendu. C’est la Chine que tout le monde courtise 

aujourd’hui. Et croire que les Chinois vont prendre l’initiative d’aller voir un pays africain pour lui proposer la moindre affaire est une erreur stratégique qui va couter très cher à plusieurs pays africains, surtout si des gens ont le luxe de relayer le racisme anti-chinois en vogue en occident.

En Asie où le plus gros des investissements chinois sont mis, on ne verra jamais un Indonésien, un 

Malaisien ou un Philippin relayer la haine des Occidentaux contre la Chine. Au contraire, les ambassades de ces pays à Pékin sont réunies autour d’un collectif qui revendique à haute voix, le fait que la Chine doit d’abord penser à ses frères d’Asie, de même que les américains avec le Plan Marshall ont pensé à leurs frères blancs d’Europe, avant d’aller ailleurs mettre son argent. Et ça marche. Les délocalisations des entreprises chinoises profitent d’abord aux pays asiatiques. L’Afrique doit se rendre compte qu’elle n’est pas une priorité dans ce scénario. La Chine pour ses approvisionnements énergétiques en pétrole et en gaz, a mis le paquet sur son voisin, la Russie, qui lui livre avec des gazoducs et des oléoducs, car elle ne peut pas courir le risque d’un ralentissement de sa production à cause de quelques rebelles financés par 

l’Occident pour déstabiliser tel ou tel autre pays africain. 

Il revient donc aux Africains de le comprendre.

Lorsque des Africains participent à la haine de la Chine, qu’ils camouflent par la phrase « l’Afrique doit s’en sortir toute seule », ils sont dangereux pour la libération du continent africain, parce qu’ils participent à faire la diversion, comme le veut leur maître. Et comme la quasi-totalité de ceux qui tiennent ce discours, ils sont résidents en Occident, où ils ont fait le choix de travailler pour servir le maître et le rendre plus fort dans l’écrasement de l’Afrique. S’ils sont en Occident, c’était certainement pour fuir une situation jugée désagréable en Afrique, et où probablement, ils n’arrivaient pas à s’en sortir tous seuls. Aujourd’hui, toujours seuls, même étant en Occident, ils ne s’en sortent toujours pas. Comment donc, partant de leur propre vie d’esclave du système, peuvent-ils prétendre que l’Afrique doit s’en sortir toute seule. Qu’ils nous donnent l’exemple des recettes à suivre pour y parvenir en partant de leur propre vie professionnelle et nous serons très nombreux à faire la queue pour les suivre. 

D’ici là, qu’ils aient la gentillesse de se taire. 

Au moins ils éviteront de frôler le ridicule. En comparant le Chinois sans diplôme Bruce Lee, aux intellectuels africains bardés de diplômes de nos 

jours. On ne peut s’empêcher de constater que là où Bruce Lee a eu le courage de dénoncer un système, 

ce sont les africains qui l’intériorisent et l’enseignent même aux enfants en Afrique. Je suis souvent effaré 

de regarder les chaines de télévisions africaines où il y a des débats avec des politologues africains, qui 

nous parlent une langue qu’eux seuls comprennent, certainement pas pour les téléspectateurs africains à qui ils sont supposés s’adresser. Ils n’ont de référence que la chère hautement démocratique France, Grande Bretagne ou Etats-Unis, présentés comme le stade ultime du bonheur sur terre. Et ils concluent presque tous avec un mot à la mode récemment : « pour développer l’Afrique, il faut la renaissance africaine ». C’est comme si, il y a 50 ans, plutôt que d’agir, en se servant du cinéma pour affirmer dans l’action la fierté chinoise, même sous occupation britannique, Bruce Lee, enchainait les conférences pour expliquer que le Royaume Uni est le paradis sur terre et que pour arriver à sa cheville, il faut la renaissance chinoise. La jeunesse africaine doit savoir identifier ces personnages qui n’ont rien d’autre à offrir à l’Afrique que le titre ronflant de leurs diplômes obtenus en occident. S’ils détestent la Chine, ce n’est pas seulement pour plaire aux maîtres, c’est aussi de leur survie, comme expression de la médiocrité africaine qu’il s’agit. Les chinois nous montrent que pour plier nos prédateurs, il n’y a pas mieux que la sueur de notre front, il n’y a pas mieux que le résultat de nos actions mises ensemble pour construire nos pays africains. Avoir un partenaire stratégique comme la Chine ne veut signifier nullement que c’est lui qui 

viendra faire le travail à notre place, mais que nous ayons l’intelligence de saisir toutes les ouvertures que cette relation nous offre et de travailler très dur pour sortir la tête hors de l’eau et le plus vite possible, au cas où elle viendrait à changer d’idée. Les relations entre les nations sont ce qu’elles sont, on ne sait jamais. A vos marques !

Extrait de la Géostratégie africaine de JEAN PAUL POUGALA que j’ai essayé d’actualiser.

La solitude c’est l’impossibilité de vivre seul.
Jean Yanne

TU AS LE DROIT d’être triste, de pleurer, de vouloir tout foutre en l’air !

Tu as le droit de trouver que c’est insupportable, douloureux, incompréhensible.

Tu as le droit de douter, de t’inquiéter, et d’angoisser…

Tu as le droit de ne pas avoir toutes les réponses, et de poser de nouvelles questions.

Tu as le droit de ne pas savoir si tu fais assez bien, et de le faire quand même !

Tu as le droit de crier, hurler, t’écrouler et ne plus vouloir te relever.

Tu as le droit d’être déçu des paroles ou réactions de tes amis, proches, famille, collègues…

Donne-toi le temps d’être frustré et en colère.

Tu as le droit de ne vouloir voir personne et préférer rester seul chez toi !

Tu as le droit de te sentir paumé, à côté de la plaque, dans un autre monde, sur une autre planète, dans une autre dimension.

Tu as le droit de faire des erreurs, faire des gaffes, faire des boulettes, mais de continuer quand même…

Tu as le droit de dire que ça ne va pas.

Tu as le droit de demander de l’aide…

Tu as le droit de te ramasser lamentablement, puis, de te lever triomphant !

Tu as le droit de sourire et rire aux éclats aussi…

On ne te demande pas d’être parfait.

On ne te demande pas de toujours aller bien.

On ne te demande pas de plaquer un sourire sur ton visage et de nous faire croire que la vie c’est un arc-en-ciel merveilleux…

Tant pis si personne ne comprend (même pas toi).

Personne n’a dit que ce chemin devait être lisse et linéaire !

Tu as le droit d’être fatigué, le droit de prendre une pause… mais tu n’as pas le droit d’abandonner !

Donne-toi du temps pour guérir et accepter de grandir malgré les vicissitudes de la vie…

Un matin, tu te réveilleras et la lumière pénétrera ton coeur. Petit à petit, tu apprendras à réparer et recoller tes morceaux brisés.

Tu attireras des nouvelles situations et des nouvelles personnes qui t’aideront par leur amour à sortir de ta tristesse et te feront oublier ton désespoir.

Garde le sourire et la foi malgré ce que tu vis encore en ce moment, et ne l’oublie pas : la souffrance tente de te nettoyer et t’aider à libérer ton Âme 

Auteur inconnu

Voici quelques mots inspirants d’Albert Einstein : 🙏💫

′′ Je n’ai pas réussi à comprendre les lois fondamentales de l’univers à travers mon esprit rationnel. ′′

′′ En ce qui concerne la question, nous nous sommes trompés. Ce que nous avons appelé la matière est l’énergie, dont la vibration a été réduite de manière à être perceptible aux sens. La matière est l’esprit réduit à un point de visibilité. Il n’y a pas d’importance. »

′′ Le temps et l’espace ne sont pas des conditions dans lesquelles nous vivons, mais des modes selon lesquels nous pensons.

Les concepts physiques sont des créations libres de l’esprit humain, et ne sont pas, même si cela peut sembler déterminé par le monde extérieur. »

′′ Le temps n’existe pas – nous l’avons inventé. Le temps est ce que le chrono dit. La distinction entre le passé, le présent et le futur n’est qu’une illusion obstinément persistante. »

′′ Je pense 99 fois et je ne trouve rien. J ‘ arrête de penser, nager en silence, et la vérité me revient. »

′′ L ‘ intellect n’a rien à faire sur la route de la découverte. Il y a un saut dans la conscience, appelez ça l’intuition ou ce que vous voulez, la solution vient à vous et vous ne savez pas comment ni pourquoi. »

′′ Un être humain fait ses expériences, ses pensées et ses sentiments comme quelque chose séparé du reste, une sorte de délire optique de conscience. Ce délire est une sorte de prison pour nous, nous limitant à nos désirs personnels et à l’affection pour quelques personnes les plus proches de chez nous. Notre tâche doit être de nous libérer de cette prison en élargissant notre cercle de compassion pour embrasser toutes les créatures vivantes et toute la nature dans sa beauté. »

′′ Notre séparation l’un de l’autre est une illusion optique. »

′′ Quand quelque chose vibre, les électrons de l’univers entier résonnent avec lui. Tout est connecté. La plus grande tragédie de l’existence humaine est l’illusion de la séparation. »

′′ La réalité n’est qu’une illusion, quoique très persévérante. »

′′ Nous sommes des âmes habillées en vêtements biochimiques sacrés et notre corps est l’instrument par lequel nos âmes jouent leur musique. ′′

′′ Lorsque vous examinez la vie des personnes les plus influentes qui ont jamais marché parmi nous, vous découvrez un fil qui brille à travers eux. Ils ont d’abord été alignés avec leur nature spirituelle et ensuite avec leur physique. »

′′ La vraie valeur d’un être humain peut être trouvée dans la mesure dans laquelle il a atteint la libération de lui-même. ′′

′′ Les anciens savaient quelque chose, que nous semblons avoir oublié. »

′′ Plus j’apprends la physique, plus je suis attiré par la métaphysique. »

′′ Une chose que j’ai apprise pendant une longue vie : que toutes nos sciences, mesurées à la réalité, sont primitives et infantiles. Nous ne savons toujours pas le millième d’un pour cent de ce que la nature nous a révélé. Il est tout à fait possible que derrière la perception de nos sens, les mondes soient cachés dont nous ne sommes pas conscients. »

′′ Je ne suis pas athée. Le problème en cause est trop vaste pour nos esprits limités. Nous sommes dans la position d’un petit enfant entrant dans une immense bibliothèque remplie de livres en plusieurs langues. L ‘ enfant sait que quelqu’un a dû écrire ces livres. »

′′ L ‘ idée commune que je suis athée est basée sur une grosse erreur. Quiconque interprète mes théories scientifiques de cette façon ne les a pas comprises. »

′′ Tout est déterminé, chaque début et chaque fin, par des forces sur lesquelles nous n’avons aucun contrôle. Il est déterminé pour l’insecte, ainsi que pour l’étoile. Êtres humains, légumes ou poussière cosmique, nous dansons tous sur un air mystérieux, intoné au loin par un piper invisible. »

′′ La religion du futur sera une religion cosmique. Cela transcendera un Dieu personnel et évitera le dogme et la théologie. »

′′ L ‘ énergie ne peut pas être créée ou détruite, elle ne peut être modifiée que d’une forme à l’autre. »

′′ Tout est énergie et c’est tout ce qu’il y a à faire. Associez la fréquence de la réalité que vous voulez et vous ne pouvez pas vous empêcher d’obtenir cette réalité. Ce ne peut pas être autrement. Ce n’est pas de la philosophie. C ‘ est de la physique. »

′′ Je suis heureux parce que je ne veux rien de personne. Je me fiche de l’argent. Les décorations, les titres ou les distinctions ne signifient rien pour moi. Je n’ai pas envie de louange. Je réclame le crédit pour rien. Un homme heureux est trop satisfait du présent pour trop s’attarder sur le futur. »

Je suis un intellectuel. Ça m’agace qu’on fasse de ce mot une insulte : les gens ont l’air de croire que le vide de leur cerveau leur meuble les couilles. Simone de Beauvoir

Un jour où il se trouvait avec des amis, Tony de Mello fut prié de dire quelques mots sur la nature de son travail. Il répondit à cette requête en racontant une histoire, qu’il répéta plus tard à l’occasion de conférences. (On la retrouve également dans l’un de ses ouvra- ges intitulé Song of the Bird.) 

Un homme trouva un oeuf d’aigle et le plaça dans un poulailler. L’aiglon vint au monde avec une couvée de poussins et poursuivit sa croissance avec eux.

Se prenant pour un poulet, l’aigle ne cessa d’imiter le comportement des gallinacés qui l’entouraient. Il grattait la terre afin d’y trouver des vers et des insectes. Il gloussait et caquetait. Il battait des ailes, ne s’élevant qu’à quelques centimètres du sol.

Les années passèrent et l’aigle devint très vieux. Un jour il aperçut, volant dans le ciel sans nuages, un magnifique oiseau. Avec une grâce majestueuse, ce dernier se laissait porter par les courants, agitant à peine ses puissantes ailes dorées.

Le vieil aigle le regardait, émerveillé.

— Quel est cet oiseau? demanda-t-il.

— C’est l’aigle, le roi des oiseaux, lui répondit un de ses compagnons. Il appartient au ciel. Nous, nous appartenons à la terre — nous sommes des poulets.

C’est ainsi que l’aigle, dans la certitude qu’il avait d’appartenir à la basse-cour, vécut et mourut en poulet.

FATALISME

La fatalisme est un danger

Dans un monde qui veut progresser

En allant à rebours de ses idéaux

Quand le désespoir se passe de mots

Nous avons toujours fait ainsi

Après tout, est-ce cela la vie ?

Une série de faits routiniers

Qui ne pourront jamais changer ?

Lorsque le cours des événements

Echappe à la volonté humaine

Il est trouvé le meilleur argument

Pour prolonger ces anathèmes :

« Ca a toujours existé »

« On ne peut rien y faire »

« De toute façon, ça ne va rien changer »

« C’est comme ça »

« Ce n’est pas très grave »

Faire face à l’adversité sans perdre la face

Se montrer lucide tout en restant dans la trace

D’une attitude raisonnée et pragmatique

Sans chercher à tout prix à être catégorique

Le destin des mots ne font pas des maux une fatalité

Il n’en fait qu’une peur d’un futur à créer

Dont chacun est le responsable en conscience

L’avenir n’est pas écrit, il n’est pas une science

Lorsque la fatalité rime avec la lâcheté

La phrase la plus dangereuse côtoie l’acte manqué

Le corps devient aussi faible que la pensée

Il faut donc dès à présent le réveiller !

© Nicolas BOUVIER

Rien n’est plus contraire à l’expérience mystique que la routine et la sécurité. Seules les âmes ébranlées jusque dans leurs fondements par la passion ont la chance de voir s’écrouler l’édifice de leur moi, de devenir les chantiers du divin. 

Christiane Singer

En jungle guyanaise, la formation d’une certaine élite militaire française

Dans la forêt guyanaise (France) – « Restez sérieux jusqu’au bout, les premières blessures vont commencer à apparaître. Il faut serrer un peu les dents », admoneste le capitaine Quentin. Face à lui, devant une épaisse forêt équatoriale, les six stagiaires en tenue camouflage ne bronchent pas.

Des stagiaires français sur le parcours d’obstacles du Centre d’entraînement en forêt équatoriale (CEFE), prestigieuse institution du 3e Régiment étranger d’infanterie (REI) (CEFE), en Guyane française, le 21 octobre 2021.

afp.com/jody amiet

Sac à dos et arme de guerre posés au sol devant leurs pieds, ils sont les derniers à rester debout après plus d’un mois de formation au Centre d’entraînement en forêt équatoriale (CEFE), prestigieuse institution du 3e Régiment étranger d’infanterie (REI), le plus décoré de la Légion étrangère, installé à Régina au nord-est de la Guyane, territoire français d’Amérique du Sud. 

Des 42 stagiaires au départ de cette session, il n’en reste que 19. Les autres ont jeté l’éponge. Le CEFE a ensuite sélectionné parmi eux ces six hommes, désormais désignés par de simples numéros, pour devenir dans 15 jours des aides-moniteurs forêt (AMF). 

A l’issue de ce stage, à l’évidence inaccessible au commun des mortels, ils formeront à leur tour des soldats d’élite, espions, gendarmes, policiers. Autonomie, rusticité, esprit d’équipe: autour de ces trois piliers s’articulent ce que le capitaine Quentin décrit comme « le référent milieu équatorial de l’armée française« . 

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De fait, explique-t-il à quelques journalistes invités en Guyane dont une équipe de l’AFP, « une bonne majorité des stagiaires découvrent leurs limites« . Les blessures apparaissent sous les assauts des efforts, de la pression psychologique et de la privation de sommeil, dans un milieu extrêmement chaud, humide et dangereux, peuplé d’espèces plus ou moins hostiles. 

« Le but c’est de recréer artificiellement les conditions de difficultés physiques, physiologiques, psychologiques« , ajoute l’atypique légionnaire, passé par l’Ecole normale supérieure en philosophie avant d’intégrer la prestigieuse école militaire de Saint-Cyr. Mais « on ne fait rien pour faire du mal aux stagiaires sans raison« . 

– « Rapido ! » –

De fait, la géopolitique mondiale replace le CEFE dans une nécessité stratégique. Les combats en forêt avaient tendance à s’inscrire dans un passé révolu. Mais ils reviennent d’actualité en particulier au Sahel, où les affrontements entre la force antijihadiste française Barkhane et les groupes liés à Al-Qaïda et à l’organisation Etat islamique se rapprochent des zones boisées du nord du Burkina Faso et de la Côte d’Ivoire. 

Maîtriser le combat en forêt et en jungle est donc redevenu essentiel. Avec ses spécificités: visibilité réduite, combat rapproché, communications difficiles, accès par pirogue ou hélicoptère uniquement. 

Les médias ne sont pas invités pour la partie la plus dure du stage. Mais on la devine violente, caricaturale. Pour qu’un homme dépasse ses propres limites, il faut qu’il les découvre. « Ils doivent rêver de moi« , sourit le sergent-chef Miroslav, 40 ans dont 20 ans dans la Légion, d’origine slovaque.  

Les stagiaires avalent la « piste pécari« , ponctuée d’épreuves dans la boue, les racines, les barbelés et les obstacles divers. Tour à tour, ils se supervisent les uns les autres. « Faut les stimuler un peu, numéro 3. Faut que ce soit dynamique ! Rapido« , demande le Slovaque d’une voix de stentor. « Pas besoin de crier, pas besoin de faire le méchant. Tu donnes de la voix« , exige-t-il d’un autre, un taiseux taillé dans une armoire à glace. 

« On est des immigrés, tous. On parle mal, il faut être clair« , rappelle-t-il, en soulignant cette spécificité de la Légion, qui accueille sous un nom d’emprunt neuf mille hommes, dont 90% d’étrangers venus des quatre coins du globe refaire leur vie sous le drapeau tricolore. 

– En mode survie – 

A distance, le caporal Romain, un auxiliaire sanitaire qui a effectué trois missions au Mali et une en Côte d’Ivoire, observe sans mot dire. « Je les mets en slip tous les soirs, je vérifie tout« , dit-il en distinguant « bobologie » – blessures bénignes mais à soigner – et problèmes sérieux. 

C’est après plusieurs semaines, « quand la fatigue arrive, qu’il y a des pathologies liées au manque de vigilance« , analyse-t-il. Satisfait, il constate: « ils ramassent (ils souffrent, ndlr), mais ils ramassent ensemble et ils ramassent bien« . 

Le lieutenant Etienne, officier de communication du 3e REI, se souvient d’un Saint-Cyrien qui a fini l’entraînement avec une « sale entorse » à la cheville. « Je ne suis pas sûr que sans la pression psychologique, il aurait accompli ce genre de choses« , ajoute-t-il. 

« Dans une situation dangereuse, ce qui nous vient directement à l’esprit, ce sont des automatismes. C’est vraiment par l’entraînement qu’on arrive à faire en sorte de mettre la panique de côté pour rester professionnel« .  

Et il rejette le concept « d’humiliation gratuite » au profit d’une « mise en conditions« . Certains stagiaires sont ainsi largués sans nourriture en forêt profonde pendant deux ou trois jours. « Ils sont contents de se retrouver en survie. Ils se disent: « trois jours sans instructeur, je ne connais pas meilleur bonheur », assure le lieutenant. 

Barbara Stiegler, déconfiner l’esprit de la recherche

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Tracts, le podcast | »Comme tout le monde, je me suis retrouvée confinée avec une parole qui, mécaniquement, se trouvait confisquée » confie Barbara Stiegler, revenant sur la gestion politique de la pandémie. Comment faire entendre une diversité de voix sur les questions de santé ? Dans cette tribune, la philosophe appelle au respect de la discussion scientifique et à la circulation de « l’esprit de l’université », estimant que le sort de la démocratie dépend de la capacité du monde académique à se faire entendre dans les débats politiques.

Barbara StieglerBarbara Stiegler• Crédits : Crédits : F. Mantovani – Editions Gallimard

Ce que nous vivons depuis maintenant deux ans n’est pas une pandémie, mais bien plutôt une « syndémie ». Voilà le constat que fait Barbara Stiegler dans De la démocratie en pandémieSanté, recherche, éducation (Tracts, Gallimard), auquel sont associés une quinzaine de chercheurs, soignants et enseignants. Autrement dit, le Covid-19 est certes une épidémie à diffusion mondiale, mais elle ne nous touche pas tous de la même façon. En prospérant sur « des terrains sanitaires dégradés par les conditions de vie, le vieillissement et les pathologies chroniques » explique la professeure de philosophie politique à l’Université de Bordeaux en s’appuyant sur un article publié dans la revue scientifique The Lancet, cette maladie révèle à quel point les inégalités sociales et environnementales ont un impact sur la santé. 

Alors que les pouvoirs publics étaient alertés de la multiplication des maladies émergentes, analyser l’épidémie comme un simple aléa naturel témoigne d’une ignorance délibérée des causes environnementales. Beaucoup d’entre eux ont pourtant décidé de ne rien en dire, nous préparant à nous adapter sans protester à un monde nouveau, dans lequel nous serions régulièrement appelés à vivre masqués, confinés et survaccinés jusqu’à la fin des temps. Barbara Stiegler

Or, dans de nombreux pays dont la France, les pouvoirs publics n’ont pas pris en compte ces distinctions dans leur politique de santé publique estime Barbara Stiegler. « On a décrété que la maladie était une pandémie au sens de notre imaginaire, c’est-à-dire qu’on était tous à égalité. Donc on a été tous enfermés, tous sous couvre-feu, tous sous pass sanitaire« , avec un seul ennemi intérieur : le virus. Pour la philosophe, l’adoption de ces procédures rythmée par une rhétorique martiale a mené à l’édification d’un monde binaire opposant les « progressistes« , soucieux de la vie et de la santé « quoi qu’il en coûte », et les « populistes« , accusés de nier le virus et de verser dans le complotisme. Résultat : une impossibilité de discuter, d’accepter les dissensus pourtant essentiels à la vie démocratique et la vitalité de la science et de la recherche. 

Que faire ? Dans cette tribune, la philosophe appelle à la « reconstruction de nos institutions d’éducation et de recherche, nos laboratoires » et à la circulation de « l’esprit de l’université, l’esprit de la recherche, l’esprit du respect de la discussion scientifique, partout où il y a du savoir« .  

LA VIEILLESSE.

« La vieillesse possède à mes yeux une deuxième qualité : la fragilité. Comme l’enfance, elle s’avoue vulnérable, et, par là même, devient intelligente. Rien ne rend plus sot que l’illusion de la force, l’illusion de la puissance, l’illusion de savoir.»

(Plus tard, je serai un enfant – Éric-Emmanuel Schmitt)

LA DOULEUR.

 » La douleur n’élève pas, elle ratatine. Loin de nous améliorer, elle nous amenuise. Elle ne conduit pas à des pensées sublimes, elle condamne à ne plus penser du tout. 

La douleur n’a rien d’un privilège qui ennoblit, tout d’un fléau qui fout à terre. « 

( Journal d’un amour perdu – Éric-Emmanuel Schmitt )

« Les gens me disent : « Quel genre de stratégie avez-vous eu pour survivre ? Depuis que j’ai survécu. Je dis : « Il n’y avait pas de stratégie… . C’était juste de l’instinct animal et beaucoup de chance. Aussi simple que ça. » — Aronek Kierszkowski, survivant de l’Holocauste.

Aronek (plus tard Arnold Kerr) est né en 1928 à Suwalki, en Pologne, de parents juifs, Osher et Riva Kierszkowski.

Avant que la guerre n’éclate en 1939, Riva a emmené Aronek et ses trois frères avec sa famille près de Bialystok. Osher est allé à Varsovie.

En 1941, Riva et ses fils ont été confinés dans le ghetto de Vilna. Lorsque le ghetto a été liquidé en 1943, les Allemands ont fait une sélection de travailleurs valides. Aronek et son frère aîné Dudek ont été choisis pour le travail forcé.

Aronek et Dudek ont été affectés au travail forcé en Estonie occupée par l’Allemagne. Ils travaillaient dans des conditions épuisantes jusqu’à ce qu’ils soient forcés de transférer dans un autre camp Avant que les frères ne puissent être chargés sur un navire à destination du camp de concentration de Stutthof, les SS ont sélectionné 25 hommes forts, dont Dudek, et leur ont dit de creuser des charniers.

Aronek était le seul membre de sa famille à survivre à l’Holocauste.

Aronek a été libéré par les troupes soviétiques après avoir survécu à une marche de la mort. Il a immigré aux États-Unis en 1954.

Photo : USHMM, gracieuseté d’Arnold D. Kerr

Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,

Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.

J’irai par la forêt, j’irai par la montagne.

Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,

Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,

Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,

Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe,

Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,

Et quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombe

Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

Victor Hugo, extrait du recueil «Les Contemplations».


S’ABONNE

Depuis des décennies, une transition sourde traverse notre pays : c’est la ghettoïsation ethnique de nos quartiers populaires.

« Mon fils de 8 ans m’a demandé si le prénom de Pierre existait vraiment. Ou s’il n’existait que dans les livres tellement il y a un manque de mixité dans le quartier. Je lui ai dit non : [le prénom] de Pierre existait vraiment. Il y a des gens qui s’appellent Pierre. Et cette question m’a choquée. » Le 19 avril 2021, Emmanuel Macron visite un quartier populaire de Montpellier et rencontre une dame qui lui tient ce discours ; une dame de la cité, qui s’alarme du manque de mixité…

Depuis des décennies, une transition sourde traverse notre pays. Il ne s’agit pas, bien sûr, du fantasme nocif et pernicieux du grand remplacement. Toutes les statistiques ont démontré sa fausseté, sa dangerosité… sa bêtise. Cette transition, c’est la ghettoïsation ethnique de nos quartiers populaires, que raconte avec sensibilité et précision, un livre paru aux éditions Fayard, la semaine dernière… Il s’intitule Et les blancs sont partis. Il est signé par le journaliste Arthur Frayer-Laleix, et entreprend un reportage au cœur du réel, au cœur de la fracture ethnique de la France. Alors à son auteur, j’ai demandé : pourquoi des blancs sont partis ? Il donne une première raison.

En miroir, beaucoup de blancs sont partis des quartiers populaires, parce qu’ils ne se reconnaissaient pas dans le mode de vie des populations immigrées. Ainsi, Madeleine, une habitante du Val-Fourré, à Mantes-la-Jolie, raconte : « Pensez donc ! Tout est halal, là-bas. C’est rien de ce que je mange. Et puis il y a les jeunes qui y traînent devant toute la journée ». À la lecture du livre, on se dit donc ; « remplacement, non. Il s’agit d’abord d’un grand évitement entre des personnes parquées et d’autres, qui se sentent parfois fragilisées ».

Les habitants des banlieues sont ainsi les premiers à regretter le départ des blancs. Et l’on réalise, ainsi, qu’à défaut de grand remplacement, il y a aussi un grand renoncement. Un renoncement à susciter de la mixité par des politiques efficaces de l’emploi, du logement, de l’éducation. 

C’est la force du livre d’Arthur Frayer-Laleix qui résonne de mille voix. Et où l’on comprend enfin qu’à défaut de grand remplacement, il y a en fait, surtout, enfin, un grand renfoncement entre les mots du politique : vivre ensemble, lien social, faire société ou faire France ; et les mots des habitants des cités qui parlent des noirs, des Arabes, des Haïtiens, des Comoriens, des blancs, des Français. Qui parlent de la France contemporaine, multiculturelle, telle qu’ils la voient et la vivent. De ces morceaux de pays, où beaucoup regrettent que de nombreux blancs soient partis.

Climat: le cauchemar des « points de basculement »

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C’est la priorité affichée de la COP26 à Glasgow: arriver à des engagements permettant d’espérer encore limiter le réchauffement climatique à 1,5°C. Ce qui empêche de dormir un nombre croissant de spécialistes est le franchissement de « points de basculement », suivi de réactions en chaîne bouleversant notre planète.

Le climat de la Terre est un système complexe de phénomènes interconnectés et potentiellement instables. L’Amazonie vue du ciel.

C’est la priorité affichée de la COP26 à Glasgow: arriver à des engagements permettant d’espérer encore limiter le réchauffement climatique à 1,5°C.

Mais plus qu’un chiffre totémique, ce qui empêche de dormir un nombre croissant de spécialistes c’est le franchissement de « points de basculement », suivi de réactions en chaîne bouleversant notre planète.

« Les points de basculement climatiques changent la donne et sont une menace existentielle », explique Tim Lenton de l’université britannique d’Exeter, un des experts mondiaux du sujet. « Et nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour éviter de les franchir. »

– Basculement ? –

Le climat de la Terre est un système complexe de phénomènes interconnectés et potentiellement instables. A l’image de quelqu’un se balançant sur une chaise… jusqu’à tomber à la renverse.

« Un seuil critique au delà duquel un système se réorganise, souvent brutalement et/ou de manière irréversible », selon la définition du Groupe d’experts climat de l’ONU (Giec).

« Nous avons déjà connu un certain nombre de points de basculement, pour les coraux ou les glaces polaires, et d’autres sont probables à court terme vu les projections de réchauffement », avertissaient-ils dans un projet de rapport à paraître début 2022 et obtenu par l’AFP.

– ‘Oh merde !’ –

Hans Joachim Schellnhuber, fondateur de l’Institut de recherche sur l’impact climatique de Potsdam (PIK) est un des premiers scientifiques à avoir analysé le phénomène. Il y a une quinzaine d’années, les pièces du puzzle se sont mises en place dans son esprit: « C’était comme se dire, Oh merde! »

« J’ai réalisé que la machinerie planétaire – les moussons, la circulation océanique, le jet stream, les grands écosystèmes – est pleine de systèmes non-linéaires. C’est ce qui fait qu’il y a tant de points de non-retour (…) C’est comme déboucher une bouteille, et nous les débouchons les unes après les autres ».

Ainsi, les barrières de glace de l’Antarctique, prolongement des glaciers sur l’océan, sont fragilisées par le réchauffement. Si elles cèdent, d’immenses glaciers pourraient être précipités dans l’eau, faisant monter de plusieurs mètres le niveau des mers.

Dans l’Arctique, le « permafrost », sol gelé en permanence, dégèle. Et pourrait à terme relâcher dans l’atmosphère les milliards de tonnes de CO2 qui y sont pour l’instant stockées. Autre puits de carbone menacé par le réchauffement, la foret tropicale. L’Amazonie brésilienne est ainsi devenue récemment émettrice nette de CO2.

– Combien ? –

Les experts ont identifié une quinzaine de points de basculement importants. Certains concernent une région, d’autres la planète entière. Mais tous sont interconnectés.

Les plus immédiatement menacées sont les barrières de corail, qui abritent un quart de la vie des océans pour moins d’1% de leur surface; les calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique occidental; les glaciers alpins; la banquise arctique d’été et, désormais, la forêt amazonienne.

D’autres systèmes semblent mieux résister, comme les courants océaniques qui régulent la chaleur terrestre ou le « jet-stream » arctique, vents d’altitude qui délimitent les masses d’air chaudes subtropicales et l’air polaire, avec d’importantes conséquences météo. Ou encore le régime des moussons de l’océan indien et le phénomène El Nino.

Le plus résistant serait la calotte glaciaire de l’Antarctique oriental, qui contient de quoi faire monter le niveau des mers de… 56 mètres !

– Prédiction difficile –

Les modélisations climatologiques actuelles, centrées sur les évolutions de long terme, peinent à déterminer ces points de rupture, comme leurs conséquences, compliquant la prise en compte du phénomène.

Mais « ce n’est pas parce que les points de basculement sont difficiles à prédire qu’il faut les ignorer », insiste Tim Lenton.

Dans son dernier rapport publié début août, le Giec s’est d’ailleurs penché plus qu’avant sur la question, avertissant que « des points de basculement dans le système climatique ne peuvent être exclus ».

– Conséquences en cascade –

Leur franchissement risque en outre de déclencher des réactions en chaîne.

C’est la fonte de la calotte groenlandaise qui est ainsi considérée comme la cause du ralentissement de la « circulation méridienne de retournement atlantique » (AMOC), système complexe de courants océaniques qui permettent de réguler la chaleur entre les tropiques et l’hémisphère nord.

Une tendance qui va « très probablement » se poursuivre pendant tout le siècle, selon le Giec, qui estime même que l’AMOC pourrait complètement s’arrêter, entraînant des hivers plus durs en Europe et une perturbation des moussons en Afrique et en Asie.

– Limite planétaire –

C’est même tout le système climatique qui « pourrait basculer dans un état de chaleur permanente » écrit le Giec.

Il y a trois millions d’années, la dernière fois que l’atmosphère terrestre a contenu autant de CO2, la température était supérieure d’au moins trois degrés à celle d’aujourd’hui. Et le niveau de la mer plus haut de 5 à 25 mètres.

« Une combinaison d’émissions non maîtrisée, des rejets de gaz à effet de serre par la fonte du permafrost et par les forêts si la capture carbone s’inverse, pourrait nous mettre sur une trajectoire similaire dans à peine plus d’un siècle, » explique Jan Zalasiewicz, professeur de paléobiologie à l’université de Leicester.

Limiter le réchauffement n’est donc « pas un choix de société ou économique, c’est une limite planétaire, » avertit Johan Rockstrom, directeur du PIK. « Si le système terrestre passe d’auto-refroidissant, ce qu’il est encore, à auto-chauffant, nous perdrons le contrôle ».

– Coûts –

Pour l’instant le coût économique des points de basculement n’est pas pris en compte dans l’évaluation des risques liés au changement climatique. Mais certains souhaitent qu’il le soit, comme Gernot Wagner, économiste du climat à la New York University. Pour lui, le « coût social du carbone », valeur monétaire des dommages causés par l’émission d’une tonne de CO2, devrait être augmenté d’au moins 25% pour prendre en compte le potentiel des basculements à venir.

– Espoirs –

Certains veulent croire que ce concept de rupture pourra se traduire de façon plus positive dans la lutte contre la crise climatique. Ce que les chercheurs appellent « point de bascule sociologique », quand un mouvement social et/ou économique devient irréversible.

De la baisse du prix des énergies renouvelables ou des véhicules électriques à la prise de conscience de l’urgence climatique illustrée par le mouvement mondial des jeunes et son égérie Greta Thunberg, ils espèrent que le basculement se fasse alors… dans le bon sens.

Le premier jour de la classe, le professeur de ′′ faculté de droit ′′ est entré dans la classe, et la première chose qu’il a faite était de demander le nom d’un étudiant assis au premier rang :

– Comment tu t’appelles ?

– Je m’appelle Nelson

– Sors de ma classe et ne reviens jamais ! a crié le professeur irrité

Nelson était confus quand il a vu qu’il se dirigeait vers lui, il s’est levé rapidement, il a rassemblé ses affaires et a quitté la salle de classe.

Tout le monde était effrayé et scandalisé mais personne ne parlait.

– Très bien ! Commençons, a dit le professeur.

A quoi servent les lois ? a demandé à son professeur.

Les étudiants avaient encore peur, mais lentement, ils ont commencé à répondre à sa question.

– Pour avoir un ordre dans notre société.

– Non ! Non ! – Non ! Non ! a répondu au professeur.

– Pour les combler

– Non ! Non ! – Non ! Non !

– Pour que les gens qui se trompent paient pour leurs actes.

– Non ! Non ! – Non ! Non ! Quelqu’un connaît-il la réponse à cette question ?

– Pour que justice soit faite, une jeune fille a parlé timidement.

– Enfin ! Je veux dire pour la justice.

Et maintenant qu’est-ce que la justice ?

Tout le monde a commencé à s’énerver contre l’attitude méchante du professeur.

Cependant, ils ont continué à répondre.

– Pour protéger les droits

Au peuple…

– Ok, quelque chose de plus ? – a dit le professeur.

– Pour différencier le bien du mal, pour récompenser ceux qui font le bien…

– Ok pas mal mais réponds à cette question, est-ce que j’ai bien agi quand j’ai viré Nelson de la classe

Tout le monde était silencieux, personne n’a répondu.

– Je veux une réponse unanime !

– Non ! Non ! – Non ! Non !

Ils ont tous répondu d’une seule voix

– Pourrait-on dire que j’ai commis une injustice ?

– Oui ! – Oui ! – Oui, oui !

Et pourquoi personne n’a rien fait à ce sujet ? Pourquoi voulons-nous des lois et des règles si nous n’avons pas la volonté de les pratiquer ? Chacun de vous a l’obligation de parler lorsque vous êtes témoin d’une injustice. Tous ! Tous ! Ne te tais plus jamais !

– Va chercher Nelson, il a dit. Après tout, c’est lui le professeur, je suis un étudiant d’une autre période.

Vous savez, quand nous ne défendons pas nos droits, la dignité est perdue, et la dignité ne peut être négociée.

Doris Carrier

Grâce à la beauté, le monde n’est nullement un espace neutre, insipide et insignifiant ; l’existence humaine, non plus, n’est nullement un séjour aveugle, sans but ni visée, fermée au devenir et à la possibilité de dépassement. Au contraire, le monde est plein d’attraits et d’appels, plein de signes et de sens. Et notre existence, elle aussi, est chargée de désirs et d’élans, elle va dans un sens et elle a un sens. Déjà en nous-mêmes nous poussons dans un sens, c’est-à-dire, comme je l’ai dit tout à l’heure, nous tendons vers la plénitude de notre présence au monde, à l’instar d’une fleur ou d’un arbre. Et de plus, nous tendons vers d’autres présences de beauté, vers une chance d’ouverture et d’élévation. C’est bien grâce à la beauté qu’en dépit de nos conditions tragiques nous nous attachons à la vie. Tant qu’il y aura une aurore qui annonce le jour, un oiseau qui se gonfle de chant, une fleur qui embaume l’air, un visage qui nous émeut, une main qui esquisse un geste de tendresse, nous nous attarderons sur cette terre si souvent dévastée. François Cheng

A moins d’un changement de cap, la civilisation mondiale sera devenue d’ici à quelques années une dystopie de surveillance postmoderne, à laquelle seuls les plus habiles auront une chance de se soustraire. »

Julian Assange

…Un homme excédé fait une prière à Dieu :

Mon Dieu, je vais travailler tous les jours, pendant 8 heures, et je ne compte pas les 3 heures que je passe en plus dans le bus… Tout ça pendant que ma femme reste à la maison ! Je voudrais qu’elle sache comment gagner l’argent est pénible. Pourriez-vous échanger nos corps, afin qu’elle se rende compte de mon calvaire?

Le Bon Dieu, dans son infinie bonté, exauça son souhait. Le lendemain matin l’homme se réveilla changé en femme.

Alors, sa journée commença : elle…

1. Fit cuire le déjeuner pour la famille

2. Réveilla les enfants

3. Prépara leurs vêtements pour l’école

4. Fit à manger

5. Remplit leurs boîtes à goûter

6. Les conduisit à l’école

7. Reprit le linge du pressing en revenant à la maison

8. S’arrêta à la banque

9. Passa au supermarché pour quelques courses

10. Revint à la maison pour déballer et ranger les courses

11. Prit le courrier dans la boîte aux lettres et paya les factures

12. Nettoya la litière du chat et lava le chien

13. Mangea seule en 10 minutes

14. Se dépêcha de faire les lits

15. Fit la lessive

16. Passa l’aspirateur, épousseta, balaya et lava le sol

17. Courut à l’école ramener les enfants et dut subir leurs cris dans la voiture en revenant

18. Leur donna quelque chose à boire et à grignoter

19. Leur fit faire leurs devoirs

20. Sortit la planche à repasser et regarda la TV en repassant

21. Commença à éplucher les patates et laver les légumes pour le dîner

22. Prépara une tarte aux pomme pour le dessert

23. Servit le repas du soir, puis, elle nettoya la table et la cuisine

24. Emplit le lave-vaisselle

25. Ramassa le linge des uns et des autres qui traînait un peu n’importe où et l’enfourna 

dans le lave-linge et tard dans la soirée alla enfin se mettre au lit…

Le lendemain matin, elle (IL) se leva et se mit genoux près du lit et pria :

– Mon Dieu, je ne sais pas ce à quoi je pensais en vous priant…Mais j’ai eu tort d’envier ma femme qui restait à la maison.. S’il vous plaît, faites que nous puissions chacun reprendre nos corps d’origine.

Le Bon Dieu dans son infinie bonté lui répondit:

– Mon fils, je crois que tu as assimilé la leçon et je serai heureux de ramener les choses telles qu’elles étaient mais, il va falloir que tu attendes 9 mois… Tu es tombée enceinte hier soir ! »


Voici quelques mots inspirants d’Albert Einstein : 🙏💫

′′ Je n’ai pas réussi à comprendre les lois fondamentales de l’univers à travers mon esprit rationnel. ′′

′′ En ce qui concerne la question, nous nous sommes trompés. Ce que nous avons appelé la matière est l’énergie, dont la vibration a été réduite de manière à être perceptible aux sens. La matière est l’esprit réduit à un point de visibilité. Il n’y a pas d’importance. »

′′ Le temps et l’espace ne sont pas des conditions dans lesquelles nous vivons, mais des modes selon lesquels nous pensons.

Les concepts physiques sont des créations libres de l’esprit humain, et ne sont pas, même si cela peut sembler déterminé par le monde extérieur. »

′′ Le temps n’existe pas – nous l’avons inventé. Le temps est ce que le chrono dit. La distinction entre le passé, le présent et le futur n’est qu’une illusion obstinément persistante. »

′′ Je pense 99 fois et je ne trouve rien. J ‘ arrête de penser, nager en silence, et la vérité me revient. »

′′ L ‘ intellect n’a rien à faire sur la route de la découverte. Il y a un saut dans la conscience, appelez ça l’intuition ou ce que vous voulez, la solution vient à vous et vous ne savez pas comment ni pourquoi. »

′′ Un être humain fait ses expériences, ses pensées et ses sentiments comme quelque chose séparé du reste, une sorte de délire optique de conscience. Ce délire est une sorte de prison pour nous, nous limitant à nos désirs personnels et à l’affection pour quelques personnes les plus proches de chez nous. Notre tâche doit être de nous libérer de cette prison en élargissant notre cercle de compassion pour embrasser toutes les créatures vivantes et toute la nature dans sa beauté. »

′′ Notre séparation l’un de l’autre est une illusion optique. »

′′ Quand quelque chose vibre, les électrons de l’univers entier résonnent avec lui. Tout est connecté. La plus grande tragédie de l’existence humaine est l’illusion de la séparation. »

′′ La réalité n’est qu’une illusion, quoique très persévérante. »

′′ Nous sommes des âmes habillées en vêtements biochimiques sacrés et notre corps est l’instrument par lequel nos âmes jouent leur musique. ′′

′′ Lorsque vous examinez la vie des personnes les plus influentes qui ont jamais marché parmi nous, vous découvrez un fil qui brille à travers eux. Ils ont d’abord été alignés avec leur nature spirituelle et ensuite avec leur physique. »

′′ La vraie valeur d’un être humain peut être trouvée dans la mesure dans laquelle il a atteint la libération de lui-même. ′′

′′ Les anciens savaient quelque chose, que nous semblons avoir oublié. »

′′ Plus j’apprends la physique, plus je suis attiré par la métaphysique. »

′′ Une chose que j’ai apprise pendant une longue vie : que toutes nos sciences, mesurées à la réalité, sont primitives et infantiles. Nous ne savons toujours pas le millième d’un pour cent de ce que la nature nous a révélé. Il est tout à fait possible que derrière la perception de nos sens, les mondes soient cachés dont nous ne sommes pas conscients. »

′′ Je ne suis pas athée. Le problème en cause est trop vaste pour nos esprits limités. Nous sommes dans la position d’un petit enfant entrant dans une immense bibliothèque remplie de livres en plusieurs langues. L ‘ enfant sait que quelqu’un a dû écrire ces livres. »

′′ L ‘ idée commune que je suis athée est basée sur une grosse erreur. Quiconque interprète mes théories scientifiques de cette façon ne les a pas comprises. »

′′ Tout est déterminé, chaque début et chaque fin, par des forces sur lesquelles nous n’avons aucun contrôle. Il est déterminé pour l’insecte, ainsi que pour l’étoile. Êtres humains, légumes ou poussière cosmique, nous dansons tous sur un air mystérieux, intoné au loin par un piper invisible. »

′′ La religion du futur sera une religion cosmique. Cela transcendera un Dieu personnel et évitera le dogme et la théologie. »

′′ L ‘ énergie ne peut pas être créée ou détruite, elle ne peut être modifiée que d’une forme à l’autre. »

′′ Tout est énergie et c’est tout ce qu’il y a à faire. Associez la fréquence de la réalité que vous voulez et vous ne pouvez pas vous empêcher d’obtenir cette réalité. Ce ne peut pas être autrement. Ce n’est pas de la philosophie. C ‘ est de la physique. »

′′ Je suis heureux parce que je ne veux rien de personne. Je me fiche de l’argent. Les décorations, les titres ou les distinctions ne signifient rien pour moi. Je n’ai pas envie de louange. Je réclame le crédit pour rien. Un homme heureux est trop satisfait du présent pour trop s’attarder sur le futur. »

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« Il n’est pas de bonheur plus grand que nos amours ni plus profond que nos sourires… »

Le jardin des chimères, 1921.

Marguerite Yourcenar (1903-1987).

« Un désir ne change rien. Une décision change tout. »

J’ai lu beaucoup de livres, mais j’ai oublié la plupart. Mais alors, quel est le but de la lecture ? 

C’était la question qu’un élève a posée à son professeur. Ce dernier n’a pas répondu à ce moment-là. Cependant, après quelques jours, alors que lui et le jeune élève étaient assis près d’une source d’eau, le professeur pria l’enfant de lui apporter de l’eau avec la vieille passoire sale qui se trouvait non loin d’eux.

L’élève fut surpris par cette demande, néanmoins il commença à accomplir cette tâche absurde.

À chaque fois qu’il plongeait la passoire dans la source, il ne pouvait même pas faire un pas vers son professeur que celle-ci se vidait.

Il a essayé et réessayé des dizaines de fois en courant de plus en plus vite mais l’eau se répandait sur le chemin.

Épuisé, il s’est assis à côté du professeur et lui dit : Il m’est impossible de vous ramener de l’eau avec cette passoire. Pardonnez-moi, de ne pas avoir étanché votre soif

Non, répondit son professeur en souriant, tu n’as pas échoué. Regarde la passoire, maintenant elle est propre, elle est comme neuve. L’eau, qui a filtré par ses trous, l’a nettoyée.

Quand tu lis des livres, tu es comme une passoire et les livres sont comme l’eau de cette source. Peu importe si tu ne peux pas garder dans ta mémoire toute l’eau qu’ils laissent couler en toi, parce que les livres, avec leurs idées, leurs émotions, leurs sentiments, leurs connaissances, leurs évasions, nettoieront ton esprit. Voilà le but de la lecture.

– N. P. Madisso

En 1974, Marina Abramovic a réalisé une performance où elle disait aux visiteurs qu’elle ne bougerait pas pendant six heures, quoi qu’ils lui fassent. Elle a mis 72 objets à disposition sur une table de son côté qui pourraient être utilisés pour plaire ou détruire, y compris des fleurs à un couteau et une arme chargée. Elle a invité les visiteurs à utiliser les objets dessus comme ils le souhaitent.

Au départ, a déclaré Abramović, les visiteurs étaient pacifiques et timides, mais ils sont rapidement devenus violents : ′′ L ‘ expérience que j’ai appris était que… si vous laissez la décision au public, vous pouvez vous faire tuer… Je me suis senti très violée. Ils ont coupé mes vêtements, mis des épines de roses dans mon ventre, quelqu’un m’a pointé l’arme sur la tempe, et une autre a retiré son arme de près. Cela a créé une atmosphère agressive. Après exactement 6 heures, comme prévu, je me suis levé et commencé à marcher vers le public. Tout le monde s’est enfui en courant, échappant à une vraie confrontation. » Cette performance a révélé quelque chose de terrible sur l’humanité, semblable à ce que l’expérience de l’arrestation de Stanford, Philip Zimbardo et l’expérience d’obéissance de Stanley Milgram ont également montré la rapidité avec laquelle les gens s’agressent selon les circonstances.

Cette performance a montré à quel point il est facile d’inhumaniser une personne qui ne peut pas se défendre, et est particulièrement puissante parce qu’elle défie ce que nous pensons savoir de nous-mêmes.

Une image contenant personne, verres, homme, portant

Description générée automatiquement

Portrait du biochimiste et écrivain américain Isaac Asimov. États-Unis, années 1970. © MP/Portfolio/Leemage

Entretien posthume

Isaac Asimov : “Il se pourrait que le remplacement de l’humanité par des ordinateurs soit un phénomène naturel”

Octave Larmagnac-Matheron publié le 16 octobre 2021 16 min

Maître incontesté de la science-fiction dont le magnus opusFondation, vient d’être porté à l’écran dans une série diffusée par Apple TV+Isaac Asimov fut aussi un essayiste avant-gardiste et un penseur soucieux de l’avenir du monde et de l’être humain. Retour sur une réflexion qui n’a rien perdu de son actualité dans un grand entretien posthume. Prosopopée… verbatim.

Les réponses d’Isaac Asimov, très légèrement éditées pour la fluidité du propos, sont tirées de son recueil d’essais The Roving Mind (« La Pensée vagabonde », 1983).

Les grands défis de l’humanité sur Terre

Quel est le problème majeur auquel doit faire face l’humanité aujourd’hui ?

Isaac Asimov : L’humanité a vécu dans la violence pendant des milliers d’années. Cette ancienne violence qui nous envoûte doit cesser ! Non pas parce que les êtres humains seraient devenus bons, doux et gentils ; nous devons nous débarrasser de la violence pour la simple raison qu’elle ne sert plus à rien, mais nous oriente tous dans une direction néfaste. Les ennemis humains ne sont plus la principale menace pour la survie du monde. Les nouveaux ennemis auxquels nous faisons face aujourd’hui – surpopulation, famine, pollution, pénurie – ne peuvent être combattus par la violence. Il n’y a aucun moyen d’écraser ces ennemis, de les faire exploser ou de les vaporiser. Si doivent être vaincus ces adversaires qui menacent le monde entier, l’humanité entière, et non une tribu ou une région, ce doit être par la coopération humaine et la détermination mondiale.

La Terre est à bout de souffle ? Combien d’êtres humains peut-elle encore supporter ?

La réponse à cette question ne peut être que courte et terrifiante : moins qu’il n’en existe aujourd’hui ! La Terre ne peut pas supporter sa population actuelle – au niveau de vie d’un Américain moyen. La technologie ne peut pas s’améliorer davantage pour repousser ce seuil. Que va-t-il alors se passer si les choses continuent à l’identique ? Nous assisterons à un déclin continu du bien-être de l’être humain sur Terre. Désespérant d’inverser la tendance, nous ferons sans doute de folles tentatives pour accélérer, quoi qu’il en coûte, le moteur technologique, ce qui finira par polluer davantage l’environnement et diminuera la capacité de ce moteur à soutenir l’humanité. On aboutira nécessairement, au bout du compte, à une intensification de la jungle humaine.

“Avec une informatisation complète, le monde fonctionnera de lui-même avec une supervision humaine minimale, et la majeure partie de la pensée et de l’énergie humaines pourra être consacrée à étendre et à intensifier la structure de la société”Isaac Asimov

Concrètement, que devons-nous faire pour affronter ces enjeux ?

Dans le monde qui est le nôtre, où pour la première fois dans l’histoire nous avons atteint, ou sommes en passe d’atteindre nos limites, nous devons accepter la réalité de ces limites. Nous devons limiter la pression que nous exerçons sur les ressources de la Terre, limiter les déchets que nous produisons, limiter l’énergie que nous utilisons. Nous devons préserver l’environnement, préserver les autres formes de vie qui contribuent au tissu et à la viabilité de la biosphère. Nous devons également modifier notre attitude envers la croissance. L’idée que « plus c’est grand, mieux c’est », qui a porté l’humanité à travers les millénaires, doit être abandonnée. Mais surtout, nous devons réduire notre taux de natalité. Nous devons entrer dans le XXIe siècle avec un taux de natalité négatif. Puisque le sexe ne peut pas être supprimé, il doit être séparé de la reproduction. Le contrôle des naissances doit devenir la norme et le sexe doit devenir un acte social et interpersonnel plutôt qu’un acte centré sur l’enfant.

Cela ne suppose-t-il pas, aussi, de transformer notre vision de la condition féminine ?

Pendant la majeure partie de l’histoire humaine, un taux de natalité élevé a été nécessaire à la survie. Dans notre monde surpeuplé, nous ne pouvons plus nous comporter comme si la seule fonction de la femme dans la vie était d’être une machine à produire des bébés. Un monde à taux de natalité élevé signifie l’asservissement des femmes. Sans l’asservissement des femmes, nous ne pouvons pas avoir un monde à taux de natalité élevé. Alors, qu’en est-il d’un monde à faible taux de natalité ? Dans un tel monde, les femmes seront-elles libérées ? Oui, elles le seront. Ce n’est même pas une question de choix. Elles doivent être libres.

“Si, dans un monde à faible taux de natalité, nous voulons affranchir les femmes de la crèche, nous devons leur proposer un autre modèle existentiel. On ne peut pas remplacer quelque chose par rien”Isaac Asimov

Comment éviter que cette dénatalité soit vécue comme une punition ?

Avoir des bébés a ses aspects positifs ; le processus est une expérience enrichissante ; les bébés sont adorables. Ne pas les avoir laissera un vide indéniable dans les besoins émotionnels de femmes qui ont été amenées à croire qu’elles vivaient pour être mères. Si cet écart n’est pas comblé, si l’espace est laissé vide, alors, sans aucun doute, les femmes continueront de vouloir des enfants, et s’efforceront d’en avoir. Si, au XXIe siècle, nous voulons affranchir les femmes de la crèche, nous devons leur proposer un autre modèle existentiel. On ne peut pas remplacer quelque chose par rien. Il faut remplacer quelque chose par quelque chose – à commencer par l’égalité des chances quand il s’agit d’entrer dans n’importe quelle branche de l’industrie, de la politique, de la religion, de la science ou des arts.

Technologie et robotisation

Le numérique nous aidera-t-il à faire face aux enjeux du millénaire ?

Les ordinateurs se multiplient et deviennent de plus en plus polyvalents. Ils peuvent nous aider à gérer un monde devenu trop vaste et complexe pour être géré sans eux, à résoudre des problèmes qui sont devenus trop subtils et profonds pour être résolus autrement, à faire un travail qui ne pourrait pas être fait aussi rapidement ou aussi précisément dans d’autres conditions. Notre civilisation de plus en plus complexe doit être informatisée si elle veut continuer à fonctionner, et la technophobie ne peut pas être autorisée à faire obstacle. Nous devrons par conséquent comprendre les causes des réticences que suscite ce changement, afin de prendre des mesures qui supprimeront, ou au moins atténueront, ces causes.

“L’histoire de l’évolution de la vie est l’histoire de la lente altération des espèces. […] Le remplacement de l’humanité, ou bien par une hyper-humanité, ou bien par des ordinateurs, serait un phénomène naturel auquel on ne pourrait s’opposer que pour des raisons futiles et inconséquentes”Isaac Asimov

Nous craignons, en particulier, de devenir dépendants de la technologie. Est-ce justifié ?

La technologie apporte une touche de confort à des centaines de millions de personnes. Deviendrons-nous trop dépendants de nos ordinateurs, cependant ? Si les ordinateurs s’arrêtent, serons-nous alors incapables de survivre ? Nous sommes déjà, en ce moment, dépendants des ordinateurs, et nous aurions du mal à nous en passer. Arrêtez tous les ordinateurs et chaque grande industrie trébucherait. La dépendance aux ordinateurs est-elle un désastre ? Peut-être pas. Nous étions tous totalement dépendants d’une large gamme de choses plus ou moins sophistiquées dans notre société avant l’invention des ordinateurs. Tout au long de l’histoire, les êtres humains se sont détournés de la simplicité et ont adopté la sophistication chaque fois qu’ils en avaient l’occasion. Ils ont choisi ces dépendances qui, tant qu’elles duraient, rendaient la vie plus facile et agréable, et ils se sont retournés contre celles qui, même effectives, cassaient le dos et usaient les corps. 

Cela suppose une adaptation forte des humains aux machines.

La révolution industrielle, qui a commencé il y a deux-cents ans, a déplacé le gros de l’effort musculaire humain et animal vers une prise en charge machinique. Le besoin de ce que nous appelons maintenant « de la main-d’œuvre non qualifiée », la simple tension du tendon, a diminué. L’avènement de l’ordinateur nécessitera d’autres changements. Le travail intellectuel non qualifié sera en voie de disparition. Les êtres humains apprennent à manipuler de nombreux appareils compliqués depuis longtemps. L’apprentissage n’est pas toujours facile, mais une fois que les problèmes sont surmontés, tout devient automatique. L’idée d’abandonner cet automatisme et d’apprendre autre chose, de recommencer le processus, est terriblement effrayante. Cette technophobie, c’est la peur de la rééducation. Les cadres très instruits y sont plus enclins que les autres, car dans la rééducation, il faut repartir de zéro. C’est certainement plus difficile quand le bagage que vous avez à jeter par la fenêtre est très important, que vous l’avez douloureusement acquis.

Que restera-t-il ?

Loisirs. Amusement. Création. Avec une informatisation complète, le monde fonctionnera de lui-même avec une supervision humaine minimale, et la majeure partie de la pensée et de l’énergie humaines pourra être consacrée à étendre et à intensifier la structure de la société.

L’humain ne risque-t-il pas, quand même, d’être remplacé par des robots ?

Supposons que de nouveaux systèmes informatiques soient élaborés par les ordinateurs, de sorte que, dans un sens, l’évolution informatique devienne dirigée par un ordinateur lui-même. Ce développement ne pourrait-il pas, alors, prendre une allure explosive, hors de contrôle ? Si les ordinateurs finissent par écrire des livres, concevoir des poèmes, composer des symphonies, créer de nouvelles idées, ne finiront-ils pas par devenir aussi intelligents, voire plus intelligents que les humains ? Ne pourraient-ils pas alors remplacer les êtres humains, et même exterminer ces excroissances inutiles, afin de prendre notre relais en tant que nouveaux maîtres du monde ? Si tel est le cas, il faut considérer que la peur bien humaine de l’ordinateur est justifiée, et qu’elle n’est pas simplement une répétition de mille peurs du passé. L’ordinateur, peut-être, diffère des avancées technologiques antérieures en nature et non seulement en degré. Il faudrait alors envisager l’obsolescence possible de l’humanité.

“Nous verrons probablement constitution, entre l’homme et l’ordinateur, d’une intelligence symbiotique qui ouvrira de nouveaux horizons et permettra d’atteindre de nouveaux sommets”Isaac Asimov

Cette possible obsolescence de l’espèce humaine sur Terre est-elle grave, selon vous ?

Peut-être pas. L’histoire de l’évolution de la vie est l’histoire de la lente altération des espèces, ou du remplacement corporel d’une espèce par une autre, chaque fois qu’il arrive qu’un changement permette un meilleur ajustement dans une niche environnementale particulière. Peut-être que le grand dessein de l’évolution passe par le changement d’une espèce en une autre espèce, par le biais de facteurs aléatoires, jusqu’à ce qu’enfin, après une période prolongée, une espèce deviennent suffisamment intelligente pour diriger sa propre évolution et créer de nouveaux types d’intelligence sur une base non organique. Dans ce cas, le remplacement de l’humanité, ou bien par une hyper-humanité, ou bien par des ordinateurs, serait un phénomène naturel auquel on ne pourrait s’opposer que pour des raisons futiles et inconséquentes. Toutefois, je ne suis pas certain que cela se produira un jour.

Quel scénario, alors ?

Le cerveau humain a évolué par hasard, par mutations aléatoires. Le cerveau de l’ordinateur a évolué grâce à une conception délibérée résultant de la réflexion humaine, en suivant un mouvement de progression alimenté par le progrès technologique et la nécessité de répondre à des besoins humains particuliers. Il serait très étrange qu’après avoir emprunté deux chemins si divergents, les cerveaux et les ordinateurs finissent jamais par se ressembler à tel point qu’on puisse dire que l’un d’eux est « supérieur » en intelligence à l’autre. Même si l’intelligence informatique surpasse la nôtre, elle restera sans doute en retrait dans certains domaines. Les deux intelligences, humaine et informatique, se complèteront bien plus qu’elles ne rivaliseront. Elles seraient alors capables, en coopérant, de faire bien plus que l’une ou l’autre séparément. Par conséquent, la question du remplacement risque fort de ne jamais se poser. Ce que nous verrons, plus sûrement, sera constitution, entre l’homme et l’ordinateur, d’une intelligence symbiotique qui ouvrira de nouveaux horizons et permettra d’atteindre de nouveaux sommets.

“Il se peut qu’à l’avenir les gens se demandent à quoi ressemblait une époque où les individus étaient définitivement et à jamais emprisonnés dans leur peau, à jamais seuls, à jamais perdus dans l’isolement corporel. Désolés pour nous, mais ils parviendront à fusionner leurs personnalités pour oublier”Isaac Asimov

Cela permettrait à l’homme d’acquérir de nouvelles capacités ? La télépathie par exemple ?

La plupart des gens pensent que la télépathie est la transmission d’un message du même genre que celui que nous transmettons actuellement par la parole. Ils imaginent quelqu’un qui pense : « Comment allez-vous ? » et quelqu’un d’autre sentant « Comment allez-vous ? » Je pense que cela existera un jour. Mais pour que la télépathie ait réellement un sens, elle devra transmettre plus intimement que les mots ne le peuvent, c’est-à-dire aussi les émotions et les sensations. Puisque le sens de l’identité et de l’individualité reposent dans la pensée, la véritable télépathie devra signifier le partage au moins temporaire de la personnalité. Pendant le moment de communication télépathique, ceux qui communiquent seraient à la fois eux-mêmes et tout le monde. Naturellement, pour protéger la vie privée, la communication télépathique devrait être volontaire, et pouvoir être refusée ou interrompue. Avec la télépathie, nous irons sûrement au-delà de ce que nous concevons comme communication. Le partage de la personnalité représentera une communion plutôt qu’une communication. Cela représenterait une sorte d’intimité que nous ne pouvons concevoir à l’heure actuelle – ou que nous ne pouvons pas maintenir longtemps (comme dans l’orgasme). Il se peut qu’à l’avenir les gens se demandent à quoi ressemblait une époque où les individus étaient définitivement et à jamais emprisonnés dans leur peau, à jamais seuls, à jamais perdus dans l’isolement corporel. Désolés pour nous, mais ils parviendront à fusionner leurs personnalités pour oublier.

L’exploration de l’univers

La technologie va surtout nous permettre de pousser plus loin l’exploration du cosmos, n’est-ce pas ? Pourquoi allons-nous dans l’espace ?

Le mouvement est aussi vieux que la vie. Il est au fond inséparable de la vie. Être curieux est humain. Le désir irrésistible de savoir ce qu’il se trouve au-delà est humain. Qu’y a-t-il de l’autre côté de la colline ? Qu’y a-t-il au-delà de l’océan ? Au fil des siècles, nous avons traversé toutes les collines de la Terre et traversé tous les océans. La Terre n’est plus ce qu’elle était en ce qui concerne l’exploration. Sans aucun doute, il reste quelques sommets de montagnes qui n’ont pas été foulés par le pied humain, quelques vallées cachées vierges de civilisation, quelques grottes obscures qui demeurent dissimulées au regard, comme le sont des dizaines de millions de kilomètres carrés au fond de l’océan. Dans l’ensemble, cependant, il n’y a nulle part sur terre où nous ne puissions voyager, pour peu que nous nous donnions la peine d’y aller. Nous avons maintenant atteint le point où aucun endroit sur Terre n’est à plus de six heures d’un autre par jet supersonique. Où peut-on encore aller ? On pourrait se reposer, satisfaits. Et pourtant, nous en sommes incapables. Nous commençons à nous déplacer au-delà de l’atmosphère, dans des fusées. Nous avons emmené nos caméras sur la face cachée de la Lune et bien au-delà. Au cours du siècle prochain, il est fort probable que l’humanité étendra son rayon d’action en permanence dans l’espace proche.

Quels sont les obstacles à cet élan d’exploration ?

La principale difficulté de l’exploration spatiale résidera probablement dans l’incapacité des êtres humains à vivre dans des espaces confinés pendant longtemps, et à s’adapter à un environnement extrêmement différent de tout ce qu’ils ont connu. Cependant, dès que nous imaginons l’existence de colonies spatiales, la situation change. Pour les colons de l’espace, vivant dans leurs petits mondes en orbite lunaire, les voyages dans l’espace seront quelque chose de familier, et non exotique comme c’est le cas pour les habitants de la Terre. Au sein de la colonie spatiale, le colon sera habitué à une attraction semblable à la gravitation qui change d’intensité d’un endroit à l’autre, il sera habitué à vivre à l’intérieur d’un monde restreint, dépendant d’un système étroit de recyclage de l’air, de l’eau et de la nourriture. Les Terriens ne sont pas habitués à toutes ces choses, et pourtant, ce sont les caractéristiques précises de l’environnement des voyages dans l’espace. Ainsi, les futurs explorateurs de l’espace ne seront pas des Terriens, mais des colons de l’espace. Ce seront ces colons, s’élançant depuis leurs maisons artificielles en orbite, qui seront les grands navigateurs de l’océan spatial – les Phéniciens, les Polynésiens et les Vikings du futur. Ils ne trouveront aucun obstacle psychologique aux longs voyages dans l’espace, et ils seront les premiers à atterrir sur Mars. Peut-être à y construire une colonie permanente.

“Les futurs explorateurs de l’espace ne seront pas des Terriens, mais des colons de l’espace. Ce seront ces colons, s’élançant depuis leurs maisons artificielles en orbite, qui seront les grands navigateurs de l’océan spatial – les Phéniciens, les Polynésiens et les Vikings du futur”Isaac Asimov

Que se passera-t-il quand nous atteindrons les « limites » de l’univers ?

Qu’y a-t-il au-delà de l’univers ? Supposons que nous entrions dans une région dans laquelle il n’y a non seulement pas de matière mais pas non plus de particules immatérielles, et pas de champs, pas d’ondes – seulement le rien. Comment pourrions-nous étudier les propriétés d’un tel néant ? À l’instant où nous, où nos instruments, y surgiront, nous ou ces instrument deviendront les foyers de champs gravitationnels et électromagnétiques se propageant dans toutes les directions à la vitesse de la lumière. En d’autres termes, toute tentative que nous ferions pour étudier le rien le transformerait d’un coup en espace ordinaire. Même si nous quittions l’univers, nous emporterions l’univers avec nous et fabriquerions un nouvel univers autour de nous sans jamais atteindre la limite. Il n’y a pas de fin, même si l’univers est fini. La question de savoir ce qui se trouve au-delà de cette fin n’a pas de sens.

Cela reste, de toutes façons, de l’ordre de la science-fiction pour le moment !

La science-fiction est parfois utilisée comme synonyme de pseudoscience, mais c’est tout à fait faux. Alors que la pseudoscience passe pour de la science, bien qu’elle n’en soit pas, la science-fiction ne prétend pas être une science. La science-fiction se proclame ouvertement comme produit de l’imagination qui ne se plie aux besoins de la science que si elle y est contrainte. Parce qu’elle est honnête à ce sujet, la science-fiction n’est pas un canular.

Science et société

Quels liens faites-vous entre technologie et science ?

Dès que les êtres humains tentent de modifier leur environnement pour augmenter leur confort ou leur plaisir en utilisant autre chose que leur propre corps, nous obtenons de la technologie. L’utilisation du feu impliquait une série d’avancées technologiques : la technologie est, en ce sens, plus ancienne. La science remonte seulement aux Grecs anciens, qui ont commencé à développer des spéculations belles et complexes. Mais le fait est que la science et la technologie ne font qu’un ! Le progrès de la connaissance de l’univers physique sous tous ses aspects repose sur la science et la technologie, et aucune ne peut prospérer sans l’autre. L’histoire de la science moderne est l’histoire du développement, par la technologie, des instruments qui sont les outils de la science. Les produits de la technologie offrent de plus un champ de spéculation renouvelé. Quant à la compréhension générale de la science comme mère de l’invention, c’est un phénomène moderne, de même que la prise de conscience que la science peut être un instrument de destruction et de régression aussi bien que d’avancée et de progression. La science est de plus en plus perçue comme une question de vie ou de mort pour chacun, et les scientifiques deviennent des sauveurs/destructeurs dont il est essentiel de comprendre la logique.

Comment percevez-vous les critiques à l’égard de la science, dans les mouvements complotistes en particulier ? 

Il est à la mode aujourd’hui d’accuser les scientifiques de dogmatisme. Si un scientifique exprime sa confiance dans une conclusion scientifique et agit comme si les opposants à ce point de vue étaient dans l’erreur, cette opposition dénonce sur le champ son manque d’ouverture d’esprit. L’opposition, bien sûr, est fanatiquement convaincue de la vérité de ses opinions et ne les modifiera en aucun cas, mais ce ne sont pas des scientifiques, voyez-vous : ils ne sont pas obligés, à la différence des scientifiques, d’avoir l’esprit ouvert. Le résultat est que de nombreux scientifiques hésitent à attaquer les différentes formes d’absurdités que nous entendons aujourd’hui. Pas moi !

“Même si nous quittions l’univers, nous emporterions l’univers avec nous et fabriquerions un nouvel univers autour de nous sans jamais atteindre la limite. S’il n’y a que du rien au-delà de l’univers, dès que nous y pénétrerions, nous y créerions de l’espace. Même s’il est fini, l’univers est infini”Isaac Asimov

La science ne formule pas, cependant, des vérités définitives ?

La science est un processus d’autocorrection. J’espère que les orthodoxies scientifiques ne resteront jamais incontestées. La science est beaucoup plus en danger à cause d’une absence de défi que de l’irruption de défis, même absurdes. La science est incertaine. Les théories sont sujettes à révision ; les observations sont ouvertes à une variété d’interprétations, et les scientifiques se querellent entre eux. Mais les théories ne sont pas pour autant des suppositions, ni des spéculations sauvages. Bien sûr, les scientifiques changent leur point de vue ; mais ils ne le font que sur la base de nouvelles preuves.

Faire comprendre au grand public ce qu’est la science, voilà l’enjeu pour vous ?

Tenter d’éduquer le public à la science est difficile. Il est déjà assez difficile de faire comprendre l’essence de la science aux étudiants diplômés ! Les enjeux, cependant, sont considérables. Quelles précautions la science doit-elle prendre, comment les nouvelles découvertes scientifiques doivent être appliquées (ou pas)… Chacun de nous a la responsabilité et le devoir d’aider à prendre ces décisions. Et rien de tout cela ne peut être opéré par ignorance ou par préjugé, mais seulement par compréhension et sagesse. Nous n’avons pas d’autre choix que d’essayer, et de ne pas nous laisser intimider par les échecs. Peut-être perdrons nous à la fin. Mais quelle est l’alternative ? Abandonner le combat ? Laisser le monde aux astrologues et aux créationnistes ?

L’INSTANT DE L’AMOURJ’

bibliographie 15032021

Bibliographie 15032021

— Eh bien, je vais vous dire… tout vous dire !… tous vos systèmes dictaphones, jabotophones, microsillants, valent pas tripette ! toute cette mécanique tue la vie ! m’entendez-vous ? « anti-vie » ! amusettes pour Morgues !… vous me comprenez, Colonel ?… la machine à écrire, itou !… kif, le Cinéma !… kif, votre Télévice !… autant de branlettes mécaniques !… je veux pas vous vexer, Colonel !… partez pas !… partez pas ! vous sauvez pas !

Il se vexe !

« Je vous donne que mon avis !

— Et votre invention, vous alors ?

— Moi c’est autre chose !… moi, je suis autrement plus brutal !… moi, je capture toute l’émotion !… toute l’émotion dans la surface ! d’un seul coup !… je décide ! (…) tous les autres écrivains sont morts !… et ils s’en doutent pas !… ils pourrissent à la surface, enbandelés dans leurs chromos ! momies !… momies tous !… privés d’émotion ! leur compte est bon !… »

Il me regarde… (…)

« Et votre manuscrit ? vous ne parlez pas de votre manuscrit ? vous ? »

Je veux le ranimer cet imbécile !

« Il est pas encore publié !

— C’est qu’un détail !… ils en publient cinq cents par an !… »

Ah ! ah ! je l’intéresse !

« Il va l’être !… il va l’être, croyez, Colonel !… il va l’être si je m’en occupe !… si je vous pistonne à Gaston !… est-il « chromo » votre manuscrit ?… dites-le ! dites-moi tout !

— Un peu… un petit peu…

— Est-il un peu tendancieux ?

— Comment ? comment ?

— Un petit peu ci… un petit peu ça ? un petit peu tout de même « engagé » ? mais pas tellement ! un petit peu « curé » peut-être ? sur le bord ?… pas trop !… oh, pas trop ! un petit peu gidien ?

— Oh, oui…

— Sans excès ?

— Non ! non !

— Ou tout à fait ?

— Avec des nuances… beaucoup de nuances !…

— Bon !… est-ce qu’on peut dormir en le lisant ?

— Oh, oui !

— Vous êtes certain ?

— Ma femme le lit tous les soirs…

— Et elle s’endort ?

— Oui !

— Bien ! je vais le recommander à Gaston !

— Il lit tout lui-même monsieur Gallimard ?

— Plutôt son Comité de Lecture !

— Ils lisent en dormant ?

— Oui, ils ont lu le Voyage comme ça…

— Ils lui ont donné une bonne note ?

— Oh, pas mauvaise… mais en retard… c’est un autre qui l’a publié…

— Qu’est-ce qu’ils faisaient, eux ?

— Ils ronflaient…

— C’est étrange !…

— Non, c’est pas étrange !… y a que les « crève-la-faim » qui sont réveillés, les autres dorment… tous les gens sûrs du lendemain dorment… on les voit partout, en auto, au bureau, à la campagne, en ville, dans le monde, en croisière… ils se font balader beaucoup… blablater beaucoup, ils ont l’air de faire quelque chose, ils font rien, ils dorment…

LOUIS-FERDINAND CÉLINE Entretiens avec le

DOSSIER : L’OEUVRE DE PIERRE BOURDIEU. SOCIOLOGIE, BILAN CRITIQUE, HÉRITAGE

Bourdieu et l’école : la démocratisation désenchantée

Vincent Troger

Hors-série N° 15 – Février-mars 2012

Article mis à jour le 02/11/2015

L’analyse du rôle de l’école dans la reproduction des inégalités sociales a significativement influencé les recherches ultérieures en éducation, et elle a été largement vulgarisée. Trois raisons principales expliquent ce succès : une conjoncture politique et sociale favorable ; la convergence de ces analyses avec des critiques déjà formulées à l’égard du système scolaire ; la puissance de ce travail critique, dont la pertinence, et même les excès, ont profondément bouleversé notre point de vue sur l’école, et celui de certains enseignants sur eux-mêmes.

Le fonctionnement du système scolaire ne constitue pas l’objet central des travaux de Pierre Bourdieu. A travers plus de trente publications importantes, depuis Sociologie de l’Algérie (Puf, « Que sais-je ? », 2001) jusqu’à La Domination masculine (Seuil, 1998), cet élève de l’Ecole normale supérieure, agrégé de philosophie, a construit une oeuvre large et complexe. L’une de ses ambitions a été, comme l’écrit Pierre Ansart, de « faire accéder la sociologie à un niveau supérieur de scientificité »(1). Pourtant, c’est son travail critique sur l’institution scolaire, accompli pour l’essentiel en collaboration avec Jean-Claude Passeron, qui a connu en France la plus grande notoriété. Leur analyse du rôle de l’école dans la reproduction des inégalités sociales a significativement influencé les recherches ultérieures en sociologie de l’éducation, et même parfois en histoire, et elle a été largement vulgarisée dans l’opinion publique. Trois raisons principales expliquent ce succès. La première est celle d’une conjoncture politique et sociale favorable lors de la publication, en 1964 et en 1970, des Héritiers (Minuit) et de La Reproduction (Minuit). La deuxième, c’est la convergence de ces analyses avec des critiques formulées depuis déjà longtemps à l’égard du système scolaire par des mouvements pédagogiques, syndicaux ou politiques. La troisième raison, enfin, réside dans la puissance de ce travail critique, dont la pertinence, et même les excès, ont profondément bouleversé notre point de vue sur l’école, et celui de certains enseignants sur eux-mêmes.

Les années 60 et la démocratisation

Lorsque Pierre Bourdieu et J.-C. Passeron publient Les Héritiers, le moment est bien choisi. Les années 60 se caractérisent, dans le domaine scolaire, par la conjonction de trois processus qui bouleversent les relations de la société française avec son système scolaire. Le premier est démographique. Les générations du baby-boom, après avoir fait exploser les effectifs des écoles maternelles et primaires dans les années 50, sont arrivées dans le secondaire puis à l’université. Lycées et facultés doivent faire face à une augmentation significative de leurs effectifs, alors que pendant toute la première moitié du xxe siècle, ces derniers étaient demeurés stables.

La démographie n’explique cependant qu’une part de la croissance des effectifs du secondaire. D’importantes réformes institutionnelles l’ont significativement accentuée. L’entourage du général de Gaulle, comme à peu près l’ensemble des dirigeants des pays occidentaux à cette époque, croit à la nécessité de former des élites scientifiques et techniques plus nombreuses pour accroître la puissance économique. Dans cette optique, les réformes de 1959 et 1963 ont prolongé la scolarité obligatoire de 14 à 16 ans, et un effort d’ouverture du premier cycle de l’enseignement secondaire a été entamé. La « démocratisation de l’enseignement » devient un enjeu central des politiques éducatives.

Mais la croissance des effectifs scolaires et universitaires est aussi alimentée par une augmentation remarquable de la demande des familles. L’élévation du niveau de vie et l’augmentation de la proportion de cadres et de professions intermédiaires dans la population active provoque une mutation sociale fondamentale. Comme l’a montré l’historien Antoine Prost (2), la projection sur les enfants d’un espoir d’ascension sociale devient une des normes de l’éducation familiale, particulièrement parmi les classes moyennes. C’est une nouveauté historique : jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, il était globalement admis que la majorité des enfants demeuraient dans leur classe sociale d’origine. L’école républicaine autorisait certes une ascension sociale, mais comme l’indiquent les effectifs bien maigres des enseignements secondaire, primaire supérieur ou technique, cette ascension était réservée à une minorité. C’est donc une inversion des logiques sociales jusque-là dominantes que symbolise la « démocratisation de l’enseignement » : l’école est de plus en plus perçue comme une chance pour tous les enfants, et non pas seulement pour une élite, d’accéder à un statut socioprofessionnel meilleur que celui de leurs parents.

Dans un tel contexte, la publication des Héritiers apparaît comme une opération de désenchantement radicale. En se fondant sur des analyses statistiques indiscutables, P. Bourdieu et J.-C. Passeron montrent la dimension en partie illusoire du processus de démocratisation de l’école. La surreprésentation des enfants des familles culturellement favorisées dans l’enseignement supérieur, et à l’inverse la sous-représentation des enfants d’origine populaire, indiquent que l’école fonctionne comme une machine de sélection sociale. Alors que la majorité des enfants des milieux à fort « capital culturel » accèdent à l’université, les enfants des milieux populaires sont « sursélectionnés ». Pour eux, la scolarité, surtout secondaire, s’apparente à un parcours d’obstacles qui les oblige à faire preuve de qualités intellectuelles et psychologiques supérieures à celles de leurs camarades des milieux cultivés. Ces derniers, en revanche, « héritent » ces qualités de leur environnement culturel familial et peuvent donc les réinvestir spontanément dans leurs activités scolaires.

Dans La Reproduction, les deux sociologues dénoncent notamment la pratique du cours magistral. Le professeur y développe selon eux un discours dont le registre de langue, les références culturelles implicites et les nombreuses digressions témoignent de sa propre culture. Mais un tel discours n’est vraiment compréhensible que par des élèves qui ont bénéficié d’une « familiarisation insensible » et antérieure à cette même culture. A l’appui de leur démonstration, les auteurs citent l’exemple, désormais célèbre, du reproche d’être « trop scolaire » parfois adressé à certains élèves. Reproche paradoxal dans une institution scolaire, mais qui trahit son fonctionnement implicite : ce qui est transmis scolairement ne suffit pas, la culture authentique consiste à savoir prendre ses distances avec le savoir scolaire et à manifester une aisance linguistique et comportementale qui est la marque de « distinction » des classes sociales dominantes. Il y aurait dans les enseignements secondaire et supérieur une « complicité traditionnelle » entre les professeurs et les élèves issus des familles cultivées. P. Bourdieu et J.-C. Passeron écrivent ainsi en 1972 : « Toute action pédagogique est objectivement une violence symboli- que en tant qu’imposition, par un pouvoir arbitraire, d’un arbitraire culturel » (3).

Ainsi schématisée, la pensée de Pierre Bourdieu sur l’école ressemble à une condamnation sans appel de toute tentative de démocratisation du système scolaire. Sa large diffusion à un moment où toute la société française semble adhérer à ce projet peut donc paraître paradoxale.

La « reproduction » ou le désenchantement de l’école

Pour l’expliquer, il faut d’abord rappeler que le succès de P. Bourdieu et J.-C. Passeron n’est pas immédiat : il date essentiellement des années 70, alors que la vie intellectuelle publique est dominée par les suites du mouvement de 68. Mais surtout, ce qui va alors passer de cette analyse dans l’opinion publique, c’est moins son interprétation du processus de reproduction sociale par l’école que sa dénonciation des pratiques pédagogiques traditionnelles et des modes de sélection qui leur sont associés. Parmi les slogans du mouvement étudiant de 1968 et des années suivantes, le succès du « non à la sélection » ou de la condamnation des « lycées casernes » rappelle combien l’ordre pédagogique traditionnel était devenu obsolète par rapport aux modes de vie, de consommation et de relations sociales de la jeunesse. L’arbitraire de l’autorité magistrale, manifestée par un pouvoir alors discrétionnaire de noter et donc de sélectionner, et l’héritage napoléonien encore présent après 68 dans certains lycées, par exemple à travers l’interdiction du pantalon ou de la minijupe aux filles et du jean à tous, conféraient à la vulgarisation des travaux de P. Bourdieu une résonance forte, même si elle était scientifiquement approximative. Peu d’étudiants des années 70 avaient sans doute directement lu P. Bourdieu et J.-C. Passeron. Mais ils étaient nécessairement réceptifs aux discours qui s’en inspiraient et qui dévoilaient la part d’arbitraire et de conformisme social de la culture académique et de ses modes de transmission.

Cependant, au-delà de leur résonance avec la conjoncture sociale et politique de l’après-68, les travaux des deux sociologues ont aussi convergé avec un ensemble de critiques formulées depuis longtemps à l’égard de l’école républicaine. C’est la deuxième raison de leur succès.

Dès le début du xxe siècle, les républicains progressistes avaient dénoncé le caractère socialement élitiste de l’enseignement secondaire : « Nous ne pouvons plus souscrire à l’antique division entre un enseignement primaire destiné au peuple et un enseignement secondaire réservé à la bourgeoisie », écrivait Ferdinand Buisson dès 1914 (4). Ces critiques s’étaient amplifiées après la Première Guerre mondiale. La démocratisation du secondaire était devenue un thème important de l’argumentaire des partis et des syndicats de gauche à partir du Front populaire. La publication en 1947 du plan Langevin-Wallon en avait fait un projet incontournable. Cette dénonciation de l’élitisme social du système scolaire s’accompagnait d’une critique des pratiques pédagogiques traditionnelles, et particulièrement du cours magistral. Célestin Freinet et les autres promoteurs de nouvelles méthodes pédagogiques associaient étroitement démocratisation et transformation pédagogique. Après la Libération, les pionniers des sciences de l’éducation, tels Gilles Ferry, Maurice Debesse ou Antoine Léon, ou encore des sociologues comme Pierre Naville, avaient milité dans le même sens. Il y a donc convergence entre ces mouvements d’idées, déjà anciens, et le dévoilement par P. Bourdieu et J.-C. Passeron des relations entre les pratiques pédagogiques dominantes et la sélection sociale opérée par le système scolaire.

Mais en même temps, c’est un autre paradoxe de leur succès, leur analyse va provoquer dans ces mêmes milieux réformateurs un malaise durable. En 1970, A. Prost écrit par exemple dans la revue Esprit un article intitulé « Une sociologie stérile, la reproduction » (5), dans lequel il dénonce un déterminisme excessif qui frôle le nihilisme. Six ans plus tard, un pionnier des sciences de l’éducation, Georges Snyders (6), reprendra cette argumentation.

Culture familiale et réussite scolaire

Car, au centre de l’analyse de P. Bourdieu et J.-C. Passeron, il y a l’idée que si la sélection sociale s’opère aussi efficacement à l’école, c’est parce que les enseignants ne sont pas conscients de ce qui, dans leurs pratiques professionnelles, produit cette sélection. Selon P. Bourdieu, chaque individu intègre inconsciemment des « dispositions », c’est-à-dire des habitudes de comportement, de langage, de jugement, de relation au monde, qui sont propres à sa classe sociale. Cet ensemble de dispositions constitue ce que P. Bourdieu appelle un habitus. L’habitus est inconscient, il masque à nos propres yeux les « conditions sociales de production » de nos comportements et de nos jugements. Par exemple, les enfants des classes moyennes et de la bourgeoisie qui ont réussi à l’école pensent avoir bien travaillé ou être doués, mais se rendent rarement compte, ou très superficiellement, de ce qu’ils doivent à la culture et aux « dispositions » scolaires qu’ils ont héritées de leur famille. Les enseignants du secondaire et du supérieur, presque toujours anciens bons élèves, au moins dans leur discipline, sont donc en quelque sorte « accusés » par P. Bourdieu d’oublier ce que leur succès doit à leur héritage culturel. Ou bien, s’ils sont d’origine populaire, d’oublier les efforts exceptionnels qu’ils ont dû accomplir pour réussir à effacer les traces de leur culture d’origine. Même si P. Bourdieu a nuancé au cours de sa carrière certains des concepts qu’il a forgés, notamment celui d’habitus, il est resté jusqu’au bout fidèle à cette perception très critique du monde enseignant et universitaire. « Ceux qui sont immergés, pour certains dès la naissance, dans des univers scolastiques issus d’un long processus d’autonomisation sont portés à oublier les conditions historiques et sociales d’exception qui rendent possible une vision du monde et des oeuvres culturelles placées sous le signe de l’évidence et du naturel », écrit-il dans ses Méditations pascaliennes en 1997 (7).

Il y a donc aussi une dimension provocatrice dans son oeuvre. Il l’a d’ailleurs clairement assumé, toujours dans Méditations pascaliennes, mais sur le mode de la souffrance : « Je n’avais jamais éprouvé avec une telle intensité l’étrangeté de mon projet, sorte de philosophie négative exposée à paraître autodestructrice » (8). L’analyse de P. Bourdieu et J.-C. Passeron était donc à la fois dans l’air du temps et provocatrice, ce qui constitue souvent les ingrédients d’une réussite brillante.

Il serait cependant très insuffisant de prétendre réduire le succès de ces deux sociologues a un effet de mode intellectuelle. Le caractère novateur et remarquable de leurs travaux est largement reconnu par leurs pairs. C’est là la troisième raison de leur succès, et surtout de sa pérennité. En 1982, André Petitat (9) souligne par exemple l’intelligence de la théorie de la reproduction, qu’il qualifie de théorie « conflictualiste non-marxiste » : P. Bourdieu et J.-C. Passeron reconnaissent aux conflits entre les classes sociales un rôle déterminant dans la société, mais ils démontrent que ces conflits se jouent autant dans l’ordre du symbolique que dans celui des relations économiques et politiques, ce qui confère à l’école sa spécificité et son autonomie dans le jeu des rapports sociaux entre dominants et dominés. La théorie de la reproduction oblige à penser l’école à la fois dans ses relations avec la société qui l’a produite, et dans les relations sociales spécifiques qui se jouent à l’intérieur de l’institution, dont les règles sont en partie autonomes. Cette approche dialectique a été remarquablement féconde parce qu’elle évite deux écueils : d’une part celui d’une analyse trop réductrice, du type de celle qu’avaient produite Christian Baudelot et Roger Establet première manière dans L’Ecole capitaliste (10), où ils faisaient du système scolaire un instrument de domination directe aux mains de la bourgeoisie ; d’autre part celui des travaux de beaucoup de pédagogues qui limitent leurs analyses aux pratiques pédagogiques et sous-estiment dès lors l’influence de la société sur ce qui se passe dans l’école.

C’est pourquoi, après P. Bourdieu et J.-C. Passeron, beaucoup de sociologues de l’éducation ont mis leurs résultats à l’épreuve de la théorie de la reproduction. Qu’il s’agisse d’étudier les origines sociales des enseignants, la construction des programmes scolaires, le développement de l’école maternelle, les pratiques de classes des institutrices, la vie quotidienne des élèves dans l’institution scolaire ou la réussite scolaire d’enfants de familles populaires, P. Bourdieu et J.-C. Passeron sont convoqués, testés, validés ou réfutés. C’est d’ailleurs cette permanence de la référence à leurs travaux qui permet aujourd’hui de tenter un bilan de ce qui peut être retenu de leurs analyses, et de ce qui paraît le plus critiquable.

Une sociologie trop déterministe ?

En premier lieu, il faut rappeler que le constat statistique de départ est demeuré inchangé. La corrélation entre échec scolaire et milieux populaires se mesure aujourd’hui dès la deuxième année d’école primaire, et dans les filières prestigieuses du supérieur, les enfants des milieux culturellement privilégiés sont toujours largement surreprésentés. Pour autant, ce constat ne valide pas automatiquement l’interprétation de P. Bourdieu et J.-C. Passeron.

Ce qui a en fait été principalement critiqué dans leur théorie, c’est sa dimension excessivement déterministe. On leur reproche de brosser un tableau de l’école ou les habitus des acteurs et la « violence symbolique » du système sont tellement déterminants qu’ils semblent ne laisser aucune place au potentiel de résistance ou de stratégie des individus.

Un des premiers à formuler cette critique de manière élaborée a été le sociologue Raymond Boudon (11). Partant de l’hypothèse que le fonctionnement d’une société est le résultat de l’agrégation des décisions et des actes quotidiens d’individus rationnels, il propose une interprétation inverse des résultats statistiques observés par P. Bourdieu et J.-C. Passeron. On sait par exemple qu’à résultats scolaires égaux de leurs enfants, les familles populaires acceptent, ou choisissent, beaucoup plus facilement que les familles favorisées une orientation vers des enseignements techniques et professionnels. P. Bourdieu interprète cet écart en termes de rapport de domination : l’habitus des familles modestes ne leur donne pas les outils linguistiques et culturels pour contester efficacement les propositions d’orientation du conseil de classe, tandis que ces mêmes propositions sont influencées par les préjugés sociaux inconscients des enseignants. R. Boudon propose, lui, de l’analyser en termes de décision rationnelle. Pour une famille modeste l’orientation vers le technique est moins risquée que vers les filières générales : les études techniques assurent à court terme une insertion professionnelle sans interdire de continuer si les résultats sont bons, alors que les filières générales ne sont rentables qu’à long terme ; en outre, les filières techniques sont de toute façon valorisantes puisqu’elles conduisent à un statut socioprofessionnel qui a toutes les chances d’être supérieur à celui de parents appartenant aux catégories sociales les plus modestes. Pour R. Boudon, l’échec de la démocratisation serait donc plus un « effet pervers» de l’accumulation de décisions individuelles que l’effet de la domination symbolique exercée par les classes sociales favorisées à l’école.

Ce type de critique a été fécond pour les sociologues de l’éducation et les a conduits à insister sur le point faible de la théorie de la reproduction : une proportion significative d’individus échappent aux déterminismes sociaux énoncés par P. Bourdieu et J.-C. Passeron, qu’il s’agisse d’enfants d’ouvriers qui réussissent à l’école, ou d’enfants de familles culturellement favorisées qui y échouent. Philippe Perrenoud (12) ou François Dubet (13), en travaillant sur l’expérience quotidienne des élèves à l’école, Bernard Lahire (14) en enquêtant sur la vie des familles ouvrières dont les enfants réussissent scolairement, Bernard Charlot, Elisabeth Bautier et Jean-Yves Rochex (15), en étudiant le rapport au savoir des enfants de milieux populaires, C. Baudelot et R. Establet (16), en s’interrogeant sur les réussites scolaires des filles, ont, parmi d’autres, fait apparaître que des configurations familiales, individuelles, scolaires, sexuelles ou de sociabilité peuvent être plus ou moins favorables à la réussite à l’école. Sans abolir les déterminismes sociaux, elles interagissent avec eux. Moins qu’une réfutation de P. Bourdieu et J.-C. Passeron, il s’agit de montrer que l’interprétation qu’ils ont élaborée peut s’articuler avec d’autres points de vue.

Les enseignants sont-ils coupables ?

Il reste néanmoins que ces nouvelles approches portent essentiellement sur ce qui, dans la théorie de la reproduction, concernait les élèves et leurs familles. Du côté de l’analyse des pratiques enseignantes, les critiques scientifiques ont été rares. Dans les années 80, des travaux comme ceux de Jean-Michel Chapoulie (17), Eric Plaisance (18) ou Régine Sirota (19) ont plutôt confirmé la proximité des valeurs et des pratiques éducatives des enseignants avec celles des classes moyennes, dont ils sont majoritairement issus. R. Sirota montre par exemple qu’à l’école primaire, les élèves dont le comportement en classe correspond le mieux à l’attente des institutrices sont souvent les enfants du même milieu social qu’elles. Dès lors, si ces élèves sont en difficulté, elles sont plus indulgentes avec eux qu’avec les autres. Plus récemment, une sociologie des « professions de l’éducation », inspirée d’un modèle anglo-saxon, a émergé. Mais elle demeure encore embryonnaire et ne se donne pas pour objet de replacer les pratiques enseignantes dans la logique des déterminismes sociaux.

On peut ainsi se demander si la sociologie de l’éducation contemporaine n’a pas un peu de mal à revenir sur un sujet qui n’est pas sans douleur pour la profession enseignante. Car certains des mots de P. Bourdieu et J.-C. Passeron sont particulièrement durs : « En concédant à l’enseignant le droit et le pouvoir de détourner au profit de sa personne l’autorité de l’institution, le système scolaire s’assure le plus sûr moyen d’obtenir du fonctionnaire qu’il mette toutes les ressources et tout le zèle de sa personne au service de l’institution et, par là, de la fonction sociale de l’institution» (20). Même si on peut discuter la conception très déterministe qui sous-tend cette analyse, on voit bien qu’elle pointe une des faiblesses majeures de l’école de masse : celle de la difficulté des enseignants à établir avec les enfants des milieux populaires une relation pédagogique authentique. Lorsque B. Charlot rapporte que les collégiens de Seine-Saint-Denis comparent le langage des enseignants à celui des « hommes politiques » (21), c’est bien la même réalité qu’il souligne. Et A. Prost, par ailleurs critique avec la théorie de la reproduction, ne dit en définitive rien d’autre lorsqu’il admet que l’école de masse est aujourd’hui très éloignée des préoccupations des jeunes « pour une part du fait de ses contenus, pour une part du fait de l’origine sociale de ses professeurs » (22).

En dénonçant la participation, inconsciente ou non, des enseignants au processus de sélection sociale opéré par le système scolaire, P. Bourdieu et J. C. Passeron ont en définitive frappé assez juste. Ils ont mis le doigt sur un très vieux sentiment de culpabilité, celui des clercs et de l’éternelle ambiguïté de leur relation avec le pouvoir. Pouvoir dont ils estiment devoir dénoncer les vices, mais qui souvent les nourrit. Une culpabilité que P. Bourdieu lui-même, rescapé brillant et rebelle de la sélection scolaire, semble avoir intensément éprouvée. Du moins l’affirme-t-il, toujours dans ses Méditations pascaliennes. Laissons-le donc conclure, de cette écriture si peu fluide qui était sa marque de fabrique, et peut-être la manifestation d’une authentique souffrance : « Je n’aime pas en moi l’intellectuel, et ce qui peut sonner, dans ce que j’écris, comme de l’anti-intellectualisme est surtout dirigé contre ce qu’il reste en moi, malgré tous mes efforts, d’intellectualisme ou d’intellectualité, comme la difficulté, si typique des intellectuels, que j’ai d’accepter vraiment que ma liberté à ses limites » (23).

NOTES

  • (1) 

P. Ansart, Les Sociologies contemporaines, Seuil, « Points », 1990.

  • (2) 

A. Prost, Histoire générale de l’enseignement et de l’éducation en France, T. IV : L’École et la Famille dans une société en mutation, Nouvelle Librairie de France, 1981.

  • (3) 

P. Bourdieu et J.-C. Passeron, La Reproduction, Minuit, 1970.

  • (4) 

Texte de Ferdinand Buisson, paru dans le Bulletin de la Ligue des Droits de l’Homme en mai 1914, cité par Hervé Terral dans L’École de la République, Centre national de documentation pédagogique, 1999.

  • (5) 

A. Prost, « Une sociologie stérile, la reproduction », Esprit, décembre 1970.

  • (6) 

G. Snyders, École, classe et lutte des classes, Puf, 1976.

  • (7) 

P. Bourdieu, Méditations pascaliennes, Seuil, 1997.

  • (8) 

Ibid.

  • (9) 

A. Petitat, Production de l’école, production de la société, Droz, 1982.

  • (10) 

C. Baudelot et R. Establet, L’École capitaliste en France, Maspéro, 1975. Le livre se terminait par une annexe composée d’une citation de Mao Tsé-Toung et d’un texte pédagogique du Groupe rédactionnel de critique révolutionnaire de Chang-hai.

  • (11) 

R. Boudon, L’Inégalité des chances, Armand Colin, 1973, rééd. « Pluriel », 1979.

  • (12) 

P. Perrenoud, Métier d’élève et sens du travail scolaire, ESF, 1994.

  • (13) 

F. Dubet et D. Martuccelli, À l’école. Sociologie de l’expérience scolaire, Seuil, 1996.

  • (14) 

B. Lahire, « Les raisons de l’improbable, les formes populaires de la réussite à l’école élémentaire », in G. Vincent, L’Éducation prisonnière de la forme scolaire, Presses universitaires de Lyon, 1988.

  • (15) 

B. Charlot, É. Bautier et Jean-Yves Rochex, École et savoir dans les banlieues … et ailleurs, Armand Colin, 1992.

  • (16) 

C. Baudelot et R. Establet, Allez les filles !, Seuil, 1992.

  • (17) 

J.-M. Chapoulie, Les Professeurs de l’enseignement secondaire. Un métier de classes moyennes, Maison des sciences de l’homme, 1987.

  • (18) 

É. Plaisance, L’Enfant, la maternelle, la société, Puf, 1986.

  • (19) 

R. Sirota, L’École primaire au quotidien, Puf, 1988.

  • (20) 

P. Bourdieu et J.-C. Passeron, La Reproduction, op. cit.

  • (21) 

B. Charlot, Le Rapport au savoir en milieu populaire, Anthropos, 1999.

  • (22) 

A. Prost, « L’enseignement s’est-il démocratisé ? », entretien paru dans L’Histoire, « Mille ans d’école », Les Collections de L’Histoire, octobre 1999.

  • (23) 

P. Bourdieu, Méditations pascaliennes, op. cit.

CULTURE

Les lettres de Simone de Beauvoir, ultimes leçons de féminisme et d’amour

Non, Simone de Beauvoir n’était pas cette théoricienne froide, purement cérébrale, soumise à Jean-Paul Sartre. Elle a aimé follement, de mille manières et n’a cessé de l’écrire. À l’heure où « La Pléiade » célèbre l’icône du féminisme, Josyane Savigneau a exhumé ces lettres incandescentes qui disent le vertige de l’amour avec profondeur et élégance.

18 AVRIL 2018

AFP PHOTO / MICHELE BANCILHON

Claude Lanzmann, 92 ans, n’aime pas trop s’attarder sur le passé. Il a toute une œuvre derrière lui, et, dans son grand bureau, des photos qui parlent souvent à sa place. Une belle femme blonde, en majesté – « ma fiancée », murmure-t-il, sans en dire plus. Sartre et Simone de Beauvoir ; lui et Simone de Beauvoir ; des amis disparus ; des vivants aussi, dont l’écrivain Philippe Sollers. Il a vécu cent vies, veut vivre encore et rêve de ne jamais mourir. Son film Les Quatre Sœurs, récits de survivantes des camps de la mort qu’il n’avait pas intégrés à Shoah, est passé sur Arte en janvier. « Je peux en faire d’autres, j’ai des masses de documents. »

La nostalgie est un mot dont il semble ignorer le sens. À une exception près, peut-être. Soudain, il se tasse dans son fauteuil, boit deux gorgées de vin, sort une feuille imprimée et lit : « Cet élan, mon amour, de tout moi vers tout toi : je t’adore, corps et âme, de tout mon corps et de toute mon âme. Et chaque fois qu’il y a quelque chose de neuf en toi, c’est une nouvelle adoration. Mon petit, mon petit, ne sois pas triste. Tu es mon destin, mon éternité, ma vie, ma joie, le sel et la lumière de la terre. Je me jette dans tes bras et j’y reste sans fin. Je suis ta femme à jamais. » Aucune emphase, pas de sentimentalisme, mais une sorte de jubilation à faire entendre ces mots d’amour.

« Voilà, poursuit-il. C’est une lettre de Simone de Beauvoir, à moi adressée en 1953. » Ils ont été amants de 1952 à 1958. Lanzmann ne peut plus montrer les originaux, car il vient de les vendre à l’université américaine Yale. Il ne révèle pas le prix de ces cent douze lettres. On sent, sinon de l’amertume, du moins de la tristesse : « C’était la décision la plus difficile à prendre de ma vie. Mais j’ai choisi, pensant que, de mon vivant, je ne pourrais pas les publier. » Lui qui refuse la vieillesse doit admettre qu’il a mis les choses en ordre. Il en parle pour qu’on soit bien certain de son importance dans la vie de Beauvoir même si son Lièvre de Patagonie, paru chez Gallimard en 2009, évoque longuement leur vie commune.

Aurait-il vendu ce trésor s’il avait pu le transmettre à son fils ? Félix, un beau jeune homme, est à côté sur la photo, bien en évidence sur le bureau : « Il est mort l’an dernier d’un cancer. Il avait 23 ans. » Claude Lanzmann se tasse un peu plus dans son fauteuil, s’efforce de retenir l’émotion : « Là, je crois que c’est à Berlin en février 2013, quand j’ai reçu l’ours d’honneur. Tu vois comme il est beau. » Pour chasser la tristesse, il revient à Beauvoir : « Entre elle et moi, c’était une grande histoire, différente des autres. Nous avons vécu sous le même toit. »

Au moment où « La Pléiade » célèbre Simone de Beauvoir avec deux volumes rassemblant ses Mémoires, les mots de Lanzmann dessinent un autre portrait d’elle, plus intimiste, plus touchant aussi. Cette histoire prouve, s’il en est encore besoin, que réduire Beauvoir à une icône féministe ou, comme le disent ses ennemies, à une femme soumise à Sartre est une absurdité. Une manière de nier sa singularité, sa complexité. Outre un grand écrivain – aurait-elle aimé écrivaine ? –, elle fut une amoureuse passionnée, si loin du « bas-bleu », froide, cérébrale, qu’on s’est plu à décrire jadis, croyant qu’une femme qui pense et ose écrire, en 1949, Le Deuxième Sexe ne peut pas être « une vraie femme ».

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Elle a aimé follement, de mille manières, et n’a cessé de l’écrire. Sa correspondance, à laquelle elle consacrait une partie de ses matinées depuis l’âge de 10 ans, était un geste essentiel. Elle tenait aussi un journal, mais quand elle avait trop de travail, elle préférait le mettre de côté pour continuer à répondre à tous ceux qui lui écrivaient. C’est sa fille adoptive, Sylvie Le Bon de Beauvoir, qui possède aujourd’hui la majeure partie de ces lettres. Une belle femme brune, les cheveux relevés, un peu comme sa mère, mais sans le turban que celle-ci affectionnait. Elle s’est un peu éloignée de la rue Victor-Schœlcher, qui borde le cimetière du Montparnasse, où vivait Beauvoir, mais elle est restée sur la rive gauche, non loin de la rue d’Alésia. L’appartement tient sur deux niveaux. En haut, l’espace de travail, tout blanc. En bas, des murs recouverts d’un tissu aux couleurs très chaudes. Des photos de Beauvoir, d’elles deux, de Sartre, un moulage des mains de l’auteur des Mains sales… Rien de funèbre, seulement les souvenirs de moments de gaieté, de plaisirs partagés.

Les deux femmes se sont rencontrées le 15 novembre 1960. Sylvie Le Bon avait 19 ans. Elle était en khâgne, se préparait à intégrer l’École normale supérieure et à passer l’agrégation de philosophie. Elle avait écrit à Beauvoir, l’auteur des Mandarins, prix Goncourt 1954, et du Deuxième Sexe, polémique, qui avait changé la vie de tant de jeunes femmes. « Je l’ai emmenée dîner dans un restaurant de mon quartier, raconte Simone de Beauvoir dans Tout compte fait, le volume de ses Mémoires dédié “à Sylvie” (Gallimard). Très intimidée, elle se tordait nerveusement les doigts, elle louchait et répondait à mes questions d’une voix étranglée. » Assez vite, l’étudiante et l’intellectuelle se lient. Sylvie va partager la vie de Beauvoir, avec Sartre, avec leurs amis. Elles voyageront souvent ensemble, militeront, participeront aux grandes manifestations féministes des années 1970-1980. Pourquoi ? Il est toujours difficile de ­comprendre comment une rencontre se transforme en amitié. C’est aussi mystérieux qu’en amour.

En 1980, après la mort de Sartre, Beauvoir fait part à Sylvie de son souhait de l’adopter. Celle-ci est plus que réticente : « Je détestais cette idée de mère-fille, qui n’avait rien à voir avec notre relation », dit-elle. Elle finit par comprendre qu’il ne s’agit pas d’une question de filiation, mais d’une volonté de protéger sa postérité littéraire. La suite a donné raison au choix de Beauvoir. Depuis 1986, Sylvie a consacré la majeure partie de ses journées à travailler sur les textes de sa mère adoptive, pour que son œuvre vive après sa mort. Elle a publié les Cahiers de jeunesse et la majeure partie des lettres. « Pour Simone de Beauvoir, chaque existence est un absolu, m’explique-t-elle. Elle ne voulait rien en perdre, mais, au contraire, garder la poussière du quotidien. Elle a souvent rêvé que toute sa vie était enregistrée sur un magnétophone géant pour que rien ne s’oublie. Pour aller au plus près de ce rêve, pour rendre justice à l’immédiat, pour témoigner de son amour de la vie, il y avait les lettres. »

Le goût des « amours contingentes »

Passons sur les amourettes adolescentes, de peu d’intérêt, dont on trouve quelques traces dans les Mémoires. L’histoire forte de sa prime jeunesse se noue avec Élisabeth Lacoin, dite « Zaza », une fille rencontrée à l’école, au cours « Désir ». Elles seront inséparables. Leurs lettres restent à publier bien que quelques-unes figurent dans un livre d’hommage à Élisabeth Lacoin, quasi introuvable. L’amie adorée meurt à 22 ans, au moment où Simone, elle, commence à prendre son envol. Sa disparition occupe les dernières pages de Mémoires d’une jeune fille rangée (Gallimard) : « Souvent la nuit elle m’est apparue, toute jaune sous une capeline rose, et elle me regardait avec reproche. Ensemble nous avions lutté contre le destin fangeux qui nous guettait, et j’ai pensé longtemps que j’avais payé ma liberté de sa mort. »

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Parce qu’elle décide de faire des études de philosophie – choix courageux pour une fille à l’époque –, Simone de Beauvoir rencontre un groupe de jeunes gens et se lie à eux. L’un d’eux, Jean-Paul Sartre, est, sinon le plus brillant, du moins le plus créatif, celui qui a déjà une pensée, le désir de n’être pas seulement professeur de philosophie, mais philosophe. À 21 ans, elle comprend qu’il sera la grande affaire de sa vie. Comme elle l’écrit à la fin du premier tome de ses Mémoires : « Avec lui, je pourrais toujours tout partager. Quand je le quittai au début août, je savais que plus jamais il ne sortirait de ma vie. » On est en 1929. De leur vie ­commune, du couple mythique d’intellectuels qu’ils ont formé, on sait beaucoup de choses. Leurs voyages, leurs prises de positions. Leurs livres disent ce qu’ils ont voulu laisser de plus important d’eux-mêmes, ce qu’ils ont voulu donner à voir et à penser. Mais la correspondance, au fond, fait partie de leur œuvre. Que racontent ces presque mille pages de lettres de Beauvoir à Sartre ? Un lien très singulier, un « amour nécessaire », se laissant la liberté d’« amours contingentes », de « petites histoires de printemps », comme disait Sartre. Un long moment de leur existence, 1930-1963. On le sait, Simone de Beauvoir voulait tout de la vie, se disait infiniment douée pour le bonheur. Ses lettres en sont une preuve éclatante. Elle a aussi des moments de désespoir, mais même dans les mauvais jours, elle cherche ce qui peut la réconforter. Un exemple au hasard : le dimanche 17 décembre 1939, la France est en guerre, Sartre est mobilisé : « J’ai eu deux tendres lettres de vous aujourd’hui et ça m’a rendue tout heureuse ; j’ai d’ailleurs passé un excellent temps depuis que je vous ai écrit : c’est que j’ai bien pu travailler et si je pouvais le faire aussi bien tous les jours, je serais tous les jours gaillarde. »

Leurs échanges sont aussi une chronique de l’époque et une sorte de journal de bord. Avec Sartre, Beauvoir pense « tout partager ». Ce qui est sans doute une illusion, mais elle y est attachée. Ils ont un contrat de transparence absolue. Elle veut donc tout dire et tout apprendre en retour. Elle n’ignore pas que Sartre demeure étranger à son goût de la nature, mais elle n’est pas du genre à déroger à la règle qu’elle s’impose. Alors elle ne lui épargne le récit d’aucun de ses déplacements. Il doit tout savoir sur ses promenades, la description de paysages qui le laissent indifférent. En juillet 1938, elle est près de Chamonix et vient de faire « neuf heures et demie de pleine marche » – on peut être sûr que Sartre se réjouit d’y avoir échappé. « On a remonté des gorges, franchi des cols et vu des panoramas superbes – il y a beaucoup de neige, et du rocher, et ce n’est pas tout… C’est même parfois un peu terrible mais je suis aux anges, je n’ai jamais rien vu de plus beau. »

Les « amours contin­gentes » aussi font partie du contrat, et même les passions. Tout cela n’est pas essentiel, puisque Sartre est l’horizon indépassable. Les lettres de Beauvoir et les entretiens qu’ils ont faits en ­commun ultérieurement révèlent cet amour absolu. Comme plus tard cette image d’elle, dévastée, hagarde, perdue, au cimetière du Montparnasse, ce samedi d’avril 1980, devant la tombe de Sartre encore ouverte. Avec lui, ce n’est pas la passion charnelle qu’elle a eue pour d’autres, mais un accord parfait, une complicité, qui a fait d’eux ce duo inoubliable, soudé de manière indestructible, une aventure qui est l’exercice d’une vraie liberté. Le « charmant Castor » – c’est ainsi qu’elle signe la plupart du temps – est en totale symbiose avec son « cher petit vous autre », ce « bon petit philosophe » dont elle admire la puissance de pensée. À travers ces lettres, on voit que le choix fait, à 21 ans pour elle, à 24 ans pour lui, n’a jamais été remis en cause. Tout est resté intact et le pari pris dans la jeunesse a été tenu : un lien qui survirait à tout, sans mariage, sans enfant. Qui surmonterait les affrontements de la vie, les séparations, les escapades amoureuses, de part et d’autre, et cet « encombrement » qu’apportent nécessairement la liberté et la passion des autres. Un amour qui surplombe tout.

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Leur fidélité ne se vit pas au sens bourgeois du terme. On n’imagine pas Beauvoir écrivant à Sartre : « Je vous ai trompé avec Untel. » Un mot dont aucun des deux ne comprenait le sens. En 1938, elle lui révèle sa liaison avec un de ses anciens élèves, Jacques-Laurent Bost, racontant avec humour comment ils en sont venus à faire l’amour : « Il m’est arrivé quelque chose d’extrêmement plaisant et à quoi je ne m’attendais pas du tout en partant – c’est que j’ai couché avec le petit Bost voici trois jours – naturellement c’est moi qui le lui ai proposé – l’envie nous en était venue à tous deux et nous avions le jour des conversations graves et les soirées étaient intolérablement lourdes. » Et, comme à son habitude, elle décrit avec minutie ce qui s’est passé : « Nous nous sommes observés pendant une heure, reculant sous divers prétextes le moment de dormir, lui jacassant éperdument, et moi cherchant vainement dans ma tête la phrase négligente et propice que je n’arrivais pas à articuler – je vous raconterai mieux. Enfin, j’ai ri bêtement en le regardant (…). Ensuite nous avons encore pataugé un quart d’heure avant qu’il se décidât à m’embrasser (…). Je tiens fort à lui. Nous passons des journées d’idylle et des nuits passionnées. » La conclusion est pour Sartre : « Mais ne craignez pas de me trouver samedi morose, et désorientée, et mal à l’aise. »

Entre 1937 et 1940, Simone de Beauvoir et Jacques-Laurent Bost s’écrivent tous les jours quand ils ne sont pas ensemble. La guerre arrive et ils essaient de garder leur humour. On voit, au jour le jour, ce que Beauvoir a rapporté et analysé dans ses Mémoires, leur refus de cette guerre, qui, avec le recul, semble un aveuglement pathétique. « Mon petit Bost aimé (…), Sartre m’a assuré hier soir, et encore beaucoup plus aujourd’hui, qu’il n’allait pas y avoir la guerre » (20 mars 1939). La guerre est déclarée le 3 septembre 1939, et, le 17 octobre, Beauvoir écrit : « On dirait que la guerre commence pour de vrai ; ça me glace les os. Je ne peux pas croire qu’il y aura un moment où vous vous battrez. » C’est cette « coupure dans sa vie », cette « irruption tragique de l’histoire » qui opérera en elle « une conversion radicale », comme l’explique Sylvie Le Bon de Beauvoir : « Un douloureux travail sur soi l’amènera à remettre en question l’individualisme, l’apolitisme de sa jeunesse, sa recherche schizophrénique du bonheur. »

La grenouille et l’amant crocodile

Après ce tunnel de la guerre, Beauvoir est invitée en 1947 aux États-Unis pour une tournée de conférences dans des universités. Quand elle découvre New York, avec un enthousiasme qu’elle veut partager avec Sartre, elle ne sait pas encore que ce voyage va bouleverser sa vie : « J’ai descendu à pied tout Broadway et je trouvais cette ville d’une beauté, d’une grandeur qui touche à celles des montagnes – en même temps, c’est tellement une ville qu’on n’a plus envie d’en visiter une autre après celle-ci (…). Je voudrais rester quelque temps sans connaître personne, ici, tant cette ville me fait chaud au cœur. On s’y sent libre. Personne ne vous regarde, même à l’hôtel c’est impersonnel, c’est agréable. »

Comme elle doit se rendre à Chicago, une amie du romancier Nelson Algren lui conseille d’aller le voir de sa part. Ils passent une soirée et un après-midi ensemble, avant que Beauvoir s’envole pour Los Angeles. Algren, qui n’a pas encore écrit son chef-d’œuvre, L’Homme au bras d’or (Gallimard), lui montre sa ville, ses bas-fonds, les bistrots du quartier polonais. Elle aime les lieux, elle a surtout un coup de foudre pour lui. Algren voudrait croire qu’elle va, pour leur amour, délaisser Sartre et choisir l’Amérique. Après plusieurs va-et-vient, elle rentre à Paris, mais ils resteront liés jusqu’en 1964. « En rêve, une de ces dernières nuits, je vous déclarais que je me ferais enterrer avec votre anneau au doigt, ce que j’ai bien l’intention de faire, lui écrit-elle en 1953. Votre anneau au doigt et votre visage dans mon cœur tant que je vivrai. » Elle a tenu parole : la bague n’a jamais quitté son doigt.

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Ces lettres à Algren sont souvent drôles, pleines de lucidité. « Non, Nelson mon chéri, je l’avoue, je ne me repens nullement de vous avoir piégé. Vous ne désiriez qu’un petit divertissement par une belle nuit de printemps, je ne désirais qu’une chaude et apaisante nuit après un intense, solitaire et fiévreux long voyage aux USA, seulement une chaude nuit apaisante dans les bras d’un homme plaisant, et vous voyez ce qui nous est arrivé ? Piégés tous les deux. Nous ne pouvons défaire ce que nous avons fait, c’est déplorable, mais comme c’est aussi injuste pour moi que pour vous, je ne me repens pas et même je suis satisfaite d’avoir été assez maligne pour vous piéger. » Tranquillement, elle insiste : « Oh ! Je ne vous libérerai pas, aussi longtemps que je pourrai l’éviter ; sans pitié je maintiendrai le piège étroitement fermé, vous m’appartenez désormais comme je vous appartiens. » (28 octobre 1947).

Elle veut vivre cet « amour transatlantique » pleinement, avec passion, à la folie. C’est une Beauvoir inconnue, plus libre que jamais, heureuse, blessée parfois, qui apparaît dans ces lettres, écrites en anglais et traduites par sa fille adoptive. Avec Algren, elle n’est plus « le Castor » mais « votre Simone ». Elle lui raconte ce qui se passe à Paris, littérairement, politiquement. Les réponses de l’amant manquent. Sylvie de Beauvoir, qui les possède, les a traduites, mais il faut l’autorisation de la succession, représentée par un agent américain, pour que Gallimard puisse les publier. Dommage, même si Beauvoir en cite quelques-unes dans son troisième volume de Mémoires, La Force des choses (1963). « Vous, vous avez Sartre et aussi un certain genre de vie : des gens, un intérêt vivant dans les idées, écrit Algren, qui s’est remarié avec sa première femme, avant de divorcer à nouveau. Vous êtes plongée dans la vie culturelle française et chaque jour vous tirez une satisfaction de votre travail et de votre vie. Tandis que Chicago est presque aussi loin de tout qu’Uxmal. Je mène une existence stérile, centrée exclusivement sur moi-même et je ne m’en accommode pas du tout. » Uxmal est une antique cité maya du Mexique. C’est dire si Algren se sentait isolé et laissait percer une certaine aigreur. Beauvoir comprend alors que leur histoire est « vouée à finir, et bientôt ».

Et pourtant, elle s’accroche encore à cet amour unique. Elle désire le corps « chaud et confortable » de son amant « crocodile » ; elle, pauvre « grenouille » française qui n’imaginait pas écrire un jour tant de mots déraisonnables à un « jeunot du cru » qui a tout juste un an de moins qu’elle et la rend « idiote ». Beauvoir ne craint pas ces surnoms un peu ridicules que se donnent les amoureux. Elle est libre et l’ironie n’a pas disparu. Ainsi le 8 novembre 1947 : « Nelson mon amour. Rien n’arrive, toujours le même amour pour vous, très fastidieux. »

Une aventure belle et douloureuse

En 1952, Simone de Beauvoir est à Paris, loin d’Algren. Elle a 44 ans et se sent déjà vieille. Un sentiment constant chez elle, comme le rappelle un entretien à la Paris Review en 1964 : « J’ai toujours senti profondément que le quotidien de la vie au jour le jour, les impressions, le vécu, tout cela s’anéantissait… C’est personnel. J’ai toujours eu très fort le sens du temps qui passait. J’ai toujours pensé que j’étais vieille. Déjà à 12 ans, je pensais que c’était terrible d’avoir 30 ans, qu’il y avait quelque chose qui se perdait. »

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Elle est certaine d’avoir tiré un trait sur les histoires d’amour. Et voilà qu’un jeune homme de 17 ans de moins, Claude Lanzmann, entre au comité de rédaction de la revue Les Temps modernes, dirigée par Sartre. Visiblement, il s’intéresse à elle. Un soir, il l’invite au cinéma. Elle comprend vite que ce n’est qu’un prétexte, mais elle accepte. Leur amour durera jusqu’en 1958 et sera suivi d’une amitié que seule la mort de Beauvoir interrompra. Elle, plutôt rétive à la cohabitation, accepte que Lanzmann s’installe avec elle. Elle en parle à Algren dans une lettre du 3 août 1952 : « Eh bien, Nelson, il m’arrive la chose la plus incroyable : il existe quelqu’un qui veut m’aimer, m’aimer d’amour. Ça me rend mi-heureuse mi-triste : heureuse car c’est aride de vivre sans amour, triste car j’aurais voulu n’être aimée par personne d’autre que vous. (…) Je suis amoureuse de lui, en octobre nous aurons une vraie histoire, ça me fait stupéfiant car définitivement, sincèrement, j’avais accepté de vivre désormais en vieille femme, une vie sans amour. Pour lui je suis jeune encore, il m’aime. »

Plus tard, le 15 février 1954, elle lui confie : « Vous demandez si dans ma vie il y a encore de la magie. Je n’en ai pas parlé depuis longtemps, de ma vie, parce que, comme vous dites, il est malaisé de dire la vérité, toute la vérité. Oui, il nous faudrait de longues promenades le long des rives de la Seine et d’autres fleuves, pour tout nous raconter correctement. » Puisque lesdites promenades n’auront pas lieu, elle précise : « Mais je vais faire un effort puisque vous en avez fait un. Eh bien, la magie à coup sûr a disparu. Elle a existé, elle ne reviendra plus. D’abord, ou peut-être en second lieu, peu importe, à cause de mon âge, le monde qui m’entoure s’impose de plus en plus à moi, et il n’en émane guère de magie. Puis, et surtout en fait, parce que je ne pourrai certainement plus aimer, parce que je n’aime pas cette fois de l’amour dont je vous ai aimé. Quelque chose est fini à jamais. »

Comme tous les amoureux du monde, ils s’étaient fait la promesse de mourir dans les bras l’un de l’autre, à 76 ans. Algren est mort solitaire, plein de ressentiment pour Beauvoir, à 72 ans, en 1981 – un an après Sartre –, et elle cinq ans plus tard, à 78 ans. Mais jusqu’au bout, ils sont l’un et l’autre restés certains de leur amour improbable, impossible, qui les a entraînés dans une aventure aussi belle que douloureuse. 12 juillet 1956 : « Vous dites : faire mourir ça a été dur. Eh bien sachez que pour moi également ce fut dur, et en un sens ça ne s’anéantira jamais totalement (…). Je me sentirai toujours profondément attachée à vous, par un lien chaleureux, vivant, merveilleux, essentiel, je vous comprends comme je sais que vous me comprenez. »

Question de survie

Claude Lanzmann a rendu public, en le commentant, un autre extrait de lettre en 2008, pour le centenaire de la naissance de Beauvoir : « Jeudi matin. Mon amour chéri, mon sherpa [c’était notre époque himalayenne], mon petit cheval noir, ma rose du monde [nous avions déjà visité le cloître pyrénéen], mon enfant à moi, que je t’aime, mon amour, et que tu es bête ! Oui, mon cœur, je t’aime à jamais, je mourrais sans toi, je suis à toi : ne le sais-tu pas ? Heureusement que lundi tu étais revenu à la raison, sinon je t’aurais grondé d’écrire des choses pareilles. Comme si tu n’étais pas mélangé à moi, corps et âme, comme si tu ne le savais pas ! Oh ! Je voudrais te serrer fort dans mes bras et caresser ta nuque en te répétant, mon amour, que tu es si sot. Dans une semaine nous serons dans les bras l’un de l’autre. » Elle se dit prête à l’attendre à Salzbourg ou à Munich, comme il voudra. Et toujours, avec sa précision : « En cas d’urgence ou de contrordre, je serai certainement lundi et en tout cas mardi au Goldener Hirsch où tu pourras télégraphier ou téléphoner. Tu me manques de toutes les façons. Viens vite. Serre-moi contre toi, mélangée à toi, te regardant avec des larmes d’amour. Je t’adore, ma vie. Ta femme, ta Castor. » Il est toujours agréable d’entendre quelques paroles de Beauvoir. Mais quand on a lu les correspondances publiées, on voit que ces passages en disent peu sur l’histoire entre Lanzmann et elle. Seule l’intégralité de leurs échanges permettrait d’en retracer la complexité. Pour cela, un accord entre Sylvie Le Bon de Beauvoir et Claude Lanzmann est indispensable.

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Quand je rends visite à Sylvie de Beauvoir, en février, elle est indignée d’avoir lu dans Le Monde quelques jours plus tôt, un entretien avec Claude Lanzmann sur la vente des lettres. Il y affirmait notamment qu’elle interdisait leur publication. La fille de Beauvoir récuse le mot « interdire », mais précise s’opposer à toute publication partielle : « Je l’ai dit à Claude dès 2008, lors d’un colloque sur la centenaire de la naissance de Beauvoir. J’ai toujours été d’accord pour publier. Mais ces lettres, je veux les voir, les déchiffrer et je veux être certaine qu’elles sont dans leur authenticité et leur intégralité. » Elle ne veut pas qu’on « s’arrange avec l’histoire », qu’on supprime des lettres gênantes pour tel ou tel, y compris pour leur destinataire.

Le conflit est inextricable. Lanzmann pense que Sylvie veut l’écarter de l’existence de Beauvoir, en évitant de faire lire leurs lettres d’amour. Elle trouve l’argument ridicule, vu tout ce qu’elle a fait publier (chez Gallimard). Les 600 pages de Lettres à Nelson Algren, les 980 pages de Correspondance croisée avec Jacques-Laurent Bost, ou encore ces 900 pages de Lettres à Sartre, retrouvées après la mort de sa mère en 1986, et décryptées par ses soins. Dans la préface, l’héritière interroge : « N’est-ce pas souhaitable désormais de tout dire pour dire vrai ? D’écarter, par la puissance indiscutable du témoignage direct, les clichés, les mythes, les images, tous ces mensonges, afin que surgisse la personne réelle, telle qu’en elle-même ? »

Qui a vu un jour la graphie de Simone de Beauvoir peut mesurer l’ampleur du travail de Sylvie. Des milliers d’heures pour déchiffrer les textes, les lettres, tous manuscrits. Sartre se plaignait du temps qu’il lui fallait pour lire une lettre du Castor. Beauvoir elle-même, en 1952, écrivait à Nelson Algren : « Je ne conçois pas comment vous déchiffrez mes lettres, et crains que vous ne vous contentiez de les mettre au panier car moi je n’ai quasi pu relire ce que j’ai griffonné ce matin. »

Sylvie continue de recevoir des copies, envoyées par des ­correspondants qui veulent nourrir ses archives. Et elle, songe-t-elle à publier ses échanges avec Beauvoir ? La question la préoccupe. Le sujet est sensible, on se sent gênée d’insister. Elle sait que les lettres d’écrivain ne sont pas des documents privés mais une pièce du patrimoine intellectuel. Ce qu’elle a fait pour l’œuvre de Beauvoir était pour elle « une question de survie », me confie-t-elle. Avant d’ajouter : « Publier mes lettres avec elle, c’est autre chose. C’est ma vie. Et pour le moment, elle est à moi seule. » Alors son regard est comme tourné vers elle-même, vers les moments de sa vie que racontent ces lettres.

Cet article est paru dans le numéro 57 (Mai 2018) de Vanity Fair France

Jean-Paul Jouary : « Nos institutions ne sont pas l’horizon indépassable de la pensée politique »

Vendredi 3 Septembre 2021

Jérôme Skalski

Dans Vivre et penser dans l’incertitude. Ces philosophes indispensables à notre temps (Flammarion, 2021), le philosophe s’attache à nous faire découvrir combien la pensée progresse dans un processus évolutif, « en sachant qu’elle n’atteindra jamais de point d’arrivée ».

Votre ouvrage Vivre et penser dans l’incertitude se présente à la fois comme un essai donnant l’occasion de se saisir des idées d’un certain nombre de philosophes et comme un itinéraire au travers d’une série de problèmes traditionnels de la philosophie, dont vous montrez l’actualité. Qu’est-ce qui a guidé votre travail ?

JEAN-PAUL JOUARY Je persiste à penser que la plupart des grands problèmes qui nous sont posés sont à la fois inédits, singuliers et porteurs de problématiques plus générales, qu’il convient de cerner pour en aborder le fond. Sans cela, on en reste à des bavardages superficiels qui ne mènent qu’à des impasses désespérantes. Il se trouve que, depuis vingt-cinq siècles, des philosophes nous lèguent des pensées qui débordent largement leur contexte historique et nous parlent souvent avec une étrange pertinence de la laïcité, de la liberté, de la démocratie, de l’oppression des femmes, du passage de l’être à l’avoir et au paraître. Je me suis efforcé de rendre accessibles ces outils intellectuels sur une série de questions actuelles.

Convoquant Galilée, Descartes, Spinoza, Kant mais aussi Averroès et Maïmonide, vous abordez tout d’abord la question des Lumières et de la laïcité. Pourquoi un tel point de départ ?

JEAN-PAUL JOUARY Parce qu’il est aujourd’hui essentiel de saisir la distinction du croire et du savoir pour raisonner sur la réalité et ne pas la subir. L’un des cancers de notre époque est la promotion de pures croyances au rang d’évidences. Cela concerne d’abord bien sûr les religions, et je tenais à montrer que le chrétien Galilée au XVII e siècle, le juif Maïmonide et le musulman Averroès au XII e siècle ont construit, dans la douleur et sous la répression des autorités religieuses, une authentique laïcité dont Descartes, Spinoza, Diderot ou Kant ont bénéficié pour libérer jusqu’à nous la pensée et l’action. Rien ne serait plus utile que de l’enseigner largement.

Mais il est d’autres croyances et d’autres oppressions : croyances scientistes, croyances racistes, croyances libérales, croyances sexistes, et dans tous ces domaines aussi il faut « raison garder ». La démocratie est incompatible avec la proclamation de « vérités » officielles, puisque les citoyens sont censés décider de tout après libre débat.

Mais, en temps de crise, les mêmes citoyens ressentent le besoin de s’accrocher à des vérités absolues, rassurantes, et il ne manque pas de charlatans pour leur en fournir à la pelle. Quitte à tout mettre en doute au nom de ces prétendues vérités et sombrer dans les délires les plus irrationnels. Il est inconfortable mais absolument nécessaire d’avancer dans la réflexion, de dépasser les erreurs et illusions, tout en se gardant de scléroser ces avancées dans de nouveaux dogmes.

 L’apprentissage de la philosophie est à mes yeux inséparable de la citoyenneté active, et plus encore aujourd’hui. 

Un élément sur lequel vous insistez dans votre ouvrage concerne la valeur de la tradition scolaire française de l’enseignement de la philosophie au lycée. Pourquoi faut-il la défendre, la développer ?

JEAN-PAUL JOUARY Cette tradition est toujours à défendre, toujours menacée par ceux qui, selon les mots de Spinoza, fondent leur autorité sur l’ignorance. Partout où j’ai enseigné, dans le supérieur comme en lycées « sensibles », en France comme en Côte d’Ivoire encore actuellement, j’ai ressenti chez les élèves et étudiants une sorte de renversement des points de vue, un plaisir d’affronter des cheminements difficiles au bout desquels on ressort grandi et plus libre.

L’apprentissage de la philosophie est à mes yeux inséparable de la citoyenneté active, et plus encore aujourd’hui pour bénéficier des possibilités positives des médias et des réseaux sociaux, et ne pas sombrer dans toutes les aliénations et régressions qu’ils rendent possibles à grande échelle. Le fait que l’on privilégie de plus en plus les épreuves de « rhétorique » au détriment de la philosophie est un très


« Je ne sais pas ce que nous réservent les années à venir. De monstrueux changements se préparent, des forces dessinent un futur dont nous ne connaissons pas le visage. Certaines d’entre elles nous semblent dangereuses parce qu’elles tendent à éliminer ce que nous tenons pour bon. Il est vrai que deux homes réunis soulèvent un poids plus aisément qu’un homme seul. Une équipe peut fabriquer des automobiles plus rapidement et mieux qu’un homme seul. Et le pain qui sort d’une fabrique est moins cher et de qualité plus uniforme que celui de l’artisan. Lorsque notre nourriture, nos vêtements, nos toits ne seront plus que le fruit exclusif de la production standardisée, ce sera la tour de notre pensée. Toute idée non conforme au gabarit devra être éliminé. La production collective ou de masse est entrée dans notre vie économique, politique et même religieuse, à tel point que certaines nations ont substitué l’idée de collectivité à celle de Dieu. Il est trop tôt. Là est le danger. La tension est grande. Le monde va vers son point de rupture. Les hommes sont inquiets. Aussi, il me semble naturel de me poser ces questions. En quoi crois-je ? Pour quoi dois-je me battre ? Et contre quoi dois-je me battre ? Notre espèce est la seule créatrice et elle ne dispose que d’une seule faculté créatrice : l’esprit individuel de l’homme. Deux hommes n’ont jamais rien créé. Il n’existe pas de collaboration efficace en musique, en poésie, en mathématiques, en philosophie. C’est seulement après qu’a eu lieu le miracle de la création que le groupe peut l’exploiter. Le groupe n’invente jamais rien. Le bien le plus précieux est le cerveau isolé de l’homme. Or, aujourd’hui, le concept du groupe entouré de ses gendarmes entame une guerre d’extermination contre ce bien précieux : le cerveau de l’homme. En le méprisant, en l’affamant, en le réprimant, en le canalisant, en l’écrasant sous les coups de marteau de la vie moderne, on traque, on condamne, on émousse, on drogue l’esprit libre et vagabond. Il semble que notre espèce ait choisi le triste chemin du suicide. Voici ce que je crois : l’esprit libre et curieux de l’homme est ce qui a le plus de prix au monde. Et voici pour quoi je me battrai : la liberté pour l’esprit de prendre quelque direction qu’il lui plaise. Et voici contre quoi je me battrai : toute idée, religion ou gouvernement qui limite ou détruit la notion d’individualité. » Extrait de « À l’est d’Éden » John Steinbeck

Les hommes y tiennent à leurs sales souvenirs, à tous leurs malheurs et on ne peut pas les en faire sortir. Ça leur occupe l’âme. Ils se vengent de l’injustice de leur présent en besognant l’avenir au fond d’eux-mêmes avec de la merde. Justes et lâches qu’ils sont tout au fond. C’est leur nature. »

– Louis-Ferdinand Céline, Voyage au bout de la nuit

Je suis médecin… la clientèle médicale, de vous à moi, confidentiellement, est pas seulement affaire de science et de conscience… mais avant tout, par-dessus tout, de charme personnel… le charme personnel passé 60 ans?… vous pouvez faire encore mannequin, potiche au musée…. peut-être?… intéresser quelques maniaques, chercheurs d’énigmes?… mais les dames? le barbon tiré quatre épingles, parfumé, peinturé, laqué?… épouvantail! clientèle, pas clientèle, médecine, pas médecine, il écoeurera!… s’il est tout cousu d’or?… encore!… toléré? hmm! hmm!… mais le chenu pauvre?… à la niche! Écoutez un peu les clientes, au gré des trottoirs, des boutiques… il est question d’un jeune confrère… « oh! vous savez, madame!… Madame!… quels yeux! quels yeux, ce docteur!… il a compris tout de suite mon cas!… il m’a donné de ces gouttes à prendre! midi et soir!… quelles gouttes!… ce jeune docteur est merveilleux!… » Mais attendez un peu pour vous… qu’on parle de vous!… « Grincheux, édenté, ignorant, crachoteux, bossu… » votre compte est réglé!… le babil des dames est souverain!… les hommes torchent les lois, les dames s’occupent que du sérieux : l’Opinion!… une clientèle médicale est faite par les dames!… vous les avez pas pour vous?… sautez vous noyer!… vos dames sont débiles mentales, idiotes à bramer?… d’autant mieux! plus elle sont bornées, butées, très rédhibitoirement connes, plus souveraines elles sont!… rengainez votre blouse, et le reste!…

– Louis-Ferdinand Céline, D’un château l’autre (1957)

Inédits de Céline : « Je n’ai pas souvenir d’une découverte aussi importante en littérature »

08/08/2021 (MIS À JOUR À 00:15)

Par Benoît Grossin

Entretien |Pour Émile Brami, l’ancien libraire spécialiste de l’auteur de « Voyage au bout de la nuit », les milliers de feuillets qui refont surface, près de 80 ans après leur disparition, sont très prometteurs. Avec parmi les textes inédits « Casse-pipe », qu’il recherchait lui-même depuis des années.

Louis-Ferdinand Céline, photographié ici le 13 octobre 1951, n’a cessé jusqu’à sa mort de s’insurger contre le vol, à son domicile en 1944, des milliers de feuillets inédits qui viennent de réapparaître, dans des conditions mystérieuses.• Crédits : Keystone /Hulton Archive – Getty

C’est un événement majeur, dans le monde littéraire. Des milliers de feuillets inédits de Louis-Ferdinand Céline ont réapparu – révélation de Jérôme Dupuis dans le journal Le Monde – dans des conditions très mystérieuses. Céline n’a cessé de répéter jusqu’à sa mort qu’on les lui avait volés, dans son appartement de Montmartre, à Paris, en 1944, juste après sa fuite vers l’Allemagne nazie. Il évoquait notamment Casse-pipe, roman qui devait former une trilogie avec Voyage au bout de la Nuit et Mort à Crédit

Toutes les recherches pour retrouver ces précieux documents n’ont rien donné, jusqu’à la mort en novembre 2019 de sa veuve, l’ex-danseuse Lucette Destouches. Après sa disparition, un avocat spécialiste du monde de l’édition, Me Emmanuel Pierrat, est contacté par un ancien journaliste à Libération, Jean-Pierre Thibaudat, qui lui annonce détenir depuis quinze ans des milliers de pages, l’équivalent d’un mètre cube de papier, des feuillets manuscrits de Céline, qu’un lecteur de Libération lui avait remis, gracieusement, à condition de ne pas les rendre publics avant la mort de la veuve de Céline, afin de ne pas l’enrichir. Soit 600 feuillets de Casse-pipe, un roman inconnu intitulé Londres, 1 000 feuillets de Mort à Crédit et de nombreux autres documents.

Les deux ayants droit de la veuve de Céline, après une séance en juin 2020 dans le cabinet de Me Pierrat, en présence de Jean-Pierre Thibaudat, décident, au début de cette année, de porter plainte pour recel de vol, sans que l’on sache comment les textes estimés à plusieurs millions d’euros ont refait surface. 

Jean-Pierre Thibaudat, interrogé sur son mystérieux donateur répond : secret des sources. Est-ce le descendant d’un des résistants soupçonnés d’avoir fait main basse sur le trésor ? Plusieurs pistes sont évoquées dans le journal Le Monde. 

Le spécialiste de Céline, l’ancien libraire et biographe de l’écrivain, Emile Brami, privilégie la piste d’Oscar Rosembly, un ancien comptable de l’auteur de Voyage au bout de la nuit.

Comme le manuscrit de “Voyage au bout de la nuit” vendu aux enchères en mai 2001, les feuillets de “Mort à Crédit” et de “Guignol’s Band” qui ont réapparu, près de 80 ans après leur disparition, sont des versions différentes des romans publiés.• Crédits : Patrick Durand / Sygma – Getty

Que représente cette découverte littéraire ? Est-elle majeure dans l’œuvre de Céline ? 

C’est une découverte majeure, sinon la découverte majeure de ces cent dernières années. Il y a eu quelques textes de Proust qui ont été retrouvés. Mais je n’ai pas souvenir d’une telle découverte en littérature, aussi importante. C’est tout à fait exceptionnel. Il y a deux textes inédits : Casse-pipe dont on ne connaissait qu’une centaine de pages, un livre supposé disparu mais qui était un livre de Céline attesté par une lettre à Denoël et la Légende du roi Krogold. Il y a aussi tout un tas de brouillons, une version intermédiaire de Mort à crédit, une version intermédiaire de Guignol’s Band.  il va falloir plusieurs années de travail de chercheurs, pour connaître intimement cette découverte absolument majeure. Il y a quelque vingt mille feuillets, c’est énorme ! 

Il y a aussi toute la genèse du travail de Céline, sa manière de rédiger qu’on connait, bien sûr, mais qui sera appliquée dans ce cas précis, à deux ou trois livres, plus un certain nombre de correspondances. Et entre autres semble-t-il une correspondance avec Brasillach, ce qui est très étonnant parce que les deux hommes se détestaient.  

Casse-pipe est un roman publié, inachevé, en 1948. Cela veut dire que la partie manquante a été retrouvée ? 

Je ne peux pas vous répondre de façon formelle là-dessus. Tout ce que j’ai pu voir, c’est une liste de ce qui a été rendu aux ayants droit. Je sais qu’il y a une importante partie de Casse-pipe. Est-elle complète ? Je n’en sais rien et je crois que même les gens qui les ont en main aujourd’hui ne le savent pas. C’est un tel volume qu’il va falloir travailler dessus très longuement, faire des comparaisons avec ce que nous connaissons déjà. Le travail d’expertise a été fait. On sait que c’est de la main de Céline. Mais on ignore le contenu précis de cette énorme masse de documents. Il est impossible de répondre à cette question de manière sérieuse aujourd’hui. Il faut savoir aussi que les manuscrits de Céline correspondent très rarement à ce qui a été publié. Il faisait toujours, avec sa secrétaire Marie Canavaggia, un travail de relecture et de correction. On ne pourra donc pas dire : « C’est le manuscrit qu’aurait voulu publier Céline ». Mais c’est en même temps le manuscrit d’un roman disparu pour les trois-quarts. Ce serait donc quelque chose d’extraordinaire. Je pense que les documents vont être confiés à des spécialistes de Céline, des universitaires, des spécialistes de l’écriture déjà, parce que l’écriture de Céline est difficile à déchiffrer. Souvent, il y a des mots illisibles. Je pense que les documents seront confiés à ceux qui ont travaillé pour les quatre volumes et la correspondance en Pléiade. On saura alors s’il s’agit d’une version intermédiaire, d’une version définitive pour chacun des ouvrages.

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Il y a aussi parmi les inédits, selon le journal Le Monde, un roman inconnu, un manuscrit de plus de 1 000 feuillets intitulé Londres. Comment peut-il s’inscrire selon vous dans l’œuvre de Céline ? 

Lorsque Céline écrit Voyage au bout de la nuit, il compte mettre une partie qui s’appellera Londres. Ça, c’est dans la correspondance. Il le dit à plusieurs correspondants. Quand il est en cours d’achèvement de Voyage au bout de la nuit, il se rend compte que le volume va déjà être très, très important et il dit dans une lettre que Londres fera un volume à part. Mais rien n’est jamais ressorti à ce propos. C’était une espèce de légende. Si aujourd’hui Londres existe, c’est absolument formidable, parce qu’on aurait alors toute la continuité des romans autobiographiques de Céline. Il est probable aussi que Londres ait servi de matrice à Guignol’s Band, puisque Guignol’s Band se déroule à Londres. Dans ce cas-là, il sera très intéressant de voir les différences entre le Londres qui vient de ressurgir et Guignol’s Band.  

Personnage central dans la réapparition tardive des milliers de feuillets inédits de Céline : sa veuve, l’ancienne danseuse Lucette Destouches qui se trouve dans sa maison de Meudon, dans cette photo prise le 21 février 1969. • Crédits : Gamma / Keystone – Getty

Comment analysez-vous les conditions très mystérieuses de sortie au grand jour de tous ces précieux documents ? 

Il faut d’abord tirer son chapeau à une personne : Jean-Pierre Thibaudat. Il a eu les manuscrits entre les mains, il les a conservés, il ne les a pas dispersés comme il aurait pu et gagner beaucoup d’argent. Il a donc fait un travail de conservation absolument remarquable. Mais la manière dont il dit être entré en possession de ces manuscrits ne me convainc pas du tout. Il affirme les avoir reçus d’une famille de résistants de gauche qui les auraient détenus après une perquisition faite chez Céline et qui n’a pas voulu les faire ressortir parce qu’ils ne voulaient pas que cet écrivain fasciste soit de nouveau mis en avant dans l’actualité et que sa veuve, Lucette Destouches, en profite, avant sa mort. Moi, je suis au courant de cette histoire depuis un an, mais il fallait garder le secret. Cette histoire suppose que ces résistants aient pénétré dans l’appartement de Céline, dans un laps de temps très défini, entre le moment où il quitte Paris, le 17 juin 1944, et le moment de la libération de Paris, à la fin du mois d’août 1944. Cette perquisition aurait donc été faite quelques semaines ou quelques jours après son départ. Pour moi, c’est absolument impossible. Pourquoi ? Parce que là où vit Céline sur la butte Montmartre, c’est un petit village où tout le monde se connaît, résistants et collabos. Ce petit monde-là vit ensemble. Pour l’anecdote, il y a aussi une concierge dans l’immeuble de Céline. Une perquisition, sans que personne n’en ait connaissance, sans que personne n’en parle jamais, me semble tout à fait improbable.   

Cette perquisition mystérieuse se serait déroulée sans que personne ne le voit, à un moment très difficile pour perquisitionner un collaborateur aussi important que Céline parce que la libération de Paris n’a pas eu lieu. Une telle perquisition, dans le secret le plus absolu, me semble absolument incroyable. Et on se demande bien pourquoi les possibles auteurs de cette perquisition se seraient emparés des documents de Céline. Cela n’a aucun intérêt pour eux, d’autant plus qu’ils sont présentés comme des gens de gauche, de conditions relativement modestes. Ils n’ont pas de raison de savoir que c’est important, que cela vaut de l’argent. Et c’est très volumineux en plus. C’est de l’ordre du mètre cube. On part difficilement avec plusieurs centaines de kilos de documents à la fin d’une perquisition, sans que personne dans le quartier ne se rende compte de rien. Moi, je n’y crois pas.  

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Qui a donc pu s’emparer selon vous des manuscrits ? 

On connaît la perquisition faite par Oscar Rosembly. Elle est établie et documentée. Et Céline a accusé nommément cet homme. Oscar Rosembly, ce personnage très particulier était un proche du peintre Gen Paul, ami intime de Céline, et ils habitaient tous les trois dans le même quartier. À cause de son nom, tout le monde croit qu’il est juif, ce qu’il n’est pas. Il appartient à une famille juive qui est arrivée en France au XVIIe  siècle et qui s’est très rapidement convertie au catholicisme. Et c’est quand même un archétype antisémite , Céline, pensant qu’il est juif  lui fait faire sa comptabilité !… Lorsqu’il y avait des rafles ou bien des patrouilles allemandes dans la butte Montmartre, Oscar Rosembly montait au quatrième étage chez Céline pour se cacher. Cultivé, Oscar Rosembly a été assistant parlementaire d’un ministre. Il sait, lui, la valeur de ce qu’il y a chez Céline. Il sait qu’un manuscrit de Céline est quelque chose de très important, même si à l’époque, cela n’a pas la valeur d’aujourd’hui. Il sait que littérairement, c’est quelque chose de très important. Il faut savoir aussi que lorsque Céline dit quelque chose, c’est toujours exagéré, mais qu’il y a toujours, sans exception, un fond de vérité. Donc, si Céline dit que c’est Oscar Rosembly qui l’a volé, on peut être à peu près certain que c’est lui. Il faut noter aussi qu’Oscar Rosembly a été arrêté après la Libération pour avoir mené des perquisitions chez d’autres collabos notoires, Robert Le Vigan par exemple. Il a été arrêté et jugé pour s’être largement servi, plutôt que de faire simplement des vérifications pour la Résistance. 

Lorsque je me suis mis à la recherche de Casse-pipe, j’ai donc suivi la piste Rosembly. En 1997, je suis remonté jusqu’à sa fille qui m’a dit qu’elle avait effectivement des documents, que son père avait une petite maison dans le maquis corse, dans laquelle il avait entreposé ses archives, et qu’il y avait beaucoup, beaucoup de choses sur Céline. Pendant deux ans, nous avons beaucoup échangé par téléphone, mais je ne l’ai jamais vue. J’espérais à travers elle récupérer Casse-Pipe, mais son intérêt à elle, j’ai fini par le comprendre, était que cela dure le plus longtemps possible. Tant qu’elle ne me donnait pas les documents, j’étais là à tirer la langue, à parler avec elle, à accepter tout ce qu’elle me demandait. Au bout d’une certain temps, je me suis rendu compte que je n’obtiendrais jamais rien et j’ai proposé au journaliste Jérôme Dupuis du journal Le Monde de prendre la suite de cette piste. Jérôme Dupuis est le seul à l’avoir rencontrée, une fois à Paris. Mais cela s’est passé exactement comme pour moi. Elle l’a fait lanterner, lanterner, et lui aussi a fini par abandonner. La mort de Lucette Destouches en 2019 puis celle de la fille d’Oscar Rosembly l’an dernier, a permis, je pense, à Jean-Pierre Thibaudat de ressortir les manuscrits.  

Question cruciale aujourd’hui : que vont devenir tous les inédits ? 

Ils ont été réintégrés à la succession de Mme Destouches et cela représente beaucoup, beaucoup d’argent. Un manuscrit complet et inédit pour les trois quarts de Casse-pipe, en vente publique, pourrait intéresser une université américaine et atteindre deux ou trois millions d’euros ! La version vraisemblablement intermédiaire de Mort à Crédit va être donnée à la BNF. Les héritiers vont faire une dation pour cet ouvrage et devraient conserver le reste, en vue de publications par Gallimard, l’éditeur historique de Céline. Je pense qu’il y aura un volume de Pléiade en plus, avec les inédits. Cela va combler un trou dont on n’était pas sûr qu’il serait un jour comblé et donner évidemment un regard différent sur l’œuvre de Céline. Il y a Casse-Pipe qui pourrait être, selon ce que disait Céline, l’équivalent de Voyage au bout de la nuit et de Mort à Crédit, mais aussi la Légende du roi Krogold. L’éditeur Denoël avait refusé ce livre pour son écriture très chantournée évoquant les grandes sagas du Moyen Âge, pas dans la lignée, pas dans la manière d’écrire habituelle de Céline. Il estimait que ce n’était pas ce qu’attendaient les lecteurs après Voyage au bout de la nuit. Mais Céline a toujours dit que Krogold était son vrai plaisir d’écriture.  

Les livres à lire cet été avant d’entrer en terminale selon le lycée Henri IV

Par Sophie de Tarlé 

Les élèves qui entrent en terminale générale sont ainsi encouragés à lire les trois auteurs suivants:

Platon: La République (Garnier Flammarion)

Descartes: Discours de la méthode (Intégrales de Philo, Nathan)

Rousseau: Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes (Univers des Lettres, Bordas)

Tout au long de la classe de terminale, les élèves pourront compléter leurs lectures en fréquentant des textes classiques et fondamentaux que voici:

Platon:

Apologie de Socrate (GF): Le procès de Socrate

Criton (GF): Socrate face à la tentation de l’évasion

Hippias majeur (GF): Le philosophe et le sophiste en quête d’une définition du Beau.

Le Banquet (GF): Amour et connaissance, mythe et philosophie

Alcibiade (GF): «Connais-toi toi-même»

AristoteLivre Alpha de la Métaphysique ( Mille et une nuits): La sagesse, science des causes premières

Epicure Lettre à Ménécée (dans Lettres, maximes, sentences, Livre de Poche): Sagesse et plaisir

Epictète Le Manuel (dans Marc Aurèle, Pensées pour moi-même, GF): Les exercices d’indépendance du stoïcien.

Saint Augustin: Les Confessions (GF): Le moi en quête d’assise absolue

Montaigne : Apologie de Raimond Sebond ( dans les Essais, PUF): Les vertus du scepticismeDes Cannibales (dans les Essais, PUF) «Chacun appelle barbarie ce qui n’est pas de son usage»

Machiavel:Le Prince ( Livre de Poche): Peut-on concilier la morale et l’action politique?

Descartes:

Discours de la Méthode (Intégrales de Philo, Nathan): L’autobiographie d’un philosophe

Méditations métaphysiques (Intégrales de Philo, Nathan ): Le doute et la recherche de la certitude

Hobbes Le Citoyen ( GF): Que les hommes s’entre-craignent plus qu’ils ne s’entr’aiment

Spinoza :

Traité de la réforme de l’entendement (GF): La vraie méthode

Appendice au livre I de l’Éthique (dans l’Éthique, GF): Contre toutes les illusions

Pascal :

Préface pour un Traité du vide (dans Traités scientifiques, Intégrales de Philo, Nathan): Raison et autorité, Anciens et modernes

Pensées (GF): L’existence comme problème radical

Montesquieu Essai sur le goût (Rivages poche): Le goût du bonheur et le bonheur du goût

Rousseau:

Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes (GF): L’état de nature et le mal social

Du contrat social (GF): La liberté politique

Hume:

Enquête sur l’entendement humain (GF): L’empirisme: la connaissance trouve sa source dans l’expérience et l’habitude.

Essais esthétiques (GF): La relativité des goûts fait-elle obstacle à l’universel?

Dialogues sur la religion naturelle (Vrin) : La religion a-t-elle des fondements rationnels?

Kant:

Préface à la seconde édition de la Critique de la raison pure (Intégrales de philo, Nathan): «Que puis-je savoir?» Les limites et les conditions de possibilité de la connaissance

Qu’est-ce que les Lumières? (GF): Autonomie et majorité (A lire aussi dans le même volume: Vers la paix perpétuelle et Que signifie s’orienter dans la pensée?)

Fondements de la métaphysique des mœurs (Intégrales de Philo, Nathan): En quête d’un fondement rationnel pour la morale

Idée d’une histoire universelle du point de vue cosmopolitique (Univers des Lettres, Bordas)

Hegel:La Raison dans l’Histoire (10/18): L’Histoire comme milieu de réalisation de la Raison

Marx Manuscrits de 1844 (GF): Le sens du travail humain et le communisme

BergsonLa conscience et la vie (dans L’énergie spirituelle, PUF)

NietzscheVérité et mensonge au sens extra-moral (dans Le livre du philosophe, GF): La vérité comme illusion

Freud Cinq leçons sur la psychanalyse ( Payot): Premières leçons sur la psychanalyse.

HeideggerQu’est-ce que la métaphysique? (dans Questions I , Gallimard): Qu’est-ce qu’ être?

Sartre: L’existentialisme est un humanisme ( Folio): La liberté

Merleau-Ponty L’œil et l’esprit (Folio)

Arendt La crise de la culture (Idées, Gallimard)

Russell:

Problèmes de philosophie (Payot): L’analyse du réel, la valeur de la connaissance et de la philosophie

Science et religion (Folio): Des relations conflictuelles

Les textes de la littérature universelle

D’autres textes classiques et fondamentaux de la littérature universelle:

HésiodeThéogonie (Rivages Poche)

HomèreOdyssée

SophocleŒdiperoiAntigone

Diogène Laërce Vies, doctrines et sentences des philosophes illustres (GF): une mine d’anecdotes sur les philosophes grecs

Hérodote L’enquête (Folio)

Ovide Métamorphoses (GF)

Boèce consolation de la philosophie (Rivages Poche, avec une intéressante préface de Marc Fumaroli)

La Bible: Genèse, Livre de Job, Ecclésiaste, Livre des Proverbes (notamment les prosopopées de la Sagesse)…

Des instruments de travail:

– Dictionnaire de philosophie: par exemple: Vocabulaire de la philosophie et des sciences humaines, Louis-Marie Morfaux (Armand Colin)

– Notions de logique, P. Thiry, Ed. De Boeck (progressif, avec des exercices corrigés)

– Histoire des idées scientifiques: Introduction à l’histoire et à la philosophie des sciences de N. Couzier (Ed. Ellipses)

A 40 ans Franz Kafka (1883-1924) qui ne s’est jamais marié et n’avait pas d’enfants, se promenait dans le parc de Berlin quand il rencontra une petite fille qui pleurait parce qu’elle avait perdu sa poupée préférée. Elle et Kafka ont cherché la poupée sans succès.

Kafka lui a dit de le rencontrer le lendemain et ils reviendraient la chercher.

Le lendemain, quand ils n’avaient pas encore trouvé la poupée, Kafka donna à la petite fille une lettre « écrite » de la poupée qui disait :  » S’il te plaît ne pleure pas. J’ai fait un voyage pour voir le monde. Je vais t’écrire sur mes aventures. »

C’est ainsi que commença une histoire qui se poursuit jusqu’à la fin de la vie de Kafka.

Lors de leurs rencontres, Kafka lisait les lettres de poupée soigneusement écrites avec des aventures et des conversations que l’enfant trouvait adorables.

Enfin, Kafka lui ramena la poupée (en acheta une) qui était de retour à Berlin.

« elle ne ressemble pas du tout à ma poupée », dit la petite fille.

Kafka lui a remis une autre lettre dans laquelle la poupée écrivait : « mes voyages m’ont changée. »La petite fille a embrassé la nouvelle poupée et l’a ramené toute heureuse à la maison.

Un an plus tard, Kafka est mort.

Plusieurs années plus tard, la petite fille désormais adulte a trouvé une lettre dans la poupée. Dans la minuscule lettre signée par Kafka, il y avait écrit :

« tout ce que tu aimes sera probablement perdu, mais à la fin l’amour reviendra d’une autre façon. »


« Plus les inégalités au sein d’un pays sont fortes, plus le complotisme est important »

PAR  EYMERIC SPOKUS · PUBLIÉ 27 JUIN 2021 · MIS À JOUR 27 JUIN 2021

Chercheur en psychologie sociale à l’Université de Fribourg, Pascal Wagner-Egger publie Psychologie des croyances aux théories du complot aux Presses universitaires de Grenoble (2021). Cet ouvrage propose, en une centaine de pages, une synthèse très complète de la recherche en psychologie sur le complotisme. Il permet à tout un chacun de mieux comprendre quels sont les ressorts de la pensée conspirationniste, mais aussi les facteurs psychologiques, sociaux et politiques qui favorisent la croyance aux théories du complot, grâce à une approche transversale du phénomène. Nous avons échangé avec lui.

Comment avez-vous commencé à vous intéresser au complotisme ?

J’ai commencé à m’intéresser au complotisme en réalisant une étude sur les croyances liées aux effets de la pleine lune sur le corps humain (Wagner-Egger & Joris, 2004). Je suis tombé un jour sur un article du Geo allemand qui décrivait cette théorie du complot selon laquelle les images de l’opération Apollo 11 seraient une création de Stanley Kubrick, le réalisateur de 2001 : L’Odyssée de l’espace (1968). Cette théorie m’était inconnue à l’époque, mais moi qui aime les croyances originales, elle m’a fasciné. Je suis alors entré en contact avec Adrian Bangerter, auteur de La Diffusion des croyances populaires : Le cas de l’effet Mozart (PUG, 2018). Nous avons commencé à étudier ces croyances qui intéressaient peu de monde à l’époque dans le domaine de la psychologie. Heureusement pour nous et malheureusement pour la société, nous sommes nombreux aujourd’hui à travailler sur le complotisme, avec l’explosion de ces théories sur Internet.

Pascal Wagner-Egger. Psychologie des croyances aux théories du complot : Le bruit de la conspiration. PUG, 2021. Préface de Gérald Bronner.

Le complotisme : définition et évolution

Vous voulez dire qu’auparavant, ces théories du complot étaient des récits marginaux dans la société et qu’avec Internet, le phénomène est devenu beaucoup plus présent ?

Oui, il y a clairement un « effet internet », même si les théories du complot rencontrent du succès depuis l’assassinat du président américain J.-F. Kennedy (1963). A l’époque, elles circulaient via de nombreux livres, qu’il fallait toutefois connaître et acheter et qui étaient, pour certains, difficiles à trouver. Les choses ont changé avec les attentats du 11 septembre 2001 : le film conspirationniste Loose Change (2005), sur lequel j’ai été amené à m’interroger avec Véronique Campion-Vincent en 2009, est l’un des premiers grands succès de YouTube et, à ce jour encore, le documentaire le plus vu de la plateforme, si on compte le nombre de visites, et si on le compare à la population connectée à Internet à l’époque.

Cet « effet Internet » a été décrit par Gérald Bronner dans La démocratie des crédules (2013). Les théories complotistes peuvent, désormais, toucher des millions d’individus alors qu’elles circulaient auparavant de personne à personne. Elles pouvaient, par le passé, être reprises par les journaux ou la radio mais disparaissaient ensuite. Avec Internet elles sont au contraire stockées indéfiniment : si vous faites, par exemple, une recherche sur le complot des élites pédophiles, vous tomberez aussi bien sur Joe Biden que Hillary Clinton et le pizzagate ou même sur l’affaire Dutroux. Cet effet d’accumulation encourage les gens à se dire qu’il y a forcément un complot derrière tout ça !

Comment définiriez-vous les théories du complot ?

Au début de mon travail, j’avais plutôt une définition neutre du complotisme, décrit comme une explication d’événements importants par le complot ; le complot étant l’action secrète et malveillante d’un petit groupe de personnes. A partir de cette définition, on peut avoir de vrais et de faux complots. Mais ce qui m’importait, en tant que psychologue étudiant les croyances, c’était de savoir qui étaient les gens qui croyaient plus ou moins à ces théories ; je ne voulais pas être dans un jugement sur leur véracité. L’actualité fait, toutefois, que cette omniprésence des théories du complot a aujourd’hui des effets délétères ; elle sape, par exemple, la confiance minimale que nous portons aux institutions démocratiques.

Enquête Cevipof sur la confiance politique des Français, vague 12, 2020. A télécharger ici.

C’est le résultat de nombreuses recherches et analyses, et pas un avis personnel ou idéologique, qui m’ont amené à présent à un point de vue plus critique sur le complotisme : les théories du complot sont des récits explicatifs, mais aussi des accusations grave sans preuves ou basées sur des données erratiques (éléments en apparence bizarres de la version officielle, qui ne constitueront jamais des preuves). Ce terme de complotiste est souvent reçu négativement… Mais avancer, sans argument valable, que quelqu’un appartient à un réseau pédophile, ou comparer les mesures sanitaires contre l’épidémie de COVID à une dictature sanitaire en faisant référence au nazisme, c’est gravissime !

Cette absence de preuve distingue les théories du complot des vrais complots, révélés par des enquêtes, tels que le Watergate ou le complot des fabricants de tabac. Malheureusement, on ne peut pas être sûrs d’un complot sans enquête. Là est le problème des théories du complot : elles peuvent toutes êtres vraies et on pourrait croire à toutes en se basant uniquement sur des données erratiques. Pour la plupart des gens, il est par ailleurs difficile de ne rien croire en attendant les résultats d’une enquête. En l’absence de preuves définitives, il est pourtant plus prudent et rationnel de privilégier l’hypothèse la plus simple et la moins accusatoire (ce qu’on appelle le rasoir d’Ockham dans les sciences, qui fait écho à la présomption d’innocence dans le domaine juridique). Ce que je critique, en somme, c’est la religion du complot (croyance sans preuves suffisantes), distincte de la science du complot (l’enquête professionnelle amenant ou non des preuves directes du complot, aveux, documents, emails, etc.).

Causes sociales et politiques du complotisme

Au delà d’un « effet Internet », est-ce qu’il y a des causes sociales ou politiques au succès actuel des théories du complot ?

Les inégalités se creusent depuis ces 20 ou 30 dernières années et sont aujourd’hui plus visibles avec la transparence d’Internet et la présence de millionnaires qui étalent leurs richesses sur les réseaux sociaux. Plusieurs recherches montrent, par ailleurs, que plus le coefficient de Gini (qui mesure les inégalités au sein d’un pays) est élevé, plus le degré de croyance aux théories complotistes est important (Imhoff et al., 2020). Dans plusieurs pays, on observe également que plus les individus occupent une place basse dans l’échelle sociale, plus ils souscrivent à ces théories (Wagner-Egger, 2021, p. 45-46). Ces considérations sont, bien sûr, des tendances générales, des corrélations ; il y a aussi des gens plus éduqués qui croient aux théories du complot. Ce phénomène s’explique toutefois assez facilement : les théories du complot sont avant tout un discours de revanche sur les élites ou les dominants. Parce qu’elles sont un discours anti-système, les théories du complot sont d’ailleurs plus répandues à l’extrême droite et, dans une moindre mesure, à l’extrême gauche (ibid, p. 43-44). Les personnes qui appartiennent à des minorités discriminées adhèrent également plus facilement aux théories complotistes (ibid, p. 40-41), ainsi que celles et ceux qui se sentent lâchées par le système, qui pensent que leur vie n’a pas de sens et ont un jugement pessimiste sur le monde (ibid, p. 39-47).

En quoi une pandémie mondiale comme le COVID favorise-t-elle la création et la circulation de théories du complot ?

Dans des événements comme les épidémies ou les guerres, on a tendance à chercher des explications et des coupables ; ce que nous fournissent les rumeurs et théories du complot. Lors d’épidémies plus anciennes, les Juifs servaient, par exemple, souvent de boucs-émissaires. Les explications apportées par les théories du complot permettent d’avoir une illusion de contrôle sur la réalité. Elles ont aussi une fonction sociale : elles fédèrent des personnes qui se sentent bien entre elles, puisqu’elles partagent les mêmes croyances. Il y a également un phénomène de preuve sociale : plus les gens semblent y croire, plus ça nous paraît vrai ! A la différence d’événements comme les attentats terroristes, la pandémie est, enfin, une période d’anxiété qui dure très longtemps et un phénomène multifactoriel, difficile à saisir.

Au cœur de la mentalité conspirationniste

Si on suit les rumeurs et théories du complot liées au COVID-19, on observe de nombreuses contradictions entre les débuts de la pandémie et aujourd’hui. Au départ, le gouvernement a ainsi été accusé de masquer la réalité des morts et la dangerosité du virus, dont il fallait se débarrasser en passant ses courses à l’eau de Javel. Aujourd’hui, c’est un discours inverse qui se développe : le COVID n’est qu’une simple grippette, voire un complot. Comment expliquer ces contradictions ?

Les gens qui pensent que Ben Laden serait toujours vivant prisonnier secret des USA sont également à même de penser qu’il était déjà mort avant l’intervention des Américains. Ils ne vont pas jusqu’à croire à ces deux propositions en même temps, mais les deux sont possibles d’après eux. Les personnes qui croient aux théories du complot sont plus facilement sujet à la double-think, une forme de pensée contradictoire. Ils ont plus tendance par exemple à croire que l’âme n’existe pas tout en pensant que nous allons quelque part après la mort (Wagner-Egger, 2021, p. 65).

Est-ce que croire à une théorie du complot nous amène à croire à d’autres ; et est-ce qu’il existe, en quelque-sorte, une mentalité ou un regard complotiste sur le monde ?

Oui, on observe cela dans toutes nos études : plus on croit à une théorie complotiste, plus on croira à d’autres. On a appelle cela la mentalité conspirationniste ; un système de pensée monologique qui applique la même logique d’explication à tout. Ça fonctionne comme une pente glissante : si on pense, par exemple, qu’un État démocratique est capable de sacrifier sa population en organisant un attentat comme le 11 septembre pour pouvoir ensuite envahir l’Afghanistan, on sera plus à même de croire qu’un autre gouvernement puisse agir de manière tout aussi cynique. Dans cet état d’esprit, Macron devient capable de brûler Notre-Dame ou d’organiser un attentat à Strasbourg pour gêner les gilets jaunes. C’est une pente glissante au départ, qui peut aboutir à un véritable parcours sectaire.

Franks et ses collègues (2017) […] décrivent une typologie « ascendante » de croyant·es aux TC, similaire à un parcours initiatique dans une secte. Le premier stade d’adhésion ne constitue pas (encore) une mentalité conspirationniste, mais juste un malaise par rapport au monde et le sentiment personnel d’être différent (et/ou de ne pas bien correspondre à ce monde). Comme les interactions avec la majorité des non‑croyants aux TC les soumettent à des moqueries ou des critiques virulentes, cela pousse vers l’adhésion à de plus en plus de TC, formant petit à petit la mentalité conspirationniste. Le fait de penser en savoir plus que les personnes non éclairées va bien sûr renforcer l’emprise sectaire. Une véritable expérience de conversion ou d’éveil spirituel peut advenir, à la suite souvent d’une expérience personnelle traumatique (maladie, deuil d’un proche, événement comme le 11 Septembre,etc.). C’est ici que la mentalité complotiste devient croyance au mégacomplot, c’est‑à‑dire déterminée par une ontologie soit conventionnelle (complot de Big Pharma et des autres grandes entreprises), soit surnaturelle (complot des extraterrestres reptiliens).
Extrait du livre de Pascal Wagner-Egger (2021)

La théorie QAnon intègre une dimension religieuse, voir millénariste : le 16 janvier 2021, de nombreux partisans étaient ainsi convaincus de l’imminence d’un Jugement Dernier : La veille, je suivais en direct un complotiste sur Facebook qui croyait dur comme fer que Trump interviendrait avec l’armée pendant la cérémonie d’investiture du Président démocrate pour mettre tout le monde en prison. Il en « pleurait sur son clavier » parce qu’il attendait cela depuis 20 ans (depuis le 11 septembre j’imagine), et pour lui, c’était comme si Jésus allait descendre sur Terre ! Il disait que nos péchés allaient être pardonnés et que tout le monde pourrait enfin se réconcilier et s’aimer, une fois le mal mis hors d’état de nuire.

Comme dans les sectes, les complotistes peuvent se couper des autres à cause de leur obsession des complots, parce que le dialogue devient de moins en moins possible. Il y a aussi ce phénomène où plus les prévisions sont fausses, plus l’adhésion aux théories du complot devient forte. Du point de vue des sectes, ce paradoxe a été décrit dans L’échec d’une prophétie (1956). Dans les années 50, des psychologues sont entrés dans une secte qui prédisait la fin du monde. Avant l’apocalypse annoncée, les disciples se cachaient, refusaient les journalistes. Ils savaient qu’ils allaient être sauvés et ne voulaient pas que cela se sache ! Le jour tant attendu, rien ne se passe. Les moins engagés dans le mouvement s’en vont alors, mais la majorité accepte l’explication de la gourou : le monde a été sauvé grâce à leurs prières ! Du jour au lendemain, les disciples deviennent des prosélytes zélés. Dans cet exemple, la dissonance cognitive, l’écart entre ce qu’on pense et ce qui arrive, est énorme. Pour des disciples qui ont perdu tous leurs biens et leurs contacts avec le monde extérieur, deux choix s’opèrent alors : quitter la secte, reconnaître avoir été trompés des années durant et perdre son seul groupe social ou s’enfoncer encore plus dans la croyance. C’est cette deuxième option qui est le plus souvent choisie, et qui explique à quel point il est difficile de quitter une secte.

Un autre élément fait penser à une religion dans QAnon : le personnage de Q qui communique via des drops ressemblant à des versets bibliques …

Oui, comme dans la Bible, qui est un condensé d’écrits qu’on interprète de mille façons différentes. Une autre caractéristique rapproche QAnon du fondamentalisme : la croyance devient irréfutable. C’est similaire aux créationnistes qui voient les os de dinosaures comme un leurre déposé par Satan. Pour le paranoïaque ultime, c’est vous, le contradicteur, qui faites partie du complot ! On m’a parfois dit : « vous êtes en mission commandée ». Ce à quoi j’ai un jour répondu : « OK, soit vous êtes un lanceur d’alerte et vous avez raison ; soit je ne le suis pas et vous êtes dans un état avancé de paranoïa. La différence, c’est que moi seul sait quelle possibilité est vraie ! » J’ai connu un paranoïaque au stade ultime qui pensait que sa famille, son psychiatre, ses amis comme moi complotaient contre lui. Et notamment que son psychiatre lui administrait des médicaments pour effacer ses pensées. C’est tragique !

Vous mettez justement en lumière un lien, attesté par des études, entre paranoïa non-clinique et adhésion aux théories du complot (p. 49-51). C’est intéressant car, dans les récits complotistes en eux-mêmes, le danger se niche dans des objets anodins du quotidien. Le pouvoir de nuisance des élites va, parfois, jusqu’au contrôle mental ou physiologique, exercé via la manipulation médiatique, des puces implantées dans nos corps, etc.

Tout à fait ! Il y a chez les complotistes une forme de méfiance vis à vis des autres, une vision négative de la nature humaine. Bien sûr il y a différents niveaux de paranoïa, et il faut distinguer une forme plus légère qui nous a sauvé la vie pendant des millénaires ; cette tendance à chercher des intentionnalités et à se demander, dès qu’il se passe quelque chose, à qui profite le crime. Ce réflexe est présent en chacun de nous et s’explique par la psychologie évolutionniste : notre cerveau a évolué dans un environnement hostile et percevoir des signes comme étant des dangers était utile dans ce contexte. Même si une seule fois sur cent le bruit d’une branche qui craque annonce un réel danger, ce réflexe de peur et de fuite nous a sauvé la vie.

Est-ce qu’il y a d’autres facteurs psychologiques qui prédisposent à l’adhésion aux théories du complot ?

Au niveau psychologique, les gens anxieux croient plus aux théories du complot, ainsi que ceux qui ont une plus faible estime d’eux-mêmes et chez qui la croyance va notamment donner le sentiment d’en savoir plus que les autres (Wagner-Egger, 2021, p. 52-53).

Les théories du complot peuvent, toutefois, être attirantes pour tout le monde. Elles reposent sur un mode de pensée intuitif et des biais cognitifs que nous privilégions toutes et tous au quotidien (issues de l’évolution), et qui sont l’opposé du mode pensée analytique qu’on apprend à l’école et qui est, par exemple, à l’œuvre dans les mathématiques, la pensée critique. On lit des choses sur Internet et on y adhère, sans vérifier ! Moi qui connais bien les fonctionnements du complotisme, en voyant les quelques anomalies exposées dans certains documentaires (comme Complots : Vérités et mensonges), je suis comme tout le monde très vite intrigué par ces « éléments en apparence bizarre » et je sens le début de la croyance au complot, jusqu’à ce que les explications fournies par l’émission me démontrent que ce n’est en fait pas si bizarre que ça !

Il y a aussi un attrait narratif des théories du complot : c’est passionnant de découvrir que vous vivez dans un monde qui recèle des secrets, et de suivre un récit digne d’une enquête policière, avec ses multiples dévoilements ! Certaines fictions exploitent d’ailleurs ce filon, comme Le Truman Show(1998) ou The Matrix (1999).

The Truman Show par Peter Weir (1998). « Le film raconte la vie d’un homme, Truman Burbank, star d’une télé-réalité à son insu. Depuis sa naissance, son monde n’est qu’un gigantesque plateau de tournage et tous ceux qui l’entourent sont des acteurs. Lui seul ignore la réalité. Le film explore ses premiers doutes et sa quête pour découvrir le but de sa vie. » (source : Wikipédia)

Communiquer avec un proche complotiste

Dans un épisode des Pieds sur Terre consacré aux parents complotistes, on voit le dialogue difficile entre des enfants aujourd’hui adultes et des parents qui n’ont plus que les théories du complot pour centre d’intérêts, et avec qui il est impossible d’échanger sur des bases rationnelles. Quels conseils donneriez-vous pour dialoguer avec quelqu’un qui tient des propos complotistes ?

J’en parle justement dans mon livre ! Avec des personnes peu radicalisées, qui se posent des questions et qui mettent, par exemple, en avant certaines anomalies de la version officielle du 11 septembre, on peut les confronter aux explications rationnelles de ces anomalies, ou leur demander quel est la raison du complot, qui est souvent difficile à trouver (les USA auraient commis les attentats du 11 septembre pour envahir l’Afghanistan ?). Arrivé à un certain niveau de complotisme, ça devient toutefois plus difficile, les arguments échangés deviennent surtout utiles pour les spectateurs et spectatrices du débat puisque le complotiste ne va plus croire aucune source officielle ou scientifique.

Quand le dialogue n’est plus possible, on peut éviter le sujet ou utiliser ce que le vulgarisateur Mr Sam appelle l’entretien épistémique, qui ressemble à un dialogue socratique où on s’abstient de tout jugement et de dire « ceci est vrai ou faux ». On va plutôt chercher à savoir sur quelles bases la personne croit ce qu’elle croit ; les sites de réinformation qu’elle consulte ont peut-être prédit à tort tel ou tel événement par exemple. On peut instiller le doute mais sans lui dire qu’elle a tort ou raison, et comparer son approche avec celle de la méthode scientifique, où on va croire que ce qui est corroboré par des données empiriques et validé par un consensus scientifique.

Image à la Une : Pascal Wagner-Egger par David Marchon.

Références citées dans l’interview

Par souci de lisibilité, nous renvoyons au livre de Pascal Wagner-Egger dès que le nombre de références citées dépasse 1.

Bronner, Gérald. La démocratie des crédules. Paris: PUF, 2013.

Festinger, Léon, Hank Riecken, et Stanley Schachter. L’échec d’une prophétie. Paris: Presses Universitaires de France – PUF, 1993.

Franks, B., Bangerter, A., Bauer, M.W., Hall, M. & Noort,M.C. (2017). Beyond “Monologicality”? Exploring conspiracist worldviews. Frontiers in Psychology, 8:861. En ligne : https://doi.org/10.3389/fpsyg.2017.00861 (consulté le 31/03/2021).

Imhoff, R., et al. (2020). Conspiracy beliefs and political orientation across 23 countries: Data from the PICoM project. Manuscript submitted for publication.

Wagner-Egger, P. (2021). Psychologie des croyances aux théories du complot : Le bruit de la conspiration. Grenoble : Presses Universitaires de Grenoble.

Wagner-Egger, P., & Joris, V. (2004). L’obscure clarté de la lune : croyances et représentations. Les Cahiers Internationaux de Psychologie Sociale, 63, 3-28.

Tables des matières du livre

Préface de Gérald Bronner. Complotisme : un symptôme du monde présent

Introduction

Chapitre 1 : Définitions et mesures. Degrés de croyance aux théories du complot. Les mesures des croyances aux théories du complot. La mentalité conspirationniste.

Chapitre 2 : Explications des croyances aux théories du complot. La dimension sociétale et politique. La dimension sociale. La dimension psychopathologique. La dimension irrationnelle. La dimension communicationnelle.

Chapitre 3 : Les conséquences des croyances aux théories du complot.

Chapitre 4 : L’irrationalité de la notion de théorie du complot. Étude de cas : la pandémie mondiale du coronavirus en 2020.

Conclusion. Que peut‑on faire pour lutter contre la prolifération des théories du complot ? Quels arguments invoquer dans une discussion à propos des théories du complot ? La critique de la critique des théories du complot (ou le complotisme de l’anti‑complotisme).

Bibliographie et annexes.

« Savez-vous ce qui m’est arrivé cet été ? Un émerveillement incessant à lire Schopenhauer et une abondance de joies intellectuelles comme je n’en avais encore jamais éprouvé. Je me suis fait envoyer toutes ses œuvres, et j’ai lu, et je lis encore, Kant également, du reste. je suis bien sûr qu’aucun étudiant n’a appris autant en un semestre que moi durant cet été. je ne sais pas si je changerai encore d’avis par la suite, mais pour le moment je suis convaincu que Schopenhauer est le plus

génial

des hommes. Vous dites qu’il est comme ci comme ca, qu’il a écrit certaines choses sur la philosophie. Comment ça, certaines choses? C’est le monde tout entier dans une incroyablement belle et lumineuse réplique. j’ai commencé à le traduire. Ne voulez-vous pas vous y mettre vous aussi ? Nous le publierons ensemble. Quand je le lis, je ne comprends pas que son nom ait pu rester inconnu. Je ne trouve qu’une seule explication, celle dont il s’est lui-même si souvent servi : que le monde est presque uniquement peuplé d’idiots.» Léon Tolstoï

Je suis terriblement choqué par les gens qui vous disent qu’on est libre, que le bonheur se décide, que c’est un choix moral. Les professeurs d’allégresse pour qui la tristesse est une faute de goût, la dépression une marque de paresse, la mélancolie un péché. Je suis d’accord, c’est un péché, c’est même le péché mortel, mais il y a des gens qui naissent pécheurs, qui naissent damnés, et que tous leurs efforts, tout leur courage, toute leur bonne volonté n’arracheront pas à leur condition. Entre les gens qui ont un noyau fissuré et les autres, c’est comme entre les pauvres et les riches, c’est comme la lutte des classes, on sait qu’il y a des pauvres qui s’en sortent mais la plupart, non, ne s’en sortent pas, et dire à un mélancolique que le bonheur est une décision, c’est comme dire à un affamé qu’il n’a qu’à manger de la brioche. D’autres vies que la mienne de Emmanuel Carrère.


« Céline craignait les visiteurs, il vivait comme un petit rentier, derrière une vitre, dans un fauteuil, assis sur des couvertures, les pieds emmitouflés et enfoncés dans des pantoufles énormes. Il écrivait tous les jours, jusqu’à 4 heures de l’après-midi. En arrivant, on demandait si le docteur était là. Il réagissait mieux quand on l’appelait docteur. Ce qui frappait, c’était son regard. Il avait cet oeil que la photo rend mal, un oeil bleu, malin, blasé, à la paupière floue, avec des éclairs, de l’amertume, de la ruse.

Quand il se sentait observé, il lui arrivait, pendant de longs moments, de parler comme un livre. Il y avait aussi des creux, durant lesquels il continuait à émettre de façon fragmentée. Si on ne l’interrompait pas ou si on ne le relançait pas par une question, il allait seul, oubliant le micro, dressant ses grands bras pour remplacer un mot ou une phrase, pour occuper le silence, puis il les laissait retomber sur ses genoux.

En allant l’interroger, je cherchais des influences de style dans ses lectures, des modèles. La Fontaine, principalement ; Mme de Sévigné aussi : les épistoliers sont à mi-chemin entre l’oral et l’écrit. Bien sûr qu’il avait à dire sur la Sévigné ! Les deux mains s’élèvent comme deux crabes à l’envers :

« Dans la Sévigné, on sent comme un tremblement de velours… »

Les autres stylistes y passent à leur tour. Stendhal ? Un pisse-froid Proust ? Il n’avait pas beaucoup de style, il était malade. Saint-Simon ? De premier ordre, mais emmerdant à cause de ses nobles ; il y a trop de nobles, c’est la barbe.

Mais c’était lui que je cherchais. À l’audition de la bande, sans les gestes, sans rien d’autre que ce qui est enregistré, l’évocation est encore vive et drôle, mais partielle. La langue orale, par son intonation, son accentuation, son rythme, conserve encore suffisamment de traits non équivoques. Mais le texte transcrit de ce que Céline disait est illisible. Il fallait être Céline pour transcoder son propre discours.

D’abord, il y a les silences. Ce sont des tunnels, et c’est de là, je crois, qu’il faut partir. Entre les moments où Céline cesse d’émettre des sons articulés et ceux où il reprend, la signification continue. Un exemple ? À propos de Villon, il dit : « Il ramène tout d’un coup, n’est-ce pas, des mélancolies qui viennent de loin… Qui sont bien au-dessus, au fond de la nature humaine, qui n’a pas cette qualité, n’est-ce pas… » Je note par des points de suspension ce qui me semble être un silence de dérive, là où Céline change de route. Et je note par une virgule ce qui me semble être un silence de reprise, là où, tandis que le silence se déroule. Céline continue dans la même direction. Dans un cas comme dans l’autre, le silence est un trait de la syntaxe célinienne : la signification continue dessous. »


Jean Guénot, De la parole à l’écriture, article dans le journal Le Monde du 15 février 1969

La plupart des gens ne lisent pas. A ce sujet, il y a une citation excellente, d’un intellectuel dont j’ai oublié le nom : « Au fond, les gens ne lisent pas ; ou, s’ils lisent, ils ne comprennent pas ; ou, s’ils comprennent, ils oublient. Voilà qui résume admirablement la situation, vous ne trouvez pas ? Amélie Nothomb.

La guérison ne venait que bien après la pension dans leurs espérances, ils y pensaient aussi certes à la guérison, mais à peine, tellement que l’envie d’être rentier, un tout petit peu rentier, dans n’importe quelles conditions les éblouissait totalement.

Il ne pouvait plus exister en eux outre ce désir intransigeant, ultime, que des petites envies subalternes et leur mort même en devenait par comparaison quelque chose d’accessoire, un risque sportif tout au plus.

La mort n’est après tout qu’une question de quelques heures, de minutes même, tandis qu’une rente c’est comme la misère, ça dure toute la vie.

– Voyage au bout de la nuit, 1932

Extraits de l’entretien – Autour du livre  » le viable et l’inviable »

« Le monde est rendu inhabitable par le racisme, les nationalismes, le patriarcat et le capitalisme. Tout cela menace la possibilité d’un monde équitablement partagé en créant des inégalités et des violences systémiques, et en détruisant la Terre »

« Le concept de résilience me dérange parce qu’il suppose un héroïsme collectif et individuel. Or il arrive que les gens soient si brisés que la résilience est impossible, parce que les conditions socio-économiques de la vivabilité ne sont pas réunies »

« Le concept de genre est perçu comme une menace par certaines institutions parce qu’il met en cause les relations de pouvoir sur lesquelles reposent ces institutions : la famille hétérosexuelle, l’Eglise, les régimes autoritaires néo-libéraux. »

« Les français nient le caractère multi-racial de la francité : Franz Fanon ou Edouard Glissant étaient français et ont écrit en français. Tout est déjà là en langue française pour penser l’impérialisme, le colonialisme, les relations de pouvoir… »

Les 100 plus grands écrivains selon le Club de La Cause Littéraire (mai 2021)

Ecrit par La Rédaction 27.05.21 dans En VitrineLa Une LivresCette semaineLes Livres

Ce classement a été établi par consultation des membres du Club de La Cause Littéraire (groupe FaceBook). Le nombre de voix obtenues est indiqué après le nom de l’auteur.

Groupe 1 (de 75 à 43 voix)

William Faulkner 75

Fiodor Dostoievski 71

Gustave Flaubert 69

Franz Kafka 67

Herman Melville 59

Victor Hugo 57

Marcel Proust 57

Gabriel Garcia Marquez 55

Marguerite Yourcenar 50

James Joyce 47

Miguel de Cervantes 46

Virginia Woolf 46

Joseph Conrad 44

Honoré de Balzac 43

Léon Tolstoï 43

Groupe 2 (de 37 à 30 voix)

Mikhaïl Boulgakov 37

Cormac McCarthy 36

Imre Kertèsz 35

Thomas Wolfe 35

Stendhal 34

Jack London 33

Stefan Zweig 33

Carson McCullers 32

Vladimir Nabokov 31

Charles Dickens 30

Philip Roth 30

John Steinbeck 30

Groupe 3 (de 29 à 20 voix)

Nicolas Gogol 29

Thomas Mann 28

Mario Vargas-Llosa 28

Carlo Emilio Gadda 27

Alejo Carpentier 25

Marguerite Duras 25

Augusto Roa Bastos 25

Antonio Lobo Antunes 24

Juan José Saer 24

Milan Kundera 23

Yukio Mishima 22

Aharon Appelfeld 21

Shelby Foote 21

Dino Buzzatti 20

Jean Giono 20

Laurence Sterne 20

Robert Louis Stevenson 20

Groupe 4 (de 19 à 15 voix)

Jane Austen 19

Herman Hesse 19

Alexandre Dumas 18

Julien Gracq 18

Charles-Ferdinand Ramuz 18

Isaac Babel 17

Emily Brontë 17

John Fante 17

Amos Oz 17

Joseph Roth 17

Paul Auster 16

Georges Bernanos 16

Colette 16

Ernest Hemingway 16

Henry James 16

Guy de Maupassant 16

João Guimarães Rosa 15

François Rabelais 15

Groupe 5 (de 14 à 10 voix)

Conrad Aiken 14

Albert Camus 14

Daniel Defoe 14

William Goyen 14

Jules Verne 14

Giorgio Bassani 13

Thomas De Quincey 13

Vassili Grossman 13

V.S. Naipaul 13

Orhan Pamuk 13

Italo Svevo 13

Roberto Arlt 12

Roberto Bolaño 12

Raymond Chandler 12

Laszló Krasnahorkai 12

Patrick Modiano 12

Robert Musil 12

Leo Perutz 12

Mark Twain 12

Emile Zola 12

Henri Bosco 11

Truman Capote 11

Romain Gary 11

Jim Harrison 11

Yasunari Kawabata 11

Elsa Morante 11

Cesare Pavese 11

Georges Perec 11

Robert Penn Warren 11

J.M. Coetzee 10

Carlos Fuentes 10

André Gide 10

Michel Houellebecq 10

Malcolm Lowry 10

Pierre Michon 10

Henry Miller 10

Flannery O’Connor 10

Pascal Quignard 10

La rédaction

Céline m’emmerde

Le nihilisme célinien est un vaste désert, d’une pauvreté hallucinante. Pas une aspérité où accrocher le moindre élan, pas un rêve où rêver avec lui, pas un horizon où porter le regard, pas une phrase où je pourrais reconnaître mes passions, mes failles ou celles des hommes. Céline parle d’un monde fermé, celui de l’aigreur éternelle qu’il vomit au long de ses pages. Jamais je ne comprendrai l’intérêt qu’il suscite.

(Léon-Marc Levy)

Céline m’emmerde. Profondément et à jamais. Rien à voir avec le débat aussi répétitif que vain sur L’homme/L’écrivain, la Collaboration, l’antisémitisme et tout ça. Céline m’emmerde – gravement – parce que ses livres m’emmerdent.

D’un écrivain et de ses livres, j’attends d’abord – au-delà de l’étonnement, du plaisir, du divertissement, de la réflexion, bref des affects immédiats de lecteur – fondamentalement deux dimensions essentielles à mes yeux : l’universalité et le style. Avec Céline je n’ai ni l’un ni l’autre.

Quel que soit le sujet que Céline aborde, la guerre, l’humanité, les femmes, la modernité, l’amour, il ne nous sert toujours que la même soupe : ses symptômes, son moi, sa haine de l’existence, sa vision du monde, son bric-à-brac aussi pitoyable que grotesque. En gros, Céline n’a d’autre préoccupation que Céline et c’est terriblement ennuyeux parce que les préoccupations de Céline sont tristes (Spinoza aurait parlé de passions tristes), étriquées, rabougries, égocentriques et surtout obsessionnelles. Où est le souffle de l’humanité dans n’importe laquelle de ses œuvres ? On répond Le « Voyage » ? Pas besoin d’attendre le naufrage littéraire des œuvres ultérieures, c’est déjà un sinistre pamphlet : contre la modernité, contre les hommes, contre l’organisation sociale, contre, contre, contre. Jamais pour et c’est là qu’on atteint la première limite insupportable de Céline : on ne trouve trace dans son œuvre d’aucune forme d’engagement positif.

Je ne parle pas particulièrement d’engagement politique, mais d’engagement, esthétique, philosophique, moral, littéraire, de quelle que sorte que ce soit. Le nihilisme célinien est un vaste désert, d’une pauvreté hallucinante. Pas une aspérité où accrocher le moindre élan, pas un rêve où rêver avec lui, pas un horizon où porter le regard, pas une phrase où je peux me reconnaître avec mes passions ou mes failles. Céline parle d’un monde fermé, celui de son aigreur éternelle qu’il vomit au long de ses pages. Jamais je ne comprendrai l’intérêt qu’il suscite.

Par son style donc ? L’affaire est encore plus grave. Quelle est donc la dérive qui a pu conduire à l’encensement du « style » de Céline ? Quoi, un enchaînement permanent de phrases exclamatives (comptez donc le nombre de points d’exclamation en une page), souvent nominales, hachées, constamment scandées de points de suspension dont on ne comprend jamais le sens, dans un vocabulaire aussi riche que celui d’un comique troupier :

« Ah ! c’est bien terrible quand même… on a beau être jeune quand on s’aperçoit pour le premier coup… comme on perd des gens sur la route… des potes qu’on reverra plus… plus jamais… qu’ils ont disparu comme des songes… que c’est terminé… évanoui… qu’on s’en ira soi-même se perdre aussi… un jour très loin encore… mais forcément… dans tout l’atroce torrent des choses, des gens… des jours… des formes qui passent… qui s’arrêtent jamais… Tous les connards, les pilons, tous les curieux, toute la frimande qui déambule sous les arcades, avec leurs lorgnons, leurs riflards et les petits clebs à la corde… Tout ça, on les reverra plus… Ils passent déjà… Ils sont en rêve avec des autres… ils sont en cheville… ils vont finir… c’est triste vraiment… c’est infâme ! » (Mort à crédit).

Hors l’invective insultante, quel intérêt littéraire – ou linguistique – donner à cette diatribe ? Et à toutes les autres, car pas un passage de Céline n’échappe à cette logorrhée indigente. Hurler sa victimisation n’a jamais fait de bonne littérature. Pas plus d’ailleurs que l’étalement des bons sentiments. L’acte littéraire implique simplement et toujours que l’auteur prenne distance de l’affect. L’affect pur, écrit, n’est pas littérature, il est gueulante, pamphlet, tract, profession de foi, doléances. Il est éructation de ce qui ne peut être géré dans le réel. Il est – dirait Jean-Claude Milner – ce qui relève du registre de l’insulte, pas de l’écriture.

« Et cependant, j’étais pas coûteux. On m’offrait au “pair”, juste le logement, la nourriture… Mes parents étaient bien d’accord. Je n’avais pas besoin d’argent qu’ils répétaient à mon oncle… J’en ferais sûrement mauvais usage… Ce qu’était beaucoup plus essentiel, c’est que je retourne plus chez eux… C’était l’avis unanime de toute la famille, des voisins aussi et de toutes nos connaissances. Qu’on me donne à faire n’importe quoi ! qu’on m’occupe à n’importe quel prix ! n’importe où et n’importe comment ! mais qu’on me laisse pas désœuvré ! Et que je reste bien à distance » (Mort à crédit).

La gangrène de l’invective est devenue « style ». Même pour parler de ses chiens. Points d’exclamation. Points d’interrogations. Points de suspension. Le style de Céline est là résumé :

« A Meudon, Bessy, je le voyais, regrettait le Danemark… rien à fuguer à Meudon !… pas une biche !… peut-être un lapin ?… peut-être !… je l’ai emmenée dans le bois de Saint-Cloud… qu’elle poulope un peu… elle a reniflé… zigzagué… elle est revenue presque tout de suite… deux minutes… rien à pister dans le bois de Saint-Cloud !… elle a continué la promenade avec nous, mais toute triste… c’était la chienne très robuste !… on l’avait eue très malheureuse, là-haut… vraiment la vie très atroce… des froids -25°… et sans niche !… pas pendant des jours… des mois !… des années !… la Baltique prise… » (D’un château l’autre).

Tous des « connards », des « pilons », des « minables », des « raclures ». Céline aurait pu faire l’économie de l’antisémitisme, son monde est un torrent de haine de tout et tous, exprimé dans un style qui est la répétition sempiternelle de la même phrase avec – à un iota près – les mêmes mots.

S’il suffisait de vociférer son malheur et sa haine pour être grand, on en aurait de grands écrivains. Et on en a mais ils font tout l’inverse : Hugo, Steinbeck, Fante, Giono par exemple. Et même parmi ceux des écrivains qui disent l’amertume et la douleur, tous ont trouvé le pas de distance énonciative qui fait la littérature.

Charles Baudelaire en est sûrement le plus parfait exemple. Ses pauvres Emoenitates Belgicae, éructation « célinienne » de son horreur de vivre, sont le triste témoignage de ce qu’est l’affect pur en littérature. Mais son œuvre, son œuvre immense, Baudelaire l’a produite selon ce vecteur qu’il nous livre à l’aurore des Fleurs du Mal : « Tu m’as donné ta boue et j’en ai fait de l’or ».

Céline n’a jamais quitté la boue. A défaut de partager mon avis, vous savez au moins pourquoi il m’emmerde.

Et que les céliniens, grands amateurs de pamphlets, ne viennent pas me reprocher mon ton pamphlétaire.

Léon-Marc Levy

Derniers mots vibrants d’une Amoureuse qui aura passionnément aimé la Vie, avant le Grand Voyage.

 » C’est du fond de mon lit que je vous parle […]

J’ai toujours partagé tout ce que je vivais ; toute mon œuvre, toute mon écriture était un partage de mon expérience de vie. Faire de la vie un haut lieu d’expérimentation. Si le secret existe, le privé lui n’a jamais existé ; c’est une invention contemporaine pour échapper à la responsabilité, à la conscience que chaque geste nous engage.

Alors ce dont je veux vous parler c’est tout simplement de ce que je viens de vivre. Ma dernière aventure. Deux mois d’une vertigineuse et assez déchirante descente et traversée. Avec surtout le mystère de la souffrance. J’ai encore beaucoup de peine à en parler de sang froid. Je veux seulement l’évoquer. Parce que c’est cette souffrance qui m’a abrasée, qui m’a rabotée jusqu’à la transparence. Calcinée jusqu’à la dernière cellule. Et c’est peut-être grâce à cela que j’ai été jetée pour finir dans l’inconcevable.

Il y a eu une nuit surtout où j’ai dérivé dans un espace inconnu. Ce qui est bouleversant c’est que quand tout est détruit, quand il n’y a plus rien, mais vraiment plus rien, il n’y a pas la mort et le vide comme on le croirait, pas du tout. Je vous le jure. Quand il n’y a plus rien, il n’y a que l’Amour. Il n’y a plus que l’Amour. Tous les barrages craquent. C’est la noyade, c’est l’immersion. L’amour n’est pas un sentiment. C’est la substance même de la création. Et c’est pour en témoigner finalement que j’en sors parce qu’il faut sortir pour en parler. Comme le nageur qui émerge de l’océan et ruisselle encore de cette eau ! C’est un peu dans cet état d’amphibie que je m’adresse à vous.

Je croyais jusqu’alors que l’amour était reliance, qu’il nous reliait les uns aux autres. Mais cela va beaucoup plus loin ! Nous n’avons pas même à être reliés : nous sommes à l’intérieur les uns des autres. C’est cela le mystère. C’est cela le plus grand vertige.

Au fond je viens seulement vous apporter cette bonne nouvelle : de l’autre côté du pire t’attend l’Amour. Il n’y a en vérité rien à craindre. Oui, c’est la bonne nouvelle que je vous apporte.

Et puis, il y a autre chose encore. Avec cette capacité d’aimer – qui s’est agrandie vertigineusement – a grandi la capacité d’accueillir l’amour, cet amour que j’ai accueilli, que j’ai recueilli de tous mes proches, de mes amis, de tous les êtres que, depuis une vingtaine d’années, j’accompagne et qui m’accompagnent – parce qu’ils m’ont certainement plus fait grandir que je ne les ai fait grandir. Et subitement toute cette foule amoureuse, toute cette foule d’êtres qui vous portent ! Il faut partir en agonie, il faut être abattu comme un arbre pour libérer autour de soi une puissance d’amour pareille. Une vague. Une vague immense. Tous ont osé aimer, sont entrés dans cette audace d’amour.

En somme, il a fallu que la foudre me frappe pour que tous autour de moi enfin se mettent debout et osent aimer. Debout dans le courage et dans leur beauté. Oser aimer du seul amour qui mérite ce nom et du seul amour dont la mesure soit acceptable : l’amour exagéré. L’amour démesuré. L’amour immodéré.

Alors, amis, entendez ces mots que je vous dis là comme un grand appel à être vivants, à être dans la joie et à aimer immodérément. Tout est mystère.

Ma voix va maintenant lentement se taire à votre oreille ; vous me rencontrerez peut-être ces jours errant dans les couloirs car j’ai de la peine à me séparer de vous. La main sur le cœur, je m’incline devant chacun de vous « 

Christiane Singer. – Derniers fragments d’un long voyage

Je n’arrête pas de penser à ce livre quand des tensions géopolitiques éclatent, et quand je rencontre des maladies humaines évitables comme le diabète et de nombreux problèmes de maladies cardiaques, ou quand je vois le chômage / la criminalité / la désintégration sociale / le terrorisme / le militarisme.

′′ Le monde jusqu’à hier : que pouvons-nous apprendre des sociétés traditionnelles ? est un livre scientifique populaire de 2012 par l’intellectuel américain Jared Diamond. Il explore ce que les gens vivant dans le monde occidental peuvent apprendre des sociétés traditionnelles, y compris des approches différentes de la résolution des conflits, du traitement des personnes âgées, de la garde des enfants, des bienfaits du multilinguisme et un apport réduit en sel. »

Je n’arrête pas de penser aux stratégies de résolution des conflits de ce livre pour la paix tribale, surtout sur Israël-Palestine. Je me souviens qu’il a dit que la survie humaine et la coopération en tant que chasseurs cueilleurs sont liés à :

– un lien plus grand avec la nature et la terre nous mettant en contact avec la réalité ;

– comment les chasseurs-cueilleurs ont plus de temps libre, culturel et social pour communiquer entre les membres de la tribu ;

– la paix tribale peut être facilitée par le commerce et l’inter-mariage,

– comment les sociétés tribales sont beaucoup plus multilingue que la société actuelle ;

– comment les guerres tribales et la vengeance se sont jouées, et malgré qu’elles soient parfois mortelles, la guerre n’était pas aussi spécialisée qu’aujourd’hui avec les traditions idéologiques et militaires, la discipline militaire et les idéologies nationalistes

Et bien d’autres thèmes dans ce livre sur la santé humaine, le traitement des enfants, le traitement des personnes âgées, les sociétés et langues multilingue, la spiritualité / chamanisme / religion, et je pense plus.

https://en.m.wikipedia.org/wiki/The_World_Until_Yesterday

l y a 96 ans Francis Scott Fitzgerald publiait un bide : « Gatsby le Magnifique » !

Si 75.000 exemplaires du roman furent distribués dans les librairies ce 10 avril 1925, à peine 25.000 avaient été vendus à la mort de l’auteur en 1940. C’est avec les nombreuses adaptations sur scène et au cinéma que l’histoire de Jay Gatsby est devenu un classique de la littérature américaine.

Plus que l’histoire d’amour impossible c’est la description du faste et de l’insouciance de l’Amérique fortunée dans cette période de prospérité, qui va de l’après-guerre civile jusqu’au Krach boursier de 1929, qui est intéressante dans ce récit.

Cette période est appelée « Gilded Age », l’Age d’or de l’Amérique. C’est à cette époque que des fortunes immenses se sont constituées. Les impôts n’existaient pratiquement pas et des génies des affaires, souvent des immigrés partis de rien, ont profité de leur talent et de la croissance exponentielle du pays dans le Pétrole, les Mines, le Chemin de fer, l’Hôtellerie, la Banque, l’Automobile… Les 2% les plus riches des Américains possédaient plus d’un tiers de la richesse du pays, tandis que les 10% les plus riches en détenaient environ les trois quarts.

Les Rockefeller, Vanderbilt, Astor, Guggenheim, se devaient de montrer leurs richesses en bâtissant des demeures toujours plus grandes et en organisant des fêtes toujours plus fastueuses. Scott Fitzgerald situe la demeure de Gatsby près de New York sur Long Island à Kings Point (West Egg dans le livre). C’est ici que l’auteur, qui participait à de nombreuses de ces fêtes, a commencé à écrire son roman avant de venir en France sur la Côte d’Azur pour le terminer au calme.

Si on trouve de nombreuses demeures de cette époque sur Long Island, surtout dans les Hamptons, c’est à Newport, 300 km plus au nord dans l’Etat du Rhode Island, qu’il est possible de les visiter. Une dizaine de ces immenses « Mansions », souvent inhabitées voire abandonnées par des familles qui n’étaient plus capables de les entretenir, ont été protégées et restaurées par une association qui en organise la découverte.

On y découvre un luxe incroyable, d’autant plus que ces demeures n’étaient habitées que l’été 4 à 6 semaines. L’architecture et la décoration étaient souvent inspirées par celles de palais Italiens ou de châteaux français. Les chefs en cuisine étaient toujours français, comme les menus que l’on peut consulter, il était d’ailleurs de bon ton de parler le français à table comme dans les cours européennes.

Pour ceux qui n’auraient pas l’occasion d’aller à Newport, à New York il y a une section du Metropolitan Museum of Art qui reconstitue des intérieurs de demeures de l’Age d’or.

Le Manuel d’Épictète est un guide à garder sous la main qui résume la doctrine du philosophe stoïcien Épictète. Il représente un condensé de son enseignement tel que l’a reçu Arrien — l’un de ses plus proches élèves et l’auteur de cet ouvrage.

Le Manuel est l’un des principaux textes de la doctrine stoïcienne qui nous soit parvenu. C’est aussi celui dont les conseils sont les plus accessibles et les plus faciles à mettre en application.

Bien que publié pour la première fois aux alentours de l’an 125, Le Manuel — et le stoïcisme en général — est aujourd’hui plus pertinent que jamais. La thérapie cognitive est d’ailleurs souvent considérée comme une adaptation moderne de cette doctrine.

Découvrez Le Manuel d’Épictète ici : https://boutique.nicolascroce.com/products/manuel-epictete

Bonjour

J’invite ceux et celles passionnées par les guerres napoléoniennes de lire ce fabuleux ouvrage de Marie Pierre Rey. Elle dépeint en s’appuyant sur des sources extrêmement variées le périple de la Grande Armée à travers la Russie et la désagrégation, pas à pas, de cette force de plus de 500 000 hommes qui est réduite fin décembre 1812 à des débris de quelques milliers de combattants valides… Le récit est prenant et surtout, Marie Pierre Rey n’hésite pas à tisser une histoire humaine de cette véritable boucherie, en alternant les récits de simples combattants russes et français et en insistant sur les souffrances continues des soldats, du champ de bataille de Borodino ou plus de 30 000 soldats des deux côtés périrent (et plus du double blessés), aux exactions des partisans russes envers les soldats français (dont certains furent enterrés vivants) aux berges de la Berezina, tombeau de milliers de civils décimés par les canons russes et les lancés des redoutables cosaques… Le récit vous fait également traverser la Russie au gré de l’avancée et de la retraite désastreuse de la Grand Armée, des berges du Niemen aux porte de Moscou, capitale sacrée dévastée et pillée de fond en comble par les hommes de Napoléon.

Cet ouvrage que j’ai dévoré permet de porter un autre regard sur le récit traditionnel de cette campagne qui préfigure les guerres totales du xxie siècle. Surtout, personnellement, il permet de nuancer totalement le portrait de Napoléon, qui abandonne ses hommes le 05 décembre 1812 alors que son armée est dans un état de délabrement complet et qui prétexte selon moi une guerre au nom de la civilisation et malgré les avertissements de ses proches pour mener une campagne (malgré certains coups de génie) qui ne conduira qu’à sa ruine et à la mort de centaines de milliers de soldats… Évidemment, mon point de vue est discutable !!

Luka, il convient de rappeler que ce sont les Russes eux-mêmes qui ont incendié Moscou. La terre brûlée jusqu’au bout…bien qu’il y discussion sur le sujet, c’est le comte Rostopchine, père de la célèbre comtesse de ségur, qui semble bien être le chef d’orchestre de cette apocalypse.

Une institutrice ? Une femme de pasteur ? Une jeune divorcée ? Une femme de ménage ? Une écrivaine de génie. Une inconnue. La vie d’Hélène Bessette (1918-2000), autrice de treize romans et d’une pièce de théâtre, tous parus chez Gallimard en seulement vingt ans, de 1953 à 1973 (et tous épuisés), semble avoir été faite de rendez-vous manqués et d’incompréhensions.

Son premier roman, « Lili pleure », obtient le prix Cazes en 1954. Plus tard, ses romans seront régulièrement inscrits sur les listes du prix Goncourt. L’admiration de nombreuses personnalités (Michel Leiris, Simone de Beauvoir, Dominique Aury, Jean Dubuffet, Claude Mauriac, Alain Bosquet, André Malraux) laisse présager une reconnaissance à la hauteur de son talent et d’un style entièrement nouveau qui ne ressemble à aucun autre…

Mercredi 14 avril, la dernière conférence de notre cycle consacré aux autrices oubliées de l’histoire littéraire vous propose d’explorer la vie et l’œuvre d’Hélène Bessette, pionnière du roman poétique, en compagnie de Laure Limongi, autrice et éditrice, enseignante en création littéraire à l’

Ensapc Cergy

; et d’Anaïs de Courson, comédienne.

À suivre en direct sur notre page Facebook ou sur notre site : c.bnf.fr/M59

Photo : Hélène Bessette recevant le prix de la brasserie Lipp pour son livre “Lili Pleure”, le 18 mars 1954 © AGIP / Bridgeman Images

3 ans que Jacques Higelin s’en est allé…

 » Quand tout le monde dort, tu as l’impression que ceux qui veillent ramassent les rêves des autres. L’inspiration me vient souvent à l’aube. L’inconscient se met en mouvement malgré moi, il est bouillant. Il faut la grâce, l’instant magique. Il faut trouver les mots qui groovent: les mots, c’est aussi de la musique, ça chante ou ça ne chante pas, ça décolle ou ça plonge. « 

3 avril, 23:55  · 

« J’ai eu, en 1969, un entretien avec Jacqueline Piatier qui m’a coûté très cher, parce que d’une certaine manière il m’a isolé. Je déclarais entre autres que le Sang noir, de Louis Guilloux, les Deux Étendards, de Lucien Rebatet, et l’art du roman chez Aragon me semblaient dépasser, de loin, mais de très loin, le nouveau roman. Depuis lors, les oeuvres de Michel Tournier sont venues appuyer cette conviction. Je me demandais, en invoquant les Précieuses ridicules, pourquoi le pays qui entre tous se voue le plus profondément à la lucidité et à l’ironie s’était laissé droguer par le vertige de l’incompréhensible. J’avais émis l’hypothèse que la France avait reçu un choc énorme après les blessures des victoires allemandes. Et qu’elle avait commis l’erreur de se mettre à l’école de Hegel, Heiddegger, Jaspers, dont le génie de l’obscurité est complètement étranger au génie français. Je comprends que devant un certain style étymologisant, on retrouve le mystère du logos. Cela est possible en allemand, mais en français cela fausse le style. […] Pour moi, vous le savez, tout style – et toute pensée – est une éthique. La plus grande virtuosité intellectuelle et technique, si elle ne repose pas sur une éthique, mène très rapidement aux fausses situations, aux apories que nous venons d’évoquer. Il y a un paradoxe : c’est souvent la soi-disant droite qui a maintenu la dignité et la tourmente du style direct. De De Maistre jusqu’à l’Ontologie du secret de Pierre Boutang, c’est du côté des solitaires et des conservateurs que se trouve la tradition centrale de la pensée et de la prose françaises. »

George Steiner, Le Monde du 24 novembre 1978

« Dans ce livre, Hans Jonas part de la question « pourquoi l’humanité doit exister ? » L’existence de l’humanité dont l’impératif semble aller de soi, n’est plus du tout un fait assuré de nos jours. Au contraire, par son énorme pouvoir qu’il a avant tout grâce à la technique moderne, l’homme a désormais les capacités de s’autodétruire en peu de temps — c’est pourquoi il y a ici une nouvelle question qui doit entrer dans le domaine des considérations éthiques.

En se référant à sa philosophie de la biologie, Hans Jonas fonde l’impératif que l’homme doit exister, vu qu’il a, comme tout être vivant, une valeur absolue qui lui est inhérente et qu’il s’agit par conséquent de protéger quoi qu’il en coûte.

Dans la pratique, cela signifie que doit être interdite toute technologie qui comporte le risque — aussi improbable soit-il — de détruire l’humanité ou la valeur particulière en l’homme qui fait qu’il doit exister. Hans Jonas désigne cet impératif par la formule in dubio pro malo. Cela veut dire que s’il y a plusieurs conséquences possibles de l’emploi d’une technologie, il faut décider en fonction de l’hypothèse la plus pessimiste.

Fondamentalement, Hans Jonas pense qu’il faut refonder l’éthique ancestrale, basée sur l’homme vivant en « cités », citadelles autonomes où l’homme crée son monde et sa morale, sans toucher vraiment à l’être du monde (la nature versus la cité grecque). Cette morale ancienne était morale du présent et du rapport interpersonnel. Elle est dépassée5.

L’emprise technico-scientifique change la donne : l’homme et ses cités, mondialisées aujourd’hui, dominent le monde (la nature) et la changent sans cesse vers on ne sait où. L’éthique doit donc abandonner le présent et l’interpersonnel et se projeter sur l’avenir et le collectif, en particulier sur l’avenir de l’humain, être qui, ontologiquement, selon Jonas, doit continuer à exister..

Hans Jonas a souvent été accusé d’être hostile à la technique et à son progrès. Il a cependant refusé ce reproche. Il a même vu une nécessité de faire progresser la technique afin de pouvoir trouver des remèdes aux dégâts déjà causés par elle. Mais ce à condition que la technique et la recherche soient pratiquées dans un cadre bien défini et sous des conditions bien contrôlées : qu’elle ne puisse nuire à la permanence ontologique de l’homme. » …/…

Je ne citerai pas Hannah Arendt ou le Livre noir du communisme que l’on doit retrouver dans ce reportage mais plutôt Anne Applebaum et son livre paru en 2005, sobrement intitulé. La photo est un premier résumé du sujet. Sobre et terrifiant.

https://www.grasset.fr/livres/goulag-9782246661214

GRASSET.FR

« Goulag », Anne Applebaum

Jim harrison

Géant de la littérature, ébranlé par la vie sans jamais tomber, il a été l’un des plus grands romanciers de son temps. Ecriture, Hollywood, passion pour la pêche ou la gastronomie : avec sa voix si particulière, l’écrivain se raconte en cinq grands entretiens.

medecine 01 10 2021

Medecine 01112020

Actuellement de passage en France, je réalise combien l’idéal de minceur s’impose aux Français – et singulièrement aux Françaises. Les Indiens eux, sont beaucoup plus tolérants vis-à-vis de ce que nous appellerions ici des “kilos en trop”.

Lorsque je reviens en France, je me livre à une de mes activités préférées, l’observation de mes congénères. Et à Paris, au-delà du lèche-vitrines, je m’imprègne des dernières tendances en marchant dans la rue et en prenant le métro. Je note ce que portent les gens selon leur âge, leur quartier ou même leur métier… Je les trouve beaux, souvent stylés, parfois élégants, même au quotidien. A Bombay, en effet, on s’habille essentiellement pour sortir, pour les fêtes ou les mariages, mais le reste du temps, le dress code reste assez détendu. Et surtout, je trouve les Français réellement plus minces que les Indiens.

Le mythe de la Française filiforme

Avec mes ami.es français.es, il est d’ailleurs inévitable que la conversation atterrisse, à un moment ou l’autre, sur le thème de notre poids. Bien sûr, nous parlons de plein d’autres sujets, mais celui-ci fera toujours au moins une apparition.  Les uns arrêtent l’alcool pendant un mois, d’autres courent plusieurs fois par semaine aux Buttes-Chaumont, tout le monde se met au vélo… Pour gagner du temps certes mais aussi pour brûler des calories. Je me dis que le mythe de la Française filiforme qui, grâce à de bonnes prédispositions génétiques, garde la ligne malgré croissants, fromage et vin rouge, a sacrément du plomb dans l’aile. En réalité, chacun.e s’entretient. Mais n’est-ce pas une bonne nouvelle ?

Dans les grandes villes indiennes, les gens ont au contraire tendance à être très sédentaires. Ils n’effectuent aucun trajet à pied et ne pratiquent pour la plupart pas de sport – à leur décharge, les infrastructures sportives sont quasiment inexistantes, à l’exception des salles de musculation que l’on retrouve dans de nombreux quartiers. Pour le reste, seules certaines personnes issues des milieux favorisés ont accès à des piscines ou des terrains de sports collectifs.

Des discours plus durs en France qu’en Inde

En revanche, les discours me semblent beaucoup plus durs en France qu’en Inde, à l’opposé ce qu’un mode de vie en apparence plus sain et équilibré pourrait laisser supposer: combien de fois ai-je entendu dans la bouche de Françaises de mon entourage « Je suis énorme », « Mon ventre me dégoûte », « Je ne me supporte pas »… Les hommes, eux, s’ils sont moins diserts sur le sujet, ne sont pas totalement épargnés par la pression à la minceur. Ils zappent le dessert, évitent la bière, surveillent anxieusement la bedaine qui se pointe derrière leur chemise.

Plus les années avancent, plus je me sens en décalage avec cette focalisation sur le poids (plume) et je crois que cela a trait avec le fait que je vis en Inde. Le pays m’a incontestablement rendue plus body positive. Pour ceux qui ne sont pas familiers du terme, il désigne un mouvement qui vise l’acceptation et la valorisation de tous les corps. Popularisé par des influenceuses qui affichent leurs rondeurs sur les réseaux sociaux, le body positive a sans doute fait beaucoup de bien au monde de la publicité, avec de plus en plus de marques qui montrent des corps qui sortent des canons traditionnels.

Des tenues sur-mesure

Même avec l’internationalisation de l’économie et de certains produits culturels, les critères de beauté en Inde demeurent différents des diktats occidentaux. La minceur, si elle commence à être considérée comme désirable, ne constitue pas l’alpha et l’oméga de l’esthétique. Aujourd’hui encore, les actrices indiennes de Bollywood ou d’autres cinémas régionaux indiens affichent des silhouettes plus voluptueuses que les comédiennes occidentales. Aishwarya Rai qui a défilé dans une tenue blanche vaporeuse lors de la dernière fashion week de Paris en est une belle illustration.

En Inde, j’entends beaucoup moins de gens s’auto-déprécier (et être critiqués) car ils ont pris quelques kilos. De même, il est admis que les femmes, après leur premier enfant, changent de silhouette, et cela ne pose de problème à personne. Comme les Indiens et les Indiennes, même dans les milieux modestes, font pour la plupart appel aux services de tailleurs afin de réaliser leurs tenues, je pense aussi qu’ils se sentent moins prisonniers de coupes et de tailles de vêtements qui ne leur serait pas adaptées. La norme devient beaucoup moins normative lorsque l’on peut accéder au sur-mesure.

L’Inde mère naturelle du body positive ?

Je me garderais bien cependant de déclarer l’Inde mère naturelle du body positive, car la bienveillance que j’évoque dans ce billet est en réalité très incomplète. Dans son acception plus large, le body positive ne se cantonne pas au poids, mais englobe aussi la couleur de peau, la taille, l’âge, les capacités physiques, le genre et tout ce qui peut avoir un impact sur notre perception de la beauté. Et sur ces sujets, les Indiens peuvent se montrer aussi impitoyables que des Parisiennes traquant la culotte de cheval sous le jean taille haute.

La couleur de peau, dont mon ami Anu nous parlait ici, reste un facteur majeur de discrimination en Inde. Personnellement, je reste estomaquée que le teint clair reste synonyme de beauté et le teint foncé, de laideur. Les Indiens, dans leur grande majorité, sont incapables de reconnaître la beauté d’une personne à la peau sombre, même si elle a les traits les plus harmonieux qui soient. De même, la petite taille, elle, renvoie dans l’imaginaire indien directement à la malnutrition et est donc perçue très négativement, comme un signe de pauvreté. Dans les annonces matrimoniales, on trouvera ainsi des tailles minimum explicitement spécifiées.

S’éloigner de la grossophobie

Si l’Inde m’a rendue plus body positive, c’est que j’ai grandi en France. Pour moi, on pouvait déjà être beau que l’on soit petit ou grand, que l’on ait la peau blanche ou noire. En revanche, comme les Indiens qui ne voient pas la beauté d’une personne à la peau foncée, j’avais du mal à la percevoir chez des gens en surpoids. Mon conjoint (indien) me l’a d’ailleurs souvent reproché. Mais au fur et à mesure des années, mon regard s’est ouvert sans que je m’en rende compte, et je crois m’être éloignée de la grossophobie grâce à l’Inde. Et entre nous, qu’il est libérateur de ne pas devoir être mince pour être belle ou pour être beau!

No sport.

Pour perdre du poids, rien ne sert de courir

Une joggeuse à St James’s Park, dans le centre de Londres, le 24 février. AFP / JUSTIN TALLIS

Le sport permet de réduire le stress et de se maintenir en bonne santé, mais il n’aiderait pas à mincir. Pire, selon des recherches expliquées par le Sunday Times, l’exercice physique ne modifie même pas notre dépense d’énergie quotidienne. Qui faut-il remercier ? L’ingéniosité de notre métabolisme.

NOS SERVICE

C’est l’heure de la remise en forme. Les parcs se remplissent de sportifs qui ne sont pas là pour plaisanter, en sueur, boudinés dans leur Lycra, alors que la Grande-Bretagne s’efforce de surmonter le confinement en faisant de l’exercice. Depuis le mois de mars de l’an dernier, nous sommes des millions à avoir téléchargé des applis de fitness comme Couch to 5k, Strava et Freeletics. Et avec tout ça, le poids que nous avons tous perdu au total n’est pas loin de… rien du tout.

Du moins si l’on en croit Herman Pontzer, anthropologue spécialiste de l’évolution. D’ailleurs, son livre Burn [“brûler”], qui sort en librairie en mars, est tout à fait convaincant. Il y affirme que nous aurons beau courir, pour la plupart, nous n’en mincirons pas pour autant. Car deux millions d’années d’évolution jouent contre nous.

Plus de douze kilomètres à pied chaque jour

Pontzer, qui enseigne à l’université Duke de Caroline du Nord, a passé une partie des dix dernières années à traîner chez les Hadza, un peuple de chasseurs-cueilleurs du nord de la Tanzanie, et à analyser leur urine. En leur fournissant de l’eau potable avec adjonction d’isotopes d’hydrogène et d’oxygène, puis en mesurant leur taux à la sortie, son équipe a été en mesure de calculer combien de dioxyde de carbone produisaient les chasseurs-cueilleurs – et de là, ce qu’ils dépensaient en énergie.

À LIRE AUSSIRecherche. Pour éviter la contagion, mieux vaut courir côte à côte que l’un derrière l’autre

La chasse et la cueillette, c’est du boulot. Chaque jour, un homme hadza fait plus de douze kilomètres à pied et accomplit davantage d’activités physiques que la majorité d’entre nous en une semaine. Et pourtant, Pontzer a découvert que, par rapport à leur masse pondérale, ils dépensent presque autant d’énergie que nous.

L’essentiel de l’énergie dépensé dans les tâches quotidiennes

Cela peut paraître curieux, voire carrément erroné à première vue. Le sens commun veut que les gens actifs consomment plus d’énergie que les sédentaires. Mais c’est compter sans les machinations de notre système métabolique dynamique et magnifiquement évolué.

Pour l’essentiel, nous dépensons de l’énergie pour des choses dont nous ne sommes pas conscients. Environ 60 % de nos calories sont utilisées par notre métabolisme de base. Chacune de nos 37 000 milliards de cellules – dans nos muscles et dans nos organes, en particulier notre cerveau gourmand en énergie – en engloutit pour effectuer ses tâches quotidiennes. Et avec ça, nous avons un système immunitaire à gérer et des hormones, ainsi que de la chaleur, à produire.

Croisant ses découvertes avec les résultats d’autres études, Pontzer a conclu que notre organisme (surtout notre hypothalamus, la région du cerveau qui contribue à contrôler le métabolisme) dépense un volume d’énergie fixe. Quand vous faites de l’exercice, il se contente de réduire la quantité d’énergie consacrée à toutes les autres activités pour rééquilibrer les comptes.

Des économies après l’effort

L’hypothalamus est un petit gars plein de ressources, et il a plus d’un tour dans son sac. Il débranche la réaction inflammatoire du système immunitaire (ce qui explique pourquoi l’exercice physique réduit les inflammations chroniques). Les réactions au stress, pilotées par l’adrénaline et le cortisol, baissent également (l’exercice permet de limiter le stress). Et la production des hormones sexuelles ralentit : chez les Hadza, les hommes présentent des niveaux de testostérone deux fois moins élevés que leurs homologues moins actifs dans la société industrialisée.

Le résultat est net. Quand vous avez claqué des paquets de calories à l’entraînement, votre métabolisme se charge discrètement d’effectuer les économies nécessaires afin de vous ramener précisément là où vous étiez avant de vous agiter. De quoi torpiller le moral de quiconque vient de se faire plus de vingt kilomètres à vélo et estime être en droit de s’offrir un déjeuner digne de ce nom.

On le sait depuis longtemps, l’exercice physique contribue étonnamment peu à la perte de poids. La théorie de Pontzer va un peu plus loin en franchissant une étape cruciale, puisqu’elle soutient que le sport ne modifie absolument pas notre consommation d’énergie.

La réponse dans nos assiettes

Pire encore, s’il est inutile de faire plus d’exercice, les règles élémentaires de la physique laissent entendre que pour perdre du poids, la solution est de manger moins. Et ça, ça marche – mais notre organisme ne nous facilite pas la tâche. Réduisez le nombre de calories que vous mangez, et votre métabolisme réagira à ce déficit plus ou moins comme il le fait avec l’exercice, en réduisant votre production d’énergie. Pour lui, vos bourrelets sont comme des économies à la banque, et il épargnera où il peut pour vous empêcher de puiser trop lourdement dans votre bas de laine. Il ne tient pas à ce que vous maigrissiez.

Nous sommes une population désespérément ventripotente – près des deux tiers des Britanniques seraient en surpoids ou obèses –, aussi les conclusions de Pontzer pourraient-elles avoir d’énormes implications pour ce qui est de notre relation à l’exercice, au régime et à la santé publique. Mais il ne propose pas de solutions simples.

Les Hadza, eux, ne grossissent pas. Alors, ont-ils la réponse ? Si c’est le cas, elle n’a pas grand-chose d’appétissant. Ce qu’ils mangent, reconnaît Pontzer, est plutôt abominable, à moins que vous n’appréciiez les tubercules bouillis parfois agrémentés d’un bout de phacochère carbonisé.

Vous allez peut-être alors vous demander à quoi bon vous arracher du divan pour vous lancer dans une course de cinq kilomètres. Ne jetez pas pour autant votre survêtement à la poubelle. Pontzer recommande de faire de l’exercice : nous sommes conçus pour la course, et l’effort physique vous permettra de vivre plus longtemps, en meilleure forme et plus heureux. Mais pas plus minces.

La médecine traditionnelle chinoise nous dit que la perte de Yang conduit a un état affaibli de l’organisme et comme conséquence – a l’apparition des maladies. Dans les livres de la médecine traditionnelle chinoise on peut souvent trouver des affirmations que le Yang – c’est le meilleur médicament et que la plupart des gens aujourd’hui(environ 80%) ont une déficience de Yang.

Une vie longue est impossible sans avoir du Yang, les gens qui ont beaucoup de Yang atteignent la longévité, par contre, une déficience de Yang peut entraîner une mort prématurée. Pour que notre corps reste fort et résiste aux invasions de divers éléments pathologiques, il doit avoir une bonne garde.

Le Yang a trois fonctions principales dans le corps humain: tout d’abord, il régule les propriétés biochimiques du sang et d’autres fluides corporels; il assure la liaison entre l’energie-Qi et le sang, contrôle sa livraison et sa distribution; protège de l’environnement extérieur, i.e protège contre les maladies.

Les aliments ultra-transformés font-ils grossir ?

par P. Debraux | 5 Juin 2019

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Chaque année, une nouvelle diète fait son apparition. Elle propose généralement de bannir un macronutriment, un aliment ou une catégorie d’aliments tout en expliquant que c’est la cause de tous les problèmes de santé. Et tous les dix ans, ces diètes se refont une beauté, trouvent un nom plus hype et c’est reparti pour un tour ! Prenez la déferlante « keto » de nos jours. En 1995, Mauro Di Pasquale recyclait déjà la diète cétogène avec son « Anabolic diet » pour les bodybuilders et tous ceux désireux de construire du muscle… Pour couronner le tout, et apporter son lot de confusion, des guerres de paroisses existent bien sûr entre les différents courants (low-fat vs. Low-carbs vs. Keto vs. Paléo vs. Vegan vs. Intermittent fasting vs. Etc.). Chaque courant se proclamant le meilleur et parfois le plus fidèle à notre évolution génétique…

Pourtant, il existe au moins deux points communs entre ces différentes diètes. Premièrement, dans le but d’une perte de masse grasse, elles conseillent généralement un déficit calorique par rapport à ses besoins énergétiques journaliers. Deuxièmement, elles incitent les personnes à manger plus sainement (normalement) et à éviter autant que possible les produits alimentaires industriels (transformés ou ultra-transformés). En 2018, Monteiro et al. décrivaient les produits ultra-transformés comme des « formulations principalement composées de sources industrielles d’énergie diététique et nutritives, mélangées à des additifs, en utilisant une série de processus ». Au final, ces aliments contiennent généralement beaucoup de glucides, de lipides, de sel, peu de protéines, et beaucoup d’additifs (colorants et conservateurs). Les aliments ultra-transformés sont bon marché, permettent d’accroître la durée de vie des aliments pour le stockage, très riches en calories et souvent très pratiques (prêt à manger ou prêt à cuire). Ils ont donc tout naturellement trouvé une place de choix dans notre société de plus en plus axée vers le « #jebougepasdemoncanape ».

Pourtant, certaines données montrent clairement le parallèle entre l’augmentation de la prévalence de l’obésité et du diabète de type 2 et l’industrialisation de l’alimentation et la production de produits riches en calories mais ultra-transformés, dans les pays à hauts revenus, mais surtout aujourd’hui dans les pays à revenus faibles et moyens. Les théories sur une probable causalité entre produits ultra-transformés et obésité sont multiples cependant aucune étude à ce jour n’a établi ce lien de causalité. Quels sont réellement les effets bénéfiques de réduire la consommation de produits ultra-transformés et les effets néfastes liés à leur consommation ?

L’étude réalisée

Pour répondre à cette question, une équipe de chercheurs du centre clinique de l’institut national de la santé (NIH) aux États-Unis a mis en place un protocole par essai randomisé contrôlé. Les chercheurs ont recruté 20 personnes (10 femmes et 10 hommes) qu’ils ont attribué aléatoirement à une des deux conditions de l’étude : 14 jours avec une diète basée uniquement sur des produits ultra-transformés ou 14 jours avec une diète basée uniquement sur des produits non-transformés. A l’issu des 14 jours premiers jours, les participants passaient dans l’autre groupe. L’étude a donc duré deux fois 14 jours et tous les participants ont testé les deux différentes diètes.

Chaque jour, 3 repas (petit-déjeuner, déjeuner et dîner) étaient présentés aux participants. Et les instructions étaient simples : « Mangez autant que vous le souhaitez. » Les participants avaient 60 minutes maximum pour finir chaque repas et pouvaient donc manger moins ou plus que le repas présenté. En plus de ces trois repas, les participants avaient un accès illimité à des snacks et à des bouteilles d’eau tout au long de la journée. Ce qu’il est important de retenir est que les chercheurs ont fait leur maximum pour que les deux diètes soient équivalentes au niveau des calories totales, des macronutriments, des fibres, des sucres ajoutés et du sodium. La seule différence provenait de l’origine des aliments (ultra-transformés vs. Non-transformés) et de l’appétit des participants.

Chaque semaine, les participants passaient une journée entière dans une chambre calorimétrique pour mesurer la dépense énergétique et le quotient respiratoire. La composition corporelle était mesurée 5 fois au cours des 28 jours d’expérimentation via absorptiométrie biphotonique à rayons X (DEXA). L’adiposité du foie était mesurée par imagerie par résonance magnétique (IRM). Trois prélèvements sanguins à jeun ont été effectués avant le début de l’expérimentation, après les deux premières semaines et après les deux dernières semaines. Et à la fin des deux périodes de diètes, un test oral de tolérance au glucose (hyperglycémie provoquée per os) était réalisé.

Résultats & Analyses

Les principaux résultats de cette étude montrent que la diète ultra-transformée a induit une consommation supérieure de calories (environ 508 ± 106 kcal/jour) (Fig. 1) due principalement à une prise plus importante de glucides et de lipides (Fig. 4). Au niveau de la composition corporelle, cet excès calorique s’est traduit par une augmentation de la masse corporelle de 0.9 ± 0.3 kg (Fig. 2), dont 0.4 ± 0.1 kg de masse grasse (Fig. 3). À l’inverse, la diète non-transformée a permis de diminuer la masse corporelle de 0.9 ± 0.3 kg et de diminuer la masse grasse de 0.3 ± 0.1 kg. Cette surconsommation de glucides et de lipides peut s’expliquer en partie par l’apport en protéines similaires. Avec des produits ultra-transformés, il n’est souvent pas possible de choisir des produits riches en protéines sans apports supplémentaires de glucides et de lipides. Comme le montre la figure 4, l’apport en protéines entre les deux diètes était quasiment similaire.

Evolution quotidienne de la prise alimentaire ad libitum au cours des deux diètes

Figure 1. Évolution quotidienne de la prise alimentaire ad libitum au cours des deux diètes.

Evolution quotidienne de la masse corporelle au cours des deux diètes

Figure 2. Évolution quotidienne de la masse corporelle au cours des deux diètes.

Evolution de la masse grasse au cours des deux diètes.

Figure 3. Évolution de la masse grasse au cours des deux diètes.

Au niveau de la palatabilité (représentant le plaisir de manger), aucune différence n’a été relevée entre les deux diètes. Lors de la diète ultra-transformée, les participants mangeaient plus vite et le taux de calories avalées par minute était plus grand que lors de la diète non-transformée (Fig. 5). Les aliments ultra-transformés sont souvent plus faciles à mâcher et à avaler car leur structure est plus fragile que des aliments naturels. Une hypothèse avancée par les chercheurs du NIH est que la vitesse d’ingestion de ces aliments ultra-transformées pourraient tout simplement retarder la sensation de satiété, et donc, nous aurions tendance à en manger plus.

Répartition des calories selon les macronutriments lors des deux diètes

Figure 4. Répartition des calories selon les macronutriments… (Cliquez sur l’image pour l’agrandir)

Vitesse des repas

Figure 5. Vitesse des repas… (Cliquez sur l’image pour l’agrandir)

Au niveau des prélèvements sanguins à jeun, après la diète ultra-transformée, il n’existait pas de différences avec le prélèvement effectuée avant l’expérimentation ce qui suggère que les participants consommaient déjà beaucoup d’aliments ultra-transformés. Ce qui n’est pas très étonnant étant donné la forte prévalence des aliments ultra-transformés aux États-Unis. En revanche, après la diète non-transformée, la concentration en hormone Peptide YY, qui stimule l’effet de satiété, avait augmenté en comparaison à la mesure avant l’étude et à celle réalisée après la diète ultra-transformée. L’hormone ghréline (qui stimule l’appétit) a, quant à elle, diminué suite à la diète non-transformée. La diète non-transformée a également réduit le taux d’adiponectine (adipokine qui favorise la sensibilité à l’insuline), le cholestérol total, le taux de protéine C réactive (marqueur de l’inflammation), le taux d’hormone T3 total, la glycémie à jeun et le niveau d’insuline. Elle a cependant augmenté le taux de T4 libre et le taux d’acides gras libres.

Applications pratiques

Même si ce type de protocole devra être répliqué sur une plus longue période, cette étude démontre l’impact d’une diète composée majoritairement d’aliments ultra-transformés sur la masse corporelle et la masse grasse. Les personnes prennent du poids car elles mangent plus du fait probablement de la vitesse des repas et d’un effet de satiété retardé. A l’inverse, le fait de manger une diète basée sur des aliments non-transformés a permis aux participants de perdre du poids et de la masse grasse. Ces résultats illustrent pourquoi il est préférable de choisir des aliments naturels et de qualité. Car moins les aliments seront transformés (et donc, les plus naturels possibles) et plus ils influenceront la quantité de calories ingérées.

De plus, rappelez-vous également que les chercheurs ont tout fait pour proposer deux diètes équivalentes en termes d’énergie, de macronutriments, de fibres, de sodium, etc. En réalité, une diète composée principalement de produits ultra-transformés contiendra moins de protéines, moins de fibres, plus de sodium, etc. Il est même envisageable que les calories ingérées quotidiennement dépasseront allègrement les valeurs indiquées dans cette étude, par rapport à une diète composée uniquement de produits naturels.

Néanmoins, les aliments ultra-transformés coûtent moins chers et sont plus simples à préparer. Dans cette étude, pour préparer une diète journalière de 2000 kcal, les coûts hebdomadaires pour la diète ultra-transformée étaient de 106 $ et de 151 $ pour la diète non-transformée. Cela influence fortement les consommateurs qui regardent le prix en premier lieu sans se poser forcément la question de la qualité du produit qu’ils achètent et des conséquences sur leur santé à long-terme…

Références

  1. Hall KD, Ayuketah A, Brychta R, Cal H, Cassimatis T, Chen KY, Chung ST, Costa E, Courville A, Darcey V, Fletcher LA, Forde CG, Gharib A, Guo J, Howard R, Joseph PV, McGehee S, Ouwerkerk R, Raisinger K, Rozga I, Stagliano M, Walter M, Walter PJ, Yang S and Zhou M. Ultra-processed diets cause excess calorie intake and weight gain: An inpatient randomized controlled trial of ad libitum food intake. Cell Metabolism 30 : 1-11, 2019.

Sept règles faciles à suivre pour vivre mieux et prolonger son espérance de vie

Kassandre Fradelin

  •  Le 26 avril 2021

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Sept règles très simples à suivre pour vivre mieux et plus longtemps.

Getty Images

Deux médecins spécialistes de la longévité reviennent sur ces gestes simples qui peuvent tout changer : autrement dit vivre en meilleure santé et prolonger l’espérance de vie.

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Que ce soit dans l’assiette, au lit ou dans la vie de tous les jours, certaines habitudes méritent d’être adoptées pour vivre mieux et plus longtemps, que l’on ait 20 ans ou 60 ans. «Il n’est jamais trop tard pour mettre en place de nouveaux comportements et bénéficier de leurs bienfaits», annonce d’emblée Pascal Douek (1), médecin nutritionniste et médecin du sport. Tour d’horizon de ces gestes, qui sont autant d’alliés de la santé.

À lire aussi » Six moyens de retrouver un meilleur équilibre physique et émotionnel

Bannir les toxiques

Supprimer alcool, tabac et drogues. «Ces toxiques sont des accélérateurs de vieillissement. Ils ont une action pro-inflammatoire, c’est-à-dire qu’ils déclenchent une inflammation dite « de bas grade », non visible immédiatement, qui s’installe dans le corps et permet le développement rapide de maladies chroniques. Or, ces dernières sont la première cause de baisse de l’espérance de vie et surtout d’une mauvaise santé», explique Pascal Douek. Réserver un verre de vin à des événements festifs rares peut être une bonne façon de réduire drastiquement sa consommation, par exemple.

Réduire le sucre et manger des légumes

La plupart des sucres que nous consommons contiennent «des calories vides, soit uniquement composées de glucose et qui n’apportent pas de vitamines ni de micronutriments à l’organisme», précise Pascal Douek. Pour bien faire et sans parler de suppression totale, on peut «réduire sa consommation de 50%», indique Christophe de Jaeger (2), médecin président de la Société française de médecine et physiologie de la longévité.

En vidéo, 13 aliments qui ralentissent les effets du vieillissement

13 aliments qui ralentissent les effets du vieillissement

L’environnement, notre mode de vie et notre patrimoine génétique agissent directement sur le vieillissement cutané.

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Pascal Douek conseille également d’adopter le régime méditerranéen, «qui répond à tout ce que l’on peut attendre en termes de santé et de longévité. Il a des bienfaits cardiovasculaires, aide à lutter contres les maladies neurodégénératives…». Composé principalement de fruits et légumes à consommer matin, midi et soir, de céréales complètes, de fruits à coques, de poisson et de viande blanche, il élimine également tous les aliments ultratransformés.

Bouger

Aller promener son chien, sortir faire les courses, jardiner… Ces petites tâches que l’on peut effectuer quotidiennement sont autant de moyens pour vivre mieux et plus longtemps. «La sédentarité provoque des dégâts colossaux sur le corps, c’est un générateur d’inflammation et un véritable accélérateur de vieillissement. L’important est de ne pas rester assis plusieurs heures d’affilées», avertit Pascal Douek. Lorsqu’on travaille assis, il faut impérativement penser à se lever régulièrement, s’étirer, marcher.

La sédentarité provoque des dégâts colossaux sur le corps

PASCAL DOUEK

Pratiquer une activité physique quotidienne est indispensable, et de préférence à un rythme soutenu. Christophe de Jaeger conseille trente minutes de marche active tous les jours en s’efforçant d’aller à la limite de l’essoufflement. «Pour que les bienfaits sur le corps, le cœur et le cerveau soient efficaces, il faut que la fréquence cardiaque monte, qu’il y ait un réel engagement physique», traduit le spécialiste de la physiologie du vieillissement, tout en rappelant de consulter un médecin pour s’assurer que l’activité nous convient.

En parallèle, il est important de se muscler, notamment pour lutter contre la sarcopénie, la perte de la masse musculaire : «Le manque de muscles entraîne une perte des performances physiques et il est lié à toutes les maladies du vieillissement», avertit le médecin. Ce dernier conseille deux exercices de base à réaliser. D’abord celui du gainage. Objectif : tenir la position une minute et réitérer cinq fois de suite. Second exercice : faire l’équilibre. Debout, remonter une cuisse à la perpendiculaire du corps et garder l’équilibre d’un coté puis de l’autre. On prévient ainsi les risques de chute en vieillissant.

Entretenir son cerveau

Soigner son cerveau permet d’avoir une bonne qualité de vie et assure de vivre plus longtemps. Pratiquer la méditation, faire de la musique ou apprendre des langues sont des actions efficaces. Les mots croisés et les jeux de cartes jouent sur la stimulation cérébrale. «Le cerveau peut être comparé à un muscle : plus on l’entraîne, plus la réserve cognitive est importante et plus on se prémunit de la survenue de maladies neurodégénératives», souligne le médecin Pascal Douek.

Aller au musée 

En plus de permettre d’ouvrir l’esprit, aller au musée offre un véritable bénéfice sur la santé : cela réduit le stress et l’anxiété et donc diminue le risque d’inflammation. Ce n’est pas pour rien que le Musée des Beaux-Arts de Montréal et l’Association des médecins francophones du Canada se sont associés pour prescrire 50 visites gratuites à certains patients. À garder en tête dès que les lieux rouvriront.

Entretenir des relations

Retrouver des amis, sortir faire une promenade à plusieurs, voir ses proches. La crise sanitaire nous rappelle chaque jour à quel point nos relations sociales sont importantes pour le moral, et les médecins le confirment. «Le stress et la solitude sont des facteurs de risque de survenue de maladies cardiovasculaires. Avoir un réseau social riche est bon pour le cœur. Les relations sociales agissent comme des « tampons » de stress», indique Pascal Douek.

Les relations sexuelles sont également très importantes, quel que soit l’âge. En plus d’apporter du plaisir, l’activité nécessite un rapport avec l’autre et joue donc sur le stress. «En participant à produire de la dopamine, les relations sexuelles améliorent les performances cognitives, renforcent celles cérébrales. En plus du plaisir, la chimie de la sexualité a un rôle positif sur le vieillissement», poursuit le médecin.

En vidéo, cinq signes qui montrent que vous êtes en dette de sommeil

Cinq signes qui montrent que vous êtes en dette de sommeil

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Bien dormir

Penser à dormir au moins huit heures par nuit, éviter les écrans le soir et le sport avant de se coucher sont autant de petits gestes à adopter pour prendre soin de son sommeil. Ce dernier «aide à classer les expériences du jour, traiter les informations reçues dans la journée. C’est surtout un moment de réparation, autant musculaire, que cardiaque et cérébral. Quand on ne dort pas, on prive son corps de cette réparation», insiste Christophe de Jaeger.

Quand on ne dort pas, on prive son corps de réparation

CHRISTOPHE DE JAEGER

À lire aussi » Ces signaux anodins qui prouvent pourtant que vous êtes en dette de sommeil

Être positif

Voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide, éviter de ressasser, de ruminer, sont de bonnes façons de se faciliter la vie et de vivre plus longtemps. Cela réduit le stress, mais nous rend aussi plus enthousiastes pour toutes sortes de choses : sortir de ses préoccupations personnelles, s’occuper des autres, voir des gens, faire des activités physiques… Autant de moments qui sont de précieux alliés santé.

(1) Pascal Douek est notamment l’auteur de Les Nouvelles Clés de la longévité, Ed. Leduc.s, 324 pages, 19 euros.
(2) Christophe de Jaeger est notamment l’auteur de Bien vieillir sans médicaments, Ed. Le Cherche Midi, 192 pages, 19 euros.

À quelle heure a-t-on expliqué à la population que chacun a la capacité de renforcer naturellement son système immunitaire en quelques jours (les plus petits) ou en quelques semaines les adultes ?

👨🏻🔬Pourquoi ne pas s’impliquer dans les canaux d’information avec des plateformes et des professionnels de santé qui parlent de prévention, comme les nutritionnistes, les naturopathes, les phytothérapeutes, qui pourraient réaliser un immense travail d’information et de prévention au public tout en allégeant le travail des médecins et sanitaires qui sont sur le front ?

🍔Pourquoi ne pas dire aux gens que manger des ordures, comme des produits industriels, travaillés et raffinés, est la première chose qui détruit nos défenses ?

🍎Que l’efficacité de notre système immunitaire dépend étroitement de la qualité de notre flore intestinale et donc de la qualité de ce que nous mangeons.

🍏Les fruits et légumes crus, locaux et de saison sont donc le meilleur moyen d’accumuler rapidement nos réserves minérales nécessaires à l’immunité…

👉Pourquoi ne pas expliquer qu’un jeûne intermittent contrôlé renforce le système immunitaire en seulement 3 jours ?

🌞Qu ‘ une respiration correcte a la capacité de réduire les niveaux élevés de production de cortisol, d’hormone régulatrice de vos niveaux de stress.

🚿Pourquoi ne pas parler des bienfaits d’une douche froide ou d’un bain en mer, qui en quelques jours augmente le niveau de certains lymphocytes T ?

🌿Pourquoi ne pas expliquer que des plantes comme l’équinacea, l’astragale, le sureau, la rosa canina, l’artémisia annua … sous leurs formes concentrées et correctes, augmentent les défenses immunitaires en quelques semaines ?

💧Pourquoi ne pas parler de l’efficacité des huiles essentielles antivirales ?

©️Outre la vitamine C à haute dose, l’importance de la vitamine D et des minéraux comme le zinc, le sélénium, le magnésium ? Tout cela est facile et bon marché à obtenir. Parfois, comme dans le cas du soleil, gratuit !

🏃Pourquoi ne pas parler de comment une activité sportive saine active les hormones de la joie et du bien-être ?

🤔Pourquoi ne pas parler de l’importance de la qualité de nos pensées et de la connexion entre l’esprit et le corps ?

🥰Pourquoi ne pas parler de la forteresse de l’amour et de la compagnie, qui guérissent bien plus que l’isolement et la méfiance ?

🌲Pourquoi ne pas parler du bien-être immédiat que nous donne la marche ou être dans la nature ?

Pourquoi ne pas expliquer que la peur est immunosuppresseur ? Et ça génère plus que tout : maladie, faiblesse, anxiété, souffrance.

* POURQUOI NE PAS COMMENCER À INFORMER.*

* ET POURQUOI NE PAS LE FAIRE VRAIMENT…*

Ils nous ont juste appris, à mettre un masque, à être enfermés et à avoir peur.

Il est temps d agir …

Respire !

À l’occasion de la Journée nationale des médecins, nous faisons une pause pour remercier les médecins qui sauvent des vies tous les jours et nous nous souvenons de ceux qui En tant que prisonnier Auschwitz, Dr. Gisella Perl a traité des camarades détenus pour des maladies causées par la famine, l’infection et la torture par leurs ravisseurs.

Elle a effectué des centaines de chirurgies sans anesthésie ni outils médicaux adéquats. Elle a dit au New York Times en 1982 qu’elle utilisait le seul médicament qu’elle avait : ′′ J ‘ ai traité les patients avec ma voix, en leur racontant de belles histoires, en leur disant qu’un jour nous aurions encore des anniversaires, qu’un jour nous chanterions encore une fois. »

Dr. Perl a été obligé de travailler avec le tristement célèbre Dr. Josef Mengele. Il lui a demandé de lui signaler toutes les grossesses, affirmant que les femmes seraient envoyées dans un autre camp avec une meilleure nutrition. Certaines femmes sont venues au camp déjà enceintes ; dans d’autres cas, elles ont été violées et sont tombées enceintes pendant leur emprisonnement.

Dr. Perl a vite appris que les femmes enceintes étaient envoyées à la chambre à gaz. En tant que femme religieuse conservatrice et spécialiste de l’infertilité, elle a été confrontée à un choix terrible qu’elle n’aurait jamais pensé envisager. Dans des conditions épouvantables, souvent la nuit et sur le sol de la caserne avec très peu d’eau ou d’équipement, elle a avorté en sauvant la vie de centaines de femmes enceintes.

Après la guerre, elle a ouvert son propre cabinet à New York et a accouché plus de 3,000 bébés.

5 bienfaits d’un voyage en mer sur la santé

Publié: Mai 22, 2020     The Moorings

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Comme on le dit souvent, « le voyage est la seule chose qu’on achète qui nous rend plus riche ». En plus de remplir notre mémoire de souvenirs inoubliables, passer des vacances sur l’eau offre de nombreux bienfaits et vertus pour la santé. Voici quelques façons dont votre esprit et votre corps récolteront les fruits de leur présence à bord de votre propre bateau, dans une destination de premier plan, en compagnie de ceux que vous chérissez le plus.

1. Réduisez votre stress
Le son apaisant des vagues, l’immensité de l’océan, des paysages paradisiaques à perte de vue, votre voilier ou catamaran à moteur glissant sur la surface de l’eau… votre esprit larguera les amarres du réel pour un sentiment de bien-être général. Riche en ions négatifs et chargé en iode, l’air marin vous permettra également de mieux résister aux agressions quotidiennes subit par notre corps (stress, fatigue, douleurs).

Femme assise sur un bateau aux Îles Vierges britanniques

2. Soignez-vous par le sel
Les bienfaits de l’eau de mer sont connus depuis l’antiquité : « La mer lave les maux de tous les hommes » – Euripide.
Riche en vitamines, sels minéraux et en oligo-éléments, l’eau de mer est une véritable source d’énergie. Elle améliore entre autres la circulation sanguine, la qualité de la peau, renforce notre système immunitaire et apporte bien-être et relaxation.

Femme profitant de l'océan à Saint-Martin

3. Faites le plein de vitamines D et plus encore
Consommé avec modération, le soleil possède de nombreuses vertus. Les rayons ultraviolets (UV) permettent notamment à l’organisme de produire de la vitamine D, essentielle à la santé des os. Le soleil agit également directement sur notre moral en augmentant notre taux de sérotonine, « l’hormone du bien-être » ou du « bonheur ». Le soleil favorise par ailleurs la sécrétion de « l’hormone du sommeil », la mélatonine, qui comme son nom l’indique, améliorera vos nuits.

4. Brûlez des calories
L’exercice physique fait partie intégrante d’un mode de vie sain, mais personne n’a vraiment envie de s’entraîner pendant les vacances, et vous ne devriez certainement pas vous sentir coupable d’avoir envie de faire une pause. Mais en optant pour une croisière, vous aurez accès à un certain nombre d’activités qui vous feront brûler des calories sans même vous en rendre compte, tels que le snorkeling, la baignade, le kayak, le stand-up paddle, le yoga à bord ou la randonnée à terre. Et si vous embarquez à bord d’un voilier, entre les différentes manœuvres et le travail sur votre équilibre, tous vos muscles seront sollicités !

Stand-up paddle aux Îles Vierges britanniques

5. Renforcez vos relations
Que vous soyez en escapade romantique, en compagnie d’amis ou de votre famille, les vacances en bateau sont l’occasion idéale de tisser et renouer les liens avec les personnes qui comptent le plus pour vous. Tout en vous amusant, vous apprenez à vivre en communauté, à vous soucier les uns des autres, à travailler en équipe et à vous soutenir mutuellement à travers divers challenges. Des relations saines et harmonieuses sont essentielles à notre équilibre psychologique et à notre bien-être. Le bateau est un excellent moyen pour bâtir ces liens et créer ensemble de nouveaux souvenirs inoubliables.

Couple sur un bateau aux Îles Vierges britanniques

Une fois que l’on a goûté aux joies des vacances en bateau, on réalise rapidement qu’il est particulièrement difficile de lister leurs innombrables bienfaits, mais celui que l’on retiendra c’est certainement ce sentiment de pur bonheur et de liberté ultime que seul le bateau sait procurer. Et si vous n’avez pas encore eu la chance de connaître cette sensation, embarquez avec The Moorings dès que l’on pourra de nouveau hisser les voiles, et laissez-nous vous rappeler comment vivre l’instant présent et savourer chaque mille marin.

Pourquoi pratiquer le clean sleeping ?

Le « clean spleeping » voit le jour en 2017 dans le livre Goop Clean Beauty de l’actrice et femme d’affaire, Gwyneth Paltrow. Ce rituel consiste à faire du sommeil votre priorité, c’est-à-dire placer ce besoin devant l’alimentation et le sport. Une pratique qui, selon les experts, serait bon d’adopter. En effet, un sommeil régulier sur une literie de qualité, peut engendrer de nombreuses répercussions positives sur votre santé aussi bien physique que psychique. Le « clean spleeping » n’est pas une tendance qui consiste simplement à se coucher tôt mais est accompagnée de nombreux conseils à mettre en place quotidiennement. Pour mieux comprendre comment ceux-ci peuvent participer à une meilleure récupération, voici leurs explications.


Pourquoi faut-il se coucher à heure fixe ?

Se coucher à la même heure permet à votre corps de réguler son horloge interne et donc de vous endormir plus facilement. Il ne sert à rien de s’obliger à dormir tôt si vous n’y arrivez pas, trouvez plutôt votre propre rythme et maintenez-le. Il est toutefois recommandé de dormir entre 7 à 8 heures par nuit pour une récupération optimale.

Quand arrêter les écrans avant de dormir ?

Afin de favoriser l’endormissement, il est recommandé de ne pas s’exposer aux écrans au minimum 1h30 avant le coucher. On ne répète jamais assez que la lumière bleue de nos appareils n’est pas l’alliée du sommeil. En effet, elle freine la production de l’hormone du sommeil, la mélatonine. Pour favoriser la relaxation, indispensable pour s’endormir, il est vivement conseillé de lire un bon livre.

Pourquoi faut-il surveiller sa consommation de caféine et le grignotage ?

Premièrement, la caféine est connue pour être un excitant et donc ne va pas de pair avec le sommeil, il est donc préférable de boire son café dans la matinée et non l’après-midi. Dans un second temps, grignoter avant de se coucher ou encore les diners trop copieux rendent votre digestion plus difficile et perturbent votre nuit. En revanche, un petit-déjeuner complet, dans la demi-heure qui suit votre réveil, est vivement recommandé pour être en forme !

Comment relâcher la pression ?

Un massage au crâne et aux pieds permet de soulager les contractions accumulées la journée et donc de favoriser la relaxation. Si c’est plutôt un massage de la nuque ou du visage qui vous fait du bien, faites-le ! Le but est simplement de vous détendre.

Pourquoi utiliser des huiles essentielles ?

Les plantes sont connues pour avoir de nombreuses vertus sur notre corps et donc notre santé. La lavande par exemple aide à ralentir votre rythme cardiaque et diminuer votre tension artérielle. Vaporiser une brume à la lavande sur votre oreiller peut favoriser votre endormissement. Si vous n’êtes pas un grand fan, ne vous inquiétez pas, de nombreuses autres plantes peuvent être utilisées pour leurs bienfaits. Ci-dessous les principales huiles essentielles recommandées par de site Aroma-Zone, spécialisé en aromathérapie :

Brins de lavandeFleurs de camomilleOranges amères
LavandeCamomille romainePetitgrain bigarade
Réduit le temps d’endormissement et prolonge la durée du sommeil.Dénoue les tensions musculaires et calme l’agitation mentale.Aide à l’endormissement et améliore la qualité du sommeil.
Ombelle d'angéliqueSection de mandarine rougeFeuilles de marjolaine
AngéliqueMandarine rougeMarjolaine
Chasse les cauchemars et préserve des réveils nocturnes.Réconfortante et relaxante pour un endormissement facilité.Combat l’insomnie et lutte contre les cauchemars.

Vitamine D : une simple supplémentation permettrait d’éviter des milliers de cancers

Si tous les Allemands de plus de 50 ans prenaient des suppléments de vitamine D, on estime que l’on pourrait éviter jusqu’à 30 000 décès par cancer par an dans ce pays.

Publiés dans la revue Molecular Oncology, des scientifiques ont fait un calcul vertigineux. Si tous les Allemands de plus de 50 ans prenaient des suppléments de vitamine D, on pourrait éviter jusqu’à 30 000 décès par cancer par an, et gagner plus de 300 000 années de vie.

Réduction du taux de mortalité par cancer d’environ 13%

Depuis plusieurs années maintenant, les scientifiques étudient l’influence d’un apport adéquat en vitamine D sur de nombreuses maladies, comme les pathologies inflammatoires et respiratoires, le diabète ou le cancer.
Trois méta-analyses d’études cliniques ont récemment conclu que la supplémentation en vitamine D était associée à une réduction du taux de mortalité par cancer d’environ 13%.

« Compte tenu des effets positifs potentiellement significatifs sur la mortalité par cancer, nous devrions chercher de nouveaux moyens de réduire la carence en vitamine D largement répandue dans la population âgée en Allemagne », estime le directeur de l’étude M. Brenner. « Dans certains pays, les aliments ont été enrichis en vitamine D depuis de nombreuses années, comme par exemple en Finlande, où le taux de mortalité par cancer est environ 20 % inférieur à celui de l’Allemagne », rappelle-t-il. « Sans compter que la vitamine D a d’autres effets positifs, comme par exemple la baisse des taux de mortalité dus aux maladies pulmonaires », poursuit M. Brenner.

Attention aux overdoses

Après la publication de nombreuses études pointant l’effet protecteur de la vitamine D contre les formes graves de Covid-19, 73 experts français ont également appelé à sa prescription comme outil de prévention. Néanmoins, l’ANSM a de son côté mis en garde contre les risques d’overdose, à cause d’une multiplication des cas, notamment chez les enfants.

Le stress

Quels sont les mécanismes physiologiques du stress ? Quelles sont les hormones impliquées et à quoi servent-elles ? Quelles peuvent être les conséquences du “stress chronique” sur le cerveau et sur l’organisme ?

Le stress est une réaction physiologique naturelle de défense de notre organisme.Le stress est une réaction physiologique naturelle de défense de notre organisme.• Crédits : BSIP – Getty

Un an de Covid dans les pattes, un an d’inquiétude, de confinement, de reprise épidémique, de chiffres de mortalité, de proches qui tombent malade, de reconfinement, de variant anglais, brésilien. Un an d’éloignement de nos proches, de nos amis, un an loin des concerts, des cinémas, des lieux de détente. Un an et ce n’est pas terminé et on ne sait même pas bien quand ça va s’arrêter. Autant de facteurs de stress constant qui conduisent à des formes de stress chronique et qui peuvent aboutir à tout un tas de troubles, dont la dépression. Mais le stress chronique, c’est quoi exactement ? Pourquoi les réactions de stress aigu peuvent s’installer au long cours et devenir délétères pour notre santé.

_Stress : un ennemi pour la vie._C’est le programme anxiogène qui est le nôtre pour l’heure qui vient. Bienvenue dans La Méthode scientifique.

Et pour parler de ce stress, de la façon dont il devient chronique, de ses effets et aussi, des moyens pour lutter contre, nous avons le plaisir de recevoir Marie-Pierre Moisan, directrice de recherche INRAE dans l’équipe Nutrition, mémoire et glucocorticoïdes de Bordeaux Neurocampus et Sébastien Parnaudeau, chargé de recherche CNRS à l’Institut Biologie Paris Seine, dans l’équipe Expression des Gènes et Comportements adaptatifs du département Neurosciences Paris Seine.

Le stress… mal contemporain par excellence ? 

Qui n’a jamais eu des troubles de sommeil liés à une surcharge d’activité professionnelle, des ruminations liées à l’actualité trop chargée, des douleurs dans le dos, mal au ventre, des migraines, voire, pour les cas les plus sévères, des poussées dépressives ?

Autant de conséquences possibles de crises de stress, ou d’angoisse.  Et pourtant, le stress est à l’origine une réaction naturelle de notre organisme à un danger, une façon de le mettre en « ordre de bataille » pour réagir de la façon la plus rapide et la plus efficace. Problème, lorsque ce stress est provoqué régulièrement, qu’il s’installe, eh bien c’est tout l’inverse qui se produit.

C’est ce dont nous allons parler aujourd’hui, dans ce contexte pandémique qui suscite tant de stress quotidien depuis près d’un an. 

Les bases documentaires 

Retrouvez le thread de cette émission sur le fil Twitter de La Méthode scientifique.

MESSAGE IMPORTANT À LIRE JUSQU’À LA FIN

> Certains disent qu’ils ne veulent pas boire avant d’aller se coucher

pour ne pas être obligés de se lever la nuit pour aller aux toilettes

J’ai demandé à mon cardiologue pourquoi les gens (surtout les vieux) urinent tant la nuit.

Sa réponse fut : Quand vous êtes debout ou assis,

la force de gravité retient l’eau dans la partie inférieure de votre corps.

C’est la raison pourquoi les jambes peuvent enfler.

Quand vous êtes couché, la partie inférieure de votre corps cherche un équilibre avec les reins.

Alors les reins éliminent l’eau ensemble avec les déchets parce qu’à ce moment-là c’est plus facile.

L’eau est essentielle pour éliminer les déchets de votre corps.

J’ai demandé au cardiologue, quel moment est le plus favorable pour boire de l’eau. Il m’a répondu :

Boire de l’eau à des moments bien définis en maximalise l’efficacité dans le corps.

– 2 verres d’eau juste après le réveil active les organes internes.

– 1 verre d’eau 30 minutes avant chaque repas améliore la digestion.

– 1 verre d’eau avant de prendre un bain (ou douche) diminue la tension artérielle.

– 1 verre d’eau avant de vous coucher, évite un accident vasculaire cérébral ou cardiaque.

Boire de l’eau avant de vous coucher, évite d’avoir des crampes dans les jambes pendant la nuit.

Vos muscles des jambes, quand il y a des crampes, sont notamment en recherche d’eau et d’humidité.

1. Si vous prenez une aspirine tous les jours, le mieux c’est de la prendre le soir.

– La raison : l’aspirine a une « mi-durée » de vie de 24 heures.

Donc : si la plupart des crises cardiaques se passent au petit matin, l’aspirine dans votre corps sera alors au plus fort.

2. Les Aspirines peuvent se garder pendant de longues années dans votre petite pharmacie,

mais pas trop car en vieillissant elles ont l’odeur du vinaigre.

Pourquoi garder des aspirines sur votre table de chevet ?

En dehors de douleurs dans le bras gauche, il y a encore d ‘autres symptômes signalant une crise cardiaque :

des douleurs intenses dans le menton (et la maxillaire), la nausée et une forte transpiration…

Mais ces symptômes se présentent moins souvent.

Notez : lors d’une crise cardiaque il est possible que vous n’ayez AUCUNE douleur dans la poitrine.

Si jamais vous vous réveillez à cause de douleurs intenses dans la poitrine,

avalez immédiatement deux aspirines avec un peu d’eau.

Dites au téléphone : « crise cardiaque »! et également que vous avez pris 2 aspirines.

Asseyez-vous sur une chaise près de la porte d’entrée et attendez les secours.

SURTOUT !!! NE VOUS COUCHEZ PAS !

Un cardiologue a déclaré qu’une seule vie humaine pourrait probablement être sauvée

si chaque personne qui reçoit ce mail le transfère à 10 autres personnes !

Pour moi c’est fait. A toi maintenant !

TRANSFÉREZ, ÇA PEUT SAUVER DES VIES !!!

COMMENT ÉVITER LA PANDÉMIE?

Osho a été interrogé à ce sujet il y a environ 40 ans, lorsque le SIDA se propageait. – Osho a répondu:

«Vous posez la mauvaise question – la bonne question devrait être: COMMENT ÉVITER LA PEUR DE LA MORT PARCE QUE L’ÉPIDÉMIE EST LÀ ? Il est très facile d’éviter un virus, mais c’est très difficile d’éviter la peur en vous et l’éviter dans le monde. Les gens mourront plus de peur que d’épidémie. Aucun virus dans ce monde n’est plus dangereux que la peur.

Comprenez cette peur, sinon vous deviendrez un cadavre avant que votre corps ne meure.

L’atmosphère effrayante que vous ressentez dans ces moments est une folie collective. Cela s’est produit des milliers de fois et cela se reproduira. Si vous ne comprenez pas la psychologie humaine et la peur, votre conscience peut être complètement perdue. Vous ne saurez même pas quand vous avez perdu le contrôle. Alors la peur peut vous faire faire n’importe quoi .

Faites attention. Ne regardez pas les nouvelles qui font peur. Arrêtez de parler d’épidémie.

Répéter la même chose encore et encore, c’est de l’autohypnose. LA PEUR EST UN TYPE D’AUTOHYPNOSE. Elle provoque des changements chimiques dans le corps. Et si vous l’entretenez encore et encore, cela peut provoquer un changement chimique si toxique que ça peut vous tuer.

Pendant une épidémie, l’énergie dans le monde devient irrationnelle. Vous pouvez tomber dans un trou noir à tout moment. La méditation ou plutôt la paix cérébrale, le silence mental peut alors créer une aura protectrice dans laquelle aucune énergie négative ne peut pénétrer. « 

~ Osho ~

« Le seul moyen d’améliorer l’immunité, c’est l’activité physique »

Mercredi 20 janvier, la Commission de la Culture, de l’Education et de la Communication, ainsi que la Commission des Affaires Sociales du Sénat ont organisé des auditions sur le thème du sport et la santé. L’occasion notamment pour le professeur en physiologie cardiovasculaire François Carré de rappeler les dangers de la sédentarité.

Le professeur François Carré, lors de son audition au Sénat le 20 janvier.

Ce sont des neurologues qui le disent, « la nourriture du cerveau, c’est l’activité physique ». François Carré, cardiologue au CHU de Rennes et chercheur à l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) ne dit pas autre chose, « si je bouge, j’ai moins de risques d’être touché par la Covid, et si je le suis, j’ai moins de risques de développer une forme grave » a-t-il déclaré devant les sénateurs lors de son audition.

Oui mais comment faire du sport sous un régime de couvre-feu avec l’obligation d’être chez soi à 18h00. Présente elle aussi au Sénat, Christelle Gautier, chef de projet Stratégie nationale sport et santé au ministère des Sports, reconnaît que « la situation est complexe ». Selon elle, il s’agit de « trouver les ajustements pour veiller à ce que les différents publics puissent poursuivre leur activité physique, que l’on soit sportif de haut niveau ou bien inscrit dans un parcours de soins justifiant d’une prescription d’activité physique adaptée ».

Du sport sur ordonnance

Même si trop peu le savent, depuis la loi santé de 2016, les médecins peuvent prescrire des séances d’activité physique à leurs patients. Michel Savin, sénateur de l’Isère, admet que « le sport sur ordonnance peut être prescrit mais il n’est pas remboursé et non pris en charge par la Sécurité Sociale ». L’élu ne comprend d’ailleurs pas que des personnes bénéficiant d’une prescription médicale ne puissent pas déroger au couvre-feu, « comment leur explique ». « Si l’activité physique ne remplace pas les médicaments, François Carré explique en substance que c’est bien parce que le sport est bon pour la santé que des économies pourraient être faites sur notre système de santé ». Les experts de l’Inserm constatent aussi qu’un médicament est plus efficace sur un patient lorsque celui-ci bouge et fait du sport dans un cadre thérapeutique.

Et si le sport est bon pour la santé, ce n’est bien sûr pas qu’en mode curatif. Dès leur plus jeune âge, les enfants doivent faire de l’activité physique. « Il faut arrêter de séparer le corps et l’esprit » indique François Carré. « Les enseignants l’ignorent mais on apprend mieux à lire, écrire et compter lorsqu’on fait de l’activité physique » poursuit le cardiologue évoquant l’importance de « redonner à l’enfant l’habitude de marcher », de se dépenser avec au minimum une heure d’activité par jour (chez l’adulte, l’OMS recommande entre 150 et 300 minutes de sport par semaine). Selon les statistiques, seulement 5% des enfants respectent les préconisations. Inquiétant lorsqu’on sait que c’est pendant l’enfance qu’on construit son capital santé. Autre donnée fournie par le chercheur qui doit nous faire réfléchir, le confinement et l’absence d’activité physique ferait « baisser les capacités cognitives de l’enfant de 40% ». Sans compter les problèmes de poids.

Nul doute qu’avec la crise que nous traversons, les choses ne vont pas s’améliorer de suite. Néanmoins, il faut s’efforcer de bouger et s’astreindre à de l’exercice physique. « Cela prévient, limite l’évolution et les complications des maladies chroniques, parfois même ça les guérit » argumente encore le cardiologue, convaincu que « le seul moyen d’améliorer l’immunité, c’est l’exercice physique ». Il cite en exemple « la Suède dont l’espérance de vie en bonne santé est de 71 ans alors qu’elle n’est que de 62 ans en France, la France qui n’est pas un pays de sportif » conclut le professeur Carré.

Vitamine D contre les formes graves du Covid-19 : les aliments où la trouver

Pour faire le plein de vitamine D, misez sur les poissons gras, comme le saumon.

iStock

La vitamine D est essentielle pour notre système immunitaire. Elle aiderait même à prévenir les infections respiratoires et les formes graves du Covid-19. Voici la liste des aliments dans lesquels aller la puiser.

dès la petite enfance, la vitamine D est aussi essentielle à l’âge adulte, pour assurer la qualité de nos os, de nos muscles, et renforcer notre système immunitaire. S’assurer un apport suffisant est primordial dans le contexte de pandémie de coronavirus. Conclusions scientifiques à l’appui, des experts ont constaté que la vitamine D aiderait à lutter contre les infections respiratoires et à limiter les formes graves du Covid-19. Dans un communiqué de presse publié par le CHU d’Angers lundi 18 janvier, 73 experts francophones et six sociétés savantes – sans parler de remède miracle et en insistant sur l’importance des gestes barrières et du vaccin – appellent à donner de la vitamine D aux personnes contaminées et à en faire la promotion à l’ensemble de la population.

Non présente naturellement dans le corps, la vitamine est synthétisée majoritairement par la peau sous les effets des rayons du soleil. Elle peut aussi être puisée dans les aliments. Voici ceux dans lesquels la trouver.

Les poissons gras

Le hareng, le maquereau, les sardines, et le saumon sont riches en vitamine D, qu’ils soient frais ou en conserve, au naturel ou à l’huile. La palme revenant à l’huile de foie de flétan qui couvre, pour 100 grammes, près de 10 000 fois les apports journaliers recommandés.

Les produits laitiers

De vache, végétal ou enrichi, le lait reste une excellente source de vitamine D et permet d’allier également un apport non négligeable de calcium pour renforcer son action sur les os. Afin de varier les plaisirs et les apports nutritionnels, n’hésitez pas à vous tourner vers les laits d’avoine, d’amandes, de soja ou de riz, ces derniers sont souvent enrichis en vitamine D pour couvrir les besoins quotidiens. Beurre et margarine (dérivés des laits de vache et des laits végétaux) sont également très riches en vitamine D, ainsi que le fromage. À noter, que l’emmental en contient également. Idéal pour vos pâtes, lasagnes ou gratin.

Les abats, le jaune d’œuf…

Produits comprenant le foie, les rognons, le cœur, le ris, la moelle épinière, la cervelle, la langue mais aussi les extrémités de l’animal… Les abats sont riches en protéines, minéraux et en vitamines, notamment en vitamine D. La viande en contient également, ainsi que le jaune d’œuf.

*Initialement publié en avril 2020, cet article a fait l’objet d’une mise à jour.

19 janvier 1999 : 38kg ou 83,6 lbs… moins lourd qu’une de mes deux dumbell  pierre guioni

Petit guide pour bien lire les publications scientifiques

30 novembre 2020

 notions d’anglais, une certaine détermination et un accès à Internet, lire une publication scientifique n’est pas forcément insurmontable. Rido / Shutterstock

Il s’avère parfois difficile de comprendre les résultats obtenus par les chercheurs. En temps normal, nous comptons sur la parole des experts ou le travail des médias pour interpréter ou relayer les découvertes scientifiques les plus intéressantes. Mais la pandémie qui secoue la planète depuis le début de l’année a changé la donne.

Nous sommes désormais confrontés quotidiennement à des points de vue contradictoires, qui tous prétendent s’appuyer sur des « preuves scientifiques ». Comment, lorsqu’on n’est pas soi-même habitué de la recherche académique, vérifier la véracité de telles affirmations ?

Les résultats de la recherche scientifique sont habituellement communiqués sous forme d’articles, ou « publications scientifiques », qui paraissent dans des revues spécialisées. Afin d’en assurer l’exactitude, chacun d’eux est attentivement vérifié par les éditeurs desdites revues, qui les soumettent à des experts du domaine concerné, au cours d’un processus appelé « revue par les pairs » (« peer-review » en anglais). Bien que ce système de revue par les pairs ne soit pas parfait, les articles qui passent par ce crible ont sont plus fiables que ceux dont la publication suit une autre méthodologie.

Le meilleur moyen de juger de la pertinence d’une preuve scientifique est donc de savoir lire et de parvenir à comprendre ces articles revus par les pairs. Cela peut sembler de prime abord compliqué (ndlr : et nécessite d’avoir un niveau d’anglais correct, puisque cette langue est souvent utilisée au niveau international pour communiquer les résultats de recherche), néanmoins il ne faut pas céder au découragement : en adoptant la bonne stratégie, ces textes s’avèrent souvent plus faciles à digérer qu’on ne l’imagine.

1. Trouver la publication scientifique

Lorsque de nouveaux travaux de recherche sont publiés, les médias résument souvent leurs résultats. Il est cependant très rare qu’ils fournissent également un lien vers la publication scientifique originelle, ce qui peut être particulièrement frustrant.

Pour mettre la main sur le texte en question, une bonne stratégie est de retrouver dans un premier temps le communiqué de presse publié par l’université ou la société à l’origine des recherches. Il est aussi possible de recourir à des moteurs de recherche spécialisés dans les travaux académiques, tels que Google scholar ou PubMed. Ceux-ci permettent, en entrant le nom des scientifiques impliqués (lesquels sont généralement – mais pas toujours – cités par les journalistes) de retrouver leurs travaux de recherche.

Historiquement, les publications académiques ont longtemps été des articles payants. Cependant, depuis quelques années, un nombre croissant d’articles de recherche sont publiés sous forme gratuite : beaucoup sont désormais publiés en « accès ouvert »(« open access » en anglais) via des arrangements avec les éditeurs. Malheureusement, si un article n’est pas en open access, il n’y a pas grand-chose que vous puissiez faire pour le lire sans payer le montant requis par son éditeur.

Étagères couvertes de revues dans une librairie.De nombreuses revues publient encore des versions papier de leurs articles, mais la périodicité de ces dernières est souvent devenue trimestrielle. Pour lire les articles au fur et à mesure qu’ils sont disponibles, mieux vaut les consulter en ligne. Protasov AN/Shutterstock

2. Lire le résumé et regarder les figures

Les articles de recherche sont longs et denses, et leur structure est très différente de celle des textes publiés dans les médias traditionnels. Ces derniers s’ouvrent généralement sur l’information la plus importante, puis le contexte et les informations complémentaires sont ajoutés au fil de l’article. 

À l’inverse, les publications scientifiques débutent par une introduction qui décrit le contexte, puis viennent plusieurs sections. L’une est consacrée à la description des méthodologies utilisées au cours des travaux de recherche. La suivante présente les résultats obtenus. Vient ensuite une discussion destinée à souligner les points forts et les faiblesses des travaux, et enfin la conclusion de l’article, qui se résume souvent à quelques phrases en fin de publication. 

Pour accélérer la lecture, un résumé (« abstract » en anglais) est fourni au début du texte. Celui-ci est le meilleur endroit pour commencer la lecture (qui plus est, il est presque toujours disponible gratuitement). Si vous n’êtes pas expert du sujet traité, soyez attentifs aux mots que vous ne comprenez pas, et veillez à en chercher la définition, car tout ce qui est mentionné à cet endroit est essentiel pour la compréhension du reste du texte. 

Après avoir lu l’abstract, il est possible que vous ayez déjà toutes les informations que vous étiez venu chercher. Si ce n’est pas le cas, et que vous souhaitez en apprendre davantage, la seconde étape consiste à jeter un œil aux illustrations, schémas et autres graphiques (s’ils sont disponibles) afin de vous faire une petite idée des expérimentations sur lesquelles s’appuient ces travaux.

3. Déterminer la qualité de la revue et le bagage de la personne qui a écrit l’article

Après avoir lu le résumé de l’article, je regarde généralement qui sont les auteurs des travaux, pour quelle université ou société ils travaillent, et la qualité de la revue dans laquelle leurs résultats ont été publiés.

Si les auteurs sont des universitaires qui ont déjà produit d’autres articles de grande qualité, c’est plutôt bon signe. Le premier et le dernier auteur figurant dans la liste de la publication sont souvent ceux qui ont joué le plus grand rôle dans les recherches présentées, ce sont donc eux qui doivent faire prioritairement l’objet de ces investigations.

Les personnes figurant en première et dernière place dans la liste des auteurs sont généralement celles qui ont joué un rôle clé dans le développement et la supervision de la recherche. Matej Kastelic/Shutterstock

Le fait que les résultats soient publiés dans une bonne revue est également important, car les meilleures revues sont aussi celles qui ont accès aux relecteurs et éditeurs les plus expérimentés. Pour déterminer la qualité d’une revue, son « facteur d’impact »(« impact factor » en anglais) est souvent cité : ce paramètre traduit le nombre de chercheurs qui citent les articles publiés dans cette revue. Plus il est important, meilleure la revue est censée être.

Cependant, ces dernières années l’emploi du facteur d’impact en tant que critère d’évaluation des revues scientifiques a fait l’objet de vives critiques, même s’il est aujourd’hui encore vrai que les meilleurs travaux de recherche sont publiés dans un nombre assez restreint de revues spécialisées. 

Une alternative au facteur d’impact peut être de se renseigner sur l’opinion qu’ont les chercheurs d’un titre donné. Ces derniers passent en effet un temps considérable à débattre des meilleures revues : vous devriez sans peine et assez rapidement vous faire une idée de la qualité de celle où figure l’article qui vous intéresse.

4. Lisez la discussion

Si vous êtes arrivés jusqu’au niveau de la section qui discute des résultats (souvent appelée… « discussion »), il est probable que vous trouviez l’article intéressant, et que vous soyez prêt à faire un petit effort supplémentaire pour le comprendre. 

Attaquez-vous donc à la lecture de ce passage en y consacrant toute votre attention, et en n’hésitant pas à revenir en arrière afin de consulter les sections consacrées à la méthodologie ou aux résultats, si vous avez l’impression d’avoir besoin de comprendre plus en détail la façon dont ont été menées les expérimentations. À nouveau, n’hésitez pas à chercher les définitions de tous les termes qui pourraient vous échapper.

5. Lisez l’introduction et vérifiez certaines des références

Une fois que vous vous êtes fait une idée de ce dont parle l’article, terminez votre lecture par l’introduction – cela permet généralement d’avoir une bonne vision de la raison pour laquelle ces recherches ont été conduites. Vous devriez maintenant avoir une idée claire de ce dont traite le texte et du contexte dans lequel il s’inscrit.

Si vous êtes particulièrement intéressé par le sujet, vous pouvez également regarder certaines des références principales citées dans la publication. S’il s’agit de travaux qui ne sont pas des plus récents, retournez sur votre moteur de recherche de publications afin de vérifier si d’autres articles scientifiques font référence au texte que vous êtes en train de compulser, et ce qu’ils en disent.

6. Quand un article de revue scientifique n’est pas une publication scientifique

Un mot d’avertissement pour terminer : tous les articles publiés dans des revues spécialisées ne sont pas des articles de recherche. Ces journaux contiennent en effet également des actualités, des articles d’opinion et des revues de littérature. Bien qu’étant également écrits pour un lectorat expert, ces formats passent rarement par un processus d’évaluation par les pairs avant d’être publiés. Ils ne sont pas considérés comme des articles majeurs.

Les publications au format « preprint » constituent le dernier point auquel il faut prêter attention. Ces articles de recherche sont publiés en amont (« in advance ») du processus de revue par les pairs (lequel peut parfois prendre jusqu’à un an). 

Ces « preprints » peuvent s’avérer très utiles pour se tenir informé des derniers résultats scientifiques, comme ce fut le cas au début de la pandémie de Covid-19 par exemple. Il est cependant généralement clairement indiqué que les informations contenues dans ces articles ne doivent pas être considérées comme aussi fiables que celles qui figurent dans les publications scientifiques passées au crible de la revue par les pairs.

Dommage que je n’ai pas été invité au Ségur de la santé .

Ça aurait été très très très rapide :

« alors c’est très simple vous dites ok à toutes les revendications c’est non négociable »

C’est bien clair ? Sinon :

1/ quand elle va arriver et qu’on devra à nouveau tout gérer et tout organiser à la place de nos tutelles : 🖕

2/ qu’il faudra se mettre des sacs poubelles sur la gueule par manque de Matos : 🖕

3/ venir bosser et laisser nos gamins seuls face à l’abîme et le séisme scolaire : 🖕

4/ créer des espaces de rea ou d’USI, ou des services Covid, avec du personnel paramédical courageux, dévoué , héroïque mais non formé : 🖕

5/ passer 15 appels par jour à mon Bon ( mais pas commode ) Sergio pour qu’il me dise comment pisser sans le choper : 🖕

( il est même hyper nerveux

Serge Alfandari

mais je l’aime comme ça )

6/ prier chaque jour pour que nos proches et amis ( la « famille ») médecins généralistes, réanimateurs, urgentistes, psychiatres, gynecos ( surtout les gynécos) soient indemnes : 🖕

7/ risquer notre peau parce que c’est notre job avec le serment tout ça : 🖕quand même

8/ former les médecins , organiser les structures de soins , former les parameds, rassurer la pharmacienne : 🖕aussi

9/ assurer la continuité des soins ,rédiger les protocoles de prise en charge , pleurer pour avoir des tests et se rationner en médocs: 🖕

10/ et enfin rendre des comptes à l’ARS : 🖕( sauf si Sanz Florian devient le patron unique et qu’il rend les bières obligatoires à chaque confcall)

Voilà , vous signez là .

Vous cassez pas les couilles .

On en parle plus. Et on vous pardonne .

Emballé c’est pesé .

( Optionnel et non suspensif ( suis pas un chacal comme

Brachet Mathieu

) : une table de pingpong et une salle de sport réservée aux triathlètes dans chaque hôpital )

Pour le bien de tous partagez en masse , que ça ne traîne pas , j’ai pas que ça à faire .

PS : Si des hauts placés veulent un rdv : s’adresser à un passant au hasard dans la rue , il vous mettra en contact .

Collectif « santé en danger ».


Notre manque de contrôle personnel sur la situation COVID-19, l’aspect imprévisible de notre futur ainsi que les nombreuses nouvelles mesures mises en place font augmenter considérablement le stress et l’anxiété.

Les effets positifs d’un régime de vie actif permettent de mieux résister aux stress extérieurs, d’améliorer votre confiance et votre estime de vous-même, d’augmenter votre sentiment de bonheur par la sécrétion de dopamine et d’améliorer aussi votre sommeil, élément primordial de la récupération du cerveau. Les personnes en bonne forme physique démontreraient de plus une faible réaction au stress psychosocial.

La vague de fatigue inédite qui inquiète les spécialistes

Caroline Henry

Pandémie, télétravail, stress face à l’avenir, déprime saisonnière… Nous vivons une vague de fatigue inédite qui nous accable.

Getty Images

Épuisée, vidée, au ralenti ? Alors que nous étions déjà sur la corde raide côté tonus, le reconfinement vient alourdir la charge. Décryptage d’un surmenage pas comme les autres.

En publiant son Histoire de la fatigue, du Moyen Âge à nos jours (Éditions du Seuil), en septembre dernier, Georges Vigarello ne s’y est pas trompé : le sujet est plus que jamais d’actualité. Alors que, selon l’historien, cet état est déjà une constante dans nos vies depuis plus d’un siècle, la pandémie le renforce. Et les contraintes qui pèsent aujourd’hui sur toutes les couches de la population génèrent un sentiment d’épuisement partagé.

À lire aussi » Vous avez du mal à travailler en ce moment ? C’est normal, et surtout inévitable

De la lassitude au burn-out

La fatigue, c’est complexe ! «Cet état se définit par une perte d’énergie avec le sentiment d’être en difficulté pour effectuer les activités du quotidien», explique le Pr Florian Ferreri, psychiatre. Ainsi, elle survient logiquement après un effort physique et/ou intellectuel. Ça, c’est la «bonne» fatigue. Car il en existe une autre, «mauvaise», elle : l’asthénie. «Pendant longtemps, la fatigue a résulté de travaux épuisants qui excédaient les capacités de récupération et conduisait à une usure prématurée. Mais la modernité s’accompagne de la montée de cette « mauvaise fatigue », qui ne permet plus la satisfaction d’un travail bien fait et peut générer des idées noires», distingue Marc Loriol, sociologue.

Alors que la bonne fatigue entraîne une capacité de repos efficace, la mauvaise ne permet ni la récupération ni la tranquillité morale. Liée à du stress, à de la lassitude ou à de l’ennui, cette fatigue apparaît aujourd’hui comme un phénomène de société (dont le burn-out est le paroxysme), largement accru par le Covid-19.

En vidéo, qu’est-ce que la Zoom fatigue ?

Qu’est-ce que la Zoom fatigue ?

Zoom, Skype, Google Hangouts… Après plusieurs semaines de confinement, vous avez l’impression que ces échanges vidéo vous épuisent ? Comme nombre d’internautes confinés, vous êtes touché par le phénomène de Zoom fatigue.

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Les nouvelles charges mentales

«En ce moment, on a un cocktail explosif !, souligne le Pr Ferreri. La situation sanitaire ajoute aux obligations professionnelles et familiales, et à la grisaille de l’hiver, des préoccupations et des contraintes qui durent.» D’abord, le coronavirus augmente objectivement la charge de travail dans de nombreuses professions : il faut se réorganiser, penser masques, lavage des mains, conditions de réunions ou d’accueil…

Quant au télétravail, il n’a rien du privilège escompté : «On observe une surmobilisation des télétravailleurs, note Marc Loriol. Ils se retrouvent seuls, éloignés de leurs pairs.» «Les écrans les fatiguent, et ils en ont assez des réunions virtuelles, ajoute Stéphany Orain-Pelissolo, psychothérapeute. Et il n’y a plus de sas entre la maison et le bureau.» S’ajoutant à des conditions de travail éreintantes, il y a l’inquiétude, omniprésente. Même avant la mise en place du couvre-feu et le reconfinement, les moments de détente (resto, ciné, piscine, réunions familiales…) sont devenus des expériences anxiogènes, peuplées de visages masqués, où plane la menace d’attraper ou de transmettre le virus.

Les écrans fatiguent les télétravailleurs, ils en ont assez des réunions virtuelles

STÉPHANY ORAIN-PELISSOLO, PSYCHOTHÉRAPEUTE

«Cette hypervigilance épuise, explique Florian Ferreri. Elle est en plus renforcée par l’incertitude. On ne sait pas où on va, on élabore des scénarios, avec pour certains la crainte de difficultés professionnelles, financières ou familiales. Ces ruminations pompent beaucoup d’énergie.» Enfin, on est las. Malgré les efforts produits, la situation ne s’arrange pas. Alors pourquoi se donner tant de mal ? «Notre logique de contrôle ne fonctionne plus, et nos objectifs sont suspendus, remarque le Dr François Bourgognon, psychiatre. Cela remet en question nos motivations.» On se dit à quoi bon ? C’est épuisant.

Et maintenant, on fait quoi ?

On accepte

«Lutter contre quelque chose qu’on ne peut ni ne pourra maîtriser est vain», constate le Dr Bourgognon. Rien ne sert d’ajouter de l’inquiétude ou de la colère énergivores ! «Il faut se serrer les coudes, estime Stéphany Orain-Pelissolo. Mieux vaut trouver des moments positifs entre nous plutôt que ruminer et faire monter la tension.»

On la joue collectif

Plus que jamais, chacun a besoin d’être valorisé pour trouver du sens et avoir envie de continuer. «Cela doit passer entre autres par une approche du management adaptée, avec une reconnaissance du travail effectué, même à distance», estime Marc Loriol. Et c’est aussi en échangeant avec ses pairs que l’on devient constructif.

On fait attention à soi

À commencer par bouger, dormir et bien manger. La base de tout. Submergé par le stress, on ajoute de la relaxation, de la méditation… Stop également à l’info en continu, qui alimente le moulin de la peur et de la rancœur : «Ce qui pose problème, c’est la répétition des messages anxiogènes, observe le Pr Ferreri. Deux fois vingt minutes par jour sur le sujet, cela suffit amplement.» Boycott également des réseaux sociaux vecteurs, de messages contradictoires, de débats houleux et de fake news. Et en télétravail, «il faut établir un planning strict, avec une vraie pause déjeuner et une coupure entre la fin du travail et le début de la vie au foyer», suggère Stéphany Orain-Pelissolo.

À lire aussi » La méditation, l’outil essentiel pour mieux vivre cette période

notes perdues 01102021

Notes perdues 01102021

On ne se méfie jamais assez des êtres qui semblent tout accepter, tout supporter en silence et parfois même en souriant. Leur soumission parait sans limite, leur tolérance inépuisable, puis un jour ils quittent le jeu, tournent les talons, claquent une porte, et c’est définitif. On ne peut plus rien pour les retenir. Intérieurement, ils ont fait tout le chemin, bloqué les comptes, ils ne sont presque déjà plus là quand ils annoncent qu’ils vont partir.

Anny Duperey.

 » Finalement, je crois qu’il faut surtout ne rien faire pour être aimé. Nous passons nos vies à essayer de paraître plus beaux, plus belles, plus intelligents, plus intelligentes. Mais j’ai compris deux choses. Ceux qui nous aiment nous voient avec leur cœur et nous parent de qualités au-delà de celles que nous avons vraiment. Et ceux qui ne veulent pas nous aimer ne se satisferont jamais de tous nos efforts. Oui, vraiment. Je crois qu’il est important de laisser nos imperfections en paix.

Elles sont précieuses pour comprendre ceux qui nous voient avec le cœur.

Catherine Testa

10 conseils de Bernard Arnault à mettre en pratique pour réussir 

Si quelqu’un sur cette planète connaît le succès, c’est bien Bernard Arnault, le troisième homme le plus riche du monde. Voici son propre décalogue pour en faire l’expérience.

Par Elko Tilla

Bernard Arnault dirige un empire, le plus grand conglomérat de produits et services de luxe au monde, LVMH – Moët Hennessy Louis Vuitton. Il dirige quelque 70 marques, dont Dom Pérignon, Bvlgari, Hublot et Sephora. Le Français de 49 ans a dû faire quelque chose de bien pour vendre des produits dont personne n’a besoin et se classer au troisième rang de la liste Forbes des personnes les plus influentes et les plus influentes, avec une fortune de 175,5 milliards de dollars. Donc quand Bernard Arnault parle, le pain lève. Ou un parfum Dior. Et ce qu’il dit sur la gestion des entreprises du secteur haut de gamme est intéressant. Pour Bernard Arnault, il s’agit de travailler sur le long terme, d’être intemporel et moderne, de croître rapidement et d’être très rentable. Il révèle l’une des clés de son succès : “Je suis très compétitif. Je veux toujours gagner. Cela lui a valu plus d’un ennemi (dites-le au clan familial qui contrôle Hermès : en 2011, Arnault a acquis 23 % du capital de la société contre sa volonté).”

Sa soif d’acquisitions est insatiable. Le géant veut monopoliser tout ce qui sent le luxe. Son modus operandi consiste à acquérir des marques dans un état financier précaire, à les nettoyer et à les relancer. “Le bonheur pour moi est de vraiment diriger l’équipe et, si possible, de l’emmener au sommet”, a-t-il déclaré.

Bernard Arnault admire les personnes créatives et, dans son entreprise, il ne leur fixe aucune limite, dit-il. Il est également un travailleur infatigable, visitant jusqu’à 25 magasins chaque samedi, y compris le sien et ceux de ses concurrents, selon Forbes. Les mots qu’il a prononcés au fil des ans permettent d’en apprendre beaucoup sur son style de gestion. Prenez note.

  1. “Je crois que dans le monde de l’entreprise il faut apprendre à être patient. Peut-être que je ne suis pas très patient moi-même. Mais je pense que ce que j’ai le plus appris, c’est d’attendre quelque chose et de l’obtenir au bon moment.”
  2. “En travaillant dans le contexte de marques ultra-célèbres comme Dior et Vuitton, les esprits créatifs se sentiront toujours contrôlés. Il est important qu’ils soient libres de développer leurs idées. Et au lieu de diminuer la valeur du travail principal, ça le renforce. Je considère cet argent comme du capital-risque. Ce n’est pas un gros investissement.”
  3. “L’argent n’est qu’un sous-produit. Je dis toujours à mon équipe de ne pas trop s’inquiéter de la rentabilité. Si vous faites bien votre travail, la rentabilité viendra.”
  4. “Nous n’aimons pas les échecs. Nous essayons de les éviter. C’est pourquoi, pour beaucoup de nos nouveaux produits, nous en faisons un nombre limité. Nous ne mettons pas l’ensemble de l’entreprise en danger en introduisant sans cesse de nouveaux produits. En un an, en effet, seuls 15 % de notre activité proviennent des nouveautés, le reste étant constitué de produits traditionnels et éprouvés, les classiques.”
  5. “Beaucoup d’entreprises parlent de qualité, mais si vous voulez que votre marque soit intemporelle, vous devez en être fanatique. Avant de lancer une valise Louis Vuitton, par exemple, nous la plaçons dans une machine de torture, où elle s’ouvre et se ferme cinq fois par minute pendant trois semaines. Et ce n’est pas tout : elle est jetée, secouée et écrasée. Vous ririez si vous voyiez ce que nous faisons, mais c’est ainsi que l’on construit quelque chose qui devient une relique.”
  6. “Je dis souvent à mon équipe que nous devons nous comporter comme si nous étions encore une start-up. N’allez pas trop souvent dans les bureaux. Restez sur le terrain avec le client ou avec les concepteurs pendant qu’ils travaillent. Je visite les magasins chaque semaine. Je cherche toujours les responsables des magasins. Je veux les voir sur le terrain, pas dans leurs bureaux à faire de la paperasse.”
  7. “Ce que nous faisons dans notre groupe est à l’opposé des effets négatifs de la mondialisation. Nous produisons en Italie et en France et vendons en Chine, alors que normalement c’est l’inverse.”
  8. “Il faut se méfier de la rationalité directe dans les affaires, mais aussi d’une approche purement intuitive.”
  9. “La croissance n’est pas seulement fonction du prix élevé. Vous vous développez également lorsque vous pénétrez sur de nouveaux marchés, comme ceux des pays en développement. Mais, avant tout, la croissance est fonction d’un désir élevé. Les clients doivent vouloir le produit. Cela semble simple, j’en suis sûr, mais il est très, très difficile de faire de la bonne publicité. Il est difficile de faire en sorte que la publicité représente la vraie marque. La plupart des entreprises pensent qu’il est suffisant d’utiliser la publicité pour présenter une image du produit. Ce n’est pas suffisant. Elle doit projeter l’image de la marque elle-même. La dernière chose à faire est de confier la publicité au département marketing. Si vous faites cela, vous perdrez la proximité entre les concepteurs et le message destiné au marché. Chez LVMH, nous gardons la publicité au sein de l’équipe de conception.”

La terre se couvre d’une nouvelle race d’hommes à la fois instruits et analphabètes, maîtrisant les ordinateurs et ne comprenant plus rien aux âmes, oubliant même ce qu’un tel mot a pu jadis désigner. Quand quelque chose de la vie les atteint malgré tout, un deuil, une rupture, ces gens sont plus démunis que des nouveaux-nés.

Ressusciter de Christian Bobin

« En vieillissant, j’ai appris à porter moins d’attention à ce que les gens disent. Je ne fais que regarder ce qu’ils font. » Andrew Carnegie

Les bars les plus emblématiques à visiter dans le monde entier

Certains d’entre eux sont apparus dans des séries et des films célèbres, et tous proposent des cocktails et des boissons très intéressants.

Par Paloma González

11 septembre021

Les bars les plus emblématiques à visiter dans le monde entierIMDb

Pourquoi y a-t-il des bars célèbres ? Il existe de super bars dans le monde entier, tous proposent des cocktails intéressants, de la bonne nourriture, une atmosphère, de la musique et de l’histoire, mais seuls quelques-uns deviennent des icônes de la culture populaire et des symboles des villes dans lesquelles ils se trouvent. Les bars célèbres le sont parce qu’ils sont plus que de simples endroits où aller et s’amuser, ils sont pleins d’histoires, leurs tables ont été occupées par des personnages légendaires (nouveaux et anciens) et, pendant des générations, les habitants et les visiteurs les ont fait vivre, en réservant des moments spéciaux pour prendre un verre sur l’un de leurs tabourets de bar ou pour faire la fête avec des amis dans les bons et les mauvais moments. Et ce n’est pas tout, certains ont des vues incroyables sur chaque ville, d’autres ont des décorations de personnalités importantes ou sont même devenues le point de rencontre où les esprits les plus brillants, créatifs et importants se rendaient pour essayer de déchiffrer le sens de la vie. Hemingway, par exemple, était un client fréquent de l’un des bars les plus célèbres de Cuba, où sa boisson préférée est encore fabriquée à ce jour. En outre, bon nombre des bars les plus emblématiques ont également été le berceau de la culture cocktails (tels que le Old Fashioned) et c’est là que vous trouverez les meilleures versions de ces breuvages. Les bars emblématiques où vous devez boire un verre avant de mourir :

Bemelmans Bar, New York

Ce bar a figuré dans de nombreuses séries et films se déroulant à New York, de On the Rocks de Sofia Coppola à High Fidelity et bien d’autres joyaux cinématographiques. Ce bar a ouvert dans le Carlyle de l’Upper East Side dans les années 1940 et accueillait les meilleurs pianistes de jazz de la ville. Il porte le nom de l’artiste Ludwig B. B. Bertone. parce que l’artiste Ludwig Bemelmans (auteur des livres Madeline) l’utilisait comme cachette, et parce qu’il est le créateur des célèbres illustrations de la tapisserie, qui représentent les quatre saisons vues de Central Park. Le bar a été restauré en 2002, mais il a conservé son style Art déco avec des détails en cuir et en or, ce qui vous donne l’impression d’avoir voyagé dans le temps à chaque visite (et vous pouvez y déguster un bon verre accompagné de quelques snacks et plats classiques).

American Bar, Londres

Ce bar est situé à l’intérieur du légendaire hôtel The Savoy à Londres et, selon l’histoire, il a été l’un des premiers endroits en Europe à s’attaquer à une grande exportation américaine, les cocktails. Le bar n’a pas d’histoires folles, mais il a vu passer certains des barmen les plus célèbres, comme le créateur du cocktail Hanky Panky et l’auteur du Savoy Cocktail Book. De plus, le bar conserve ses traditions les plus importantes, vous pouvez toujours voir des serveurs portant des costumes chics, et il a un style Old School et élégant qui vous permet de goûter à l’histoire des cocktails dans un lieu de style Art déco qui est un point fort de la ville.

Boadas, Barcelone

Le Cubain Miguel Boadas a ouvert ce bar dans les années 1930, après avoir travaillé dans l’un des bars les plus célèbres de La Havane, où il a appris tout ce qu’il savait et l’a apporté à Barcelone. Ce petit bar triangulaire est l’un des plus anciens de Barcelone et, tout au long de son histoire, il a été réputé pour ses Martini parfaits. Le bar est très proche de Las Ramblas et a su conserver au fil des ans un esprit qui allie l’élégance à la bohème.

El Floridita, La Havane

Tout comme La Bodeguita del Medio, El Floridita est l’un des bars les plus célèbres de Cuba et du monde. C’est ici qu’Ernest Hemingway avait l’habitude de passer ses soirées à boire des Daiquiri, ce qui est considéré comme le lieu de naissance de la boisson (du moins, c’est ce qu’on dit). Ce bar et restaurant capture l’esprit cubain, avec un style flamboyant, une atmosphère de fête et les meilleurs cocktails, ainsi qu’un menu de nourriture qui ne manque pas. Le bar est devenu populaire à l’époque de la Prohibition, lorsque de nombreux expatriés américains ont commencé à le visiter. C’est sa réputation, son élégance et la qualité de son service qui ont contribué à le maintenir en vie, même sans l’aide d’Hemingway, qui aurait refusé de quitter sa place au bout du bar.

Napoléon House, Nouvelle-Orléans

La Nouvelle-Orléans est une ville pleine d’histoire, de magie et de traditions, et l’alcool et les cocktails y occupent une place importante. Le Napoleon Bar est un lieu incontournable du quartier français depuis plus d’un siècle, et la meilleure chose est que beaucoup de ses détails d’origine sont toujours là. Cet endroit, avec ses hauts plafonds et ses vieux murs peints (qui lui confèrent un certain mystère et un certain romantisme) est célèbre pour son Pimm’s Cup, qui a été introduit par le propriétaire parce qu’il voulait quelque chose qui aiderait à résister à la chaleur mais ne rendrait pas les gens trop ivres, et on dit que vous pouvez y passer toute la journée sans vous rendre compte que le temps passe.

Hemingway Bar, Paris

“Lorsque je rêve d’une vie après la mort au paradis, l’action se déroule toujours [là-bas]”, a écrit Hemingway à propos de ce bar du Ritz Paris. L’auteur légendaire avait quelques bars favoris, mais celui-ci était son préféré. On dit que c’est ici qu’il a célébré le retrait des nazis de la ville, en payant plus de 50 Martini à ceux qui s’y trouvaient à ce moment-là. Longtemps fermé, le bar a rouvert en 2016 après avoir subi une rénovation, qui a conservé son décor de style vintage et une collection de souvenirs et de portraits de l’écrivain (et son menu a été conçu par le célèbre mixologue Colin Field).

New York Bar, Tokyo

Êtes-vous un fan du film Lost in Translation de Sofia Coppola? C’est le bar à visiter, car c’est ici que Scarlett Johansson et Bill Murray ont commencé leur aventure à Tokyo. Le bar se trouve au 52e étage de l’hôtel Park Hyatt et est un lieu élégant où, en plus de pouvoir déguster de bons cocktails ou dîner, vous pouvez avoir une vue spectaculaire sur la ville. Actuellement, le menu comprend un cocktail inspiré du film et une bonne sélection des meilleurs whiskies du Japon.

Top 40 des expressions que tu peux entendre dans le Sud-Ouest

L’origine des expressions du Sud-Ouest vient principalement de l’occitan et du patois gascon. Même si ces langues ne sont plus trop parlées, certains mots ont traversé le temps. Sans forcément s’en rendre compte, nous sommes nombreux à utiliser ces expressions dans la vie de tous les jours. D’ailleurs les personnes qui ne sont pas de la région ont du mal à comprendre lorsqu’on place quelques mots en patois au milieu d’une phrase !

Le Top des expressions en patois et gascon !

1. Adieu ! ou Adiou ! : Salut ! » De l’occitan « adiu », usitée aussi bien pour aborder quelqu’un que pour en prendre congé

2. Astiaou : dégouttant

3. Barjo : fou

4. Boudu ! : exclamation et expression de surprise ou d’agacement. « Boudu que calou aujourd’hui » approximativement « bon Dieu qu’il fait chaud aujourd’hui », souvent renforcé par le célèbre « boudu con » ! De l’occitan « bou Diu ».

5.Bringuer : faire la fête, (on dira aussi faire la bringue)

6. Bugne : un coup

7. Cagade : chiure, échec, rater quelque chose, action très maladroite… « Il a fait une cagade »

8. Cagasse : diarrhée, chiasse

9. Cagnard, cagnàs : grosse chaleur, canicule

10. Caguer : chier ou s’en moquer, je n’en ai rien à caguer !

11. Castagne : bagarre

12. Cepe : couillon, « dis pas n’importe quoi, grand cepe va »

13. Chocolatine : pain au chocolat

14. Dailler : oc. dalhar, faucher. « Il me daille », il m’embête. « Ça daille », c’est embêtant. En sport c’est aussi un tacle (en foot par exemple on dit, « je me suis fait dailler »). On peut aussi utiliser ce terme pour une personne qui reçoit une réflexion vexatoire ! « il s’est fait dailler ! »

15. Dia : interjection qui marque l’étonnement (« dia, je n’en crois pas mes oreilles »)
Douille : une amende

16. Emboucaner : fumer, emboucaner une viande, ou se faire embrouiller par une personne

17. Fadas : fou, niais

18. Fatch : nul, bidon (ex : cette soirée était vraiment fatch)

19. Feignàs : fainéant

20. Foutre en l’air (se) : tomber, chuter

21. Gavé : trop, beaucoup

22. Jaune : pastis

23. Loufer : péter

24. Mastoc : mal fait peut se dire aussi pour quelque chose d’imposant et dense (« c’est mastoc »)

25. Mila diou : mille dieux (expresion d’enervement)

26. Oh con ! : expression de surprise

27. Pec ou pègue : idiot

28. Pét : coup

29. Pigne : petit coup /coup de poing

30. Pinté : boire (généralement de l’alcool)

31. Pitchou ou pitchoune : petit ou petite

32. Plâtras : plat ou assiette bien remplis de nourriture, plâtrée

33. Poche : sac en plastique, personne qui boit beaucoup et souvent

34. Poutou : un baiser

35. Ronquer : dormir

36. Tchi : rien

37. Tèque : un coup, recevoir une tèque

38. Tranquilou : peinard

39. Un peu moins : expression visant à inciter son interlocuteur à se calmer

40. Zou : expression d’allégresse

Mode d’emploi, admirablement exprimé par Anthony Hopkins :

« Laisse partir les gens qui ne sont pas prêts à t’aimer !

C’est la chose la plus difficile que tu auras à faire dans ta vie, et elle sera aussi la plus importante : arrête de donner ton amour à ceux qui ne sont pas prêts à t’aimer.

Arrête d’avoir des conversations difficiles avec des gens qui ne veulent pas changer.

Arrête d’apparaître pour les gens qui sont indifférents à ta présence.

Arrête d’aimer les gens qui ne sont pas prêts à t’aimer.

Je sais que ton instinct est de tout faire pour gagner les bonnes grâces de tous ceux qui t’entourent, mais c’est aussi l’impulsion qui te volera ton temps, ton énergie et ta santé mentale, physique et spirituelle…

Quand tu commences à te manifester dans ta vie, complètement, avec joie, intérêt et engagement, tout le monde ne sera pas prêt à te trouver à cet endroit de pur sincérité…

Ça ne veut pas dire que tu dois changer ce que tu es.

Ça veut dire que tu dois arrêter d’aimer les gens qui ne sont pas prêts à t’aimer.

Si tu es exclu(e), insulté(e) subtilement, oublié(e) ou facilement ignoré(e) par les personnes à qui tu offres ton temps, tu ne te fais pas une faveur en continuant à leur offrir ton énergie et ta vie.

La vérité, c’est que tu n’es pas tout le monde…

Et que tout le monde n’est pas pour Toi…

C’est ce qui rend ce monde si spécial, quand tu trouves les quelques personnes avec qui tu as une amitié, un amour ou une relation authentique…

Tu sauras à quel point c’est précieux…

Parce que tu as expérimenté ce qui ne l’est pas…

Mais plus tu passes de temps à essayer de te faire aimer de quelqu’un qui n’en est pas capable…

Plus tu perds de temps à te priver de cette même connexion…

Il y a des milliards de personnes sur cette planète, et beaucoup d’entre elles vont se retrouver avec toi, à leur niveau, avec leur vibration, de là où elles en sont…

Mais …

Plus tu restes petit(e), impliqué(e) dans l’intimité des gens qui t’utilisent comme un coussin, une option de second plan, un(e) thérapeute et un(e) stratège à leur guérison émotionnelle…

Plus de temps tu restes en dehors de la communauté que Tu désires.

Peut-être que si tu arrêtes d’apparaître, tu seras moins recherché(e)…

Peut-être que si tu arrêtes d’essayer, la relation cessera…

Peut-être que si tu arrêtes d’envoyer des textos, ton téléphone restera sombre pendant des jours et des semaines…

Peut-être que si tu arrêtes d’aimer quelqu’un, l’amour entre vous va se dissoudre…

Ça ne veut pas dire que tu as ruiné une relation !

Ça veut dire que la seule chose qui tenait cette relation était l’énergie que TOI et TOI SEUL(E) engageais pour la maintenir à flots.

Ce n’est pas de l’amour.

C’est de l’attachement.

C’est vouloir donner une chance à qui n’en veut pas !

La chose la plus précieuse et la plus importante que tu as dans ta vie, c’est ton énergie.

Ce n’est pas que ton temps puisqu’il est limité…

C’est ton énergie !

Ce que tu donnes chaque jour est ce qui se créera de plus en plus dans ta vie.

C’est ceux à qui tu donneras ton temps et ton énergie, qui définiront ton existence.

Quand tu te rends compte de ça, tu commences à comprendre pourquoi tu es si impatient(e) quand tu passes ton temps avec des gens qui ne te conviennent pas, et dans des activités, des lieux, des situations qui ne te conviennent pas.

Tu commenceras à réaliser que la chose la plus importante que tu peux faire pour ta vie, pour toi-même et pour tous ceux que tu connais, c’est protéger ton énergie plus farouchement que n’importe quoi d’autre.

Fais de ta vie un refuge sûr, dans lequel seules les personnes “compatibles” avec toi sont autorisées.

Tu n’es pas responsable de sauver les gens.

Tu n’es pas responsable de les convaincre qu’ils doivent être sauvés.

Ce n’est pas ton travail d’exister pour les gens et de leur donner ta vie, petit à petit, instant après l’instant !

Parce que si tu te sens mal, si tu te sens dans le devoir, si tu te sens obligé(e), tu es la racine de tout ça par ton insistance, en ayant peur qu’ils ne te rendent pas les faveurs que tu leur as accordées…

Il est de ton seul fait de réaliser que tu es l’aimé(e) de ton destin, et d’accepter l’amour que tu penses mériter.

Décide que tu mérites une amitié réelle, un engagement véritable, et un amour complet avec les personnes qui sont saines et prospères.

Puis attends… juste pour un moment…

Et regarde à quel point tout commence à changer… »

Anthony Hopkins

SERVITUDE

Un discours qui n’a pas pris une ride

Pour ce natif de Sarlat, l’auteur tient la bride

De tout un système qui oppresse une population

Aujourd’hui, force est de constater qu’il avait déjà raison

La servitude est l’état d’une personne privée de sa liberté

Par la contrainte et l’oppression de manière déraisonnée

Permettant la manipulation de masse et des consciences

Pour éviter la réflexion et des réactions de violences

S’oublier aux travers des écrans, de la technologie

Se sentir libre tout en étant aux mains avec la folie

De quelques-uns qui, pour votre sécurité

Vous surveille jour après jour pour le restant de votre vie

Perdre sa liberté pour gagner sa servitude

Est une manière d’accepter l’injustice et l’ingratitude

Des élites qui, pendant ce temps, manient un vocabulaire

Destiné à nous endormir et à nous faire taire

Dans le pays des croquants et de la Révolution

Tout est possible, y compris la compromission

Pour espérer privilèges, avantages et illusions

Un totalitarisme indigne d’une grande nation

Dans une hypnose généralisée, force est de constater

Que ce qui paraissait impossible hier finit par se réaliser

Que toutes les prédictions et anticipations ne sont que réalités

Que même la science-fiction aurait été incapable d’imaginer !

© Nicolas BOUVIER

ps : Publié en 1576, Le Discours de la servitude volontaire est l’oeuvre d’un jeune auteur de dix-huit ans. Ce texte analyse les rapports maître-esclave qui régissent le monde et reposent sur la peur, la complaisance, la flagornerie et l’humiliation de soi-même. Leçon politique mais aussi leçon éthique et morale, La Boétie nous invite à la révolte contre toute oppression, toute exploitation, toute corruption, bref contre l’armature même du pouvoir.

« A moins d’un changement de cap, la civilisation mondiale sera devenue d’ici à quelques années une dystopie de surveillance postmoderne, à laquelle seuls les plus habiles auront une chance de se soustraire. »

Julian Assange

Un homme qui n’est plus capable de s’émerveiller a pratiquement cessé de vivre. »

Albert Einstein

Lorsque vous les Blancs, vous êtes arrivés dans l’Ouest (canadien), vous étiez malades, vous aviez froid et vous étiez dépenaillés et laids, vous creviez de faim. Et nous, qui étions beaux et fiers, nous vous avons aidés. À présent, nous sommes laids, malades, tandis que vous êtes beaux et en santé. Et vous nous méprisez». Gros Ours, dit Mistamask. Le voici aux portes de sa prison, à Winnipeg vers 1885, avant de mourir de peine.

En Chine, la ligne Xi Jinping passe la vitesse supérieure – entretien avec Bruno Guigue

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INITIATIVE COMMUNISTE : La Chine est aujourd’hui au centre de tous les commentaires, mais aussi de tous les fantasmes. Comment expliquez-vous ce regain d’intérêt, dont le moins qu’on puisse dire est qu’il n’est pas très objectif ?

Bruno Guigue : Même si la presse occidentale brille par son inculture et sa partialité, cet intérêt pour la Chine est parfaitement justifié. Car l’événement majeur de notre époque,  c’est la montée en puissance d’une formation sociale sui generis, aux dimensions hors normes, dont les caractéristiques défient les catégories habituelles de l’analyse. Non seulement la réussite chinoise a déjoué toutes les prévisions, mais si on prolonge les courbes, c’est encore plus saisissant : la Chine est déjà la deuxième puissance économique mondiale en parité de pouvoir d’achat, mais d’ici dix ans elle sera sans doute la première économie mondiale en PIB nominal.

INITIATIVE COMMUNISTE : Mais cette réussite économique a son revers de la médaille, non ?

Bruno Guigue : Oui, bien sûr. Le changement de paradigme, dans les années 90, a soumis le peuple chinois à rude épreuve. Le choix de l’ouverture et de la réforme était un choix difficile, gros de contradictions, qui a déstabilisé une société façonnée depuis 1949 par l’idéologie maoïste. Mais la mutation de l’économie a bâti le socle industriel d’une croissance sans précédent. D’un peuple de paysans vivant à la campagne, elle a fait un peuple de salariés urbains. Grâce à la croissance, le cercle vertueux du développement a affecté l’ensemble de la société.

INITIATIVE COMMUNISTE : Les salariés chinois en ont-ils bénéficié ?

Bruno Guigue : Avec des hausses de salaires continues depuis vingt ans, le pouvoir d’achat s’est littéralement envolé. Les indicateurs sociaux sont éloquents. En 2020, l’espérance de vie des Chinois a dépassé celle des Américains. Aujourd’hui 95 % de la population chinoise bénéficie d’une assurance-maladie, quand 50 % de la population mondiale n’en a pas. Selon la dernière enquête de l’OCDE, le système éducatif chinois est le meilleur du monde, à égalité avec Singapour. La Chine est le premier investisseur mondial dans les énergies vertes, et elle mène la plus grande opération de reboisement de l’histoire. Ce sont des faits, et ils sont têtus.

INITIATIVE COMMUNISTE : Oui, mais certains disent que cette puissance conduit la Chine à se montrer trop gourmande, et à reproduire le comportement impérialiste des pays occidentaux ?

Bruno Guigue : Il est clair que le poids de l’économie chinoise dans la sphère marchande a induit une relation asymétrique avec un certain nombre de pays. Mais l’asymétrie des échanges n’est pas synonyme d’exploitation. L’URSS avait des échanges asymétriques avec Cuba, mais elle aidait ce pays à asseoir son indépendance, elle ne l’exploitait pas. Aujourd’hui, la Chine exploite-t-elle le Cambodge, l’Éthiopie ou la Bolivie ? Il faudrait demander aux populations concernées ce qu’elles en pensent. Dans les 130 pays associés à l’Initiative « Une ceinture, une route », ce sont des milliers de projets qui sont en cours de réalisation. La Chine est sortie du sous-développement par la voie socialiste. Elle a atteint un niveau de développement qui l’érige en position dominante au sein de la division internationale du travail. Ce qu’il faut analyser, c’est la façon dont elle assume cette responsabilité inédite, les écueils qu’elle a rencontrés, les options qu’elle a prises.

INITIATIVE COMMUNISTE : Mais précisément, cette réussite de la Chine n’est-elle pas à double tranchant ? Est-ce qu’elle ne va chercher à dominer des partenaires plus faibles qu’elle ?

Bruno Guigue : C’est le risque, évidemment. Mais les Chinois en sont conscients, et ils ont conçu leur stratégie d’expansion économique à rebours du néo-colonialisme occidental. La Chine exporte des produits manufacturés et importe des matières premières. Mais elle monnaye ses importations par des constructions d’infrastructures. Bénéfique pour la Chine, ce programme l’est aussi pour les pays partenaires. Il est à mille lieux des politiques néo-libérales imposées par les institutions financières internationales, qui exigent en contre-partie de leur concours financier les mesures d’austérité inspirées du « consensus de Washington ». Depuis vingt ans, les Chinois ont battu en brèche la politique occidentale en lui opposant le « consensus de Pékin » :  les pays qui veulent travailler avec les Chinois ne sont pas contraints de privatiser les entreprises publiques, de faire des cadeaux aux riches ou de démanteler les services sociaux. C’est une véritable révolution dans les relations internationales, et elle est l’expression de la lutte des classes à l’échelle mondiale.

INITIATIVE COMMUNISTE : Mais lorsque la Chine achète du cobalt à la République démocratique du Congo, par exemple, en quoi sa politique est-elle différente de celle des puissances capitalistes occidentales ?

Bruno Guigue : Outre le « consensus de Pékin », il y a trois différences majeures. La première, c’est que les termes de la coopération bilatérale incluent le respect des décisions souveraines de chaque partenaire. Le gouvernement de la RDC veut renégocier l’accord minier de 2008, comme il l’a récemment annoncé ? Très bien, les Chinois vont s’asseoir à la table des négociations. La Chine ne gère la monnaie d’aucun pays africain, elle ne dispose d’aucune base militaire hormis celle de Djibouti, et elle n’intervient pas dans les affaires intérieures de ses partenaires. Lorsqu’il y a un désaccord, elle accepte la discussion. La deuxième différence, c’est qu’en contre-partie des importations de matières premières, la Chine construit des routes, des aéroports et des hôpitaux. Autrement dit, elle privilégie les investissements civils qui fourniront les bases du développement. Où sont les équipements construits par la France, le Royaume-Uni ou le Canada, pourtant gros consommateurs de minerais africains ? La troisième différence, c’est que la Chine n’hésite pas à soutenir les pays d’accueil lorsqu’ils sanctionnent des entreprises chinoises soupçonnées d’agissements illégaux.

INITIATIVE COMMUNISTE : C’est-à-dire ? Y-a-t-il des exemples concrets ? 

Bruno Guigue : Le dernier en date, c’est l’exploitation minière en République démocratique du Congo. Courant septembre 2021, le gouverneur du Sud-Kivu a suspendu les droits d’exploitation de six sociétés minières chinoises. Comment ont réagi les autorités chinoises ? C’est très simple : le directeur du département Afrique du ministère chinois des Affaires étrangères et l’ambassadeur de Chine en RDC ont approuvé cette mesure et ont immédiatement demandé à ces entreprises de quitter les lieux. Ils ont ajouté que ces entreprises seraient punies par le gouvernement chinois, et que ce dernier ne permettra jamais aux sociétés chinoises de violer les réglementations locales. Il serait intéressant de savoir, à l’inverse, ce que font les États occidentaux lorsque leurs entreprises exploitent des ressources naturelles africaines dans des conditions douteuses.

INITIATIVE COMMUNISTE : Oui, mais on pourrait interpréter cet événement autrement : les entreprises chinoises se croient en pays conquis, et le gouvernement chinois est contraint, de temps à autre, de faire un exemple. 

Bruno Guigue : Oui, sauf que cet exemple n’est pas isolé. Xi Jinping avait déjà indiqué aux entreprises chinoises qui opèrent à l’étranger les trois règles fondamentales à respecter. Ce sont les fameuses « trois obligations » : il faut que la dette générée par les prêts chinois soit soutenable, les projets doivent privilégier une croissance verte, et aucune corruption ne doit entacher les relations bilatérales. Bien sûr, toutes les activités des sociétés chinoises à l’étranger ne sont pas vertueuses. Mais la tendance du gouvernement chinois est à la tolérance zéro envers les dérives affairistes. Les responsables chinois ne sont pas naïfs : ils savent que les entreprises privées songent surtout à leur rentabilité financière et qu’il faut encadrer sérieusement leurs activités. Au fond, sa nouvelle puissance donne à la Chine des responsabilités particulières, et le gouvernement se montre intraitable envers ceux qui violent les règles.

INITIATIVE COMMUNISTE : Dans le même esprit, le gouvernement chinois a décidé de réguler les activités des grandes entreprises du numérique.

Bruno Guigue : Absolument. Au moment où les entreprises qui agissent à l’extérieur sont dans le collimateur des autorités, les géants du net qui dominent le marché intérieur sont  recadrés sans ménagement. Ils vont devoir respecter des règles plus contraignantes et mettre fin à leurs pratiques monopolistiques. Ils vont aussi devoir augmenter les salaires et diminuer la durée du travail. La presse occidentale a versé de chaudes larmes sur les pertes boursières, mais le gouvernement chinois n’en a cure. En dégonflant la baudruche financière, il montre de quel côté penche la balance. Le capitalisme a été réintroduit en Chine il y a trente ans pour attirer les capitaux et les technologies. Mais le recours au secteur privé n’est qu’un moyen, et il est soumis à des réglementations de plus en plus draconiennes. L’essentiel, c’est qu’il crée davantage de richesses pour les redistribuer à l’ensemble de la population.

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INITIATIVE COMMUNISTE : Il y a pourtant de fortes inégalités en Chine, comme l’atteste le coefficient de Gini, qui est souvent cité par les experts.

Bruno Guigue : Il est exact que la croissance vertigineuse des années 2000, dans un premier temps, a davantage enrichi les plus riches. Mais la politique insufflée par Xi Jinping a réorienté les flux de richesse en direction des salariés, qui représentent 65 % de la population active, et des travailleurs indépendants, qui en représentent 18 %. C’est pourquoi la Chine a aujourd’hui des classes moyennes pléthoriques. Elle représente depuis 20 ans l’essentiel de la réduction des inégalités dans le monde, et elle a fini par éradiquer la pauvreté absolue, comme prévu, en 2021.

INITIATIVE COMMUNISTE : Sans doute, mais la Chine bat aussi le record du nombre de milliardaires. Comment est-ce compatible avec l’affirmation des valeurs socialistes ?

Bruno Guigue : C’est un paradoxe, en effet. Mais pour le comprendre il faut renoncer à l’usage de nos catégories habituelles. Cette situation s’explique par les caractéristiques du pacte fondateur de la République populaire de Chine. Sur son drapeau, la grosse étoile représente le parti communiste chinois, organe dirigeant de la société. Les quatre petites étoiles figurent les classes sociales qui participent au développement du pays : la classe ouvrière, la paysannerie, la petite bourgeoisie et la bourgeoisie nationale. En 1949, il fallait mobiliser toutes les énergies pour sortir le pays du marasme économique. La fraction de la bourgeoisie prête à coopérer avec le parti a alors été intégrée dans l’alliance de classes. En construisant une économie mixte, les réformes engagées par Deng Xiaoping ont renoué avec cette définition du pacte social. Cette configuration du bloc hégémonique survit aujourd’hui dans l’idée qu’on doit favoriser le développement du secteur privé dès lors qu’il contribue au bien-être collectif.

INITIATIVE COMMUNISTE : On comprend mieux, dans ces conditions, la politique anti-trust engagée par Pékin depuis plusieurs mois.

Bruno Guigue : C’est une politique qui ne vise pas à supprimer le secteur capitaliste, mais à le plier aux exigences d’un développement plus harmonieux. Cette politique reflète aussi l’évolution des rapports de forces au sein de l’État chinois. Comme tous les États du monde, c’est un champ stratégique où s’affrontent des forces qui n’ont pas la même vision du développement et qui cherchent à influer sur la production des normes collectives. Comme partout ailleurs, ce sont les forces qui composent le bloc hégémonique au pouvoir qui en déterminent la politique. Les événements récents sont beaucoup plus importants qu’on ne le pense, car ils montrent que la ligne Xi Jinping a pris le dessus et que sa mise en œuvre est passée à la vitesse supérieure.

INITIATIVE COMMUNISTE : Concrètement, quelle est cette politique ?

Bruno Guigue : C’est une politique d’encadrement strict du secteur capitaliste par un État-stratège. Toutes les mesures prises vont dans ce sens : la régulation des opérations boursières des grands groupes chinois à l’étranger, l’imposition de normes contraignantes pour la collecte des données personnelles par les géants du net, la transformation du gigantesque secteur des cours privés en secteur à but non lucratif, l’invitation pressante faite aux grands groupes de contribuer au développement du pays, l’interdiction des pratiques monopolistiques et les amendes infligées pour le non-respect de la concurrence, les normes imposées aux sociétés de jeux vidéo et la limitation drastique de leur utilisation par les mineurs, l’édiction de nouvelles règles, beaucoup plus protectrices, en matière de durée du travail, l’appel du gouvernement à poursuivre l’augmentation des salaires, enfin, qui tranche avec l’austérité salariale des pays capitalistes.

INITIATIVE COMMUNISTE : C’est une politique anti-trust comparable au New Deal de Roosevelt, en somme.

Bruno Guigue : Oui, mais il y a une différence considérable : la Chine est un pays où l’État contrôle le secteur bancaire et détient 30% de la richesse nationale. Les secteurs-clé de l’industrie sont aux mains de l’État, qui a consolidé de puissantes entreprises publiques comme CRRC, numéro un mondial des trains à grande vitesse. Pendant que les Occidentaux chantent les louanges du libéralisme, les entreprises d’État chinoises taillent des croupières aux entreprises occidentales sur le marché mondial. Dirigé par un parti communiste de 95 millions de membres, l’État chinois est un État-stratège qui pilote une économie mixte. Contrairement à ce qui s’est passé aux États-Unis, il sera beaucoup plus difficile, en Chine, de faire machine arrière, car le système politique vise le développement à long terme et la construction d’une société inclusive. 

INITIATIVE COMMUNISTE : Vous excluez la possibilité, un jour, d’une prise du pouvoir par les élites néo-libérales ? On sait bien que cette tentation existe, pourtant.

Bruno Guigue : C’est vrai, mais tout est fait pour éviter cette dérive. Contrairement à ce que dit la doxa de droite et de gauche, le pouvoir chinois n’est pas aux mains d’une classe d’affairistes estampillés communistes. Si c’est le cas, comment se fait-il que cet État donne la priorité à l’augmentation des salaires plutôt qu’aux capitalisations boursières ? Le bloc hégémonique au pouvoir est soutenu par de larges couches du salariat, et si ces couches sociales le soutiennent, c’est parce qu’il leur redistribue les fruits de la croissance. Ce qui interdit toute dérive néolibérale, en Chine, c’est la composition même de l’alliance de classes.

INITIATIVE COMMUNISTE : La presse bourgeoise se déchaîne contre cette politique en évoquant une dérive néo-maoïste !

Bruno Guigue : Et alors ? Tant mieux ! En fait, il n’y a aucune dérive, mais un juste retour du balancier. Xi Jinping a remis à l’ordre du jour une formule de Mao qui résume l’orientation actuelle. C’est la recherche de la « prospérité commune », gongtong fuyu共同富裕en chinois. Elle signifie que l’ensemble de la population doit bénéficier des avancées collectives, mais aussi que chaque fraction du corps social doit apporter sa contribution à la mesure de ses moyens.

INITIATIVE COMMUNISTE : Selon vous, le « socialisme aux caractéristiques chinoises » n’est donc pas un vain mot.

Bruno Guigue : Les Chinois disent eux-mêmes qu’ils sont « au stade primaire du socialisme ». Ce qui signifie que le socialisme est en construction, et que la route est encore longue pour y parvenir. Mais le socialisme demeure l’horizon historique du développement de la Chine. Deng Xiaoping avait justifié les réformes en expliquant qu’il fallait développer les forces productives, parce que, sans ce développement, le socialisme se résumerait à la gestion de la pénurie. Il n’avait pas tort. La Chine a raté le train de l’industrialisation au XIXe siècle, et elle a dû utiliser l’avance économique du monde capitaliste pour rattraper son retard. La Chine va donc continuer à développer les forces productives en utilisant des capitaux publics et privés. En même temps, elle amorce un changement de trajectoire aussi important, à mon avis, que celui auquel Deng Xiaoping a attaché son nom.

INITIATIVE COMMUNISTE : De quelle façon ?

Bruno Guigue : La Chine va continuer à capitaliser ses atouts commerciaux, mais en réduisant progressivement sa dépendance à l’égard de l’extérieur. C’est le sens du plan « Made in China 2025 » : en devenant le leader mondial des technologies innovantes, la Chine va jusqu’au bout de sa stratégie de développement. Il ne s’agit plus de rattraper son retard, mais d’être la première puissance technologique. Pour y parvenir, la Chine compte sur ses propres forces : ses ingénieurs, ses entreprises, son marché intérieur. On parle constamment de la façon dont la Chine a utilisé la mondialisation, mais on devrait aussi regarder les chiffres : l’excédent commercial chinois représente à peine 2 % du PIB, et l’économie chinoise est beaucoup moins dépendante des exportations que l’économie allemande.

INITIATIVE COMMUNISTE : Cette réorientation de la politique économique chinoise ne va-t-elle pas se traduire par un ralentissement de la croissance ?

Bruno Guigue : C’est ce que les dirigeants chinois ont clairement annoncé. Ils veulent une croissance plus raisonnable, assise sur le développement du marché intérieur et compatible avec les impératifs de la transition écologique. En redistribuant les revenus et en misant sur la qualité de la vie, il est clair que la Chine  change de paradigme dans sa stratégie de développement. L’éradication de la grande pauvreté et la lutte impitoyable menée contre la corruption avaient déjà donné le ton. Aujourd’hui, le parti resserre son emprise sur les grandes entreprises privées et leur demande de participer au développement économique en respectant les règles fixées par l’État. Ce n’est pas parce qu’il y a des capitalistes en Chine qu’elle est un pays capitaliste. La Chine est un État socialiste doté d’une économie mixte dont la vocation est de créer des richesses pour l’ensemble de la population. Avec Deng Xiaoping, c’était surtout le temps de la production. Avec Xi Jinping, voici venu le temps de la production et de la distribution.

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INITIATIVE COMMUNISTE : A vous entendre, on a l’impression que vous considérez la réussite chinoise, précisément, comme un modèle à imiter.

Bruno Guigue : Je pense que nous avons beaucoup à apprendre de la Chine, mais que sa stratégie n’est pas transposable dans un pays comme la France. Les Chinois ont inventé une forme de socialisme totalement inédite. Au XIXe siècle, Marx refusait de décrire le communisme, ou le socialisme qui en est la première phase, parce qu’il pensait que la lutte des classes déterminerait la physionomie de la société future. Les Chinois l’ont écouté. Avec Mao, Deng et Xi, ils ont sinisé le marxisme et découvert une voie originale, adaptée aux conditions objectives de la situation chinoise. Ce ne fut pas une tâche facile, mais le résultat est tangible : en 70 ans, les communistes chinois ont arraché au sous-développement 20 % de l’humanité. Cette réussite sans précédent fournit la preuve tangible de la supériorité du socialisme sur le capitalisme. Sans parler du bilan comparatif de la crise sanitaire en Chine et aux États-Unis, qui est particulièrement accablant pour la première puissance capitaliste de la planète.  

INITIATIVE COMMUNISTE : Tout récemment, un centre de recherches proche du Ministère français de la Défense a publié un rapport qui prétend dénoncer la « stratégie d’influence de la Chine ». Qu’en pensez-vous ?

Bruno Guigue : C’est désespérant. En France, nous n’avons pas de masques, pas de vaccins, pas d’industrie, pas de monnaie, pas de croissance, pas de politique budgétaire, pas de défense indépendante, pas d’entreprises publiques, pas d’État souverain. Heureusement, nous avons des « experts » qui pondent un pavé de 650 pages pour critiquer ceux qui ont tout ce que nous n’avons pas.

Le manque de reconnaissance, au cœur de la souffrance des internes en médecine

12 octobre 2021,

Un interne a aujourd’hui trois fois plus de risques de mettre fin à ses jours qu’un Français du même âge. Joël Saget / AFP

La crise sanitaire a exposé aux Français la situation des hôpitaux et de son personnel. Parmi celui-ci, on trouve notamment les internes en médecine, qui occupent une place prépondérante dans les Centres hospitaliers universitaires (CHU). À la fois médecins et étudiants, ces quelque 35 502 internes recensés entre 2020 et 2023 conjuguent simultanément le travail d’un praticien et d’un apprenant. Au quotidien, ils sont au cœur de tensions : sociétales, hospitalières, managériales, et personnelles.

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Ce positionnement paradoxal provoque chez certains un épuisement professionnel. En 2021, un interne a trois fois plus de risques de mettre fin à ses jours au cours des 3 à 5 ans de son internat qu’un Français du même âge.

Malheureusement, ces difficultés sont récurrentes. Une étude que nous avions menée en 2016 sur le burn-out dans un CHU de province auprès de 242 jeunes médecins montrait qu’un interne sur deux est « fragilisé » ou « brisé ». Pour compléter ces résultats, nous avons mené une autre enquête qualitative afin d’en comprendre les raisons.

Semaine de 58 heures

À la lumière de la théorie sur le don de l’anthropologue français Marcel Mauss, nos résultats montrent que les internes n’ont pas toujours le sentiment de recevoir à la hauteur de leurs contributions. Les jeunes médecins, qui travaillent 58 heures par semaine en moyenne, offrent en effet beaucoup de leur temps à l’hôpital.

Comme l’illustrent les témoignages que nous avons recueillis, ce manque de reconnaissance qui provoque une véritable souffrance au travail provient de plusieurs sources. Un interne déplore d’abord le regard porté sur sa fonction par l’ensemble de la société :

« Pour la société, tu es un larbin. Tu donnes ton temps, ta vie, tu ne peux jamais te plaindre. Enfin… tu peux te plaindre, mais tout le monde s’en fout (sic). »

Les enquêtés reprochent aussi à leurs supérieurs, auprès desquels ils apprennent leur métier, un manque d’encouragement :

« Quand on est interne, on sait quand ça se passe mal. En revanche, quand ça se passe bien, on ne le sait pas. C’est assez fou d’en arriver là ! On a un métier dur… si, en plus, on n’a aucun encouragement de la part de nos supérieurs, c’est déroutant. On aimerait vraiment qu’ils puissent nous épauler, venir nous demander si ça ne va pas… avoir du soutien nous ferait du bien. »

En ce sens, un interne interrogé réclame une véritable gestion humaine :

« Ce qui ne va pas, c’est qu’il n’y a pas de management. Il faudrait que les médecins soient des managers. Quand ils nous contredisent devant les infirmières, nous perdons toute crédibilité. C’est une grosse erreur. Comment peuvent-elles nous faire confiance ensuite ? »

C’est d’autant plus compliqué que l’interne doit effectivement guider une équipe paramédicale composée principalement d’infirmiers, d’aides-soignants et d’agents de services hospitaliers. Comme le décrit un enquêté :

« L’interne doit être conciliant avec tout le monde, mais l’inverse est loin d’être vrai. Du fait de notre condition, et comme les autres savent que nous ne restons que 6 mois, ils peuvent se permettre de mal nous parler et de ne pas nous respecter. »

Certains déplorent même parfois un manque de solidarité au sein même du personnel :

« Peu de personnes ont envie de soutenir leurs collègues et/ou de les soulager par empathie. Il n’y a que très peu d’efforts de compréhension entre nous-mêmes, personnel de l’hôpital, toute hiérarchie confondue ou corps de métier appartenant à l’hôpital (médecine générale). »

Enfin, les futurs médecins interrogés soulignent que ce manque de reconnaissance vient des patients eux-mêmes :

« J’essaye de faire les choses bien mais les patients ne me remercient pas. Pourtant, quand on a le sourire d’un patient ou de sa famille qui nous disent qu’ils sont contents de la prise en charge, c’est entièrement suffisant. Ça nous fait très plaisir et chaud au cœur. »

Quelles solutions ?

Il est bien entendu difficile de proposer des solutions applicables à toutes les situations. Individuellement, les internes n’ont pas le même niveau de mal-être au travail, et collectivement tous les hôpitaux et les médecins seniors n’offrent pas le même soutien. En ce sens, la souffrance au travail est multifactorielle.

Les internes reprochent à leurs superviseurs de ne pas les encourager assez. Jean-Philippe Ksiazek/AFP

Toutefois, trois niveaux de recommandations semblent émerger de nos recherches : la première concerne l’interne en lui-même et passe par le repérage et l’évaluation des symptômes de l’épuisement. Ils encouragent les internes à accepter de l’aide en cas de besoin.

Deuxièmement, l’organisation hospitalière a sa part de responsabilité. Des indicateurs pourraient être instaurés afin de proposer une meilleure répartition de la charge et du temps de travail. Cela permettrait à ces internes de s’occuper convenablement des patients, tout en ayant la possibilité d’étudier.

Il serait en outre intéressant que les médecins seniors offrent une présence managériale attentionnée, en étant à l’écoute des internes. L’encadrement a en effet un rôle à jouer afin d’éviter le basculement vers un burn-out, comme le réclame un interne que nous avons interrogé :

« C’est clair que s’il y avait plus de management, peut-être qu’on ne travaillerait pas moins mais en tout cas on serait plus contents, plus épanouis ! »

Troisièmement, au-delà de ces préconisations techniques, nos travaux de recherches plaident pour la mise en lumière de l’importance des relations de dons. L’ingratitude de notre société, un management inadapté, le manque de soutien et l’indifférence de certains patients renforcent le mal être des internes. Chacun pourrait prendre une part active afin de diminuer la souffrance de ces internes. À quelque niveau que ce soit : c’est à chacun de veiller au bien être des internes afin qu’ils puissent entretenir des relations équilibrées à la hauteur de leurs dons.

 

« C’est dangereux, mais très accessible »: la cocaïne, nouvelle drogue des classes moyennes

Restée longtemps un attribut des professions urbaines et créatives, la consommation de cette substance illicite atteint désormais toutes les strates sociales et toutes les régions.

Tout a commencé il y a trois ans. Emma*, la trentaine, sort d’une relation difficile. « J’étais en soirée et un peu déprimée, raconte la jeune femme. Un de mes amis m’a dit ‘Tiens, ça va te faire penser à autre chose’. A partir de là, j’ai commencé à prendre de la cocaïne pendant les fêtes. » Petit à petit, ses amis s’y mettent aussi. Leur budget coke explose : à chaque prise, ils dépensent entre 60 et 120 euros, en fonction de leur dealer. « On en prenait environ un week-end toutes les trois semaines, parfois plus », relate-t-elle. Un vrai changement pour Emma, qui ne fume pas, et « ne prenai[t] rien » avant la cocaïne. Elle découvre l’addiction. « Dès que je buvais de l’alcool, j’y pensais, et puis au réveillon 2020, j’ai eu une montée d’angoisse et j’ai eu peur de faire une crise cardiaque. J’ai décidé d’arrêter », souffle-t-elle. Technicienne en télécommunications à Bordeaux – elle installe les connexions Internet à domicile -, « rien » ne la prédisposait à consommer, sinon le fait que la cocaïne soit « disponible en soirée ». « Tout le monde en prend, du monsieur en costard-cravate au caissier. C’est dangereux, mais c’est devenu très accessible, quel que soit le métier », s’agace-t-elle. 

Quelle que soit la région, aussi. Oubliez le temps où la consommation de cocaïne se résumait à des rails discrètement sniffés dans des discothèques huppées, ou dans les bureaux d’un trader surexcité. Partout en France, des grandes agglomérations aux petits villages, la cocaïne semble à portée de main. « Elle fait partie des substances illicites dont la diffusion a le plus progressé ces dernières années, note Julien Morel d’Arleux, directeur de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT). Il s’agit aujourd’hui de la deuxième drogue illicite la plus consommée en France, même si ce niveau est bien plus faible que celui du cannabis. »  

Les saisies se multiplient

Selon les estimations, 600 000 personnes en auraient ingéré dans l’année. A titre de comparaison, les fumeurs de cannabis sont environ 5 millions. Ce chiffre faible en comparaison de la consommation d’herbe et de shit occulte un autre aspect : selon l’OFDT, la part des 18-64 ans ayant expérimenté la cocaïne a quadruplé en deux décennies, passant de 1,2% en 1995 à 5,6% en 2017. En clair, « la cocaïne est le produit pour lequel on a observé le niveau d’augmentation de la consommation le plus élevé chez les adultes », résume Marie Jauffret-Roustide, sociologue à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).  

Cette augmentation est permise par une circulation accrue de la substance sur le territoire. En témoignent les opérations des forces de l’ordre relatées régulièrement dans la presse. En ce mois de septembre, dans le Nord, près de 420 kilos de cocaïne ont été saisis à Loon-Plage, sur la Côte d’Opale. Un mois plus tôt, dans le même port, une autre saisie de 415 kilos avait été réalisée. En Alsace, en juillet, un trafic de drogue a été démantelé, la police judiciaire en confisquant 57 kilos. Ces opérations sont de plus en plus récurrentes dans les villes portuaires. « Le principal vecteur de trafic de cocaïne est maritime, via des porte-conteneurs à destination notamment du marché européen, ce dont témoigne la hausse des saisies dans les ports du continent, y compris en France », analyse Julien Morel d’Arleux. En mars, plus de 20 millions d’euros de la substance illicite – soit 600 kilos – ont ainsi été interceptés au Havre par les policiers de l’Office anti-stupéfiant (Ofast). Le même mois, au port de Rouen, la brigade des douanes en a trouvé plus d’une tonne dans un conteneur. L’année dernière, au total, les saisies de cocaïne ont atteint les 65,6 tonnes à Anvers.  

Une saturation du marché

« Tous les indicateurs sont au rouge. Cette augmentation des saisies est liée à une hausse de la production mondiale », explique David Weinberger, sociologue, spécialiste de l’analyse de l’offre illicite des drogues. En 2017, 1976 tonnes de cocaïne ont été produites dans le monde, soit 25% de plus que l’année précédente. Majoritairement, la substance vient de Colombie, qui assure quelque 64% de la production mondiale, selon les chiffres du rapport de l’Office des Nations unies contre les drogues et le crime et d’Europol, publié début septembre. « Cette augmentation s’explique car il s’agit de la drogue illicite la plus rentable, avec des marges extrêmement élevées », poursuit David Weinberger. D’après une étude réalisée en 2016 par le sociologue aux côtés des chercheurs Christian Ben Lakhdar et Nacer Lalam, la part des bénéfices du trafic de cocaïne en France dépasserait les 55 %. « Voyez le décalage : en 2010, 15 tonnes de cocaïne pure ont généré 900 millions d’euros de chiffre d’affaires au total », illustre-t-il.  

LIRE AUSSI >> Un milliard d’euros, 200 000 « employés »… Enquête sur la filière du cannabis en France

Ces dernières années, à la faveur de l’augmentation de la production, les trafiquants ont fait fructifier leurs gains avec une méthode, poursuit le sociologue : « Ils n’ont pas hésité à saturer le marché, et ils ont cassé les prix. Dans les années 1990, la cocaïne était considérée comme une drogue assez élitiste. Ce n’est plus tout à fait le cas aujourd’hui. » En 2018, le gramme coûtait entre 70 et 80 euros, contre 150 euros en 1990. Trouver des clients est devenu plus aisé, mais aussi plus organisé. « La majeure partie des consommateurs commandent par téléphone, note Léon Gomberoff, psychanalyste de formation et directeur du Centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie parisien de l’association Aurore (Csapa Aurore 75). Leurs numéros sont ensuite récupérés par des centres d’appels illégaux organisés, qui revendent leurs listes. S’ils ne recommandent pas, les consommateurs sont appelés, ou reçoivent des SMS promotionnels pour les inciter à la consommation. » Soit toute une économie souterraine dévolue à la vente des substances illicites.  

Selon une estimation des chercheurs dans leur rapport, 33 têtes de réseaux se partageraient le gâteau en France, répartis sur tout le territoire. « Au lieu de se confronter de manière frontale, des dealers de cocaïne ont préféré s’implanter dans des villes secondaires plutôt que d’affronter de gros trafiquants, analyse David Weinberger. Ce qui a favorisé la diffusion dans le rural. » 

La cocaïne « repousse les limites de la maîtrise de soi »

En Moselle, par exemple, Lionel Diény, directeur du centre d’addictologie Les Wads, à Metz, a pu le constater. « Nous avons analysé 150 seringues ces six derniers mois pour voir ce qui avait été consommé. Plus de la moitié d’entre elles ont été utilisées pour s’injecter de la cocaïne », raconte-t-il, expliquant observer une augmentation de la diffusion « sur ces deux dernières années ». A l’autre bout de la France, dans l’Aude, Elian Revel, directeur de l’Accueil info drogue et addiction du département, fait un constat similaire. « J’ai observé une augmentation de la consommation depuis mon arrivée ici, il y a deux ans, remarque-t-il. Nous sommes une région touristique, et la cocaïne semble beaucoup toucher les professionnels des stations balnéaires, de la restauration et du milieu de la nuit. »  

Pas de quoi, néanmoins, dresser un « profil type » du consommateur de cocaïne. « Les usagers ont une grande diversité de profils sociaux, confirme Marie Jauffret-Roustide, de l’Inserm. Dans les entretiens que nous menons, nous rencontrons des maçons qui en consomment comme des journalistes ou des chauffeurs routiers. Ce n’est pas réservé à une seule profession. » En 2018, LSD, série documentaire de France Culture, notait notamment l’usage récurrent de « la blanche » même chez les… marins pêcheurs. « La cocaïne n’a ni de profession, ni de géographie », prévient Laurent Karila, psychiatre, médecin à l’hôpital Paul-Brousse de Villejuif (AP-HP), spécialisé dans l’addictologie. Généralement consommée dans un cadre festif, la substance est ici prisée pour son côté dopant, souvent avant ou après le travail. « Les consommateurs sont souvent en situation de devoir énormément puiser dans leurs réserves personnelles pour leur travail, décrypte Gladys Lutz, docteure en psychologie du travail, responsable du service prévention d’Addiction Méditerranée. La cocaïne est un pur produit de notre époque : elle repousse les limites de la maîtrise de soi et donne l’impression d’être en capacité d’augmenter sa performance. »  

Manque de prévention

A tel point qu’il est difficile d’arrêter. Comme Emma, notre ancienne consommatrice bordelaise, les usagers de cocaïne mettent souvent du temps à réaliser ce qui est en train de devenir une addiction. Certains pensent aussi à tort qu’une prise irrégulière n’a pas de conséquences. « Ce n’est pas parce que l’on consomme de temps en temps qu’il n’y a pas de risque. Il y a toujours l’éventualité d’un mauvais trip ou un risque d’accident cardiaque une heure après la prise, avertit Laurent Karila. C’est une drogue sournoise, qui entraîne beaucoup de complications. »  

l’accessibilité du produit, le psychiatre réclame plus de prévention sur le sujet. « Il y a un gros travail à faire, prévient-il. La cocaïne est devenue un vrai problème de santé publique. » 

CONTACTER L’ÉMISSION

Le Superfail qui nous intéresse cette semaine est un échec que l’on connaît bien et dont tout le monde a fait les frais au moins une fois au cours de sa vie. Cet échec, c’est celui de l’intelligence.

La bêtise des foules : une réalité ? La bêtise des foules : une réalité ? • Crédits : Peter Dazeley – Getty

En un sens, nous pouvons dire en effet que la connerie est l’échec, ou même le Superfail de l’intelligence. Mais d’où vient la sottise des gens intelligents ? Sommes-nous moins intelligents en groupe ? Pour répondre à ces questions, nous sommes allés interroger Jean-François Marmion, psychologue et auteur de l’ouvrage collectif « Psychologie de la Connerie », paru en 2018.  

La sottise, fruit des biais cognitifs 

Le psychologue rappelle tout d’abord que la « sottise » – terme qu’il utilise pour désigner la « connerie » des gens intelligents – est le produit d’une distorsion naturelle de la réalité que l’on nomme « biais cognitif » : 

Ce qu’on appelle les biais cognitifs, ce sont les espèces de raccourcis de la pensée qui font qu’on caricature la réalité pour que ça entre bien dans nos cartes de pensée, qu’on puisse s’adapter très vite, qu’on n’ait pas trop à réfléchir. 

Et parmi ces biais cognitifs, Jean-François Marmion explique que le plus dangereux pour l’intelligence semble être le « biais de confirmation », qui nous pousse à sélectionner uniquement ce qui conforte notre vision du monde, et non pas ce qui pourrait la prendre à défaut. Pour éviter de tomber dans la « sottise », l’une des solutions serait ainsi de prendre conscience de l’importance de ces biais cognitifs dans l’élaboration de notre pensée, et de tenter d’en diminuer l’effet. 

La bêtise des foules : une réalité ? 

Si nos systèmes démocratiques reposent sur la prédominance des décisions collectives, cela implique une forme d’intelligence des foules. Or la foule n’a pas bonne presse, notamment depuis l’apport de Gustave Le Bon au 19ème siècle. Pour Jean-François Marmion, la nuance doit être privilégiée sur la question : 

Il y a d’excellentes initiatives qui naissent sur internet, des vrais effets « boule de neige », des gens qui se mobilisent pour des vraies causes et qui les font vraiment peser dans la balance de façon intelligente. (…). Donc la foule est capable du meilleur comme du pire. On peut très bien, avec une foule, se comporter comme des « connards » : lyncher quelqu’un physiquement, tondre des femmes à la Libération. Mais on peut très bien aussi faire de bonnes choses. 

Les réseaux sociaux dépendraient ainsi de l’usage que la foule en fait. Pour Jean-François Marmion, il faut garder à l’esprit que les réseaux  ne sont que des outils : 

Il n’y a pas plus de cons sur les réseaux sociaux qu’ailleurs, simplement on les remarque plus parce qu’ils sont plus braillards, plus voyants et qu’ils nous blessent davantage. Mais les réseaux sociaux en eux-mêmes, ils sont neutres. 

Pour approfondir le sujet, nous vous conseillons la

C’est très difficile de dire aux gens qu’on les aime…Ce mot a tellement été pillé qu’il ne veut plus rien dire exactement. Et puis, j’arrive à me le dire, mais je n’arrive pas bien à le leur dire. J’écris des chansons qui me paraissent à moi, non pas d’amour, mais de cette sorte d’amour qui me tient debout finalement dans la vie. Et je m’aperçois que des gens disent : « oh c’est dur ce que vous écrivez », alors que c’est juste de la tendresse sans sanglot, de la tendresse basée sur la douleur. C’est une réponse à un cri que les gens ne poussent même pas, mais qu’on pressent.

43 ans que Jacques Brel nous a quittés..

Umberto Eco :

« Moi, je dis qu’il existe une société secrète avec des ramifications dans le monde entier, qui complote pour répandre la rumeur qu’il existe un complot universel. »

Umberto Eco, Le Pendule de Foucault (1988).

Guilluy : « Le contrôle de l’immigration n’est pas qu’une demande de l’extrême-droite »

Pour le géographe, la représentation de la société comme un agrégat de segments sociologiques « à la Netflix » empêche la prise en compte politique de diagnostics majoritaires.

On ne le présente plus : Christophe Guilluy, géographe, inventeur du concept de « France périphérique » revient pour L’Express sur les questions qui animent le débat et la conversation publique en ce début fou de campagne présidentielle. Sur l’immigration, dont il rappelle qu’elle ne saurait se résumer à une question ethnique – « la réduction des flux est une demande de Français de toutes origines » -, il préconise une approche pragmatique : « certains quartiers sont devenus des sas, où l’on ne reste pas. Il faut y laisser les habitants vieillir. Quand on aura des petits vieux qui tapent le carton en bas des tours, la donne changera ». 

Trois ans après les Gilets jaunes, et alors que son dernier ouvrage « Les gens ordinaires » est paru ces jours en version poche chez Flammarion, il répond également à la question qui taraude beaucoup d’hommes et de femmes de bonne volonté : existe-t-il encore une « décence ordinaire », un « bon sens partagé » sur lequel jeter les bases d’une réconciliation sociale et d’une politique majoritaire ?  

L’Express – Chaque fois que la question de l’immigration s’impose dans la conversation publique – comme en ce début de campagne présidentielle -, un débat fait rage : si, dans certaines enquêtes, elle apparaît comme une préoccupation prioritaire, elle ne se place qu’en 4e ou 5e position dans d’autres. Qu’en pensez-vous ? 

Christophe Guilluy : Les Français mettent en priorités n° 1 le fait d’avoir de quoi se nourrir, de pouvoir se loger… Ce n’est pas très surprenant ! Mais enfin, il est évident que les gens peuvent avoir plusieurs angoisses ou besoins en même temps : les segmenter en « panel de préoccupations » dans les enquêtes d’opinion revient à mon sens à noyer le poisson. Une des nouveautés du XXIe siècle par rapport au précédent réside dans le fait que ce que l’on appelle « le mouvement social » n’est plus exclusivement social, justement, mais aussi culturel. La lecture traditionnelle des conflits de classes, du clivage droite-gauche, des pauvres et des riches ne vaut plus. Ces trente dernières années, les classes moyennes et populaires occidentales ont subi un double choc : le déménagement de l’emploi industriel vers les pays à bas coûts (avec toute la reconfiguration géographique que cela a entraînée) d’un côté et, de l’autre, le multiculturalisme qui s’est imposé comme modèle unique mondial. C’est-à-dire un modèle où les cultures et les modes de vie, les us et coutumes coexistent au sein des sociétés. Les gens ordinaires ont été plongés dans cette nouvelle donne sans mode d’emploi, avec la promesse du progrès comme seul message et mantra : « demain, tout ira bien, tout cela c’est le mouvement ». Simplement, après trente ans de mutations, ils font valoir que le compte n’y est pas. 

Votre approche de l’immigration est assez déconnectée de la question ethnique. Vous faites valoir que ce n’est pas une crainte de « petits Blancs », mais une angoisse universelle, face à un environnement qui change… 

Quand j’ai ciselé la notion d' »insécurité culturelle », l’idée était de forger un concept opérationnel, concret, pour analyser les dynamiques de peuplement dans le logement social. Un bailleur social me demandait d’enquêter sur les raisons pour lesquelles dans des quartiers sans insécurité « physique », de nombreux habitants et notamment des retraités et des familles d’origine maghrébine en phase d’ascension sociale demandaient à être relogés ailleurs

Un père a dit à son fils: Tu as obtenu ton diplôme avec honneur, voici une  » Volkswagen coccinelle berline  » que j’ai achetée il y a de nombreuses années … Elle a plus de 50 ans, mais avant que je te la donne, apporte la au vendeur d’occasion au centre-ville et dit leur «je veux la vendre» et découvre combien ils te propose.

Le fils est allé voir au parking d’occasion et après est retourné vers son père et a dit: Ils m’ont offert 2 000€ parce qu’il a l’air très usé. Le père a dit: « Emmene la au prêteur sur gages. »

Le fils est allé voir le prêteur sur gages, est revenu et lui a dit; « celui ci n’en proposait que 1 000€, probablement parce que la voiture est très ancienne »

Enfin, le père a demandé à son fils d’aller dans un club de voitures anciennes et de leur montrer la voiture.

Le fils a été avec la voiture au club automobile, et est revenu et a dit au père: Certaines personnes dans le club m’en ont offert jusqu’à 70 000€ pour la voiture, car c’est une « voiture très unique et recherchée parmi les membres ».

Le père a dit au fils: Je voulais que tu saches que le bon endroit te valorise de la bonne manière.🙏

Si vous n’êtes pas valorisé, ne vous fâchez pas, cela signifie que vous êtes au mauvais endroit; « Celui qui connaît sa valeur est celui qui l’apprécie. Ne restez jamais là où en ne voit pas votre valeur …

Josselin Deliege

UNE QUESTION D’ÉQUILIBRE.

Le paradis est en émoi et Saint Pierre ne sait plus où donner de la tête. Cela fait en effet plusieurs jours que Dieu a disparu et personne ne sait où il est passé.

Voilà qu’au bout d’une semaine, Dieu revient et Saint Pierre lui demande où il était pendant tout ce temps.

– Ah, je suis passé visiter une petite planète qui s’appelle la terre, dit Dieu, et j’ai pu constater que sur cette planète, tout était en équilibre. On trouve un continent appelé Amérique du Nord qui est très riche et juste en-dessous, un continent appelé Amérique du Sud qui est très pauvre. On trouve un continent appelé Europe qui est peuplé de blancs et juste en-dessous, un continent appelé Afrique qui est peuplé de noirs. Il y a des pays où règne une chaleur torride et la sécheresse et d’autres où règne le froid et la glace.

Là, Saint Pierre se penche au-dessus de l’épaule de Dieu pour examiner la terre. Soudain il demande :

– Et là, c’est quoi ce pays au milieu qui est tout vert ? »

– Ah, dit Dieu, ça c’est le Pays Basque. C’est un pays fantastique. On y trouve à la fois les plaisirs de l’océan et ceux de la montagne. La température est très agréable près de l’océan mais plus rafraichissante dans la montagne. On y trouve une langue unique au monde qui ne ressemble à aucune autre langue au monde et qui est la plus ancienne de l’Europe. On y trouve de très anciennes traditions comme les pastorales, des chants sublimes, des danses qui ont bravé les siècles ; la gastronomie y est pantagruélique avec ses confits de canard, son foie gras, ses fromages, ses vins, ses liqueurs…

– Mais enfin, dit alors Saint Pierre, si tout est parfait dans ce pays, où se trouve alors l’équilibre ?

Dieu dit alors à Saint Pierre : « Regarde bien la carte ! Il y a les Landes juste au-dessus ! »

« Si vous fuyez devant les efforts et les travaux qui vous sont imposés par la vie, vous n’arriverez jamais à progresser. Certains ne supportent plus leur famille, ou leur travail, et ils les quittent… D’autres fuient toutes les responsabilités…

Eh bien, justement, fuir n’est pas recommandé.

Si la destinée vous a placé dans certaines conditions, il y a des raisons à cela.

Pour faire face aux difficultés et aux obstacles de la vie quotidienne, il faut se renforcer.

Regardez les sportifs comment ils s’entraînent, regardez les alpinistes qui se mesurent à la montagne, et les navigateurs qui traversent l’océan, affrontant les intempéries et les plus grands dangers…

Essayez de faire comme eux. Pas physiquement, bien sûr, car tout le monde n’est pas préparé pour ces prouesses, mais psychiquement, entraînez-vous à résister, à tenir bon.

Évidemment, s’il arrive un moment où la situation devient intenable, sauvez-vous.

Mais dès que possible revenez à nouveau pour faire face… jusqu’à ce que vous soyez vraiment solide et fort pour finir d’accomplir votre tâche. »

Omraam Mikhaël Aïvanhov

DANS LA VIE

Dans la vie, rien ne vaut le respect mutuel

Celui qui permet l’échange, le débat, la discussion

Sans tyrannie, avec écoute, sans être cruel

Et qui valent mieux qu’un ordre, une injonction

Dans la vie, j’ai appris que l’humilité

Nous permettait de rester modeste

De savoir que l’on était petit face à l’immensité

D’un monde qui nous semblait indigeste

Dans la vie, j’ai appris que si l’on n’avait rien

Il fallait se battre, n’étant pas des gens qui ne sont riens

Ni des gens qui réussissent, seulement des citoyens

Qui se lèvent, travaillent, selon leurs moyens

Dans la vie, j’ai appris la somme des valeurs

Que l’on porte en soi, par l’âme et le coeur

Les qualités humaines que l’on choisit d’avoir

Tout en restant lucide sans broyer du noir

© Nicolas BOUVIER

« Etre bizarre,

c’est gagner en authenticité

dans un monde empli de caméléons,

en restant soi-même.

C’est ne pas avoir à justifier un refus,

c’est suivre toujours ses valeurs,

c’est aussi faire ce que l’on veut

et pas ce que les autres attendent de nous;

c’est pouvoir changer d’idées

sur un sujet selon notre expérience acquise,

c’est avoir le droit de se tromper …

et c’est au final poursuivre son propre chemin

sans suivre la rivière,

car seuls les poissons morts

suivent le courant. »

Jordan Ray.

Ne vous laissez pas abuser.

Souvenez-vous de vous méfier. Et même de l’évidence : elle passe son temps à changer.

Ne mettez trop haut ni les gens ni les choses.

Ne les mettez pas trop bas. Non, ne les mettez pas trop bas. Montez.

Renoncez à la haine: elle fait plus de mal à ceux qui l’éprouvent qu’à ceux qui en sont l’objet.

Ne cherchez pas à être sage à tout prix. La folie aussi est une sagesse. Et la sagesse, une folie.

Fuyez les préceptes et les donneurs de leçons.

Jetez ce livre.

Faites ce que vous voulez. Et ce que vous pouvez.

Pleurez quand il le faut. Riez.J’ai beaucoup ri. J’ai ri du monde et des autres et de moi.

Rien n’est très important. Tout est tragique.

Tout ce que nous aimons mourra.

Et je mourrai moi aussi.

La vie est belle.

-Jean d’Ormesson-

Mais Carlos Tavares (patron de PSA)

« Le monde est fou. Le fait que les autorités

nous ordonnent d’aller dans une direction

technologique, celle du véhicule électrique, est

un gros tournant.

Je ne voudrais pas que dans 30 ans on

découvre quelque chose qui n’est pas aussi

beau que ça en a l’air, sur le recyclage des

batteries, l’utilisation des matières rares de la

planète, sur les émissions électromagnétiques

de la batterie en situation de recharge ?

Comment est-ce que nous allons produire plus

d’énergie électrique propre ?

Comment faire pour que l’empreinte carbone

de fabrication d’une batterie du véhicule

électrique ne soit pas un désastre écologique

?

Comment faire en sorte que le recyclage

d’une batterie ne soit pas un désastre

écologique ?

Comment trouver suffisamment de matière

première rare pour faire les cellules et les

chimies des batteries dans la durée ?

Qui traite la question de la mobilité propre

dans sa globalité ?

Qui aujourd’hui est en train de se poser la

question de manière suffisamment large d’un

point de vue sociétal pour tenir compte de

l’ensemble de ces paramètres ?

Je m’inquiète en tant que citoyen, parce qu’en

tant que constructeur automobile, je ne suis

pas audible.

Toute cette agitation, tout ce chaos, va se

retourner contre nous parce que nous aurons

pris de mauvaises décisions dans des

contextes émotionnels. »

STÉPHANE LHOMME

(Directeur de l’Observatoire du nucléaire)

– Le cycle de vie d’un véhicule électrique le

rend aussi polluant qu’un véhicule

thermique.

Le subventionner n’a pas de sens, explique le

directeur de l’Observatoire du nucléaire,

Stéphane Lhomme.

La fabrication des batteries est tellement

émettrice de CO² qu’il faut avoir parcouru de

50 000 à 100 000 km en voiture électrique ….

Pour commencer à être moins producteur de

CO² qu’une voiture thermique. Soit 15 à 30

km par jour, 365 jours par an, pendant 10 ans !

Or, contrairement à ce que croient la plupart

des gens, soumis à une propagande

continuelle des politiques et des industriels, la

voiture électrique n’est pas plus vertueuse

pour le climat que la voiture thermique,

essence ou diesel.

Ce sont là les conclusions d’une étude, déjà

ancienne, de l’Agence de l’environnement et

de la maitrise de l’énergie (ADEME), ignorées

délibérément par le gouvernement

(Élaboration selon les principes des ACV des

bilans énergétiques, des émissions de gaz à

effet de serre et des autres impacts

environnementaux induits par l’ensemble des

filières de véhicules électriques et de

véhicules thermiques à l’horizon 2012 et

2020, (novembre 2013)

Sachant que ces voitures servent

essentiellement à des trajets courts, il est

probable que le kilométrage nécessaire pour

s’estimer « vertueux » ne sera jamais atteint.

De plus, tout le CO² émis par une voiture

électrique est envoyé dans l’atmosphère avant

même que ne soit parcouru le moindre

kilomètre.

Alors qu’il est partout prétendu que la voiture

électrique n’émet pas de particules fines,

comme le signale le magazine Science et Vie

(janvier 2015), « les pneus, les freins et

l’usure des routes émettent presque autant de

microparticules que le diésel ».

La voiture électrique émet certes moins de

particules que la voiture thermique, puisqu’elle

ne dispose pas d’un pot d’échappement, mais

elle possède bien des freins, des pneus, et

roule sur le goudron !

Au final, la voiture électrique n’est pas plus

écologique que la voiture thermique.

L’argent public consacré à son développement

est donc totalement injustifié.

Or, il s’agit de sommes astronomiques :

– Le gouvernement a lancé un plan

d’installation de 7 millions de bornes derechargement à environ 10 000 euros pièce,

soit un cout d’environ 70 milliards d’euros.

Il est d’ailleurs poignant de voir les élus de

petites communes, croyant faire un geste pour l’environnement, casser la tirelire municipale

pour s’offrir une borne ;

– Le bonus « écologique » à l’achat d’une

voiture électrique dépasse

10 000 € par véhicule, souvent complété par

une prime de la région.

La quasi-totalité des acheteurs sont des

ménages aisés, car ces véhicules sont très

chers : une fois de plus, l’argent de tous est

offert aux plus privilégiés.

En réalité, au pays de l’atome, tous les

moyens sont bons pour « booster » la

consommation d’électricité, en baisse continue

depuis des années.

Car la voiture électrique en France peut être

considérée comme une « voiture nucléaire » :

la quasi-totalité des bornes de rechargement

installées sont branchées sur le réseau

électrique ordinaire, à 80 % nucléaire.

Il ne faut pas se laisser abuser par les

certificats mis en avant par M. Bolloré et ses

Autolib (Paris), Bluecub (Bordeaux) et Bluely

(Lyon), assurant qu’elles sont rechargées aux

énergies renouvelables : il ne s’agit que de

jeux d’écriture ; l’électricité utilisée est la

même qu’ailleurs.

Nous ne faisons pas ici la promotion de la

voiture thermique, elle-même une calamité

environnementale.

Mais, justement, personne n’aurait l’idée

d’offrir 10 000 euros à l’achat d’une voiture

diesel, de lui réserver des places de

stationnement et de remplir son réservoir à

prix cassé…

C’est une très bonne analyse démontrant que

nos politiques (et les verts) nous font du

spectacle :

La paranoïa du diésel ne concerne que les

automobilistes !!!

Les Poids lourds, Autocars, Navires, sont

exclus !

Juste pour situer le degré de paranoïa des plus

virulents détracteurs du véhicule diesel, il faut

leur révéler les données de l’’industrie

maritime qui a démontré qu’en considérant la

taille des moteurs et la qualité du carburant

utilisé,

Les 40 plus gros navires-cargos du monde

polluent autant que l’ensemble des 760

millions d’automobiles de la planète.

Vous savez, ces porte-conteneurs qui nous

alimentent en produits que l’on fabriquait dans

nos usines délocalisées, aujourd’hui, ils

brulent chacun 10.000 tonnes de carburant

pour un aller et retour entre l’Asie et l’Europe.

Ces malheureux 40 navires font partie d’une

flottille de 3.500, auxquels il faut ajouter les

17.500 tankers qui composent l’ensemble des

100.000 navires qui sillonnent les mers.

Pour ne pas quitter le domaine maritime,

rappelons que la flotte de plaisance française.

est d’environ 500.000 unités, dont 5.000

yachts de plus de 60 mètres, et que le plus

moyen de ceux-ci brule environ 900 litres de

fuel en seulement une heure, alors que les 24

% de foyers français qui se chauffent au fioul

ont du mal à remplir leur cuve pour l’hiver.

Pour continuer sur le chemin de la

schizophrénie paranoïde, prenons en compte

toute la flottille de pêche et les 4,7 millions de

poids lourds en transit à travers la France et

les milliers d’avions qui sillonnent le ciel.

Pour compléter cette petite fable, n’oublions

pas l’indispensable domaine agricole où la

consommation moyenne d’énergie est de 101

litres de fuel par hectare.

S’il y a un Dieu, il est caché, il est ailleurs, il est hors du temps, il n’obéit pas à nos lois et nous ne pouvons rien dire de lui. Nous ne pouvons décréter ni qu’il existe ni qu’il n’existe pas. Nous avons seulement le droit d’espérer qu’il existe. S’il n’existe pas, notre monde est absurde. S’il existe, mourir devient une fête et la vie, un mystère…

Je m’amuse de cette vie qui se réduit à presque rien s’il en existe une autre. Les malheurs , trop réels, les ambitions, les échecs, les grands desseins, et les passions elles-mêmes si douloureuses et si belles, changent un peu de couleurs. Avec souvent quelques larmes, je me mets à rire de presque tout. Les imbéciles et les méchants ont perdu leur venin. Pour un peu, je les aimerais. Une espèce de joie m’envahit. je n’ai plus peur de la mort puisqu’il n’est pas interdit d’en attendre une surprise. Je remercie je ne sais qui de m’avoir jeté dans une histoire dont je ne comprends pas grand-chose mais que je lis comme un roman difficile à quitter et que j’aurai beaucoup aimé.

J’ignore s’il y a un Dieu ailleurs, autre chose après la mort, un sens à cette vie et à l’éternité, mais je fais comme si ces promesses étaient déjà tenues et ces espérances, réalisées. Et je souhaite avec confiance qu’une puissance inconnue veille, de très loin, mais beaucoup mieux que nous, sur ce monde et sur moi.

Qu’ai-je donc fait ? de Jean d’Ormesson.

J’aime ceux qui portent leurs cicatrices avec dignité. Ceux qui ont souffert, mais qui sourient encore. Ceux qui ont perdu, mais qui essaient encore. Ceux qui ont été maltraités, mais qui sont restés gentils. Ceux qui ont été déçus, mais qui montrent encore leur coeur. Parce que les gens destinés à une vie plus dure deviennent souvent les plus belles personnes.

-Antonio Curnetta-

À retrouver dans l’émission

CONCORDANCE DES TEMPS par Jean-Noël Jeanneney

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En compagnie de Gérard Unger, nous revenons ce matin sur le poète romantique Alphonse de Lamartine, qui fut aussi un acteur politique important. En 1848, il a incarné des espérances qui ont pris forme, ensuite, avec éclat, parfois longtemps après…

C’est un propos de cette émission, souvent, que de contribuer à restituer leur pleine dimension à des auteurs dont la postérité, sans les ignorer tout à fait, tend à simplifier la complexité, à ternir les couleurs, à rabougrir l’héritage. Et du même coup d’exhumer des choses fortes ou subtiles qu’ils pourraient avoir encore à nous dire, si nous leur prêtions mieux l’oreille.

Lamartine, ce matin, va figurer le personnage auquel nous allons appliquer cet exercice. Nos manuels, à l’école, laissent encore sa place, tant bien que mal, au poète romantique prestigieux dont quelques rimes flottent dans nos mémoires. Mais il fut aussi un acteur politique qui s’est inscrit, un temps, dans cette histoire de ce XIXe siècle qui est loin d’avoir épuisé ses prestiges. 

Pendant quelques mois très brefs, lors de la Révolution de 1848, il a incarné des espérances qui ont pris forme, ensuite, avec éclat, parfois longtemps après. Et cela ne se peut comprendre que parce que bien des aspects de sa pensée et de ses combats furent prémonitoires. Il fallut attendre 1881 pour la liberté de la presse, 1905 pour la séparation des Églises et de l’État, 1936 pour la nationalisation des chemins de fer, 1981 pour l’abolition de la peine de mort : tous ces progrès, il les prôna et il les annonça. 

Gérard Unger, mon invité, a donné naguère une biographie remarquée de Lamartine où il a su valoriser ce versant civique d’une action et d’une trace. En rappelant l’aspiration que le poète politique formulait ainsi : « Il faut monter à ces hauteurs intellectuelles où l’œil contemple le passé, domine le présent et peut entrevoir l’avenir. » À ce programme, Lamartine s’attacha, entre élans fructueux et déceptions personnelles – mais toujours avec dignité. Michelet lui écrivit un jour, au temps de Louis-Philippe : « Vous aurez été notre prophète, notre précurseur.  Vous êtes celui que nous attendons ».

ARCHIVES DIFFUSÉES

  • Générique début : François Mitterrand s’exprimant sur Alphonse de Lamartine, Inter-actualités, France Inter, le 1er septembre 1984.
  • Poème « Le Lac » d’Alphonse de Lamartine (1820), lu par Jean Topart, 1976.
  • Allocution prononcée par M. de Lamartine, président du Conseil général, aux élèves de l’École normale primaire de Saône et Loire en septembre 1842, lue par Anne de Peufeilhoux dans l’émission « Une vie, une œuvre » consacrée à Alphonse de Lamartine, de Stéphane de Bonnefoi, diffusée sur France culture, le 4 janvier 2020.
  • Lecture d’un extrait de l’Histoire des Girondins de Lamartine (portrait de Vergniaud, livre 18, chapitre 5), par Roger Bret, dans l’émission « Les Lundis de l’Histoire » de Louis Bergeron, sur France culture, le 12 mai 1969.
  • Roger Monteaux (sociétaire de la Comédie française) lit, au début des années 1930, un discours de Lamartine de 1848 défendant le drapeau tricolore (contre le drapeau rouge).
  • Lecture par Jean Piat du poème « L’Automne » de Lamartine, dans l’émission « Poèmes du monde » d’Alain Bosquet sur France culture le 9 mars 1969.
  • Générique de fin : chanson « Pensées des morts » de Georges Brassens, 1969.

BIBLIOGRAPHIE

  • Gérard Unger, Lamartine. Poète et homme d’État, Flammarion, 1999. 
  • Daniel de Montplaisir, Lamartine. Un poète en politique, Tallandier, 2020.
  • Sylvie Yvert, Au moins le souvenir, Éditions Héloïse d’Ormesson, 2021.

À boulets rouges

Guy Debord : “Tapie, ce pauvre diable qui n’a pas pu me lire”

Octave Larmagnac-Matheron 

Homme d’affaires, homme politique, homme de spectacle et communiquant des plus habiles, Bernard Tapie s’est éteint ce week-end à l’âge de 78 ans. Par son style décomplexé voire brutal, il a marqué le monde médiatique des années 1980-1990. Son débat contre Jean-Marie Le Pen en 1989, lors duquel il se moque ouvertement de son interlocuteur, a contribué à asseoir sa réputation : un bon client pour la télévision.

Connu pour son franc-parler, Bernard Tapie est devenu une véritable vedette – avant d’être rattrapé par d’interminables affaires judiciaires. Dire qu’il avait une passion pour la philosophie serait peut-être exagéré… Cela dit, nous avons retrouvé un étonnant échange entre lui et Guy Debord, au cours duquel le penseur fait de ce showman un acteur de la société du spectacle, à la fois central et anecdotique. Retour sur une improbable collision intellectuelle.

  • Une anecdote relie, indirectement, Bernard Tapie et Guy Debord. Nous sommes en 1986 à Bruxelles. Le premier intervient dans une émission de télévision à destination des managers. Un homme dans le public, qui se revendique de « l’avant-garde convulsiviste », l’interrompt : « Que signifie, Monsieur Tapie, dans votre livre – que vous ou l’un de vos nègres ont écrit pour vous –, des phrases entières tirées du livre de Guy Debord : La Société du spectacle ? » Tapie est interloqué. Il n’a, manifestement, jamais entendu parler du fondateur du situationnisme, apparemment plagié sans être cité dans son livre, Gagner (Robert Laffont, coll. Vécu, 1986). Il s’en sort par une pirouette : « Les grands esprits se rencontrent ».
  • Le plagiat – s’il est attesté – est en réalité limité. Il tient, essentiellement, en une formule de Bernard Tapie : « On ne parle plus que de l’apparence, et aux dix commandements, il faudrait certainement ajouter un onzième : être, c’est paraître ; paraître est être. » Et peut-être aussi à une seconde équivalence : « Tout ce qui est bon se montre ; tout ce qui se montre est bon. » Le propos est, effectivement, très similaire à la manière dont Guy Debord décrit la société du spectacle : « Le spectacle se présente comme une énorme positivité indiscutable et inaccessible. Il ne dit rien de plus que “ce qui apparaît est bon, ce qui est bon apparaît”. L’attitude qu’il exige par principe est cette acceptation passive qu’il a déjà en fait obtenue par sa manière d’apparaître sans réplique, par son monopole de l’apparence. »
  • L’histoire aurait pu s’arrêter là, mais Guy Debord aura rapidement vent de l’épisode… sans y prêter grand intérêt. « C’est très injuste de reprocher à Tapie de s’inspirer de moi […] Tapiece pauvre diable, qui réellement n’a pu me lire », glisse-t-il dans une lettre à un ami, en 1986. Même tonalité dans sa correspondance avec Annie Le Brun de 1992 : « Il serait fort injuste de reprocher à Tapie d’être un homme riche, et aussi injuste de lui reprocher de ne pas être un homme riche : c’est un escroc dont les affaires sont de la cavalerie médiatique, comme l’essentiel de celles de son temps. »
  • C’est que, si Bernard Tapie est assurément une manifestation éclatante de la société du spectacle, cette manifestation n’en est au fond qu’un « reflet » sans importance. La société du spectacle n’est pas tant une question d’individus que de structure. Toujours dans la même lettre, il écrit : « Les apparences de [sa] psychologie ou de [son] caractère sont bien secondaires par rapport à ces réalités fondamentales, quoique ces facteurs ne soient pas négligeables pour déterminer des aptitudes individuelles. » La société du spectacle n’est pas produite par les « vedettes », elle rend possible l’existence de ces dernières. L’accusé Tapie est médiatiquement innocent !
  • Il y a par ailleurs un décalage incompressible entre la personne incarnant un personnage de la société du spectacle et l’individu qui se cache derrière, souligne Guy Debord : « L’agent du spectacle mis en scène comme vedette est le contraire de l’individu, l’ennemi de l’individu. […] Les gens admirables en qui le système se personnifie sont bien connus pour n’être pas ce qu’ils sont ; ils sont devenus grands hommes en descendant au-dessous de la réalité de la moindre vie individuelle, et chacun le sait. […] Les vedettes existent pour figurer des types variés de styles de vie et de styles de compréhension de la société, libres de s’exercer globalement. »
  • Bernard Tapie, qui reconnaissait passer « huit à dix heures par semaine » à travailler à sa « politique de communication » était, au moins en partie, conscient de cet écart. « Si j’étais tel qu’on me décrit, je me détesterais », soulignait-il. Le voilà, au moins, libéré de la tyrannie de l’image.

La solitude n’est pas la solitude. La solitude nécessite d’être seule alors que la solitude se montre le plus nettement en compagnie des autres.

Dans la solitude je suis ′′ seul, » avec moi-même, et donc deux en un, alors que dans la solitude je suis en fait un, désert par tous les autres. Arendt

(Livre : Les origines du totalitarisme

CONTACTER L’ÉMISSION

La philosophe Chantal Jaquet, qui a forgé le concept des « transclasses » pour désigner ces personnes qui passent d’un milieu social à un autre, revient sur son enfance et sa propre trajectoire de transclasse dans un entretien aux PUF, « Juste en Passant ».

Chantal Jaquet, auteure, avec Jean-Marie Durand, de Juste en passant (PUF), et de Les Transclasses ou la non-reproduction (PUF 2014)• Crédits : Presses Universitaires de France

Spécialiste de l’histoire de la philosophie moderne, de Spinoza en particulier, de la philosophie du corps et de la philosophie sociale, Chantal Jaquet est professeure à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. 

Dans un entretien avec le journaliste Jean-Marie Durand, Juste en Passant (Presses universitaires de France, 2021), Chantal Jaquet revient aujourd’hui sur sa propre condition de transclasse, ce passage d’une classe sociale à une autre par lequel elle est devenue agrégée de philosophie après une enfance marquée par la pauvreté et la précarité. 

En ce qui me concerne l’un des éléments fondamentaux a été la prise de conscience de la misère, avec ses causes politiques. C’est le basculement d’un univers où tout pouvait s’expliquer par des représentations religieuses, à la prise de conscience que cette misère n’était pas inéluctable. (Chantal Jaquet)

En 2014, dans son essai Les transclasses ou la non-reproduction (PUF) elle réfléchissait au point aveugle de la théorie de reproduction sociale de Bourdieu et Passeron : les trajectoires de non-reproduction sociale. 

Comprendre la reproduction implique aussi d’analyser les causes qui l’enraye ponctuellement. Ça permet de comprendre les écarts, car je ne parlerai pas d’exceptions miraculeuses, et de comprendre comment les rapports de force peuvent jouer pour reproduire ou ne pas reproduire. (Chantal Jaquet)

Plutôt que « parvenus », « déclassés » ou d’autres termes péjoratifs, Chantal Jaquet a créé le concept du transclasse pour désigner, et ainsi faire exister, ce phénomène qu’elle souhaitait étudier sans jugement et dans toute sa diversité. Pour cela elle a eu recours à la philosophie spinoziste, notamment son concept d’ingenium qui lui a inspiré l’idée de complexion

Les trajectoires des transclasses obéissent à un faisceau de causes que j’ai appelé complexion. Parmi ces configurations figurent des rencontres, des situations socio-économiques, des modèles alternatifs. Tout cela montre bien que le parcours n’est pas le fruit d’un mérite intrinsèque. Un enfant en naissant n’a rien et n’est rien. Il devient ce qu’il est par l’éducation, par ce dont il hérite par sa famille. (Chantal Jaquet)

Compte rendu du débat de deux heures organisé lundi soir au Palais des Congrès entre M.Onfray et E.Zemmour

Tout d’abord chacun considère que nous sommes en guerre pour reconquérir ces bastions que sont les banlieues qui ont été abandonnées par l’ Etat .Et à cet effet chacun admet qu’il faut passer par le référendum pour pouvoir faire adopter des mesures qui aujourd’hui seraient anticonstitutionnelles

Les débatteurs sont tombés d’accord sur un principal constat : la civilisation occidentale est en déclin au point de se voir menacée de mort imminente.

Mais tant sur les causes que sur les solutions à apporter, leurs vues divergent. Jusque sur la nature même du péril qui nous guetterait. «C’est la détestation de soi. Nous sommes morts du fait de ne pas nous aimer», soutient Onfray pour expliquer «l’effondrement de la civilisation judéo-chrétienne et l’avènement d’une civilisation transhumaniste qui va conduire vers un inhumanisme.» ,

Pour Zemmour la menace provient du Grand mufti : «On peut dire comme Michel “on ne croit plus en nous“, mais ça ne suffit pas à expliquer ce qui nous arrive. Il y a un conflit entre l’Orient et l’Occident depuis 1000 ans. L’Orient a trouvé son champion : l’Islam […] L’inconscient collectif des musulmans est de coloniser l’Occident.»

C’est finalement sur l’opportunité de quitter l’Union européenne que les deux rhéteurs auront montré leur plus grande discordance :. Onfray est pour. Zemmour est contre

Appel à « déconstruire » les hommes, éloge de la « démobilité »… La novlangue de la candidate battue (de peu) à la primaire EELV en a fait sourire certains. A tort.

"Le monde déconstruit de Sandrine Rousseau est un monde dont elle seule connaît les règles", déplore Abnousse Shalmani.

« Le monde déconstruit de Sandrine Rousseau est un monde dont elle seule connaît les règles », déplore Abnousse Shalmani.

Lors du débat entre les deux candidats finalistes de la primaire écologique, Sandrine Rousseau a précisé vivre avec un homme « déconstruit », et en être très heureuse. Elle a ensuite clamé vouloir travailler avec des femmes et des hommes politiques déconstruits car ils ont conscience de la discrimination – je pensais naïvement que c’était le savoir, la souplesse intellectuelle, le contact avec l’Autre qui combattaient le mieux les discriminations, mais visiblement je m’égare dans le monde d’avant-hier. Sandrine Rousseau a aussi loué la « démobilité » (en résumé : retournons à l’esprit de village, vivons là où nous travaillons, déplaçons-nous vers ce qui est à proximité et pas un pas de plus, mais surtout demeurons immobiles, là où nous sommes, sans un pas de côté, sans désirer savoir ce qui se passe de l’autre côté de la montagne). On ne saurait être plus clair : il faut détruire, casser, rien du passé et rien du présent ne doivent survivre. Pour quoi faire, nous n’en savons encore rien, mais il se dégage de cette novlangue illuminée une constante : la destruction systématique accouchant d’une pureté qui a les contours d’un totalitarisme.  

LIRE AUSSI >> Sylvain Fort : Sandrine Rousseau, une si médiocre pensée victimaire

Nous avons beaucoup ri de la campagne « radicale » de Sandrine Rousseau (la radicalité recouvrant dorénavant le grand n’importe quoi : les approximations comme les mensonges, les fantasmes comme les insultes). Les détournements visuels autour de l’homme déconstruit, kit à remonter chez soi, homme en lambeaux dont on a égaré le mode d’emploi, m’ont personnellement beaucoup amusée. J’ai eu tort. Car il n’y avait rien de drôle dans les convictions essentialisantes et dictatoriales de la candidate éco-féministe. Des sorcières qui valent mieux que les ingénieurs hommes, des terroristes qu’il vaut mieux avoir chez soi pour mieux les surveiller, des agriculteurs qu’il faut mettre de force au pas du bio, mais surtout cette mystique qui se dégageait de l’ensemble : je suis l’avenir car je me suis lavée du passé, je suis demain car la pureté m’habite, je suis votre dernier espoir car je suis une femme. Sainte Sandrine refuse le compromis, cette saloperie d’outil démocratique.  

« ll n’y a pire péril que de croire qu’il est possible de changer l’humain au nom du bien »

Le monde déconstruit de Rousseau est un monde dont elle seule connaît les règles. J’avoue que je ne vois pas de différence entre son meilleur des mondes et la vie selon Pol Pot. Non, je n’exagère pas : il n’y a pire péril que de croire qu’il est possible de changer l’humain au nom du bien. Sainte Sandrine vous fera évoluer de force vers l’éco-féminisme. Osez lui opposer que détrôner mère nature a été le premier jalon de la lutte pour l’émancipation des femmes, l’acte fondateur du refus d’être limitée à son sexe sous prétexte d’oeuvre de génération et de faiblesse « naturelle », et elle vous jettera un sort avant même que vous ayez le temps de sortir votre diplôme d’ingénieur.  

Le refus de Sandrine Rousseau d’accepter les résultats des primaires, donc de la volonté populaire, dévoile son terrifiant visage. En amont, en usant d’un ridicule chantage au féminisme : si tu es féministe, tu te retires et tu me laisses la place, a balancé, avec l’assurance des commissaires politiques, Alice Coffin, porte-parole de la sainte, à un Jadot estomaqué, sans compter la pression mise sur les militantes pour soutenir Rousseau car elle a un sexe de femme. En aval, en refusant (elle a ensuite déclaré le 1er octobre sur France bleu « se mettre au service de Yannick Jadot désormais ») de soutenir pleinement le gagnant Yannick Jadot – elle attend des « garanties » -, car, voyez-vous : « on ne peut ignorer ce qu’il s’est passé derrière la candidature que je porte (…), parce que c’était une manière différente de faire de la politique ». Je m’étouffe : Rousseau a débuté sa tonitruante campagne en faisant le coup de l’Observatoire (version cheap) contre Eric Piolle qui en est resté tout traumatisé, tandis que les autres candidats ont frissonné au point que, lors des débats, ils osaient à peine la contredire, le plus pathétique étant Yannick Jadot, égrenant ses combats sur le terrain depuis trente ans, de son soutien aux femmes du Bangladesh jusqu’aux boulons qu’il a reçus lors de manifestations, en passant par les avancés obtenus au Parlement européen. Il était à deux doigts de faire tomber la chemise pour nous faire voir les cicatrices de son combat de trente ans, il en devenait presque touchant.  

Peut-être est-ce là, dans ce refus de se soumettre au vote que la tentation totalitaire de Rousseau saute le plus douloureusement au visage. Le néototalitarisme sera définitivement éco-féministe. 

Interview de M.Onfray il y a 5 jours , préalable à son débat avec Zemmour organisé le 4/10 sur lequel nous reviendrons

Onfray rappelle que pour ce qui est de Zemmour ils sont d’accord sur les constats et notamment sur celui du déclin de la civilisation judéo-chrétienne mais en désaccord sur les solutions

Pour ce qui les distingue il rappelle que : « Je ne suis pas Zemmourien, l’Islam n’est pas l’islamisme »

Sur la question de l’interventionnisme occidental et de savoir si on peut gagner une guerre, contre une idéologie , avec des armes

Il rappelle qu’il est souverainiste :  » Si chacun était d’abord chez soi les choses se passeraient beaucoup mieux « 

Il condamne cette façon de vouloir faire la guerre partout et en permanence que nous avons, nous occidentaux, d’aller bombarder des populations musulmanes en faisant des millions de morts et en même temps rendre la vie impossible à des musulmans qui en majorité veulent vivre tranquillement

 » Je ne nous crois pas faibles à cause des musulmans, je nous crois faibles à cause de notre incapacité à défendre nos vertus « 

Zemmour dit qu’il faut vivre à la française , pour Onfray il faut d’abord arrêter d’avoir la haine de soi ; tout le monde peut être français mais il faut vouloir partager un certain nombre de valeurs et il faut arriver à faire désirer nos valeurs plutôt que de dire que ceux qui ne partagent pas ces valeurs ce sont des boucs-émissaires et on va les renvoyer chez eux quand ils sont là depuis trois générations

Suite certainement plus approfondie à l’occasion de leur face-à-face de ce lundi 4/10 au Palais des Congrès

bouddhisme 05062021

Bouddhisme 05062021« 

En s’exerçant à varier sa vision des choses, on saura mettre à profit certaines expériences, certaines tragédies pour acquérir une plus grande sérénité d’esprit. Il ne faut jamais oublier que chaque phénomène, chaque événement possède plusieurs facettes. Tout est relatif. Prenons mon propre cas : j’ai perdu mon pays. Vue sous cet angle, la perte est tragique – et il y a pire que mon sort personnel, car entre-temps mon pays, lui, continue de subir des ravages. En revanche, si je considère le même événement sous un autre angle, je m’aperçois qu’être réfugié m’ouvre des perspectives : cette qualité m’exempte des formalités, des cérémonies, du protocole. Tant que tout va pour le mieux, ce sont là des obligations auxquelles on se plie, quitte à donner le change. Mais, quand on traverse des situations désespérées, il n’est plus temps de se prêter à des simulacres. De ce point de vue, cette expérience tragique m’a donc été fort salutaire. De même, ma vie de réfugié me crée quantité d’occasions nouvelles de rencontrer du monde, des gens ayant d’autres traditions religieuses, d’autres modes de vie. Je ne l’es aurais peut-être pas rencontrés si j’étais resté dans mon pays.

SSL Dalaï Lama

Extrait de « L’art du Bonheur tome1 » paru en 1998

Une incroyable confusion nous empêche de comprendre ce qu’est un vrai sage. L’origine de cette confusion est très ancienne. Elle remonte aux sources de notre philosophie, c’est-à-dire à l’épicurisme et au stoïcisme, deux écoles de pensée développées en Grèce, au IVe siècle avant notre ère Aristote. Ces écoles ont traditionnellement été opposées l’une à l’autre, leurs objectifs étaient cependant identiques : permettre à chacun d’acquérir la sagesse pour accéder à la sérénité, à la tranquillité de l’âme, et donc au bonheur. Les chemins qu’elles proposent sont finalement fort semblables : vaincre les passions, qu’il s’agisse des peurs, des désirs, des colères ou des envies qui troublent l’âme, être indifférent aux douleurs, aux problèmes et même à la mort. Voilà l’idéal selon eux – idéal qui est resté, à travers les siècles, celui que caresse l’Occident : un état dans lequel les problèmes glisseraient sur nous sans jamais nous atteindre. Être sage serait revêtir cette sorte de cape intégrale imperméabilisante qui nous prémunirait des malheurs. Suprême indifférence à tout.

Cet idéal de l’insensibilité est un scandale ! Il est le contraire de la vraie sagesse. Le Bouddha, le Christ ou Nelson Mandela en ont été de sublimes contre-exemples. Ils n’étaient pas lisses, ces héros de la sagesse ! Ils ont bousculé leur univers ordonné, ils se sont mis en colère, ils ont pleuré, ils ont dit non, ils ont réfléchi concrètement aux problèmes du quotidien et aux solutions à leur trouver. Ils ont soulevé des foules, ont claqué des portes, ils ont porté des jugements et cherché à changer la société, chacun à sa manière. Ils n’ont pas enduré sans réagir, ils n’ont pas été doloristes, ils n’ont jamais cherché l’ataraxie parce qu’ils en voyaient l’absurdité. Ils ont été aux antipodes de la vision passive de la sagesse, héritée des épicuriens et des stoïciens. Ils n’étaient pas sages !

Il est extrêmement important de rechercher les causes ou les origines de la souffrance, de savoir comment elle survient. Il faut prendre en compte la nature impermanente, transitoire de l’existence. Les choses, les événements, les phénomènes, tout est dynamique, tout change à tout moment, rien ne reste statique. La circulation sanguine en est une bonne illustration : le sang circule, se déplace constamment, il ne reste jamais immobile. Le caractère protéiforme de la circulation sanguine est inhérent à l’organisme. Le changement permanent est dans la nature de tout phénomène. A l’inverse, la capacité à demeurer identique fait défaut à toute chose. C’est pourquoi toute chose est sous l’influence d’autres facteurs. En conséquence, qu’elle soit ou non source d’agrément ou de plaisir, aucune expérience n’est durable. Ce constat tient lieu de fondement à une catégorie de souffrance que le bouddhisme connaît sous le nom de « souffrance du changement ».

SSL Dalaï Lama

Extrait de « L’art du Bonheur tome1 » paru en 1998

« Dès aujourd’hui donc, ne nous laissons pas aller à la paresse ni aux atermoiements. Méditons sincèrement sur l’impermanence et pensons à la nécessité de pratiquer le Dharma authentique, l’unique chose réellement utile au moment de la mort »

Le Chemin de la Grande Perfection, page 80

Je pense à un vieux moine qui vivait en ermite. Il avait pour habitude de venir me rendre visite afin de recevoir de moi certains enseignements. C’était pour lui une sorte de rituel, même si je trouvais cet homme bien plus accompli que je ne le suis. Quoi qu’il en soit, il est venu m’interroger un jour à propos d’une pratique ésotérique très ardue. Je lui ai fait remarquer qu’il s’agissait là d’une pratique que, d’ordinaire, on doit entamer à l’adolescence. Par la suite, j’ai appris que ce moine s’était donné la mort, dans l’espoir de se réincarner dans un corps plus jeune afin de pouvoir s’engager dans cette initiation…

Je ne me suis pas délivré de mes remords.

Ce remords est toujours présent, mais il ne s’accompagne d’aucune pesanteur, il n’a pas la force de me tirer en arrière. Il ne serait d’aucune utilité que je le laisse peser sur moi, devenir en pure perte une source de découragement et de dépression, ou me priver de mes meilleures facultés.

SSL Dalaï Lama

Extrait de « L’art du Bonheur tome1 » paru en 1998

Ndr : la langue tibétaine ne possède pas d’équivalent du mot français « culpabilité », même si elle connaît d’autres termes signifiant « remords », « repentir », ou « regret », au sens de « rectifier les choses pour le futur ».

Qu’avons-nous peur de perdre, quand rien au monde ne nous appartient réellement ? Tout ce que l’on désigne comme étant nos « possessions » devra être déposé au seuil de la mort. La mort ne doit pas être sources de craintes ou de tristesses, elle doit juste être considéré pour ce qu’elle est : inévitable, imprévisible, mais aussi un motif à pratiquer régulièrement et assidument puisqu’elle est inéluctable et imprédictible. Elle peut même devenir un motif de joie d’avoir été en vie et d’être encore en vie à cet instant.

La mort est inévitable :

1- Tous les êtres vivants meurent, le corps du Bouddha Sakyamuni n’a pas même fait exception.

2- Notre durée de vie restante s’épuise d’instant en instant.

3- Notre corps physique est un composé, et comme tous composés il est impermanent.

L’heure de la mort est incertaine :

4- La durée de la vie est incertaine, des nouveaux nés s’éteignent après quelques minutes de vie, des centenaires ont été capables d’atteindre ces âges canoniques sans l’aide d’aucune médecine.

5- Les causes de la mort sont nombreuses, et celles pour maintenir la vie difficiles à réunir.

6- Le corps est inconsistant, il s’avère fragile face à de très nombreux facteurs.

Au moment de la mort, seul le Dharma ou la pratique spirituelle peuvent aider, tout le reste nous sera d’aucune utilité.

7- Ceux qui nous aiment ne pourront nous être d’aucune aide vis-à-vis de la mort de notre corps,

8- Nos biens, nos possessions et nos plaisirs ne seront d’aucun secours,

9- Notre propre corps lui-même ne pourra pas nous aider.

Alors continuez à pratiquer.

Vous pouvez le faire, continuer à réfléchir sur l’impermanence en ayant médité sur ces 9 points, alors seulement vous pourrez le faire sans vous soucier de votre avenir, de votre richesse, de vos relations, de votre renommée, etc. ; votre pratique s’enrichira car elle sera réalisée sans capitalisation pour l’ultérieur, et avec toute l’importance qu’il faut octroyer à l’instant présent.

Que tout vous soit propice.

Sources : Groupe Oḍḍiyāna, connaissances personnelles et « Le Bouddhisme pour les nuls », édition de poche

Matthieu Ricard, moine bouddhiste, auteur de Carnets d’un moine errant (Allary Editions), est l’invité du Grand entretien.

Matthieu Ricard © AFP / JOEL SAGET / AFP

Sa « naissance », écrit Matthieu Ricard dans ses mémoires, remonte à sa rencontre avec son maître, Kangyour Rinpoché, le 12 juin 1967, à l’âge de 21 ans : « J’ai compris que ce qui me manquait en fait dans l’existence. J’ai été très privilégié dans ma jeunesse. J’ai été entouré de grands philosophes, mon père et tous ses amis, ma mère, Yahne Le Toumelin, le peintre Pierre Soulages, Georges Mathieu, Zao Wou-Ki, mon oncle Jacques-Yves Le Toumelin. Tous les explorateurs, je les connaissais. Cocteau, etc… Ce n’était pas un modèle de vie. Une distribution formidable de gens exécrables, heureux, malheureux, égoïstes, altruistes. C’était très déconcertant pour un jeune qui cherche une inspiration, un modèle de vie. »

« J’aurais bien voulu jouer aux échecs comme Bobby Fischer, mais pas être Bobby Fischer. Donc là, c’est quelque chose qui dont je n’étais pas satisfait. Donc, quand j’ai vu des documentaires faits par Arnaud Desjardins, à la télévision française sur tous les grands maîtres tibétains qui avaient fui l’invasion chinoise vers l’Inde. Je me suis dit il y a 20 Socrate, 20 Saint-François-d’Assise, j’y vais. J’avais six mois de vacances avant de rentrer à l’Institut Pasteur. Et là, brusquement, je ne connaissais rien au bouddhisme, mais la qualité des êtres humains, la cohérence, la bienveillance, la résilience, toutes ces qualités humaines m’a fait me dire que si je pouvais devenir un 100ème de ces qualités humaines là, je serais bon.« 

« J’étais mûr pour faire cette décision »

Mais il n’a pas franchi le pas immédiatement à 21 ans. Ce n’est qu’à 26-27 ans qu’il retourne en Inde, car avant ses parents auraient été « terriblement déçus« . Il ajoute : « J’aurais un peu cassé quelque chose. Ainsi, je suis allé à Pasteur, j’ai fait tout ce que j’avais à faire. J’ai publié les travaux de ma thèse. Tout le monde était content. J’allais partir en post-doctorat aux Etats-Unis et j’ai pris la poudre d’escampette. J’ai fait mon post-doc dans l’Himalaya et tout le monde était content. J’étais mûr pour faire cette décision.« 

En 1979, il prononce ses vœux monastiques. Il s’engage à respecter quatre règles importantes : ne pas tuer, ne pas voler, ne pas mentir sur son chemin intérieur et ne pas avoir de relations sexuelles. « De l’extérieur, ça peut paraître un grand pas si on n’est pas prêt. Encore une fois, le fruit était mûr. J’avais une vie plus ou moins célibataire depuis quelques années. Et puis, je me suis dit une chose : si je veux vraiment mener à fond cette existence, partir dans les ermitages dans la montagne, vous imaginez ? Moi, je sais ce qu’est le sens des responsabilités. Vous avez une famille, deux enfants… ‘Mes chéris, je reviens dans trois ans, je vais faire une retraite’. C’est pas possible, donc je n’aurais jamais mené cette vie, 50 ans dans l’Himalaya, au Bhoutan, 20 fois au Tibet, si j’avais eu une famille à charge. Alors je n’ai pas eu d’enfant, certes, mais j’en ai 30 000 dans les écoles qu’on a fondé avec Karouna-Shechen. Je ne les ai pas enfantés, mais je les aime beaucoup. Je suis très proche des enfants. J’ai des amies très chères parmi les femmes. Dans le bouddhisme, la femme était éminemment respectée. On dit même qu’un moine doit se prosterner intérieurement devant une femme parce qu’elle symbolise la sagesse.« 

« On est dans le règne de l’inconnaissance »

Sur la période dans laquelle nous vivons, Matthieu Ricard écrit que « l’épidémie du narcissisme gagne du terrain, tout comme la démagogie, le populisme et l’exacerbation des divisions. » Il pointe également « la volatilité des réseaux sociaux, l’absence d’esprit critique et de rigueur, l’asservissement à un imaginaire malsain qui engendre un tsunami de confusion« .

« On est dans le règne de l’inconnaissance. On a l’impression que avec trois clics sur Internet, on va remplacer dix ans, vingt ans de formation, de recherche et qu’on est aussi compétent que quelqu’un qui a consacré sa vie à un sujet de recherche particulier. C’est très nouveau, ce phénomène. Le monde est plein d’incertitudes, notamment la recherche scientifique change parce qu’on doit s’adapter à ce qu’on découvre. Les gens ont besoin de certitudes dans ces moments difficiles. Quand quelqu’un arrive avec un dogme qui est béton parce que ça ne repose pas sur des faits, ça a un côté rassurant pour les gens qui ne savent pas trop, qui ne sont pas forcément éduqués dans ce domaine. C’est un phénomène très troublant.« 

« Si quelque chose me dérange, c’est que j’ai inversé les choses, le problème n’est pas là bas, le problème est ici.

Personne ne peut me déranger, il n’y a que moi qui puisse me déranger. Je suis l’auteur de mon propre dérangement. Quand quelque chose semble se présenter comme extérieur, c’est une pensée. Comment aurait-on une sensation extérieure ? Ce qui est profond c’est le ressenti. Le ressenti est non duel. La pensée est toujours duelle.

Vous n’attendez plus rien de ce qui se passe, parce que vous avez compris profondément que ce que vous cherchez n’est pas dans ce qui se passe. Ce que vous cherchez est ce que vous êtes. Vous ne pouvez pas le trouver avec une voiture, un mari, un enfant, un corps, une religion, donc vous n’utilisez plus la beauté de la vie pour vous trouver.

Tant qu’il y a la moindre attente, vous êtes toujours déçu, amer. Lorsque vous ne voulez rien, cette douleur-là n’est plus possible.

Je suis avec ce qui arrive dans l’instant. La douleur, le deuil, la naissance, l’argent, la pauvreté – je veux ce qui est là, maintenant.

Tant qu’il y a une attente, il y a une peur. Tant qu’il y a une peur, on ne peut pas fonctionner.

Dans les prétendues voies spirituelles, il y a une espèce de fantasme de perfectionnement, le fantasme de s’épurer, de comprendre, de s’améliorer, de se changer.. il n’y a rien à atteindre dans la vie.

Ce qui arrive est ici, jamais là bas. Tant que l’on croit le problème hors de soi, on est en train de se raconter une histoire, on ne peut pas écouter. Je ne peux pas sentir et penser à la fois.

Cela se fait tout seul. Tôt ou tard, on se rend compte que l’environnement est parfait, que c’est nous qui avons un problème.

Tant que j’ai la fantaisie de prétendre que le monde existe et qu’il me fait souffrir, aucune maturation n’est possible. Je ne connais que ma projection du monde et je ne peux rien connaître d’autre. Je dois avoir l’humilité de reconnaître que c’est ma propre souffrance qui m’est révélée par la situation. »

Eric Baret

Prière bouddhiste

Que tous les êtres tourmentés partout par des souffrances du corps et de l’esprit soient promptement délivrés de leurs maux.

Que ceux qui ont peur cessent d’être effrayés,

et que ceux qui sont attachés soient libérés.

Que ceux qui n’ont aucun pouvoir en trouvent,

et que les hommes pensent à se lier d’amitié les uns avec les autres.

Que ceux qui se trouvent dans des déserts sans chemins et inquiétants,

enfants, vieillards ou sans défense, soient gardés par des anges bienveillants, et atteignent rapidement la sagesse bouddhique.

Paroles du Bouddha:

Voici comment devrait se comporter

Celui qui a développé des qualités de bonté

Et qui connaît la voie de la paix :

Qu’il soit appliqué, honnête et droit, direct et doux dans ses paroles.

Humble et sans prétention,

Satisfait et aisément contenté.

Qu’il demeure frugal

Ni effronté ni flatteur envers ceux qui le nourrissent.

Qu’il soit paisible, maître de ses sens, naturellement discret, sans exigences.

Et qu’il ne fasse rien que les sages, plus tard, pourraient condamner.

Qu’il médite ainsi : « Prenant moi-même refuge dans le bonheur et dans la paix,

Je souhaite que tous les êtres soient heureux et en paix.

Karanya Metta Sutta

Kung-fu, kalaripayat, budō : petite philosophie d’arts martiaux asiatiques

06/10/2021 (MIS À JOUR À 06:17)

Par Pauline Petit

Plutôt kung-fu ou karaté ? Dans la tradition des arts martiaux asiatiques, le style de combat peut se faire le reflet d’une manière de penser. Un geste d’attaque lancé comme un argument, une stratégie de défense adoptée comme un principe éthique, voici quelques enseignements martiaux-philosophiques.

Details d’une fresque peinte sous la dynastie Qing Dynasty (1644-1911). On y voit des moines shaolin pratiquant des arts martiaux.• Crédits : Herve BRUHAT – Getty

Pour beaucoup d’entre nous, l’évocation des arts martiaux fait apparaître l’image d’un Bruce Lee se livrant à des assauts aériens, mains nues tendues vers son adversaire ou faisant virevolter un nunchaku. Dans les années 1970, l’acteur sino-américain a en effet contribué à  faire entrer les arts martiaux d’Asie dans la culture populaire et plus particulièrement – car il existe des centaines de techniques différentes et d’ailleurs, bien au-delà du continent asiatique ! – le kung-fu. Si on connaît ses jambes affûtées, le « petit dragon » était aussi une tête : Bruce Lee avait une formation de philosophie, qu’il mit à profit pour rédiger des essais sur le sens de la vie… et les arts martiaux, bien sûr. 

Sport de combat et philosophie ? L’association ne paraît pas si étonnante. Depuis leurs origines en des temps guerriers, les arts martiaux sont en effet associés à une forme de spiritualité, tant l’histoire des différentes écoles s’entremêle avec celle de l’influence des grands courants de sagesses orientales. Pratiquer un art martial reviendrait à développer une pensée en geste, acquérir une maîtrise du corps par l’esprit et vice versa… Au-delà de l’image convenue, comment se conjuguent vraiment arts martiaux et philosophie ? A chaque école correspond-il une éthique ? Alors que le musée du Quai Branly propose actuellement une exposition dédiée aux arts martiaux d’Asie, « Ultime combat », visible jusqu’au 16 janvier 2022, penchons-nous sur quelques style d’arts martiaux asiatiques, pour tenter d’en déplier les implications philosophiques ou, du moins, les principes de sagesse dont ils s’inspirent…

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Arts martiaux: la Route de Soi

Comme son nom latinisant l’indique, l’art martial est né sur un terrain de guerre ; les techniques d’auto-défense enseignées par ses maîtres étaient avant tout destinées à des combattants. Supplantées par les armes à feu, celles-ci ont peu à peu quitté le champ de bataille pour devenir des pratiques sportives aux vertus éducatives… mais aussi esthétiques et éthiques. Dépourvu de but guerrier, l’enseignement des arts martiaux s’est chargé d’une dimension morale plus forte, si bien que leur pratique est parfois considérée comme relevant d’une méthode de développement tout autant physique que spirituelle. En Asie, cet aspect plus « cérébral » des arts martiaux est influencé par les courants religieux et philosophiques dominants tels que le bouddhisme, le taoïsme et le confucianisme. Si l’appréhension des arts martiaux asiatiques d’un point de vue philosophique renvoie plus naturellement à l’histoire de ces doctrines, ou à des préceptes stratégiques que l’on peut lire comme des maximes de pensée, elle peut aussi mener à aborder des thèmes que l’on retrouve également dans la philosophique occidentale, comme la question de la violence, le non-agir ou la perfection, en pratique. 

Inde : kalaripayat, à l’origine de l’accord « corps – esprit » des arts martiaux 

Shaji John, un maître de Kalaripayat moderne, en 2018 à Chennai, en Inde.• Crédits : Hk Rajashekar/The The India Today Group – Getty

La plus ancienne tradition martiale remonterait à 3 000 ans avant notre ère. C’est au sud-est de l’Inde, dans la province du Kérala, qu’est né le kalaripayat (ou Kalaripayattu), littéralement : « chemin du champ de bataille« . On aurait retrouvé sur des feuilles de palme enduites de suie, vieilles de 200 ans avant notre ère, des dessins représentant des combattants dans les postures très basses caractéristiques de ce type de combat, entre deux sauts périlleux. Inspirées des comportements animaux, les enchaînements du kalaripayat se combinent à des exercices respiratoires ainsi qu’une parfaite connaissance des points vitaux de la médecine antique indienne, l’ayurveda. On raconte ainsi que ses pratiquants les plus qualifiés étaient capables de faire déverser un flot de sang de la bouche de leur adversaire, d’un seul coup vif dirigé vers le point appelé « thilaka varnam« , le troisième œil que les Hindous portent en rouge entre les sourcils…

Si le kalaripayat est aussi important dans l’histoire des arts martiaux, c’est qu’il est, d’une part, considéré comme une première tentative de syncrétisme entre une formation martiale et un éveil spirituel inspiré par le bouddhisme, et d’autre part, souvent décrit comme l’ancêtre commun des arts martiaux d’Asie. D’après la légende, c’est en effet un moine indien nommé Bodhidharma qui, à la fin du Ve siècle, a fondé la première école de kalaripayat au Sud de l’Inde, avant de prendre la direction de la Chine avec la solide intention d’y réformer le bouddhisme alors déchéant. On dit qu’il aurait attendu neuf ans devant l’enceinte du monastère Shaolin, méditant en posture assise, avant que les moines acceptent de le laisser entrer… Constatant que dans leur ascèse, ceux-ci s’affaiblissaient à passer leur temps à copier des traités, le sage indien y développa une discipline associant méditation assise et connaissance monastique, techniques guerrières et entraînements énergétiques et prophylactiques. Et c’est de cette harmonieuse équation que sont nés les arts martiaux chinois, dont le célèbre kung-fu.

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LES CHEMINS DE LA PHILOSOPHIE

Bouddhisme 2/4 : Qui était le Bouddha ?

L’influence spirituelle des enseignements de Bodhidharma est largement liée au bouddhisme qu’il prêchait. Une anecdote, rapportée par Tiego Bindra dans Le kalaripayat, l’ancêtre de tous les arts martiaux (Les Belles Lettres, 2005), permet d’approcher la pensée bouddhiste du moine indien. A l’issue de son long périple vers la Chine, l’empereur Liang Nuti lui accorda une audience et l’interrogea : 

– Combien de mérites as-tu engrangés pour la construction de temples ?    
– Rien.   
– Bien. Quel est alors l’enseignement du bouddhisme ?   
– La vaste vacuité.   
Perdant patience, l’empereur lui demanda alors : « Pour qui te prends-tu ? ». « Je n’en ai aucune idée », répondit Bodhidharma, avant de lui expliquer que le seul mérite concevable réside dans la connaissance immédiate et mystique du néant de toute chose. « En un mot, les temples, les statues dorées, les images pieuses, les rituels, les dons… donc tout ce que le bouddhisme représente en Chine… ne vaut rien au regard de la recherche de l’illumination ».

Cette illumination ne pouvait être atteinte que dans la méditation, selon Bodhidharma… mais une méditation active, où le disciple connaît les points vitaux du corps et sait se défendre contre les agresseurs ! Si on ne peut à proprement parler de philosophie du kalaripayat, on retrouve dans cet art martial encore pratiqué aujourd’hui, l’idée de valeurs à adopter pour s’améliorer. Il s’accompagne ainsi de dix principes censés guider l’attitude physique et mentale idéale de l’apprenti, tels que la discipline, la patience ou l’humilité. Ces valeurs convergent en un précepte fondateur de l’enseignement du kalaripayat, dont les échos résonnent jusqu’aux slogans contemporains de marque de sport  : « Nithya thozhil abyasam« , ce qui signifie : « La pratique rend parfait ». 

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Bouddhisme 3/4 : La tradition zen : pourquoi méditer ?

Japon : avant les Budō, l’éthique des samouraïs

Si Bruce Lee est incontestablement la figure pop de l’art martial au-delà des frontières asiatiques, l’engouement occidental pour cette discipline multiforme a commencé avec la découverte de pratiques développées au Japon, comme le judo et le karaté, lointains, très lointains descendants pacifistes des techniques de combats des samouraïs. Et c’est aussi au pays du Soleil-Levant, notent Emmanuel Charlot et Patrick Denaud dans Les Arts martiaux (PUF, 1999), que « l’enrichissement par les notions d’ordre spirituel, mystique ou philosophique apparaît comme une flamme plus puissante que les autres, comme une histoire essentielle, qui illumine celle des arts martiaux du monde entier« .  

Les écoles de « budō » (qui signifie littéralement « la voie spirituelle de celui qui arrête la lance ») se font jour dans un pays pacifié, où les samouraïs ne combattent plus. Ces arts martiaux japonais ont été édifiés à partir des « bujutsu », les  techniques de guerre, dans un cadre plus philosophique. En 1882, Jigorō Kanō promeut les arts martiaux pour leurs vertus physiques, morales et sociales et l’Association du martial et de la vertu du Grand Japon (Dai Nihon butokukai) commence alors à diffuser ces disciplines dans le pays – les plus connues étant le judo, le karaté et l’aïkido.

Le kung-fu, tel qu’il se développa au monastère Shaolin sous une influence bouddhiste, incarnait la persévérance dans l’effort, chemin vers la perfection. Dans les arts martiaux japonais en revanche, ce sont les principes de respect et d’honneur qui sont mis en avant. Au-delà du concept de fair-play qui s’exprime dans un cadre sportif, il s’agit d’une conduite morale inconditionnelle, d’une forme d' »impératif catégorique » – pour reprendre une terminaison de philosophie morale occidentale… Comme une lointaine réminiscence du code d’honneur du bushido, la « voie du guerrier », lequel formalise les principes éthiques des samouraïs. 

« Il y a une éthique originale des samouraïs qu’on ne trouve ni dans le confucianisme ni dans le bouddhisme, explique l’historien spécialiste du Japon Pierre-François Souyri, dans Les Chemins de la philosophieLe premier qui cadre ce discours, c’est Nitobe Inazo en 1898, donc 20 ou 30 ans après la disparition des samouraïs, dans Bushido, l’âme du Japon. » Reconstituant l’idéologie samouraï à la fin du XIXe siècle, l’auteur décrit leurs valeurs de loyauté et la fidélité d’un côté, de courage physique de l’autre… et surtout, « le respect de l’honneur ». Ce code d’honneur exprime un rapport tout à fait particulier à la mort adopté par le combattant, comme l’exprimait bien avant Nitobe Inazo le philosophie et stratège Yamaga Soko, au XVIIe siècle, dans sa définition du bushido : 

Quand tu te trouveras au carrefour des voies et que tu devras choisir la route, n’hésite pas. Choisis la voie de la mort. Ne pose pour cela aucune raison particulière et que ton esprit soit ferme et prêt. Quelqu’un pourra dire que si tu meurs sans avoir atteint aucun objectif, ta mort n’aura pas de sens, ce sera comme la mort d’un chien. Mais quand tu te trouveras au carrefour, tu ne dois pas penser à atteindre un objectif. Ce n’est pas le moment de faire des plans. Tous préfèrent la vie à la mort et si nous nous raisonnons ou si nous faisons des projets, nous choisirons la route de la vie. (…) Dans le bushido, l’honneur vient en premier. Par conséquent, que l’idée de la mort soit imprimée dans ton esprit chaque matin et chaque soir, quand la détermination de mourir en quelque moment que ce soit aura trouvé une demeure stable dans ton âme, tu auras atteint le sommet dans l’instruction du bushido. 

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Epicure… de rappel 2/4 : Est-il bien raisonnable d’avoir peur de la mort ?

Si l’on veut lire le bushido comme un apprentissage de la mort, il l’est alors de façon tout à fait différente de l’enseignement épicurien ou stoïcien, lesquels nous apprennent à ne pas craindre la mort puisqu’elle n’est rien pour nous, à consentir à cette finitude qui survient dans l’ordre des choses… Au contraire, il y a quelque chose de « déraisonnable » dans ce choix de la mort dont s’honore le guerrier. Une mort qui, d’ailleurs, garde une aura effrayante. Cette conception du bushido s’entend en effet si l’on se remet dans un contexte où la pensée traditionnelle des samouraïs se trouve progressivement en décalage avec celle du temps : 

Les samouraïs sont dans une situation difficile sur le plan idéologique. Pourquoi ? Parce que la société japonaise est imprégnée de confucianisme, c’est-à-dire d’un discours qui vise à légitimer le pouvoir par le savoir, le respect des rituels, la bienveillance… Et les samouraïs ne sont pas légitimes de ce point de vue là. Ils sont légitimes parce qu’ils ont vaincu, ils ont gagné des guerres et maintenu l’ordre. (…) Mais plus on entre dans un univers de paix, policé, civilisé, plus les guerriers se raidissent avec un discours qui devient d’une certaine façon irrationnel, où la mort est mise en avant. Comme un moyen de tenir son rang en effrayant les autres par un état d’esprit qui fait fi de la mort.

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Philosophie des arts martiaux 4/4 : L’éthique des samouraïs

Souvenir d’une époque militaire révolue, les combats des budō deviennent un exercice de maîtrise de soi, dans une mise en scène ritualisée et réglée par des assauts qui ne doivent justement pas causer la mort de l’adversaire – ou plutôt, du partenaire. Ce qu’expliquait justement Coralie Camilli, docteure en philosophie et 2e Dan d’aïkido, dans Les Chemins de la philosophie :

Dans l’aïkido, qui est un art martial qui dérive de la pratique des samouraï, de la relation aux sabres, de la culture japonaise dans tout ce qu’elle a de pudique, de violente et d’exigence de beauté en même temps, on retrouve cette règle de préserver le partenaire.

En quelque sorte, l’exigence de l’honneur qui animait les samouraïs devient, avec le budō, celle de la maîtrise de la violence. En aïkido par exemple, dont le fondateur disait qu’elle était avant tout une discipline de « l’étude de l’esprit », la maîtrise de la violence passe notamment par une réflexion sur la capacité à canaliser sa force physique et des mouvements où l’on combat sans blesser : 

Il y a d’un côté le martial pur, c’est-à-dire la question de l’efficacité. On prend des coups, on en donne, on a des épaules qui se déboîtent, des tibias fêlés, on fait un usage du corps qui est violent. Très bien, mais en quoi est-ce un art ? Quelle théorie y a-t-il derrière ? Eh bien, cet usage du corps consiste en une maîtrise de la violence qui va jusqu’à la beauté du geste qui l’accompagne. Et cette transition-là, c’est une transition artistique, puisque la beauté, celle du geste en particulier, est aussi importante en termes d’exigence que la question de l’efficacité. Coralie Camilli

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Ce lien paradoxal entre beauté et violence dans les arts martiaux, Coralie Camilli souligne qu’un concept philosophique permet de le saisir : la perfection. Dans la philosophie occidentale, elle renvoie chez Leibniz à la mise en œuvre d’un principe d’économie : le monde le plus parfait pour Leibniz, c’est le monde qui met en œuvre le moins d’efforts possible pour le plus grand nombre d’effets, pour la réalisation la plus complète. « Cette notion d’économie, remarque la philosophe, on la retrouve à la lettre en aïkido » : 

Une technique est à la fois belle et efficace, autrement dit parfaite et parfaitement appliquée et maîtrisée quand on utilise le moins de force possible pour un plus grand nombre de résultats, en l’occurrence une immobilisation complète du partenaire. Qu’est-ce qu’un acte parfait ? C’est un acte qui a nécessité le moins d’efforts possible pour une plus grande réalisation en termes d’efficacité. Coralie Camilli

Mais pour arriver à cette maîtrise de l’économie du geste, à appliquer Leibniz par un mouvement chorégraphié, encore faut-il en passer la répétition inlassable d’entraînements : « L’économie n’est pas quelque chose qui advient par paresse, mais par travail et par répétition.« 

Hong Kong : le jeet kune do, un kung-fu philosophique ? 

Bruce Lee exécutant différentes positions de base du kung-fu.• Crédits : Bettmann – Getty

Comme s’il n’était pas possible de lui échapper, revenons une nouvelle fois à Bruce Lee, dont les films recèlent nombre d’allusions à sa vision de l’art martial et à ses écrits théoriques. Ce maître du spectacle qui souhaitait pourtant se dépouiller de tout artifice ne se limitait jamais à un seul style de combat, à l’inverse de ses ennemis de cinéma qui prônaient respectivement la supériorité d’un seul art martial – karaté, jiu-jitsu, kung-fu. La pensée s’écoule « comme un fleuve sans fin« , écrivait le maître, conseillant de ne pas se restreindre à une seule technique, ni à une gamme de mouvements définie. 

Si bien que Bruce Lee inventa le sien : le jeet kune do, qui signifie littéralement « la voie du poing qui intercepte ». Hybride, on y trouve aussi bien des techniques traditionnelles de kung-fu que des pas de cha-cha-cha. Immobilisé à cause d’une blessure, Bruce Lee résuma à la fin des années 1960 dans Le Tao du Jeet Kune Do ses pensées sur la nature de son art. Sa philosophie du combat n’était pas tant la recherche de la perfection que celle de la capacité d’adaptation, en toute circonstance. L’un de ses plus célèbres préceptes tient en trois mots, « Soyez comme l’eau » : 

Faites le vide dans votre esprit. Soyez sans forme, déformé, comme de l’eau. Maintenant, vous mettez de l’eau dans une tasse, elle devient la tasse. Vous mettez de l’eau dans une bouteille, elle devient la bouteille. Vous la mettez dans une théière, elle devient la théière. Maintenant, l’eau peut s’écouler ou elle peut s’écraser… Soyez comme l’eau, mon ami. Bruce Lee

Comme l’illustre philosophe chinois Sun Tsu qui conseillait dans son Art de la guerre de s’inspirer de l’eau pour élaborer une stratégie militaire idéale, Bruce Lee invite à agir tel un élément liquide. On trouve aussi dans cette allégorie une référence au concept chinois du Chi qui désigne l’énergie en laquelle réside le souffle de la vie. Il s’agit d’une notion essentielle de la métaphysique chinoise qui décrit ce lien par lequel toutes les entités de ce monde, les êtres comme les choses, sont animées d’un souffle commun. Ainsi, par l’art martial et l’oubli de soi, il serait possible de se relier à cette source d’énergie commune et de bénéficier des mêmes qualités que l’eau. Se mouvoir comme l’eau, c’est alors glisser sous les coups, être insaisissable, mais aussi être capable de briser la roche la plus dure, explique Bruce Lee

La philosophie martiale « brucelienne » pourrait ainsi s’entendre comme un appel à la libération du corps, l’oubli de son « essence » et surtout, de son ego : “Tu atteindras les sommets de ton art quand tu seras débarrassé de toi-même, écrit-il. Dès le moment où un homme perd le souci de l’impression qu’il produit ou va produire, il trouve la liberté.” Une maxime mise en scène au début du célèbre Opération Dragon, lorsque Bruce Lee demande à son disciple de lui donner un coup  : “Ce n’est pas un spectacle”“Ne pense pas, sens-le !” 

NOUVEAU BLOG] « J’avais lu des biographies de sages, de saints et d’ermites tenant de diverses philosophies et religions, vu des photographies de maîtres contemporains, écouté des récits de voyageurs, et ce chemin m’avait mené ici et maintenant : pour la première fois, j’étais en présence d’un maître spirituel.

Il émanait de Kangyour Rinpoché priant une paisible force bienveillante et sa simple présence conférait au lieu un calme qui m’était insoupçonné. On aurait dit que chaque objet, chaque instant portaient la sérénité du maître. On n’entendait rien d’autre que le bruissement des grains du mala, ce rosaire bouddhiste qui défilait lentement entre ses doigts, petites perles de bois lustrées par la récitation de millions de mantras. La prière lui était aussi naturelle que la respiration. Avec le recul des années, j’ai réalisé que cette rencontre était d’un naturel si simple, d’une évidence si limpide, d’une force si paisible que les mots restent impuissants à la décrire.

Il est des événements dont la perfection s’impose à nous avec une telle puissance que le langage ne peut que les trahir. C’est en les vivant que l’on prend leur mesure, et imparfaitement encore, selon les limites de notre entendement. Pour partager cette infime partie que j’ai pu appréhender de cet instant idéal, je n’ai pourtant que des mots, aussi pâles reflets de la substance de la rencontre soient-ils : amour, sagesse, connaissance, beauté, noblesse, simplicité, force d’âme, dignité, cohérence… voilà entre autres choses ce qui émanait de ce premier contact avec mon maître « très précieux », traduction du titre honorifique « Rinpoché ». »

Matthieu Ricard – Extraits de Carnets d’un moine errant. Son nouvel ouvrage sort demain en librairie !

La fabuleuse bibliothèque trouvée au Tibet contenant 84.000 manuscrits secrets (livres), dont l’histoire de l’humanité depuis plus de 10.000 ans. Monastère de Sakya Peut-être la plus grande bibliothèque au monde de l’histoire lointaine de la planète. Il a été découvert derrière un mur énorme. Il mesure 60 m de long et 10 m de haut.

Il est plus facile de croire ce qu’on nous affirme officiellement que de s’aventurer dans l’indépendance intellectuelle. En fait, ce n’est pas l’opposition mais le conformisme et l’inertie qui de tout temps ont été les plus sérieux obstacles à l’évolution des consciences. »

Mahatma Gandhi


′′ Tant la souffrance que le bonheur sont de nature organique, ce qui signifie qu’ils sont tous les deux transitoires ; ils changent toujours. La fleur, quand elle se flétrit, devient le compost. Le compost peut aider à faire pousser une fleur à nouveau. Le bonheur est aussi bio et impermanent par nature. Il peut devenir souffrant et la souffrance peut redevenir bonheur.

Dans chacun de nos centres d’entraînement de Plum Village à travers le monde, nous avons un étang de lotus. Tout le monde sait que nous devons avoir de la boue pour que les lotus poussent. La boue ne sent pas si bon, mais la fleur de lotus sent très bon. Si vous n’avez pas de boue, le lotus ne se manifestera pas. Vous ne pouvez pas faire pousser des fleurs de lotus sur du marbre. Sans boue, il ne peut y avoir de lotus.

Il est bien sûr possible de se coincer dans la ′′ boue ′′ de la vie. Il est assez facile de remarquer de la boue partout sur vous parfois. La chose la plus difficile à pratiquer est de ne pas se laisser submerger par le désespoir. Lorsque vous êtes submergé par le désespoir, tout ce que vous pouvez voir c’est souffrir partout où vous regardez. Vous avez l’impression que la pire chose vous arrive. Mais nous devons nous rappeler que la souffrance est une sorte de boue dont nous avons besoin pour générer joie et bonheur. Sans souffrance ya pas bonheur Nous ne devrions donc pas discriminer la boue. Nous devons apprendre à embrasser et bercer notre propre souffrance et la souffrance du monde, avec beaucoup de tendresse.

Si vous savez comment faire bon usage de la boue, vous pouvez faire pousser de beaux lotus. Si vous savez faire bon usage de la souffrance, vous pouvez produire le bonheur. Nous avons besoin de souffrir pour rendre le bonheur possible. Et la plupart d’entre nous ont assez de souffrances à l’intérieur et autour de nous pour pouvoir faire cela Nous n’avons pas besoin d’en créer plus. »

Extrait du livre ′′ No Mud, No Lotus ′′ de Thich Nhat Hanh (Parallax Press 2015)

« Life is a stream of sensory illusions ». « La vie est un fleuve d’illusions sensorielles. » (Dzongsar Khyentsé Rinpoché)


Taisen Deshimaru :

Le sport n’est qu’un amusement et en fin de compte par l’esprit de compétition, il use le corps ; c’est la raison pour laquelle les arts martiaux doivent retrouver leur dimension première. Dans l’esprit du zen et du budo, la vie quotidienne devient le lieu de combat. C’est à chaque instant qu’il faut être conscient, en se levant, en se couchant, la maîtrise de soi se trouve là.

Le Bouddhisme du Bouddha

« Imaginez que quelqu’un achète un vase de lait à un gardeur de troupeau et s’en aille en laissant le vase à ses soins, disant : Je reviendrai demain », et le jour suivant, le lait se caille. Quand l’acheteur revient, on lui offre le lait caillé mais il le refuse, disant: « Ce n’est point du lait caillé que je vous ai acheté, donnez-moi mon vase de lait. » Mais le gardeur de troupeau réplique ; « Sans que je n’y sois pour rien, votre lait est devenu du lait caillé. »

Voici bien démontrée la relation entre la cause et l’effet, leur parenté, leur identité foncière, malgré les aspects très différents qu’ils peuvent revêtir et en dépit de l’individualité distincte attribuée à chacun d’eux. Mais tout ceci n’explique point l’action d’une équitable rétribution donnant à nos actes une sanction morale par les fruits que nous en récolterons en d’autres existences ou, à l’inverse, nous assurant que les circonstances heureuses ou pénibles de notre vie présente sont l’aboutissement de l’œuvre à laquelle nous avons personnellement travaillé dans l’infini des temps passés.

Cette dernière idée ne doit pas se chercher dans le Bouddhisme. Elle ne s’y trouve point. Lorsqu’il nous semblera l’y rencontrer, nous pourrons nous dire, en toute certitude, ou que Dons nous trouvons en face d’un enseignement en désaccord avec la doctrine originelle, ou que nous saisissons mal la signification d’un passage obscur, prêtant à l’équivoque.

Il ne peut y avoir place pour une justice distributive personnelle, pour une rétribution directe et individuelle, dans une philosophie qui nie la permanence et la réalité substantielle de la personnalité.

Karma, dans l’acception populaire de balance des récompenses et des châtiments, ou suivant celle que certains Théosophes ont acclimatée en Occident, est un non-sens au point de vue bouddhiste. L’œuvre et ses suites, l’action et ses conséquences, la Loi de l’enchaînement indéfini des Causes et des Effets (Karma-Vipâka), voilà ce qu’a simplement enseigné le Bouddhisme sans tenter d’y introduire cette notion de justice égoïste qui nous hante et qui, mesurant les choses à la mesure étroite de cerveaux qu’égare l’illusion du « Moi », paraît, parmi l’immensité des vues de la philosophie hindoue, une bien puérile manie.

*

Ce qu’il ne faut pas entendre dans le sens qu’il est indifférent que nous commettions n’importe quels actes. Bien au contraire, le Bouddhisme enseigne que l’on n’échappe jamais aux conséquences des actes commis. L’un des buts de la méditation bouddhiste est, précisément, en brisant la notion étroite du « moi », de faire saisir, sous un acte plus large, le jeu des actions et des réactions dans l’univers et la manière dont notre « moi » impermanent y participe.

Les lecteurs de eckhart tolle et l’éveil

Kami Kaz  · atmhSpon3score dh  · 

Vivre en Présence

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«Franklin Merrell-Wolff (1887-1985) est un américain qui, sans l’aide d’un guide vivant, a connu un éveil complet en s’appuyant seulement sur les écrits de Shankara. Ayant enseigné les mathématiques et la phi­losophie à Harvard et Berkeley, il se consacra à l’éveil de la Conscience, qu’il connut en 1936 après vingt- quatre ans de recherche. Le récit de sa maturation est unique et exemplaire du fait que ses notations d’évé­nements extérieurs et intérieurs sont méticuleuses comme un compte-rendu de laboratoire. Plusieurs apports originaux caractérisent l’éclosion intérieure de ce grand homme :

L’éveil peut se faire par la voie mentale poussée jusqu’aux limites de l’abstraction.

L’éveil peut se faire en se concentrant sur le point – JE – le « moment subjectif » – hors de toute attache et référence -, mais sans refuser ou nier les pensées ou les perceptions.

On peut être totalement indépendant vis-à-vis de toute tradition. L’Éveil est une co-création où l’indivi­du reprend pour lui-même l’enseignement et en donne une expression originale.

Il existe un « organe latent » permettant la Reconnaissance : une sorte de sensibilité/discerne­ment qui ne ressemble à aucune faculté connue. C’est cela qui permettrait l’éclosion de la connaissance non­-duelle, qui est une « conscience-sans-objet et sans-sujet ».

Franklin Merrell-Wolff est assurément un maître qui parle le langage du monde occidental, un monde formé à la pensée abstraite et dont la réalisation supé­rieure est précisément la connaissance mathématique.»

Voici un extrait du début de son ouvrage « Expérience et philosophie, tome I, Chemins ouvrant sur l’espace », paru aux éditions du relié.

La percée vers la lumière

17 août

L’ineffable transition est arrivée il y a quelque dix jours.

Nous revenions chez nous au sud de la Californie, après un séjour de quelques semaines dans une petite ville de la région de Mother Lode au nord de l’État, et je me reposais de la fatigue d’avoir conduit pendant toute la nuit. À cette époque, j’étais engagé dans la lecture de certaines portions du System of the Vedanta de Paul Deussen, comme je l’avais fait plus ou moins systématiquement depuis les trois dernières semaines. Cet ouvrage est une interprétation du Vedanta sous forme philosophique occidentale, telle que développée par Shankara dans ses commentaires sur les Brahma Sutras .

J’avais été poussé vers ce programme particulier de lecture au moment où je me rendis compte que les paroles de Shankara possédaient un certain pouvoir -c’était du moins mon expérience. Pendant quelque temps, je l’avais considéré spontanément comme un Gourou avec lequel j’étais complètement en accord. Je l’avais toujours trouvé clair et convaincant, du moins dans les sujets touchant l’analyse de la conscience, alors que chez les autres Sages je découvrais des obscu­rités ou des insistances avec lesquelles je ne me sentais pas en complète sympathie. Durant plusieurs mois, j’avais pris la résolution de creuser davantage la pensée de Shankara, pour autant qu’elle soit accessible en traduction. C’est en poursuivant ce but que je lisais lentement le System of Vedanta et que je méditais sur celui-ci.

J’avais continué dans ce projet alors que j’effectuais une coupe transversale dans une prospection d’or près de la petite ville de Michigan Bluff. Durant une bonne partie de ce temps, j’étais complètement seul et je réus­sissais habituellement très bien à pénétrer le sens et à suivre la logique de ce que je lisais. Un jour, après le repas du soir et alors que j’étais encore assis à table, je sentis que graduellement j’étais passé dans un état délectable de contemplation. Le contenu réel de la pensée de cette période a été oublié, mais comme je prenais soigneusement note de l’état dans lequel je me trouvais et que je le soumettais à un examen serré, la qualité de l’état s’est clairement imprimée dans ma mémoire. Mon souffle avait changé, non pas qu’il ait cessé ou soit devenu lent ou rapide. Il était peut-être juste un peu plus lent que normalement. Le change­ment notable était dans une qualité subtile associée à l’air respiré. Tout à fait au-dessus des gaz physiques de l’air, il semblait y avoir une substance impalpable d’une douceur indescriptible qui, à son tour, était associée à un sentiment général de bien-être embrassant même l’homme physique. C’était comme le bonheur ou la joie, mais ces mots sont inadéquats. C’était une qualité très douce, mais dépassant de beaucoup la valeur de toutes les formes plus familières du bonheur. C’était tout à fait indépendant de la beauté ou du confort des lieux. À ce moment-là, l’environnement était pour le moins austère et aucunement attirant. J’avais déjà senti cette qualité associée à l’air, mais à un degré moindre, lorsque j’étais à des niveaux élevés dans les montagnes, mais à présent je n’étais qu’à quelque six cents mètres et l’air était loin d’être revigorant, étant donné la période de chaleur exceptionnelle. Cependant, une analyse introspective révéla que la qualité d’élixir était surtout forte lors de l’expir, indiquant ainsi que cela ne venait pas de l’air environnant. De plus, le souffle expiré n’était pas simplement de l’air expulsé dans l’at­mosphère extérieure, mais semblait pénétrer à l’inté­rieur de l’organisme tout entier comme une douce caresse, laissant partout un paisible sentiment de délectation. Cela me semblait être comme un nectar. J’ai appris depuis que c’est là la véritable Ambroisie.

Il est peut-être pertinent de noter en passant que quelques jours auparavant, la pensée ayant été stimulée par mes lectures, j’avais développé une interprétation touchant la nature de la matière pondérable. Cette inter­prétation me semblait régler certaines difficultés logiques qui ont toujours paru persister, malgré mes efforts pour réconcilier l’Être Transcendant avec l’univers physique. L’idée était que la matière pondérable — c’est-à- dire toutes choses perçues au plan grossier ou subtil — est en réalité une absence relative de substance, une sorte de vacuité partielle. Je ne vais pas développer ici les preuves et la logique derrière cette idée, même si elles ont été parcourues dans ma conscience pendant les jours qui ont suivi l’apparition de l’idée. Mais ce qui importe par rapport au récit actuel, c’est l’effet que cette idée a eu sur ma conscience. Elle semble avoir aidé de façon vitale à préparer la voie pour l’Illumination qui allait venir. Cet effet s’est produit comme suit. D’habitude, nous considé­rons la sensation matérielle comme quelque chose de substantiel. En revanche, nous avons pu être théorique­ment convaincus que l’espace soi-disant vide n’est pas seulement rempli mais qu’il est en fait plus substantiel que certaines de ses parties occupées par la matière pon­dérable. Cette idée n’est pas nouvelle pour la métaphy­sique, et une bonne part des écrits de la physique moderne ne lui est pas incompatible. Mais je me suis aperçu que les idées venues de sources extérieures, même si elles ont des formes convaincantes, n’ont pas sur la conscience le pouvoir que possède une idée originale.

Cette idée a eu sur moi l’effet suivant : j’ai pu recon­naître plus concrètement qu’il y avait de la réalité sub­stantielle là où les sens ne signalaient que du vide, et concevoir beaucoup mieux l’irréalité (ou la réalité qui est simplement dépendante ou dérivée) des données senso­rielles.

Notons en plus certains facteurs pertinents. Il y a environ dix-huit mois, commença une série de conver­sations avec quelqu’un que je reconnaissais comme un Sage. J’ai vérifié de toutes les façons possibles la validi­té de ma reconnaissance de cet être et j’avais démontré à ma satisfaction complète son authenticité. J’ai agi conformément à sa parole lorsque je ne pouvais voir clairement, et je découvrais alors que la clarté émer­geait graduellement. Agissant suivant ses suggestions, ma femme Sherifa et moi-même avons entrepris de faire un travail public jamais tenté auparavant. Nous avons tous deux trouvé, à mesure que nous progres­sions dans le travail, une croissance graduelle de la compréhension qui a constamment amené la Lumière là où il y avait eu de l’obscurité. Entre autres choses, ce Sage suggéra que j’étais relié à une incarnation précé­dente d’une importance particulière. Il m’avertit qu’il n’était pas mon Gourou personnel et qu’il ne pouvait l’être, puisqu’une telle relation dépendait de lignées qui ne sont pas arbitraires.

Par le passé, deux Reconnaissances importantes me sont venues. Tout d’abord, il y a près de quatorze ans, dans un milieu qu’il n’est pas nécessaire de préciser, je reconnus soudain que « Je suis Atman ». Cela effectua d’importants changements de point de vue qui ont per­sisté. Ensuite, moins d’un an après, lorsque j’étais impliqué dans le travail public mentionné plus haut, et tout en étant vivement intéressé par un livre qui parlait d’un Sage indien vivant, je reconnus soudain que le nirvana n’est pas un champ, un espace ou un monde dans lequel on entre et qui nous contient comme l’espace pourrait contenir un objet extérieur, mais plutôt que « je suis identique au nirvana, que je l’ai tou­jours été et le serai toujours. » Cette Reconnaissance a également eu des effets persistants sur la conscience personnelles.

Nous sommes maintenant prêts à revenir à la Reconnaissance d’il y a dix jours. Je dis « Reconnaissance » plutôt qu’« expérience » pour une raison précise. Ce n’était pas à proprement parler un cas de connaissance expérientielle, qui est une connais­sance venue des sens, soit grossiers soit subtils, et non de la connaissance par déduction — bien que les deux formes, surtout la dernière, aient servi d’auxiliaires. C’était un Éveil à une Connaissance que je représente­rais le mieux en l’appelant Connaissance par Identité, et ainsi le processus — pour autant que nous puissions vraiment parler de processus ici — est mieux exprimé par le terme « Reconnaissance ».

Je m’étais assis dans une balançoire de la véranda, lisant, comme je l’ai dit plus haut. Devançant la partie que je lisais, je tournai vers la section consacrée à la « Libération », puisqu’il me semblait que j’étais particulièrement affamé de cette chose. Je lus rapidement le texte et tout me sembla très clair et satisfaisant. Puis, comme je restais à réfléchir sur la lecture que j’avais faite jusqu’ici, soudain il m’apparut clairement qu’une erreur souvent commise dans la méditation élevée — c’est-à-dire la méditation sur la Libération —, consiste à chercher un objet subtil de Reconnaissance, autre­ment dit, quelque chose qui pourrait être expérimenté. Bien sûr que je savais depuis longtemps que cette posi­tion était théoriquement fausse, mais je n’avais pas pu le reconnaître. (Il y a ici une distinction subtile mais très importante.) Aussitôt, je laissai tomber toute attente de voir quelque chose se produire. Ensuite, les yeux ouverts et sans aucun arrêt dans le fonctionne­ment des sens (donc sans aucune transe), j’ai abstrait le moment subjectif — l’élément « JE SUIS » ou « Atman » — de la totalité du monde objectivement connu. Je me concentrai sur cela. Naturellement, je trouvai ce qui, d’un point de vue relatif, est Ténèbre et Vacuité. Mais je reconnus cela comme Lumière Absolue et Plénitude et je reconnus que j’étais Cela. Évidem­ment, je ne puis dire ce que Cela était dans sa nature propre. Les formes relatives de conscience dénaturent inévitablement la Conscience non-relative. Non seule­ment je ne peux en parler aux autres, mais je ne peux même pas le contenir à l’intérieur de ma propre conscience relative, que ce soit la sensation, le senti­ment ou la pensée. Tout penseur métaphysique verra immédiatement cette impossibilité. J’étais même préparé à ce que la conscience personnelle ne participe d’aucune façon à cette Reconnaissance. Mais en cela j’ai été heureusement déçu. Je sentais présentement la qualité ambrosienne du souffle avec la bénédiction purificatrice qu’elle répand sur la personnalité tout entière. Je me trouvais au-dessus de l’univers, non dans le sens de quitter le corps physique et d’être emporté dans l’espace, mais dans le sens d’être au- dessus de l’espace, du temps et de la causalité. Mon karma semblait m’abandonner comme responsabilité individuelle. Je me sentais intangiblement mais mer­veilleusement libre. Je soutenais cet univers et n’étais pas limité par lui. Désirs et ambitions devinrent pro­gressivement vagues. Tout honneur mondain avait perdu le pouvoir de m’exalter. La vie physique semblait indésirable. De façon répétée, pendant les jours qui sui­virent, j’ai été dans un état de profonde méditation, entretenant des pensées si abstraites qu’aucun concept ne pouvait les représenter. Je semblais comprendre une véritable bibliothèque de connaissances toutes moins concrètes que les mathématiques les plus abstraites. La personnalité reposait dans une douce lueur de bonheur, mais tout en étant douce, cette lueur était assez puissante pour rendre terne le délice sensuel le plus aigu. De la même façon, le sentiment de la peine­-du-monde était absorbé. C’était comme si je regardais l’univers en demandant : « Qu’y a-t-il ici qui ait de l’in­térêt ? Qu’est-ce qui vaut d’être fait ? » Je ne trouvai qu’un intérêt : le désir que d’autres âmes puissent reconnaître cette chose que j’avais reconnue, car en cela se trouvait la seule clé pouvant résoudre efficacement leurs problèmes. Les petites tragédies des humains me laissaient indifférent. Je voyais une seule grande Tragédie, cause de toutes les autres : le fait que l’Homme ne reconnaissait pas sa propre divinité. Et je ne voyais qu’une seule solution, la Reconnaissance de cette divinité.

Source : https://chronophonix.blogspot.com/…/franklin-merrell…

Site internet : http://www.merrell-wolff.org/

Les dix leçons de Dipa Ma en direct.

1. choisissez une pratique de méditation et respectez-la.

« Si vous voulez progresser en méditation, choisissez une technique et tenez vous y ».

2. Méditez tous les jours.

« Entraînez-vous maintenant. Ne pensez pas que vous en ferez plus plus tard ».

3. Toute situation est une occasion de pratiquer.

« Chacun de nous a un pouvoir énorme. Il peut être utilisé pour nous aider et aider les autres ».

4. Pratiquez la patience.

« La patience est l’une des vertus les plus importantes pour développer la pleine conscience et la concentration ».

5. Libérez votre esprit.

« Votre esprit est tout histoires ».

6. Refroidissez le feu des émotions.

« La colère est le feu ».

7. Amusez-vous en chemin.

« Je suis très heureux. Si vous venez méditer, vous serez heureux ».

8.Simplifier

« Vivre simplement. Une vie très simple est bonne pour tout. Trop de luxe est un obstacle à la pratique ».

9. Cultivez l’habitude des bénédictions

« Si vous bénissez ceux qui vous entourent, cela vous incitera à être attentif à chaque instant ».

10. C’est un voyage circulaire.

« La méditation intègre toute la personne ».

Extrait du livre (Dipa Ma – La vie et l’héritage d’un maître bouddhiste – Amy Schmidt)

« Lorsque vous ne comprenez pas la nature et l’origine de vos pensées, ce sont vos pensées qui vous manipulent. Lorsque le Bouddha a reconnu la nature de son esprit, il a inversé le processus. Il nous a dévoilé comment utiliser nos pensées au lieu d’être utilisés par elles. »

~ Yongey Mingyur Rinpoché

La réalité, c’est qu’on peut changer. Nous pouvons changer nous même. On peut changer nos esprits. On peut changer nos coeurs… et donc l’univers change.

Richard Gère

Lorsque vous pouvez voir votre partenaire comme n’étant pas séparé de vous, n’étant ni mieux, ni pire, ni même égal à vous, alors, ça veut dire que vous avez la sagesse de la non-discrimination. Nous voyons alors le bonheur des autres comme notre bonheur. Nous voyons alors que leur souffrance est notre souffrance. Regardez dans votre main. Les doigts sont comme cinq frères et sœurs de la même famille. Supposons que nous soyons une famille de cinq personnes. Si vous vous souvenez que lorsqu’une personne souffre, vous souffrez tous, vous avez la sagesse de la non-discrimination. Si l’autre personne est heureuse, vous l’êtes aussi. Le bonheur n’est pas une affaire individuelle. » – Thich Nhat Hanh

Une lecture m’habite, me déroute et me convertit sans cesse. Je viens de lire le Soûtra du Diamant. Un refrain revient sans cesse, une logique paradoxale jalonne le discours du Bouddha : « X n’est pas X, par conséquent, je l’appelle X. » Rarement, énoncé m’a autant aidé. Je l’emploie partout et toujours dans mon quotidien, enfin j’essaie. « Ma femme n’est pas ma femme c’est pourquoi je l’appelle ma femme. », « mes enfants ne sont pas mes enfants, c’est pourquoi je les appelle mes enfants. ». Le Bouddha invite à dégommer toutes les étiquettes. Ma femme n’est pas ma femme. Elle est beaucoup plus riche, beaucoup plus dense, beaucoup plus unique, beaucoup plus insolite que ce que j’en perçois. Et ainsi en va-t-il pour mes enfants, pour mes amis, pour la réalité, bref, pour le monde.

Nos étiquettes figent le réel, le rétrécissent, le tuent. Mais lutter contre les étiquettes est encore une posture, une fixation. Le Tathagata invite à aller plus loin. Le cœur libre peut utiliser les étiquettes et appeler un chat un chat. Du moment que je sais que ma femme n’est pas ma femme et que jamais je ne pourrai la saisir dans des concepts, je peux librement, avec légèreté, l’appeler ma femme.

Le malheur, c’est de se fixer dans les étiquettes, se figer dans ce qu’on a été et dans ce qu’on est. Ainsi, aujourd’hui, je me suis dit « Alexandre n’est pas Alexandre. L’Alexandre d’hier n’est déjà plus. Celui qui est fatigué en ce moment mourra dans la journée pour naître nouveau. » La non fixation, c’est peut-être de laisser mourir ce moi fatigué, humilié, content parfois, gratifié et heureux souvent. La non fixation, c’est se laisser vivre plutôt que vivre.

Alexandre Jollien : Petit Traité de l’Abandon

COMMENT MOURIR

Même si la mort devait vous frapper aujourd’hui comme la foudre, soyez prêt à mourir sans tristesse ni regret, sans aucun attachement pour ce qui reste. Restant dans la reconnaissance de la vue, laissez cette vie comme un aigle s’envolant dans le ciel bleu. Quand un aigle s’envole dans l’immensité du ciel, il ne pense jamais: « Mes ailes ne pourront pas me porter. Je ne pourrai pas voler aussi loin. De même, en mourant, souvenez-vous de votre professeur et de ses instructions, et respectez-les en toute confiance.

Dilgo Khyentse Rinpoché

ABANDONNEZ CE QUI EST IMMORAL

ETHIQUE CONCENTRATION

PRATIQUER SHIKANTAZA LORS DU CAMP DU 13 au 21 AOÛT à LANAU

Shikantaza, ce n’est pas ‘’faire’’ quelque chose, ou même ‘’faire’’ zazen, c’est être simplement assis et s’ouvrir. Toute notion de ‘’faire’’ est oubliée.

S’ouvrir veut dire prendre conscience des innombrables vibrations par lesquelles la vie se révèle dans le corps, dans l’esprit et aussi tout autour de nous, sous forme de sensations, d’émotions, de sentiments, de perceptions, de pensées, d’images. Nous avons la capacité de nous ouvrir parce que nous sommes des êtres sensibles, et aussi sensitifs, perceptifs et que notre nature est la même que celle de l’univers, de tous les êtres, de tout ce que nous percevons.

Dans cette simple posture, en abandonnant toute intention d’obtenir, nous devenons conscient de la vie dans le corps, de ce qui s’exprime tout autour de nous, sons, lumières, couleurs, odeurs. Pour demeurer dans cette vision et ce ressenti, nous devons rester vigilants pour ne pas nous perdre dans des mots qui cherchent à nommer, décrire ou interpréter, et qui voudraient saisir le contenu de l’instant présent.

Photo: Guy Mokuhô en zazen durant le camp de juillet.

KALU RINPOCHE

Mon conseil,

Ne soyez pas bouddhiste.

Au final, tout est question de gain personnel,

célébrité et affaires.

Sois juste une personne avec un bon cœur,

c’est ça le sens

d’un praticien du Dharma véridique.

Nous vivons dans l’illusion

et l’apparence des choses.

Il y a une réalité. Nous sommes cette réalité.

Quand tu comprends ça,

tu vois que tu n’es rien,

et n’étant rien, tu es tout.

C ‘ est tout.

« Tout ce que nous faisons dans nos activités, c’est d’essayer de plaire à notre ego ; c’est comme si nous rendions toujours hommage à notre ego, en lui offrant du thé, du chocolat et des prières. Nous consacrons toute notre énergie à notre ego et qu’obtenons-nous en retour ? Que nous offre notre ego ? De la pollution mentale. Il apporte une odeur si nauséabonde et suffocante dans nos esprits qu’il y a à peine de la place pour respirer. Alors à partir de maintenant, au lieu d’accueillir la force énergétique de votre ego, restez sur vos gardes contre lui avec la pleine conscience et la sagesse, guettant avec une attention pénétrante le premier signe de son arrivée. Et quand il vient, au lieu de le saluer chaleureusement, « Comment vas-tu, ego ? Entre. », examinez-le avec l’œil de la sagesse. Il suffit de regarder. Lorsque vous regardez votre ego avec l’œil de la sagesse, il disparaît tout seul. » – Lama Yéshé

Une fois, plusieurs personnes ont commencé à insulter méchamment le Bouddha. Il écoutait en silence, très calmement. Et donc ils se sentaient mal à l’aise. L’une de ces personnes s’adressa au Bouddha :

– Nos paroles ne te blessent-elles pas ?!

« C’est à vous de décider si vous voulez m’offenser ou non, » répondit le Bouddha. – Et mon – d’accepter vos insultes ou non. Je refuse de les accepter. Vous pouvez les prendre pour vous-même.

Q: En quoi est-ce que je trouble la paix?

Nisargadatta Maharaj : En étant l’esclave de vos désirs et de vos craintes.

Q: Même quand ils sont justifiés?

N: Les réactions émotionnelles nées de l’ignorance ou de la distraction ne sont jamais justifiées. Recherchez un esprit clair et un coeur clair. Tout ce dont vous avez besoin, c’est d’une calme vigilance, de plonger dans votre nature réelle. C’est la seule voie vers la paix.

Q: Quand je regarde vers l’intérieur, je trouve des sensations et des perceptions, des pensées et des sentiments, des désirs et des craintes, des souvenirs et des espérances. Je suis plongé dans ce nuage et je ne vois rien.

N: Celui qui voit tout ça, et aussi le rien, c’est le maître intérieur. Lui seul EST, tout le reste ne fait qu’apparaître. Il est votre soi (swarupa), votre espérance et votre certitude de liberté; trouvez-le, attachez-vous à lui et vous serez sauvé et en sécurité.

N: Plus vous comprendrez qu’au plan du mental vous ne pouvez être décrit qu’en termes négatifs [je ne suis pas ceci ou cela: prof…, marié à…, père de…, employé par…] plus rapidement vous parviendrez au terme de votre recherche et vous réaliserez votre être illimité.

N: Leurs racines (plaisirs) se trouvent dans l’imagination. Un homme à qui vous donnerez un caillou en lui affirmant que c’est un diamant hors de prix en aura un immense plaisir jusqu’à ce qu’il réalise son erreur. De même, les plaisirs perdent leur saveur et les souffrances leurs épines, quand on connaît le soi.

N: Voyez-vous vous-même dans une clarté sans désir, c’est tout.

N: Renoncez à toutes les questions sauf une : «Qui suis-je»?

N: La libération du désir veut dire ceci : la contrainte de les satisfaire n’existe pas, elle est absente.

Parfois nous sommes impuissants, car certaines choses ne dépendent pas de nous. Cela nous pousse à apprendre le lâcher-prise, à ne pas vouloir tout contrôler, à grandir dans la confiance, dans le détachement, dans l’humilité, dans la sérénité, dans l’amour. L’âme du monde de Frédéric Lenoir

Message spécial de Sa Sainteté le Dalaï Lama à l’occasion de son 86e anniversaire

« Je ne suis qu’un être humain. Maintenant que mon anniversaire approche, je veux exprimer ma profonde reconnaissance à tous mes amis qui m’ont vraiment montré leur amour, leur respect et leur confiance. Pour ma part, je peux vous assurer que pour le reste de ma vie, je m’engage à servir l’humanité et à travailler pour protéger le climat.

Depuis que je suis devenu un réfugié et que je suis maintenant installé en Inde, j’ai profité pleinement de la liberté et de l’harmonie religieuse de l’Inde. J’apprécie vraiment le concept indien de valeurs séculaires, non dépendantes de la religion, telles que l’honnêteté, la karuna (compassion) et l’ahimsa (non-violence).

Alors, mes chers amis, pour mon anniversaire, voici mon cadeau. Gardez-le à l’esprit. Je suis moi-même engagé dans la non-violence et la compassion jusqu’à ma mort.

C’est mon offrande à mes amis. J’espère que mes amis garderont également la non-violence et la compassion pour le reste de leur vie.

Tous mes frères et sœurs humains devraient garder ces deux choses – la non-violence et la compassion – jusqu’à leur mort », a conclu Sa Sainteté le Dalaï Lama.

(Les erreurs dans la traduction sont les miennes)

En raison du karma positif résultant de leurs vies antérieures, certaines personnes jouissent présentement d’une grande richesse matérielle. Certains possèdent des millions de dollars. Cependant, cette richesse ne procure pas le bonheur. Le vrai bonheur, le bonheur de l’esprit, est difficile à obtenir.

Dans le monde contemporain, les gens sont animés d’une agitation fébrile. Beaucoup ne peuvent rester silencieux ; ils vont d’un endroit à un autre, visitant un pays après l’autre. Cette recherche continuelle de nouveauté est signe d’un manque de bonheur.

L’esprit, avec sa vaste variété de distractions qui le monopolise, veut oublier ses sentiments de frustration.

Pratiquée correctement, la méditation nous permet de pacifier notre esprit, de le stabiliser et, par là, de retrouver un bien-être intérieur et un bonheur authentique. Notre esprit se fatigue de toutes les pensées et émotions conflictuelles qu’il contient. Notre corps est également fatigué à force de suivre des ordres imposés par notre esprit agité. La pratique de la méditation apportera plus de repos à notre esprit et à notre corps qu’une promenade dans un parc fleuri.

~ Kyabje Kalou Rinpoche (1904-1989)


« Ne recherchez pas la vérité ni ne rejetez l’illusion

Tous deux sont vides et dépourvus de forme véritable »

Le Shin Jin Mei proclame avec force : « Ne courez pas après la vérité, abstenez-vous de toute espèce de vue ». La recherche, la quête est précisément ce qui nous éloigne du Soi-même. Cette fébrilité, cet appétit, cette avidité ou cette soif d’absolu conduisent les hommes à regarder et vivre ailleurs. Qu’ils se mettent en quête du sens de la vie, de Dieu, de Bouddha, de l’amour ou de la beauté, ils s’écartent alors du maintenant-ici resplendissant. Ce faisant, ils négligent ce qu’ils sont. Le visage originel n’est ni demain ni hier, ni devant ni derrière, il n’a ni envers ni endroit. Le visage originel ne peut être perçu, vu. Comme il est coutume de le dire dans notre tradition, l’œil ne saurait se percevoir lui-même. L’œil devient œil et vision dans son activité. Tel l’espace libre de lui-même, il ne demeure ni ne choisit. L’abandon de cette recherche est essentiel, la voie consiste à perdre, se perdre et perdre jusqu’à l’idée de perdre. Se dessaisir de tout. Sinon nous faisons une transposition subtile des mécanismes capitalistes et marchands et investissons dans une voie spirituelle avec l’idée d’un gain. Et cette attente et l’adhésion aux croyances et aux promesses qui en découlent est une source de souffrance. Nous sommes la vérité déjà, une vérité qui n’a pas à être perçue, reconnue. Juste vécue. Nous avons à nous abandonner à ce qui nous traverse. De même, le rejet de l’illusion conduit à une vie sèche et pleine de fausses vertus et de sainteté rance. Mon cher Rūmi écrit quelque part :

« Bien au-delà du bien ou du mal, il est un champ. Je t’y rencontrerai. Quand les cœurs s’ébattent dans ces herbes, l’univers est d’une telle plénitude que toute parole est superflue. Les idées, le langage et même l’expression “l’un l’autre” n’y ont plus aucun sens. »

Vérité ou illusion sont les parures du vide. Nous revenons à cette pauvre dualité sur laquelle tout semble reposer, ce socle de notre pensée et de ce que nous appelons à tort « moi ». Moi, cela n’existe pas. Pas plus que tout ce que nous croyons voir arriver dans le grand théâtre et la grande comédie humaine. Il n’y a que la présence sans sujet ni objet, une présence nue émergente à chaque instant. Une présence qui surabonde tant que tout y devient. Elle est ineffable. Inexprimable. Si nous gardons secrètement l’espoir de parvenir à quelque paradis, ou réalisation ou libération, nous sommes en enfer, illusionnés et entravés. Ne cherchez pas Bouddha, ne fabriquez pas de dévotion inutile, ne brûlez pas d’encens dans l’attente d’une bénédiction, ne priez personne. Zazen est la plus haute prière, sans sujet ni objet. Une prière qui ne demande rien. C’est être parvenu, être arrivé déjà. Et ne même pas s’en féliciter ni en faire tout un pataquès. C’est le sceau du cœur des Bouddhas. Et dans le cœur des Bouddhas, il n’y pas de Bouddhas. Pas de place pour ce genre de considération. Dans le cœur des Bouddhas, la présence insouciante d’elle-même.

Giun dans un verset adressé à lui-même:

« Ne te débats pas pour être sage, ou pour échapper à ton être ordinaire

Contente-toi de jouer la mélodie sans essayer d’en formuler les mots

La tortue aveugle peut s’abandonner à la dérive des bois flottants

Le vent est le même sur les hauteurs ou dans la vallée profonde

Chaque année la neige s’accumule sur le sommet

Alors que les arbres résistent et révèlent leur couleur cramoisie

Tout en gardant sans effort et prodigieusement leur place

Trois mille matins et huit cent nuits durant

Je mange dans mes bols et les lave »

La persévérance de la voie ignore toute espèce de saisie et s’abandonne à l’assise seule. La confiance est celle qui consiste à flotter dans un monde flottant, dérivant sans pour autant user de décision. Aucun effort à fournir, l’émerveillement simple est le produit naturel et spontané de cette détente et de ce relâchement.

Enseignement sur le Shōdōka du 8 juillet 2021 de Taigu Sensei

« Un espace infini de sagesse existe en chacun de nous… » Bokar Rinpoché

Cela prend du temps de soigner l’esprit insatisfait. Ce n’est pas comme repeindre une maison. On peut repeindre sa maison en quelques heures, mais il faut beaucoup de temps pour transformer une attitude mentale. Le temps que ça va prendre dépend des individus, et du type de problèmes qu’ils rencontrent. Si vous avez juste un problème familial, vous pouvez peut-être le résoudre en un mois par exemple. Mais changer l’esprit insatisfait, ça peut prendre des années et des années. On peut considérer un problème familial comme les vagues sur l’océan c’est un problème mineur. Mais changer l’esprit insatisfait, c’est comme changer les profondeurs de l’océan, c’est bien plus long et difficile. » Lama Thoubten Yéshé

« L’une des manières les plus courantes pour ne pas faire face à nos propres défauts est de tenir les autres pour responsables. Au lieu de prendre la responsabilité de nos actions et de faire des efforts pour changer notre comportement, nous nous entêtons et nous nous disputons avec elles et insistons sur le fait que c’est à elles de changer. Le sentiment exagéré de notre propre importance nous conduit à avoir une attitude critique envers les autres et il devient ainsi presque impossible d’éviter les conflits. » Kelsang Gyatso

« Si nous examinons nos désirs nous constateront qu’ils sont immodérés. En fait aucun objet de ce monde ne peut nous donner l’entière et parfaite satisfaction que nous désirons. De meilleures choses sont constamment fabriquées. Il n y a pas de fin aux nouvelles choses qui captivent nos désirs. Nous pensons peut-être que si nous continuons à prendre un nouveau partenaire, un nouvel emploi ou si nous voyageons sans cesse, nous finirons par trouver ce que nous voulons. En réalité, même si nous explorons le monde entier et que nous trouvons un nouvel amour dans chaque ville, nous chercherions encore un autre endroit et un autre amour. » Guéshé Kelsang Gyatso

En ces temps où la spiritualité dégénère, nous rencontrons de nombreux obstacles dans notre pratique spirituelle. Au lieu d’en être découragé, nous pouvons apprendre à les transformer en la voie spirituelle par la pratique de l’entraînement de l’esprit.

Les enfants sont très enthousiastes lorsqu’ils construisent des châteaux de sable, mais quand la mer vient les effacer, ils sont contrariés. Bouddha a dit que nous sommes comme des enfants, en ce sens que nous sommes heureux quand tout va bien, mais devenons malheureux et déprimés dès que nous rencontrons des difficultés.

Les plaisirs du samsara sont inévitablement impermanents et, tôt ou tard, ils se transforment en souffrance : nous serions stupides d’en attendre autre chose. Il nous faut par conséquent développer l’équanimité envers les situations bonnes ou mauvaises. Nous devons penser « Si les choses vont bien, tant mieux, sinon tant mieux aussi ».

–Transformer les circonstances difficiles à notre avantage : —

Quoi qu’il arrive, nous pouvons le tourner à notre avantage. Comme le dit Shantidéva, la souffrance a de nombreuses qualités car elle purifie notre karma négatif, accroît notre renoncement, réduit notre orgueil et nous aide à surmonter nos mauvaises habitudes mentales. Si nous pensons de cette façon, nous sentirons que les circonstances difficiles sont nos meilleures amies. Lorsque notre esprit est ainsi équilibré, il devient aussi stable que le Mont Mérou, et rien ne peut l’ébranler.

Si, grâce à l’entraînement de l’esprit, nous découvrons que nous pouvons garder un esprit en paix et heureux tout le temps, même dans des circonstances difficiles, c’est l’indication que notre entraînement est réussi. En entraînant notre esprit de cette manière, tout ce que nous rencontrons augmentera nos réalisations du dharma. »

Guéshé Kelsang Gyatso

après avoir marché, tant marché, je tombe

sur une ferme,

au moment où le soleil couchant éclaire ormes

et mûriers

les moineaux se rassemblent dans un bosquet

de bambous

ils gazouillent et voltigent en se poursuivant

un vieux paysan portant sa houe rentre

il m’accueille comme une ancienne connaissance

il demande à sa femme de filtrer du vin trouble,

et de cueillir des légumes pour l’accompagner

ensemble nous parlons et buvons

discuter et rire quoi de plus merveilleux?

ensemble, joyeux et ivre,

au-delà du vrai et du faux

Ryokan

« De manière générale, nous gaspillons nos vies, distrait de notre soi véritable, dans des activités sans fin. Nos vies sont vécues dans un trouble anxieux et intense, de telle sorte que notre esprit ne peut pas demeurer tranquille plus longtemps que quelques instants sans saisir la distraction. Nous nous sommes complu dans la pensée. Quelles que soient les pensées ou les émotions qui s’élèvent nous les laissons nous balayer dans une spirale d’histoires et d’illusions, que nous prenons tellement sérieusement, que nous finissons non seulement par y croire, mais aussi par nous y identifier. Nous sommes fragmentés en tellement d’aspects différents que nous ne savons pas qui diable nous sommes, et à quels aspects de nous-même nous devrions nous identifier. Nous cherchons toujours nous-même à l’extérieur de nous-même. Comme un grand maître l’a dit : « C’est comme si vous laissiez l’éléphant chez vous et que vous cherchiez ses empreintes dans la forêt. »  » Sogyal Rinpoché

Ne pas vouloir, c’est avoir soif, le désir de non-existence. Plus nous avons envie de ne pas expérimenter certaines choses, plus nous les invitons et les introduisons. ‘Je ne veux pas de ces choses, alors pourquoi continuent-elles à venir vers moi ? J’aurais aimé que ce ne soit pas ainsi, alors pourquoi est-ce ainsi ?  » Et voilà ! Nous aspirons à ce que les choses existent d’une manière particulière, parce que nous ne comprenons pas notre propre esprit. Cela peut prendre un temps incroyablement long avant nous réalisons que jouer avec ces choses est une erreur. Enfin, lorsque nous y réfléchissons clairement, nous voyons : « Oh, ces choses viennent parce que je les appelle. » Désir de ne pas expérimenter quelque chose, désir d’être en paix, désir de ne pas être distrait et agité – c’est une envie irrésistible. « 

Ajahn Chah

Si l’intention est bonne, les niveaux et les chemins sont bons.

Si l’intention est mauvaise, les niveaux et les chemins sont mauvais.

Puisque tout dépend des intentions,

Assurez-vous toujours qu’ils soient positifs.

– Lama Tsongkhapa

« La vie est bien trop courte pour perdre son temps à se faire une place là où l’on en a pas, pour démontrer qu’on a ses chances quand on porte tout en soi, pour s’encombrer de doutes quand la confiance est là, pour prouver un amour à qui n’ouvre pas les bras, pour performer aux jeux de pouvoir quand on n’a pas le gout à ça, pour s’adapter à ce qui n’épanouit pas.

La vie est bien trop courte pour la perdre à paraître, s’effacer, se plier, dépasser, trop forcer.

Quand il nous suffit d’être, et de lâcher tout combat que l’on ne mène bien souvent qu’avec soi, pour enfin faire la paix, être en paix.

Et vivre. En faisant ce qu’on aime, auprès de qui nous aime, dans un endroit qu’on aime, en étant qui nous sommes, Vraiment ».

Alexandre Jolien

« Il est dit qu’au début de la pratique de méditation, l’esprit est comme une cascade turbulente, se précipitant sans fin. Puis il devient comme une rivière en pleine crue, qui plus tard ne fait que s’écouler, mais très calmement. Finalement, l’esprit entre dans l’océan du samadhi. Ainsi, alors que nous regardons l’esprit, n’y étant pas impliqué, voyant simplement les pensées comme des pensées, juste en les regardant, les pensées d’elles-mêmes, finiront par ralentir naturellement. À mesure que notre conscience devient plus vive et plus précise, les pensées deviendront moins opaques, moins solides et plus transparentes. » Jetsunma Tenzin Palmo, « Retraite des 3 enseignements, mahamoudra, pleine conscience »

Toute la richesse du monde n’apporte pas le bonheur. Le vrai bonheur dépend d’un esprit heureux – il est difficile de le trouver. Dans le monde moderne, les gens sont emplis d’une anxiété diffuse. Beaucoup n’arrivent pas rester en place : alors ils roulent d’une ville à l’autre, visitent un pays après l’autre. Cette recherche constante de renouveau signifie qu’un homme n’est pas heureux. Son esprit veut oublier le mécontentement au moyen de différentes distractions. La méditation, si vous la pratiquez correctement, vous permet de calmer votre esprit, de le stabiliser, et ainsi de gagner du bien-être intérieur et un bonheur véritable. Notre esprit est fatigué de toutes ces pensées et d’entraver les émotions qui le remplissent. Notre corps lui aussi est fatigué d’accomplir les actes d’un esprit incontrôlé. La pratique de la méditation apportera à notre esprit et à notre corps plus de tranquillité qu’une promenade dans un parc plein de fleurs. » Kalu Rinpoché

« Les erreurs ne se regrettent pas, elles s’assument.

La peur ne se fuit pas, elle se surmonte.

L’amour ne se crie pas, il se prouve. »

La grande Simone Veil nous a quittés le 30 juin 2017.

L’impermanence :

Le Bouddha a recommandé de réciter chaque jour, ces 5 remémorations :

1) Il est dans ma nature de vieillir. Il est impossible d’échapper à la vieillesse.

2) Il est dans ma nature d’être malade. Il est impossible d’échapper à la maladie.

3) Il est dans ma nature de mourir. Il est impossible d’échapper à la mort.

4) Tout ce qui m’est cher et tous ceux que j’aime ont pour nature de changer. Il est impossible d’échapper à la séparation d’avec ceux que l’on aime.

5) Mes actions sont mes vraies possessions. Je ne peux échapper aux conséquences de mes actions.

Être dans la solitude peut nous aider à nous détendre. La solitude n’implique pas d’être isolé ou à l’écart de la civilisation. La véritable solitude est un état dans lequel nous ne sommes pas emportés par la foule, par les chagrins concernant le passé, par les soucis concernant l’avenir, ou par les émotions fortes du présent. Nous ne perdons pas notre stabilité et notre paix. Nous prenons refuge dans notre respiration consciente, nous revenons à l’instant présent et à l’île paisible qui est en nous. Nous apprécions d’être en compagnie d’autrui, mais nous ne nous perdons pas dans ces interactions. Même dans un supermarché très fréquenté, nous pouvons sourire et respirer en paix, nous établissant dans notre île intérieure.

– Thich Nhat Hanh

Vu que nous avons une vie, rien ne sert de dire que nous voulons une vie sans problèmes et sans crises. Ce serait comme dire que nous aimerions avoir une photo sans lumière ni obscurité. Pour approfondir cette réflexion, même dans cette perspective, la vie elle-même semble aussi être dépendante de la mort. Il n’y a pas de vie sans mort – et le contraire est tout aussi vrai.

Ce genre de compréhension peut vraiment nous aider à apprécier cette expérience appelée la vie – et à apprécier les opportunités que nous avons pour nous aider et aider les autres.

Il y a beaucoup de contes bizarres et merveilleux – tous vrais bien sûr – sur Bodhidharma, ou Da Mo plus souvent à ses amis, en raison de ses réalisations et de ses pouvoirs énormes. On croit, à cause de ses yeux bleus, être né en Perse. Plus tard, après avoir étudié en Inde, devenant le 14 e patriarche boudhiste dans la lignée directe du bouddha historique Sakyamuni, il voyage ensuite en Chine au 5 e ou 6 e siècle. Là, il introduit le bouddhisme chan, plus tard pour s’épanouir en tant que zen au Japon, et établit le temple Shaolin. Cela est arrivé quand il a vu que les moines étaient hors condition physique et incapables de soutenir les rigueurs de leurs pratiques de méditation. Il a décidé de les éduquer en yangsheng (alimentation des exercices de vie) tels que Ba Duan Jin (8 précieux brocart), puis les arts martiaux, afin qu’ils puissent se protéger des malheureux rencontres avec des ruffiens locaux et des non-bons itinérants …

Un des contes dont je me souviens qu’on m’a dit, l’a fait assis devant un mur blanc à médiatiser, sans interruption, pendant neuf ans. Il s’est concentré avec une telle intensité qu’il pouvait entendre les fourmis crier. Mais un jour, il s’est endormi, et tellement dégoûté de son manque de volonté, il s’est immédiatement coupé les paupières pour que ça ne se reproduise plus Il les a frappés au sol et ceux-ci se sont transformés en premières plantes à thé chinoises.

Cela aide à expliquer pourquoi les illustrations de Da Mo ont toujours les yeux qui sortent !

J ‘ ai apporté cette œuvre d’art taïwanaise à Taipei il y a longtemps. C ‘ est inhabituel parce que c’est un design de batik.

Le personnage central est ′′ Ren ′′ signifiant ′′ Endurance « . À gauche, le nom des artistes, mais difficile à déchiffrer. À droite, le script dit : ′′ Si vous pouvez supporter, la paix viendra d’elle-même ; si vous savez quand vous en aurez assez, le bonheur sera constant. ′′

Hauteur 152 cm / 5 pieds (Collection Bruce)

« De même qu’une mère protège son unique enfant, lui sacrifiant sa vie, ainsi avec un amour illimité devrait-on chérir tous les êtres vivants. Que notre bonté rayonne dans le monde entier, se propageant en haut vers les cieux et en bas vers les profondeurs, vers l’extérieur, sans limite, sans haine ni malveillance. Ainsi devrait-on soutenir ce recueillement. C’est ce qu’on appelle la sublime demeure. » Le Bouddha

Réflexion du jour.

« Le Bouddha s’exprime ainsi en réponse aux questions d’un de ses disciples : « O Kaçyapa, l’esprit n’est pas intérieur ni extérieur ; il n’est pas quelque chose de conceptuel ; l’esprit, Kaçyapa, ne peut pas être analysé, ni démontré, ni être saisi ; il n’est pas l’apparence manifestée ; il n’est pas la conscience discriminante ordinaire ; il n’est pas non plus un lieu, et ne demeure pas quelque part. O Kaçyapa, l’esprit, les bouddha du passé ne l’ont pas vu, ceux du présent ne le voient pas et ceux du futur ne le verront pas davantage. »

Paroles du Bouddha

Photo : Inde – Rajgir – Le Bouddha enseignant – 2011

RECONNAÎTRE LES COMPETENCES D’UN MAÎTRE

En général, un maître est utile pour diffuser du savoir et, s’il enseigne une matière spirituelle, il doit être à juste titre qualifié. Dans les qualifications indispensables, il doit avoir une grande connaissance des textes religieux et une expérience directe des principes et des pratiques qu’il transmet. Puisque le premier objectif de l’enseignement bouddhique est la discipline mentale, le maître ayant une telle connaissance n’est néanmoins d’aucun secours pour autrui s’il n’a pas encore discipliné son propre esprit. Le maître doit posséder les qualités intérieures d’un être qui a franchi les étapes de la réalisation, et surpasser ses élèves quant à la compréhension des textes sacrés.

Comment arriver à ce stade ? Par les trois pratiques de la moralité, de la concentration méditative et de la sagesse.

Et plus particulièrement, en prenant les vœux de moine ou d’un laïc, le professeur acquiert une attitude morale suffisamment développée pour posséder le contrôle de ses sens.

Autrement, les sens sont comme des chevaux sauvages et poussent à commettre des actes incorrects.

L’enseignant doit donc savoir pratiquer l’absorption méditative, la concentration en un seul point, qui est le seul moyen de vaincre l’inattention, qu’elle soit provoquée par une perturbation externe ou par laxisme. En outre, il doit posséder la sagesse de l’altruisme et la perception de la vacuité de l’existence intrinsèque pour pouvoir pacifier complètement les émotions négatives qui rendent le continuum de la conscience réfractaire et imperméable.

Au minimum, l’enseignant est rompu à la pratique de l’absence du soi par l’étude des textes sacrés et la réflexion.

« Je me sens inspiré par la nature, les gens, tous les êtres, chaque jour. De la plus petite fourmi à la plus haute montagne, il y a toujours une raison de dire « Wow ! ». Et mon travail dans cette vie est simplement de rappeler aux gens le bien qui se trouve dans leur cœur, et leur rappeler qu’ils possèdent une capacité d’amour et de compassion envers les autres, nous devrions être inspirées par cette vie, afin que nous puissions partager avec les autres de toutes les manières possibles. » ~ Le Gyalwang Drukpa – Le bonheur est un état d’esprit

Une vérité que nous ne sommes pas toujours prêts à entendre :

Surmonter la douleur

Supposons que vous soyez concentré et que cela fasse vraiment mal. Quand ça fait mal, vous sortez de la méditation. Ensuite, vous méditez un peu plus jusqu’à ce que vous atteigniez le point où ça fait mal, puis vous en ressortez.

C’est pourquoi vous ne comprenez pas la souffrance même si vous souffrez. Partout où vous vous asseyez et méditez, vous souffrez. Alors vous vous demandez : « Que puis-je faire pour surmonter cela ? » Vous devez prendre une décision : « Asseyez-vous, mais ne bougez pas. Que le corps meure.

Vous dépendez de ce que le Bouddha a dit : Tout ce qui surgit passe. Si la douleur survient, pourquoi ne passera-t-elle pas ? Dès que vous êtes assis, il n’y a que de la douleur. Ça fait mal. Ça fait mal. La sueur commence à couler en gouttes aussi grosses que des grains de maïs. Vous êtes sur le point de déménager mais vous dites : « Hmm. Non. Laissez-le mourir. Vous devez aller aussi loin, jusqu’à ce que l’esprit aille au-delà de la mort. La douleur disparaît.

Une fois que vous avez dépassé la mort, le discernement surgit. La confiance se renforce. Vous pensiez que vous ne pourriez pas le supporter ; vous pensiez que vous alliez mourir. C’est ce qu’on appelle s’entraîner avec une main lourde. Ce n’est pas pour un usage général.

Après cela, chaque fois que vous méditez, vous comprenez, parce que vous avez vu jusqu’où la douleur peut aller. C’est ce qu’on appelle vaincre la douleur.

Si vous ne pouvez pas surmonter la douleur, lorsque vous atteignez ce point, vous perdez votre concentration. Tu meurs à chaque fois. Vous n’avez aucune force.

Vous devez le surmonter un jour dans votre pratique. Une fois que vous l’aurez surmonté, vous n’en aurez plus peur, car vous avez vu à quoi cela ressemble. C’est comme être un boxeur. Si vous n’avez pas boxé sur le ring, vous avez peur. Une fois que vous avez boxé sur le ring, vous n’avez plus peur, car vous savez ce que c’est. Vous devez expérimenter cela. C’est ce qu’on appelle vaincre la douleur.

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C’est comme ça : 108 comparaisons de dhamma, par le vénérable Ajahn Chah, et traduit par Ṭhānissaro Bhikkhu.

https://www.dhammatalks.org/books/ItsLikeThis/Contents.html

PDF : https://www.dhammatalks.org/…/ItsLikeThis_181215.pdf


« Cette tasse de thé entre mes deux mains

est emplie de ma pleine conscience.

Mon corps et mon esprit s’établissent

dans l’ici et le maintenant. »

Où que vous buviez votre thé, que ce soit au travail, au café ou à la maison, accordez-vous assez de temps pour l’apprécier. Ce sera merveilleux. S’il fait froid, vous pouvez sentir la chaleur de la tasse entre vos mains. Inspirez et récitez silencieusement le premier vers ; expirez et récitez le deuxième. Récitez le troisièmes vers pendant l’inspiration suivante, et le quatrième pendant l’expiration suivante. En respirant ainsi dans la pleine conscience, nous redevenons nous-mêmes et la tasse de thé reprend sa meilleure place. Si nous ne sommes pas en pleine conscience, ce n’est pas du thé que nous buvons, mais nos illusions et nos afflictions. Si le thé devient réel, nous devenons réels. Quand nous sommes capables d’aller vraiment à la rencontre du thé, alors nous sommes véritablement vivants.

– Thich Nhat Hanh

« Dans le bouddhisme, l’avidité et la colère, ces émotions très négatives qui perturbent l’esprit, sont appelées souillures adventices. Adventices signifie qu’elles ne sont pas innées. Elles vont et viennent, elles ne font pas partie de notre nature inhérente. Elles sont notre seconde nature, ils ne font pas partie de notre nature primordiale. Notre nature primordiale est quelque chose de très bon, c’est pourquoi, chaque fois que nous cultivons la bonté dans nos cœurs, la gentillesse, la compassion, la prévenance, le souci des autres, cela résonne très profondément à l’intérieur de nous, ces émotions font écho à notre véritable nature. » ~ Jetsunma Tenzin Palmo

« Le bonheur de ce monde est soumis à nos désirs, c’est pourquoi il est instable. La caractéristique du désir est de ne jamais être satisfait et il nous conduit à vouloir recevoir et posséder toujours plus. Cette insatisfaction permanente crée la souffrance, car le bonheur qui résulte de l’accomplissement du plaisir ne dure pas. Nous avons peur de le voir disparaître parce que nous savons qu’il est inconstant et nous sommes comme des enfants qui croyons qu’en accumulant des instants de bonheur nous échapperons au malheur. Ainsi la diversité des objets sur lesquels nous projetons nos fantasmes et nos espoirs de bonheur sera toujours insondable et frustrante. Le vrai bonheur ne dépend d’aucun être, d’aucun objet extérieur. Il ne dépend que de nous… » Sa Sainteté le Dalaï-Lama

« Notre manque de flexibilité, la peur de sortir de notre zone de confort, et l’habitude de nous donner des excuses peuvent être les principales raisons de notre malheur et de nos échecs. Mon souhait est d’aider ceux qui sont connectés avec moi à se libérer de tous ces concepts insensés et à être libres. Vous ne pouvez pas rendre les autres heureux quand vous ne l’êtes pas. Que vous soyez heureux ou non, cela dépend entièrement de vous. Vous êtes votre propre maître ! » Le Gyalwang Drukpa – Le bonheur est un état d’esprit

PEMA CH ÖDR ÖN

Il y a une histoire sur le tournant principal dans la vie de Milarepa. Il était très seul et vivait dans des grottes tout seul et méditait de tout cœur pendant des années et des années et des années. Il était extrêmement têtu et déterminé. S ‘ il ne trouvait rien à manger pendant quelques années, il mangeait des orties et devenait vert, mais il n’arrêterait jamais de pratiquer.

Un soir, Milarepa est retourné dans sa grotte après avoir ramassé du bois de chauffage. Il est retourné dans sa grotte seulement pour découvrir qu’elle était remplie de démons. Ils préparaient sa nourriture, lisant ses livres, dormaient dans son lit. En gros, ils avaient repris le joint. Il savait pour la non-conformité de soi et des autres, mais il ne savait toujours pas comment les sortir de sa grotte.

Même s’il avait le sentiment qu’ils n’étaient qu’une projection de son propre esprit, et qu’ils étaient toutes les parties indésirables de lui-même, il ne savait pas comment s’en débarrasser. Alors d’abord, il leur a appris le Dharma. Il s’est assis sur ce siège qui était plus élevé qu’ils ne l’étaient et a parlé de compassion et de shunyata et de la façon dont le poison est un Rien ne s’est passé.

Les démons étaient toujours là. Puis il a perdu patience et s’est mis en colère et s’est enfui contre eux. Ils se sont juste moqués de lui. Finalement, il a abandonné et s’est assis par terre, en disant : ′′ Je ne m’en vais pas et il semble que tu ne l’es pas non plus, alors vivons ici ensemble. » À ce moment-là, ils ont tous quitté sauf un. Milarepa a dit : ′′ Oh, celui-ci est particulièrement vicieux. »

Nous le savons tous. Parfois, nous en avons beaucoup comme ça. Parfois, nous sentons que c’est tout ce que nous avons. Il ne savait pas quoi faire, alors il s’est rendu encore plus loin. Il s’est approché et s’est mis dans la bouche du démon et a dit : ′′ Mange-moi si tu veux. » Puis ce démon est parti aussi. La morale de l’histoire est que quand la résistance est partie, les démons aussi.

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C ‘ est la logique fondamentale sous-jacente de la pratique du tonglen et aussi du lojong en tout. Quand la résistance est partie, les démons aussi. C ‘ est comme un koan avec lequel nous pouvons travailler en apprenant à être plus doux, à se détendre et à se rendre aux situations et aux personnes dans notre vie. Ceci dit tout ça, maintenant je vais parler de tonglen. J ‘ ai remarqué que les gens mangent généralement les enseignements, mais quand il s’agit de devoir faire du tonglen, ils disent : ′′ Oh, ça sonnait bien, mais je n’avais pas réalisé que tu le pensais réellement. ′′ Dans son essence, cette pratique de tonglen c’est que quand tout est douloureux ou indésirable, vous le respirez. C ‘ est une autre façon de dire que vous n’y résistez pas. Tu te rends à toi-même, tu reconnais qui tu es, tu t’honores. Au fur et à mesure que des sentiments et des émotions indésirables surgissent, vous les respirez et vous connectez à ce que tous les humains Nous savons tous ce que c’est de ressentir de la douleur dans ses nombreuses tentatives. Cette respiration est faite pour vous-même, dans le sens où c’est une expérience très personnelle et réelle, mais simultanément, il n’y a aucun doute que vous développez votre parenté avec tous les êtres. Si vous pouvez le savoir en vous-même, vous pouvez le savoir dans tout le monde. Si vous êtes jaloux et que vous avez l’impression de la respirer, plutôt que de la blâmer sur quelqu’un d’autre, si vous contactez la flèche dans votre cœur, c’est accessible à vous à ce moment précis. qu’il y a probablement sept cent millions de personnes partout dans le monde qui ressent exactement ce que vous ressentez. Cette pratique coupe par la culture, le statut économique, l’intelligence, la race, la religion. Les gens partout ressentent ce genre de douleur-jalousie, colère, sortir, se sentir seul. Tout le monde le ressent exactement comme vous le ressentez. Les histoires varient quelque peu. Quelqu’un parle à lui-même en tibétain, quelqu’un d’autre parle à lui-même en français, en anglais, en italien ou en chinois ou japonais, etc. Mais le sentiment sous-jacent est le même pour nous tous. De la même façon, si vous ressentez un sentiment de plaisir – si vous vous connectez à ce qui vous est inspirant, ouvrant, soulageant, relaxant – vous le respirez, vous le donnez, vous l’envoyez à tout le monde. Encore une fois, c’est très personnel. C ‘ est votre sentiment de plaisir, votre sentiment de connexion avec une perspective plus grande, votre sentiment de soulagement ou de détente. Si vous êtes prêt à abandonner l’histoire, vous ressentez exactement ce que tous les autres êtres humains ressentent. C ‘ est partagé par nous tous. De cette façon, si nous faisons la pratique personnellement et sincèrement, cela éveille notre sentiment de parenté avec tous les êtres.

« En réalité, la seule chose qui fait obstacle à votre bonheur, c’est vous ; la seule chose qui vous retient, c’est votre esprit, et c’est votre esprit qui peut également vous aider à voir votre bonheur, et à le laisser colorer votre journée et votre vie. Mais comme votre corps, votre esprit a besoin d’un bon entraînement pour être en forme et flexible, et pour relâcher la tension due à l’irritation et à l’impatience. Vous devez vous donner de l’espace pour regarder votre esprit ouvertement et honnêtement, et vous devez être prêt à abandonner votre souffrance, votre ancien ressentiment, et vos angoisses concernant l’avenir. » ~ Le Gyalwang Drukpa – Le bonheur est un état d’esprit

Nous croyons trop souvent que si nous sommes fermés, que notre cœur est froid, que nous n’arrivons pas à aimer comme nous le souhaiterions — nous sommes sans amour. Mais cette conception est fausse. Il n’est pas possible de s’installer une fois pour toutes dans l’ouverture de l’amour. Aussi cessons de nous sentir en dessous de tout lorsque nous sommes fermés. Nous avons continuellement à faire et à refaire ce mouvement. A nous ouvrir. A enlever les écailles de notre cœur. A nous dénuder. A accepter d’être vulnérable. Sensible.

C’est cela l’amour.

Il ne consiste pas à s’installer dans un état définitif, mais à être prêt, encore et encore, à faire et refaire l’effort d’ouvrir son cœur.

Aimer consiste bien plus à désirer ardemment ouvrir notre cœur que d’éprouver la satisfaction qu’il le soit. Aussi l’amour est plus un geste à faire, un mouvement à accomplir, qu’un état.

Extrait de « Et si de l’amour on ne savait rien ? »

La seule liberté que je connaisse ne dépend pas du port ou du non port du masque.

Elle ne dépend pas d’un couvre-feu ou de son absence.

Elle ne dépend pas de ce qu’en dit Pierre, Maryse, Isabelle ou Éric.

Comme le dis Gautama Bouddha dans le Kalama soutra don’t j’essaye de faire mien au jour le jour…

Simplement, lorsqu’une information ou un propos m’interpelle je l’adopte puis j’observes s’il m’est profitable ou s’il est profitable à mon entourage.

J’observe s’il m’apporte ou s’il apporte bonheur et paix pour et autour de moi.

À défaut, je m’assure qu’il ne cause pas de désordre dans mon esprit et qu’il ne devienne pas un préjudice pour les autres.

Ainsi, j’apprends de la vie qui est mon maître à chaque instant.

Parfois je tombes, parfois je jubile, toujours j’apprends

« Ne succombez pas au syndrome du « mauvais monde » en vous nourrissant d’une vision désenchantée de la nature humaine. Il importe de comprendre que même face à l’adversité, il est non seulement possible, mais désirable, de s’émerveiller d’un regard, d’un geste de complicité, et de solidarité qui fait chaud au cœur. » Matthieu Ricard

Une des pratiques essentielle dans notre vie, c’est de reconnaître ce que nous nourrisson en nous, et notamment ce que nous nourrissons dans notre conscience. C’est très important de voir « Qu’est-ce que je me dis à moi-même ? » ; on a souvent un discours très négatif envers soi-même. Il y a un juge à l’intérieur, il nous juge continuellement. Il faut reconnaître toutes les paroles que notre conscience nous dit. Il faut vraiment être conscient, prendre conscience de la discussion intérieure de notre esprit. Car ce que nous dit notre esprit là-haut, ça va se réaliser en action, parole ou geste. » Enseignement de soeur Chan Dao Nghiem – Village des Pruniers

Ne parlez pas de trop, surtout des autres, restez silencieux. Comme le Bouddha l’a dit, de manière générale, la parole, c’est la racine de toutes les fautes, la base de toutes les erreurs, la source de toutes les négativités. » Sa Sainteté le Gyalwang Drukpa

« Qu’est-ce qui est le plus important dans notre vie ? Élargir notre capacité d’acceptation pour les autres et pour nous-même, et développer notre capacité de nous aimer nous-même, d’aimer les uns les autres, et continuer comme une shanga. » Enseignement de soeur Chan Dao Nghiem – Village des Prunier

Qu’est-ce que la concentration selon le Bouddha ?

La concentration est ce que nous appelons Samadhi en pali. C’est un entraînement mental.

Nous devons tout d’abord observer que notre esprit est toujours agité, toujours en train de sauter de pensée en pensée, d’émotion en émotion. Si nous y regardant d’un peu plus près nous verrons que notre esprit cherche toujours quelque chose pour le satisfaire. Il passe son temps à courir derrière un objet de satisfaction et à fuir l’insatisfaction.

Le but de la concentration est de calmer cette agitation constante que nous avons. Pour faire cela, nous avons besoin de trouver un objet de concentration. Cette objet peut être par exemple la respiration, les positions du corps, un mantra. Le bouddha nous a donné 40 sujets de concentration. Mais c’est une liste qui n’est pas exhaustive et que nous pouvons compléter par nous-mêmes. Du moment que l’objet que nous choisissions est confortable, relativement neutre et qu’il nous apporte du calme et de la stabilité.

Faites bien attention de ne pas pratiquer de manière à ce que votre esprit soit encore plus stressé qu’il n’est naturellement. L’objet que nous choisirons, doit être un objet qui nous amène du contentement et de la paix.

Une fois notre objet choisi, nous allons prendre la ferme détermination de revenir dessus à chaque fois que notre esprit s’égarera vers des pensées ou des émotions.

Imaginez-vous, un bateau ancré près d’un rivage. Même si la mer est agitée, le bateau bougera certes de gauche à droite mais il restera toujours fixé à son ancre.

Avec un peu de pratique, l’esprit reviendra de plus en plus rapidement vers son objet d’ancrage.

Une fois que notre esprit est calme et stabilisé. Nous allons pouvoir commencer à développer la sagesse qui va libérer notre esprit de toute forme de souffrance.

Mais attention la concentration a la même caractéristique que tous les phénomènes c’est-à-dire qu’elle est temporaire. Ce qui signifie que nous devons pratiquer souvent pour garder un certain niveau de calme et de stabilité dans notre esprit.

Nous allons enfin nous servir de cette concentration comme d’une base pour pouvoir commencer à observer notre corps et notre esprit. Cette observation s’appelle Vipassana en pali. Mais cela est un autre sujet….

Lorsque nous nous asseyons en méditation, nous voulons que l’esprit devienne paisible, mais ce n’est pas paisible. Pourquoi est-ce? Nous ne voulons pas penser mais nous pensons. C’est comme une personne qui va s’asseoir sur un nid de fourmis : les fourmis ne cessent de le mordre. Lorsque l’esprit est le monde, alors même assis les yeux fermés, tout ce que nous voyons est le monde. Plaisir, chagrin, anxiété, confusion – tout surgit. Pourquoi est-ce? C’est parce que nous n’avons toujours pas réalisé le Dhamma. Si l’esprit est ainsi, le méditant ne peut pas supporter les dhammas mondains, il n’enquête pas. C’est comme s’il était assis sur un nid de fourmis.

Les fourmis vont mordre parce qu’il est juste chez eux ! Alors que doit-il faire ? Il devrait chercher du poison ou utiliser le feu pour les chasser.

Mais la plupart des pratiquants du Dhamma ne le voient pas comme ça. S’ils se sentent satisfaits, ils ne font que suivre le contentement, ressentant du mécontentement, ils ne font que suivre cela. En suivant les dhammas mondains, l’esprit devient le monde. Parfois, nous pouvons penser : « Oh, je ne peux pas le faire, ça me dépasse », alors nous n’essayons même pas. C’est parce que l’esprit est plein de souillures ; les dhammas mondains empêchent le chemin d’apparaître. Nous ne pouvons pas supporter le développement de la moralité, de la concentration et de la sagesse. C’est comme cet homme assis sur le nid de fourmis. Il ne peut rien faire, les fourmis le mordent et rampent partout, il est plongé dans la confusion et l’agitation. Il ne peut pas débarrasser sa place assise du danger, alors il reste assis là, souffrant.

Il en est ainsi de notre pratique. Les dhammas mondains existent dans l’esprit des êtres mondains. Lorsque ces êtres souhaitent trouver la paix, les dhammas mondains surgissent juste là. Quand l’esprit est ignorant, il n’y a que des ténèbres. Lorsque la connaissance surgit, l’esprit est illuminé, car l’ignorance et la connaissance naissent au même endroit. Quand l’ignorance a surgi,

la connaissance ne peut pas entrer, parce que l’esprit a accepté l’ignorance. Lorsque la connaissance a surgi, l’ignorance ne peut pas rester.

~ Ajahn Chah

« Lhaktong, c’est en quelques sortes une façon de voir différente, de regarder la vie de façon différente. Voilà ce que c’est. On va regarder la vie d’un autre point vue, d’une autre façon. Pour le moment, on considérait que tout était réel, qu’on était très important, qu’on pouvait trouver le bonheur, comme ça, à l’extérieur de nous, en rencontrant les bonnes personnes, en étant au bon endroit au bon moment. Mais ça ne marche pas. C’est pour ça qu’on pratique lhaktong, parce que ça ne marche pas. On veut essayer de voir le monde d’une autre façon parce qu’on a compris que notre bonheur ne dépend pas de ce que font les autres, ou de ce qu’ils disent, ou de ce qui se passe à l’extérieur, mais il va plutôt dépendre de notre manière de vivre les choses, de nos réactions. Lhaktong ça sert à regarder les choses avec moins de saisie, moins d’attachement, avec un côté moins émotionnel, moins névrotique. Dans chiné, on laisse l’esprit au repos, dans lhaktong, on essaie de comprendre la nature de cet esprit qui est au repos. » Lama Éric Détchen – enseignement lhaktong 1

« Si l’on pouvait, par chance, expliquer aux êtres la loi du karma, ce qu’ils sont loin d’être à même de comprendre dans l’ignorance où ils sont plongés, ils accompliraient des actions positives comme si leur propre vie en dépendait. Il nous faut clairement comprendre quel comportement il convient d’adopter, ce qu’il nous faut rejeter, et mener notre vie en conséquence. »

– Dilgo Khyentsé Rinpoché – Extrait de Audace et compassion – Editions Padmakara.

Namaste  comme je le dit le meilleur des refuges se trouve dans le silence sa évite les soucis et conflit om  Shanti

La pratique du refuge

 » Il existe un rituel sur lequel nous baser au quotidien : la pratique formelle. Elle nous aide à nous rappeler les qualités du Bouddha et à ne pas en dévier. Elle agit comme le bras sur lequel nous pouvons nous appuyer pour ne pas perdre notre équilibre quand nous ne savons pas bien marcher. Cependant le véritable refuge prend place quand nous nous engageons, dans la mesure de nos capacités, à ne gaspiller aucun moment, aucune journée, dans la mise en oeuvre qui nous conduira à être semblables à un bodhisattva ou à un bouddha, et pas seulement en imaginant leurs qualités ou en nous focalisant conceptuellement dessus. « 

Thayé Dorjé – La saveur de la pratique bouddhique, recueil de conseils sur le chemin

Quand nous souhaitons être heureux, cesser de souffrir, que nous comprenons que nous sommes énergie vibratoire magnétique, nous attirons à nous ce que nous sommes, alors nous ne pouvons plus rejeter ce qui se produit dans notre décor, ni les personnes que nous attirons, puisque l’extérieur n’est que le prolongement de nos propres énergies à nous et à nous seuls.

Nous ne pouvons pas vouloir être heureux, savoir tout ce que nous savons, et continuer à juger l’autre, à rejeter l’autre…

C’est ce que nous appelons l’effet miroir.

Et je précise -encore une fois- que l’effet miroir n’est pas sur les actes, sur les actions, sur le faire, mais sur le être.

C’est-à-dire que toute personne sur terre qui a un comportement que nous pouvons qualifier de toxique, qui est dans la plainte, dans le jugement, dans la critique, dans la polémique, dans le rejet de la responsabilité sur l’autre, c’est simplement les conséquences d’un manque d’amour de lui-même.

Et si nous avons attiré à nous une personne comme ça, c’est que nous sommes en manque d’amour de nous-même.

Si nous critiquons et rejetons cette personne, nous rejetons donc une part de nous-même, et nous continuons à nous désaimer.

Si nous accueillons, que nous comprenons que c’est un manque d’amour, et que nous donnons de l’amour à cette personne et bien par la loi de compensation, il nous revient de l’amour… ce que nous donnons à l’autre, nous le donnons à nous-même, et là, nous élevons nos vibrations d’amour.

Et comme toujours, nous avons le choix

Accueillir ou rejeter, s’aimer ou se rejeter, être heureux ou souffrir.

Quelques instants avec Sa Sainteté le Dalaï Lama. ′′ Peu importe le jugement des autres. Les êtres humains sont tellement contradictoires qu’il est impossible de répondre à leurs demandes pour les satisfaire. Gardez à l’esprit, soyez juste authentique et vrai. »

Pour contrôler le mental il faut pratiquer la pleine conscience du mental, observer et reconnaître la présence de chaque sensation, chaque émotion, chaque sentiment ou de chaque pensée se manifestant en soi.

Lorsqu’une émotion ou une pensée apparaît n’essayez pas de la chasser même si en continuant à vous concentrer sur le souffle celle-ci disparaît naturellement de votre esprit. Pour toute nouvelle sensation reconnaissez-la dès son apparition. Le point essentiel est de ne pas laisser se manifester la moindre pensée ou émotion sans en prendre note, tel un garde aux portes d’un palais, attentif au visage de toutes les personnes qui se présentent.

Extrait du livre : Le miracle de la pleine conscience – Manuel pratique de méditation.

Auteur : Thich Nhat Hanh

114 pages

L’expérience montre qu’il n’est possible d’apprendre à méditer correctement que par un contact direct et face à face avec votre maître. A mon avis apprendre à méditer à partir de livres, c’est comme prendre le volant d’une voiture et conduire sur une autoroute très fréquentée dans une grande métropole juste après avoir lu un manuel de conduite. Vous pouvez être et rester indemne, mais ce n’est que grâce à la gentillesse des autres conducteurs et à votre kamma.Dans la plupart des cas, ce n’est qu’une perte de temps et un résultat imprévisible.

« Dans le bouddhisme, la vue est essentielle, tant pour la théorie que pour la pratique. Toutes les différentes voies et écoles bouddhistes ont été établies sur la base de la vue juste. Le résultat de la voie bouddhiste, l’éveil, n’est autre que la compréhension ou la réalisation complète de la vue (vue = lhaktong = vision pénétrante). La vue n’est pas simplement notre raison de pratiquer, elle est le résultat que nous recherchons à travers la pratique, elle est de surcroit la barrière de sécurité qui nous empêche de nous égarer tout au long de la voie. Sans la vue, le but et le sens du bouddhisme sont perdus. Maintenant que le bouddhisme commence à prendre racine en occident, je sens qu’il est important qu’au moins certains d’entre nous prêtent attention à l’étude de la vue et à la manière de l’établir. Malheureusement, notre tendance humaine est d’être plus intéressé par la méthode de faire les choses que par la raison de les faire. L’étude la vue nous parait aride, ennuyeuse, interminable, tandis que tout un chacun peut acheter un coussin et s’y asseoir et s’autorise à dire : « J’ai médité. ». Avoir la vue juste, c’est savoir où l’on va. Aujourd’hui, les gens semblent plus inspirés par le véhicule que par la direction à prendre, pire encore, ils font du guide leur source d’inspiration. Avec une telle approche, il sera très difficile d’atteindre le but, à moins d’avoir tellement de mérite ou de chance que vous ne tombiez dessus par accident. Un autre conseil important, ne soyez pas compliqué dans votre approche de la vue, les idées qui sous-entendent cet enseignement sont très simples, mais nous avons tendance à les aborder de manière compliquée. Du point de vue de la logique bouddhiste, le raisonnement est encore plus important que les paroles du Bouddha, lesquelles sont sujettes à interprétation. » – Introduction à la vue du madhyamaka

« Qu’est-ce qui nous fait souffrir dans la vie ? Ce ne sont pas les objets, ce ne sont pas les gens. C’est la saisie qu’on en a. C’est ce qu’on pense des autres. Ce qui nous fait souffrir, c’est ce qu’on pense, ce n’est pas la réalité. La réalité n’apporte que des solutions. C’est ce qu’on pense qui n’apporte que des problèmes. La plupart du temps, on n’est pas en train de s’occuper de ce qu’on a entendu ou vu personnellement, la plupart du temps, on est en train de s’occuper de ce qu’on nous a dit. L’imagination vient de l’ignorance, on accorde du crédit à tout ce qu’on nous raconte. » Lama Éric Détchen – enseignement Laktong 1

Qu’est-ce que la concentration selon le Bouddha ?

La concentration est ce que nous appelons Samadhi en pali. C’est un entraînement mental.

Nous devons tout d’abord observer que notre esprit est toujours agité, toujours en train de sauter de pensée en pensée, d’émotion en émotion. Si nous y regardant d’un peu plus près nous verrons que notre esprit cherche toujours quelque chose pour le satisfaire. Il passe son temps à courir derrière un objet de satisfaction et à fuir l’insatisfaction.

Le but de la concentration est de calmer cette agitation constante que nous avons. Pour faire cela, nous avons besoin de trouver un objet de concentration. Cette objet peut être par exemple la respiration, les positions du corps, un mantra. Le bouddha nous a donné 40 sujets de concentration. Mais c’est une liste qui n’est pas exhaustive et que nous pouvons compléter par nous-mêmes. Du moment que l’objet que nous choisissions est confortable, relativement neutre et qu’il nous apporte du calme et de la stabilité.

Faites bien attention de ne pas pratiquer de manière à ce que votre esprit soit encore plus stressé qu’il n’est naturellement. L’objet que nous choisirons, doit être un objet qui nous amène du contentement et de la paix.

Une fois notre objet choisi, nous allons prendre la ferme détermination de revenir dessus à chaque fois que notre esprit s’égarera vers des pensées ou des émotions.

Imaginez-vous, un bateau ancré près d’un rivage. Même si la mer est agitée, le bateau bougera certes de gauche à droite mais il restera toujours fixé à son ancre.

Avec un peu de pratique, l’esprit reviendra de plus en plus rapidement vers son objet d’ancrage.

Une fois que notre esprit est calme et stabilisé. Nous allons pouvoir commencer à développer la sagesse qui va libérer notre esprit de toute forme de souffrance.

Mais attention la concentration a la même caractéristique que tous les phénomènes c’est-à-dire qu’elle est temporaire. Ce qui signifie que nous devons pratiquer souvent pour garder un certain niveau de calme et de stabilité dans notre esprit.

Nous allons enfin nous servir de cette concentration comme d’une base pour pouvoir commencer à observer notre corps et notre esprit. Cette observation s’appelle Vipassana en pali. Mais cela est un autre sujet….

Par Olivier Sayag

« Il ne faut pas croire une chose simplement parce qu’on l’entend dire ; ni croire aux traditions car elles nous ont été transmises depuis l’Antiquité ; ni croire aux rumeurs en tant que telles ; ni aux écrits des sages, parce que les sages les ont écrits ; ni aux imaginations inspirées, pensons-nous par un Déva (inspiration supposée spirituelle) ; ni croire aux conclusions tirées de quelques suppositions faites par nous au hasard ; ni croire une chose parce qu’elle semble devoir être vraie par analogie ; ni croire sur la simple autorité de nos instructeurs et maîtres. Mais nous devons croire la chose écrite ou parlée, ou la doctrine, si elle est corroborée par notre propre raison et notre propre conscience. » Le Bouddha

« Un vrai pratiquant spirituel, c’est une personne qui ne va pas appuyer toute sa philosophie de vie sur un compromis. Par exemple, on est Bouddhiste, donc on va prendre comme compromis : « La réincarnation ça existe. ». On va baser notre philosophie de vie là-dessus, mais non ; si vous voulez être un vrai pratiquant/philosophe/religieux, non, ce n’est pas possible ça. Vous êtes Bouddhiste ? Vous pensez que la réincarnation ça existe ? Mais quelles sont vos preuves ? Quels sont vos arguments ? C’est ça le plus important. » Lama Éric Détchen – enseignement Laktong 1

′′ Quand le professeur zen Shunryu Suzuki a été demandé un jour pourquoi il ne faisait jamais référence à son expérience d’illumination, sa femme, qui était assis à l’arrière du couloir, s’est levée et a dit : ′′ Parce qu’il n’en avait jamais ‘ La reconnaissance de notre vraie nature n’est pas une expérience exotique. En effet, ce n’est pas du tout une expérience.

Dans cette reconnaissance, notre être essentiel, irréductible et conscient de soi perd simplement ses limites apparentes et sa réalité est révélée : ouvert, transparent, lumineux, indestructible, non né et indéfectible. »

~ Rupert Spire

J’ai de grands espoirs que le monde puisse devenir un meilleur endroit pour vivre, un endroit plus pacifique et plus équitable au 21ème siècle. D’après ma propre expérience, à 24 ans, j’ai perdu mon pays, le TIBET, et depuis plus de 50 ans, j’ai dû faire face à toutes sortes de problèmes, mais je n’ai jamais perdu espoir. Nous avons un dicton tibétain qui dit : « Tu tombes neuf fois, relève-toi neuf fois ».

– Sa Sainteté le Dalai Lama

Réflexion du Week end

« La peur est ce qui nous empêche d’évoluer, à la fois dans le monde, mais aussi sur la voie de l’éveil. La peur d’avoir trop à perdre, voilà ce qui tue l’esprit d’aventure.

Si nous n’arrivons pas à être heureux, c’est parce que nous sommes toujours ballottés entre l’espoir et la crainte. Nous avons peur de sortir de notre « territoire » sécurisant afin de pénétrer dans le monde.

Lorsque la forteresse de notre ego est menacée, la peur est un de nos mécanismes de défense les plus forts. Mais plu